U. s. NATIONAL MUSEUM LIBRARY OF Henry Guernsey Hubbard AND Eugène Amandus Schwarz DONATED IN 1902 ACCESSION NO...|-..i....i..rT .I...4- ■- ANNALES DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. r,lP Clî MilQl'ET El IlAigi'ELIN Itue i pas clierchéàcilcr tous les aulcuis(iui oui ccril siiiccl insecte, mais je n'ai pas pu cependant négliger de mentionner Oli- vier, qui, le premier et le seul peut-être, a parlé du petit pli de l'ély- tre. .le n'ai même indiqué Fabricius qu'avec doute, car il peut très- bien se faire (jue réellement ce ne soit pas là l'espèce (|u'il a désignée, car il garde le silence sur ce pli et se contente de celle phrase inli- niment trop courte : snltuloria, ccemlea, nitida, iinlcnnis nigrà, par laquelle il peut tout aussi bien signaler les lythri et hippophaes. 10 ANNALES et la couleur, cependant elle est généralement plus grande, moins convexe et moins franchement verdâtre; elle lire un peu sur le bleu, mais ce qui la distingue essentiellement, c'est un petit pli qu'elle offre sur chaque élytre, tout à fait en dehors et en arrière. Elle vit sur les jeunes pousses du Chêne , et est extrême- ment commune au bois do Boulogne dans les premiers jours de juin. J3E LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 1 1 aX*^-\^VW'V\^VX'»\\^%A'> V'V%'W% %v*'\A\ V\.'»'V\^'XV^ W\'V\'*'W V\x V\'% '^ V \\ "XA ^ 'W^ /VV> '^ DESCRIPTION de trois nouvelles espècf.s dr coléoptères de l'océame. \\u- M. LÉON FAIHMAIRE. (Séance du 18 Janvier 1843 ) Chtœnius ophonoides, L. Faiiinaiie. PL I, II". ii,rig. 1. Capite thoraceque viridi-ceneis; thorace pmictatissimo; ely- tris viridibus, cum disco obscure metallico fulvis, striato- punctatis, interstitiis punclatis ; antennis. pnlpis pcdibuaque pallidè testaceis. Long. 14 milL Larg. 5 milL Cet insecte a la tête d'un vert métallique assez brillant, marquée de quelques points enfoncés, peu serrés, avec des rides légères à la base des antennes : la lèvre supérieure et les palpes sont d'un jaune pâle, le reste de la bouche est plus foncé ; les antennes sont plus foncées que les pal- pes et un peu plus longues que le corselet: les yeux sont saillants, jaune pâle. Le corselet est moins brillant que la tète à cause de sa forte ponctuation : il a une légère 12 ' ANNALES teinte fauve aux bords latéraux et postérieurs : il se rétré- cit un peu en avant et il est cou vert de points enfoncés, plus serrés vers la ligne médiane et dans les impressions des an- gles postérieurs, qui se joignent au moyen d'une autre im- pression transversale aussi très-ponctuée. L'écusson est tri- angulaire. Les éiytres, un peu plus larges que le corselet sont assez allongées, a peu près parallèles, et légèrement si- nuées à leur extrémité : elles sont à peine pubescentes -, les striessont ponctuées, médiocrement enfoncées et assez égales; les intervalles sont presque planes, finement pointillés; elles sont d'un vert bleuâtre , mais le disque est d'un fauve obscurément métallique: cette couleur ne forme pas luie tache, elle se perd avec la teinte générale des éiytres. Le dessous du corps est brun, noirâtre par endroits, particuliè- nient à l'extrémité de l'abdomen. Les pattes sont d'un jaune pâle. Cet insecte est remarquable par la forme de son corps et sa coloration, qui pourraient faire croire au premier abord qu'il n'est pas aiTivé à son état parfait. Il doit être voisin du Chl. australis, Dejean; ce qui forme maintenant avec le Chl. Greyianus , Ad. White; trois espèces de Chlœnius apparte- nant à la Nouvelle-Hollande. Je dois cet insecte et les deux suivants à la générosité de M. Fred. Lefebvre, capitaine de corvette. Ânchomenus Novœ-Zelandiœ, L. Fairmaire. PI. I, n". II, fig. 2 à (i. yipterus j nigerj thorace cordato, sulcato, margine subre- flexa; elyiris ovatis, depressis, striatis; antennis , pal pis tar- sisque rufo piceù. Long. 12 mill. Larg. 5 mill. Cet insecte est noir luisant , la tète est assez grosse, point DE LA SOCIÉTÉ ENTO^lOLOGIQUi:. 13 rétrécie postérieuroment : il y a deux impressions pou mar- quées entre les antennes : les antennes, les palpes et l'ex- trémité des mandibules sont d'un brun fauve ; le corselet est assez grand, presque cordiforme, léi^èrement arrondi: ses bords sont relevés et la ligne médiane est bien marquée. Les élytres sont ovales, assez planes, sinuées vers l'extrémité; le bord antérieur est un peu relevé, et l'espace entre celui ci et la première strie est fortement ponctuée; les intervalles sont planes: il y a un point enfoncé à l'extrémité des ély- tres entre la deuxième et la troisième strie. Il n'y a point d'ailes. Les tarses sont d'un fauve obscur, le quatrième ar- ticle est fortement bilobé. Il vient de la Nouvelle Zélande. Cet insecte me semble devoir être séparé des ^)Jc/iomenMs, et former un nouveau genre que je nommerai Ctenognathus (xtek;, peigne, y^'oidoç, mâcboire. ) Ses caractères sont : mâ- choires pectinées; palpes filiformes, le dernier article ovoïde, aigu; corps déprimé; point d'ailes. Genre Brachycaulus, L. Fairmaire. (BpayuxauXoç, taille ramassée) Ce genre a pour caractères : Tête verticale enfoncée dans le corselet; yeux faiblement échancrés; antennes en scie dans la dernière partie de leur longueur, filiformes à la base, se repliant sous le corselet et ne le dépassant pas en lon- gueur ; corps court et épais. Ce genre rappelle beaucoup par son faciès, le genre Chla- mys: comme dans celui-ci le corps est épais, irrégulier; mais il s'en distingue facilement par les antennes et les élytresdont le bord externe est à peine sinué. Il doit faire partie de ce groupe d'insectes australiens qui séparent les Cyaniris des U ANNALl-S Pachyhrachis. Je crois qu'il faut le placer avant le genre Cadmus, Chevrolat; dont les antennes sont légèrement ser- ri formes et presque aussi longues que le corps. Brachycaulus ferrugineus, L. Fairmaire. PI. I, n«. II, lig. 7 à 9. Pubescens, ferrugineus; corpore crasso . antennis dentlcu- latis^ brevibuSfUsque ad extremitatem incrassantibus ; tho- race inflato , cum tribus nigris maculis, qiiarum média ma- xima; elytris ad scutellum cum duobus tubercuUs et fascie transiter sali, obscuris. Long 7 mill. Larg. 4 1/2 mill Cet insecte est ferrugineux en dessus, recouvert dans les parties les plus claires d'un duvet court, soyeux, paraissant doré à la loupe; les antennes sont de la môme couleur : les quatre premiers articles sont filiformes , le reste est en scie bien prononcée : la tête est brunâtre avec une impression longitudinale: le corselet est dilaté dans sa partie supérieure et médiane; ce renflement est coupé droit antérieurement et un peu déprimé au milieu où se trouve une tache enfon- cée, pentagonale, d'un noir velouté; la couleur du corselet est d'un brun assez foncé; le tour de la tache médiane est très-clair, ainsi que celui des deux points noirs latéraux : sur les élytres, de chaque côté de l'écusson, s'élève un tu- bercule obtus, de couleur brune : cette couleur suit la su- ture, où elle s'élargit , vers les deux tiers de la longueur en une fascie nébuleuse, un peu interrompue : les épaules sont prononcées, brunes, et, de même que les deux tubercules, couvertes de fines granulations, et moins pubescentes que le reste des élytres : celles-ci sont grossièrement réticulées, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 15 très-ponctuées , surtout dans l'intervalle des réticulations. Les pattes sont d'un ferrugineux foncé, aplaties; les tarses sont assez larges; les pattes antérieures sont les plus fortes. Le dessous du corps est d'un jaune pâle, plus foncé sur les côtés du thorax. Il vient de la Nouvelle Hollande. Explication des figures de la planche /, N*'. //. Fig. I. flilœniîis ophonoides,L. Fairmaire. grossi de moi- tié : t't à côté mesure de sa grandeur naturelle. Fig 2 à G. Anchomenus Novœ-Zelandiœ, L. Fairm. 2. Insecte grossi de moitié : et à côté mesure de sa grandeur naturelle. 3. Tibia antérieur très-grossi. 4. Patte antérieure. 5. Patte postérieure. 6. Bouche. Fig. * à \h Brachycaulus ferrui/ineus^ L. Fairm. 7. Insecte grossi de moitié : et à côté mesure de sa grandeur naturelle. 8. Patte antérieure très grossie. 9. Antenne. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 17 DESCRIPTION DE DEUX NOUVELLES ESPÈCES DE BUPRESTIDES DU GENRE Hyperantha, Gistl. Manuerheim. ( Pœcilonota, Solier, Dejean, etc.) P;.i M. EuLàMie DESMAREST. ( Séance du 18 Janvier 1843. ) Eschschollz (1), a créé dans la tribu des Biiprestides, un genre sous le nom de Pœcilonota pour y placer les Bupres- tis rutilans, Fabricius,et conspersa, Gyllenhal. M. Solier, dans son essai sur les Buprestides (2), adopta le genre Pœci- lonota d'Eschscholtz ; mais au lieu d'y comprendre les B. rutilans et conspersa, il prit pour type le Buprestis interro- gationis , Klug , dont les caractères génériques sont très différents. M. Dejean (3), ainsi que MM. de Castelnau et (J) Eschschollz. Zoologischer Allas, enlhalteiui Abbildungen und liesciireibungen neuer Tliierarlen, watireiid des Flott Capitains von Kotzebue zweiter Reise uiu die Welt, etc. i Hefi., p. 8 et 9. Ber- lin, 1829. (2) Solier. Annales de la Sociélé enloniologiqne de France. Pre- mière série, tome ii, page 26i. Paris, i8.'33. (3) Catalogue des Coléoptères de la collection de M, le comte De- jean. 2» édition, p. 76. Paris, 1833. et 5« édition, p. 86. Paris. «836. âe Série, . Ti. 2. 18 ANNALES Gory (1), suivirent l'exemple de M. Solier, et pour eux le genre Pœcilonota comprend le B. interrogationis et quel- ques autres espèces ayant avec lui de nombreux rapports. M.Gisll (2), donna le nom iV H yperantha au B. interrogatio- nis et à des espèces voisines de celui-ci. Plus tard M. le comte Mannerheim (3), adopta le nom créé par M. Gistl et il res- titua aux B. rutilans et conspersa le nom générique de Pœ- cilonota qui leur avait été appliqué par Eçchscholtz et qui avait été remplacé dans quelques ouvrages par le nom de Lampra, Megerle. Enfin M. Chevrolat (4), en décrivant deux espèces du genre qui nous occupe, suivit la classification de M. Mannerheim, et il leur appliqua le nom générique ii'Hyperantha. Je crois devoir adopter la dénomination (ÏHy- perantha proposée par M. Gistl et je pense qu'on doit placer dans ce genre les espèces décrites ou indiquées parla plu- part des entomologistes français sous le nom de Pœcilonota; al pour moi le genre Pœcilonota d'Eschsclioltz correspondra au genre Lampra de Megerle et comprendra les B. rutilans, conspersa, etc. Les Hyperantha doivent être placés au commencement du groupe des Jgrilites ; plusieurs auteurs les ont caractéri- sés d'une manière plus ou moins complète, parmi eux on doit (i) De Caslclnau cl Gory. Histoire nauirelie cl iconographie des iiscoics Colcoplères. Monographie des Biiprestides, genre Pœalo- ota. Tome ii et Tomeiv. (supplément) p. <9i, pi. 32. Paris, i84<. (2) Gistl. Insecien Doublelten von Graf Jenison-Walworlh zn egcnsbnrg. îMunich. i834. (;^) Enuméiaiion des Buprestides et description de quelques nouvelles espèces de celle tribu, de la famille des Sternoxes, de la collection de M. le comte Mannerheim, page 99 et suivantes. (4) Chevrolat. Centurie de Buprestides. Revue entomologique de Silbermann. Tome v, page 4i. Strasbourg, i858. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lO citer MM. Solier (l);de Caslelnau et Gory (2). etc. On con- nait aujourd'hui une ([uinzaine d'espèces (le C(! genre. MM. Klug (3), Mannerheim (4; , Clievrolat (5) , en ont décrit quelques unes, et MM. de Caslelnau et Gory, dans leur monographie des Buprestides, en ont indiqué neuC dont cinq nouvelles à cette époque. Je vais faire connaître deux espèces de ce genre; l'une a été trouvée enColombie et au Brésil, l'autre a été rap()ortée de Cordova. 1. f/yperantha vittaticollis ., E. Desmarest. PI. 1. n». I, fig. 1. Lutea; capite antennisque œne.o-viridibus; ihorace vitta ni- gra; scutello pentagonali, angulis obtusis; elytris striatis, denticulatis; corpore sublùs pedibusque œneis. Long. 22 mill. Larg. 9 mill. La tête est pubescente, d'une couleur bronzée; les anten- nes sont également bronzées-, les yeux sont gros, d'un marron clair. Le corselet est d'un jaune obscur, avec une large bande d'un noir mat sur le disque; il est élargi, court, une dépres- sion assez grande se remarque vers le milieu; les angles postérieurs se prolongent de manière à embrasser la base (i) Solier. Annales de la Société enlomologique de France. Pre- mière série, tome ii, page 298. Paris, <833. (2) De Castelnau et Gory, op. cit. Genre Pœcilonota. (3) Klug. Entomologiae brasiliame, spécimen allerum sistens in- sectorum Coleopteroruni nondum descriptorum cenluriam. Nova Acia Acad. Cœs L. C. Naturaî Curiosornm. T. xii, pari, ii, p. 421 et suiv. et pi. XL, fig 3 et 4- (4) Mannerheim, op. cit, pages 99 à i02. (5) Clievrolat, op cit. Espèces C8 et 69, page 81 et suiv. 20 ANNALES des élytres. L'écusson , de la même couleur que le corsoict et que les clytres, est peiitagonal avec les angles légèrement émoussés; il est bordé par une très légère bamlo brunâtre Les élylres, larges à la base, vont en se rétrécissant d'une manière assez sensible vers leur extrémité; elles offrent de.-, stries longitudinales, fortes, ponctuées, et se terminent par six dentelures bien distinctes-, les deux dents les plus ra()- procliées de la suture sont les plus fortes-, les élytres sont en- tièrement d'un jaune obscur. Le dessous du corps est d'un bronzé brillant ; une ligne de couleur jaune obscur sépare en dessous la tête du thorax ; les segments abdominaux préseii- tent vers le milieu une tache allongée, jaune fauve; des points de môme couleur se trouvent de chaque côté des segments . le dernier segment abdominal seul n'offre pas de taches latérales. Les pattes sont d'un bronzé noirâtre. Cette espèce est assez voisine de VHyperantha laiicoUis, Castelnau et Gory ; elle en diffère principalement: 1°. par la tête qui est pubescente-, 1^. par le corselet qui présente une large bande noire au lieu de deux taches irrégulièrement triangulaires,- 3°. par l'écusson qui est moins allongé et qui a une forme presque pentagonale; 4". par les élytres qui sont moins parallèles, etc. Je ne connais que deux individus de cette espèce : le pre- mier, qui m'a servi pour cette description, a été trouvé en Colombie par M. Lemoineetil fait partie de la riche col- lection de M Rfiiche qui a bien voulu me le communi- quer : le second appartient à la collection du Muséum d'his- toire naturelle de Paris et il vient du nord de la capitainerie de Saint-Paul, (Brésil). Je dois le dessin de cet insecte à l'amitié de l'un de nos confrères, M. Léon Fairmaire. Le dessin ( pi. i, n°. i, lig. 1.) représente V Ilijperantha viltalicollis , grossi de moitié : la grandeur naturelle de l'insecte est indiquée à côté. DE LA SOCIETE ENTOMOLOf.IQL E. 21 S. /fyperanthn aligmaticoUis, E. Desmarost. 2 PI. I, n". 1, fig. 2. Flava; eapitc, an tennis pedibmque œneis ; thorace maculis nigris; scutello rotundato; elytris valide striatis, denliculalis, duabus 7naculis posticis nigris; apice rubro. 2 Long. 25 mill. Larg. 9 mill. rT Long. 22 mill. Larg. 8 mill. La lèlc est pubescente, ponctuée, d'une couleur bronzée; j-es antennes sont également bronzées; les yeux sont gros, d'un brun marron. Le corselet est plus large que long, ponctué, déprimé vers le milieu qui est légèrement proémi- nent en avant; le disque présente chez la femelle, trois ta- ches d'un noir brillant, deux assez grandes, irrégulières, placées parallèlement vers le milieu et une plus petite, al- longée, à la base -, chez le màle celte dernière tache se réu- nit aux deux autres,- deux points noirs assez petits se re- marquent près des angles postérieurs du corselet qui est d'un jaune un peu moins foncé que celui du reste du corps; les angles du corselet débordent un peu la base des élytres. L'ccusson est arrondi, plus large que long, de même couleur que le corselet. Les élyires, aussi larges que le corselet à la base, vont en se rétrécissant légèrement jusqu'à leur extré- mité, et présentent desstries longitudinales très fortes et ponc- tuées; elles sont dentelées à leur extrémités, la dent la plus rapprochée de la suture et celle qui la suit sont surtout for- tement marquées, principalement chez la femelle ; ces dents au nombre de huit, sont entièrement rouges à l'exception des deux plus grandes dont l'extrémité est noire; les élytres sont d'une couleur jaune : vers leur exirémité, qui est 22 ANNALES teintée de rouge, on voit deux taches noires irrégulière- ment triangulaires, n'atteignant ni le bord extérieur, ni la suture. Le dessous du corselet est entièrement jaune Chez la femelle, les pattes, les côtés de la poitrine et de l'ab- domen, ainsi que le dernier segment abdominal sont d'une couleur bronzée obscure, et le milieu des autres segments est jaune; chez le mâle, le dernier segment présente vers le milieu et à son insertion avec le pénultième, une tache jaune, de forme ovalaire, faisant suite aux taches des autres segments. VHyperantha sUgmaticollis diffère essentiellement de Vff. laticollis , C'Asielnau et Gory, en ce que: 1^. lecorseletest marqué de plusieurs taches noires dans le premier, tandis qu'il n'y en a que deux dans Vff. laticollis; 2". l'écusson est moins allongé et il a une forme arrondie; 3". les ély très sont teintées de rouge postérieurement et marquées de deux ta- ches noires dans 1'^. sUgmaticollis , ce qui n'a pas lieu dans VH. laticollis, etc. Je n'ai vu que deux individus de cette espèce qui tous deux ont été pris aux environs de Cordova, dans l'Amérique méridionale. L'un de ces individus, le mâle, appartient à notre collègue M. Dupont; l'autre, qui est une femelle , fait partie de ma collection et a été donné à mon père par M. Ar- sène Isabelle, chancelier royal attaché au consulat de Mon- tevideo. Mon ami M. Léon Fairmaire a bien voulu dessiner et peindre cet msecte, et je le prie de recevoir ici tous mes re- mercîments. La figure que je donne ( PI. i, n •. i, fig. 2.) représente VHyperantha stigmaticollis femelle, grossi de moitié : à côté se trouve la mesure de sa grandeur naturelle- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 23 .\-*%*\ l\«\^^vv\'\ NOTE POUI5 sr.KVin a i.'iiistoikk di. L' ./{irilus hiqutlalm. Par M. (.OIJUEAU. (Séance Ju \'' . Février 1}>45. } Nous coiiuiioiiçuns à coimaîlre l'Iiistoire des coléoptères sève qui arrive autour de sa loge elqu'elle extraiten en mâ- chant les parois. Lorsqu'elle doit se métamorphoser en chry- salide, elle reste dans une immobilité absolue et se con- tracte peu à peu de manière à perdre environ la moitié de sa longueur^ de plate, molle et llasque qu'elle était, elle de- vient un peu plus ronde et plus ferme. L'insecte reste peu de temps sous sa forme intermédiaire, puisque l'on trouve à l'époque du 26 mai, dans les mêmes écorces; des larves, des ch; ysalides et des insectes ailés prêts à prendre leur essort; njais avant de voir la lumière ces derniers ont un grand ouvrage à exécuter, il leur ftmt s'ouvrir un passage à travers l'écorce qui les couvre; ce qu'ils ne peuvent entre- prendre qu'après que leurs mâchoires se sont durcies et que leurs muscles se sont afTermis. On trouve quebiuefois dans les écorces les cadavres de ceux qui n'ont pu achever cette opération et qui sont morts misérablement avant d'avoir va le jour. Les femelles , immédiatement après leur métamorphose de chrysalide en insecte parfait, ont leur oviducte hors du corps, entièrement dégagé; il est plié à sa racine et couché sur le dos des élytres; il rentre dans l'abdomen lorsqu'elles se «ont affermies et qu'ayant percé l'écorce elles sont prêtes à s'envoler. Cet oviducte paraît déprimé, son extrémité est arrondie et terminée par deux appendices membraneux; on distingue dans toute son étendue de x traits bruns qui représentent, à ce que l'on peut conjecturer, le canal par lequel sortent les œufs à l'époque de la ponte. Les Acjrilus higuitatus sont très communs dans certai- nes années; leurs larves envahissent les écorces des sou- ches de chêne répandues dans les forêts; après les avoir creusées et rongées dans tous le.s sens, elles s'y changent en insectes parfaits qui les percent d'une multitude de trous ronds pour en sortir et se livrer aux derniers actes de leur 26 ANNALES vie.N(3 jieut-oii pas dire, d'après ces laits, qu'elles scinblcnl destinées à hâter la ruine des vieilles écorces, à en débaras- ser les souches; afin que ces dernières livrées aux influences de l'atmosphère et aux autres insectes destructeurs, tombent bientôt en décomposition et laissent la place libre et amen- dée pour de nouveaux végétaux qui viendront s'y établir? Les Agrilus et autres Buprestides ne sont pas les seuls qui travaillent à débarrasser les forêts des troncs inutiles et à les convertir en terreau ; il y a une multitude d'autres in- sectes qui les percent en tout sens, qui hâtent leur décom- position, qui les divisent lorsqu'elles sont à peu près décom- posées. Tous ces petits êtres semblent avoir la même desti- nation dans l'ordre général de la nature, et concourir en- semble à y entretenir la vie et une jeunesse éternelle. La larve de VJririlusbigutlatus se tient, comme je l'ai dit, dans les souches de chêne. Elle est lente, molle, flasque; lorsqu'on la retire de sa loge, avant le temps de sa contrac- tion, on la croirait morte. Quelquefois elle y est étendue de tout son long: d'autres fois elle est pliée en deux, la tête touche le dernier anneau. Lorsqu'elle est parvenue à tout son développement, qu'elle a commencé à se contracter comme celle que j'ai tiouvee le 26 mai, elle a 15 millimètres de long sur 3 millimètres de large. Elle est un peu déprimée, formée de douze anneaux arrondis pardessus, blanchâtres, séparés par des incisions fortement prononcées. Les trois premiers qui correspondent au thorax sont plus petits que les autres ; le dernier est rugueux , terminé par deux épines droites, cornées, brunes, portant au côté interne deux petites dents. Elle est privée de pattes. On y distingue neuf stigmates de chaque côté; le second anneau et les deux derniers en sont privés; les neuf autres en ont chacun une paire. Ce que cette larve otTre de plus remarquable, c'est sa tête beaucoup plus grosse que les anneaux du corps; elle est sphérique, DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. 27 blanchâtre, marquée d'un trait longitudinal l)run; le cha- peron est varié de brun et de blanchâtre ; la lèvre supérieure est brune ainsi que les mandibules; la lèvre inférieure et les mâchoires sont de la même nuance, mais moins foncée. Je n'ai pas distingué à la loupe les palpes et les antennes, à inoins que deux petits tubercules que Ton voit à la racine des mandibules ne soient ces derniers. Je suppose que le dernier anneau de l'abdomiMi, corné, ru- gueux comme une râpe, terminé par deux épines armées chacune de deux dents saillantes l'une en dessus, l'autre en dessous; je suppose dis-je, que ce dernier anneau lui sert à se mouvoir, que la larve, avec son aide, prend un point d'appui dans sa loge pour se pousser en avant ou pour exécuter d'autres mouvements. Cette larve a la plus grande ressemblance avec celle du Chrysobothris chrysostigma , observée par M. Léon Dufour. Ce célèbre entomologiste y a reconnu un caractère qu'il a re- trouvé dans d'autres larves, caractère dont il s'est servi pour les classer ; il placecelle-ci dans la division des Hémicèphalées, c'est-à dire, dans celle destinée aux larves dont la tête est en partie rentrée dans le premier anneau Ihoracique et dans laquelle, à ce que je suppose, on peut ranger celles des longicornes; car il semble au premier coup d'œil que leur tête est en partie rentrée dans le thorax. D'après cette ma- nière de voir, ce que j'ai appelé précédemment le chaperon, est pour le célèbre entomologiste de Saint Séver, la tète; et ce que j'ai appelé la tête est le prothorax. En suivant la même idée, la première paire de stigmates se trouve située entre le prothorax et le mésothorax; le métathorax est privé de ces ouvertures. Lorsque la larve se métamorphose en chrysalide, il s'opère un changement bien extraordi- naire; car le thorax qui n'avait qu'une paire de stigmate avant la transformation en possède deux paires après ; et 28 ANNALES l'abdomen qui en avait huit paires, en perd deux et n'en conserve plus que six. Tels sont les prodigieux changements admis par M. Léon Dufour dans son mémoire sur le Chry- sobothris chrysostigma , al qui sont la conséquence rigou- reuse de sa manière de compter les parties des larves qu'il nomme HémicéphaUes. Mais si l'on veut bien se rappeler que chez les coléoptè- res les anneaux extrêmes du thorax portent chacun une paire de stigmates, que le mésothorax est toujours privé de ces bouches respiratoires; que la même distribution se voit sur les autres larves des coléoptères , au moins sur celles que j'ai pu examiner, on trouvera plus simple et plus natu- rel d'admettre aussi cette distribution pour les Hémicépha- lées, et de reconnaître que chez ces larves, l'anneau du thorax privé de stigmates est le mésothorax^ et par consé- quent que l'anneau pris par M. Léon Dufour pour le pro- thorax est véritablement la tête. Au reste les profondes connaissances de ce savant eniomologiste en anatomie et en physiologie donnent un grand poids à son opinion ; et si je ne m'y suis pas rangé immédiatement, c'est dans l'inten- tion d'appeler l'attention de la Société sur une question qui ne manque pas d'intérêt; puisqu'il ne s'agit de rien moins que de prendre la tête d'un animal pour sa poitrine ou réci- proquement. Lorsque la larve de VJgrilus biguttalus a pris tout son dé- veloppement, elle a au moins 22 millimètres de long; puis- que celles que j'ai trouvées à la tin d'octobre avaient cette taille. Parvenue à toute sa croissance au commencement de mai, elle se dispose à subir sa métamorphose par le jeûne et le repos; elle se contracte peu à peu; son corps se racour- cit, les anneaux se rapprochent les uns des autres devien- nent plus gros; elle cesse d'être flasque; toutes les parties de la bouche se serrent Tune contre l'autre ; elle perd envi- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 2 ) ron la moitié de sa l(mgueur. Dans cet état ello ne ressemble que (l'une manière générale à ce qu'elle était primitivement. Il en est de môme pour beaucoup de larves de coléoptères et d'hyménoptères^ lorsqu'on les décrit, je pense qu'on doit avoir le plus grand soin de dire si elles sont éloignées ou près de leurs métamorphoses, sans quoi on s'exposeà leur assigner des dimens'ons bien différentes des véritables. La chrysalide n'offre rien de remarquable dans ses for- mes. Elle ne m'a pas parue armée de crochets, ni d'épines, sur aucune partie de son corps, comme on a coutume d'en observer sur une midtitude d'autres chrysalides de coléop- tères. Elle est immobile dans sa loge, blanche et molle dans le commencement, la face tournée vers l'extérieur de l'é- corce. Peu à peu elle se colore et s'affermit, les yeux bru- nissent d'abord, puis la poitrine et l'abdomen; ces parties prennent bientôt une teinte vert -sombre et métallique. Lorsque l'insecte est dégagé de sa robe de chrysalide, toutes ces parties excepté les élytres ont leurs nuances naturelles; celles-ci d'abord blanches se colorent peu à peu, s'affermis- sent et permettent à i'insecte de prendre son essort. On conçoit facilement que la chrysalide peut se passer d'épines et de crochets; car l'insecte devant sortir par un petit trou qu'il pratique dans l'écorce, la peau de la chrysa- lide est arrêtée par les parois de cette ouverture. La su- prême intelligence ne fait rien d'inutile et pourvoit par des moyens variés à l'accomplissement de toutes les fonctions des ôtres qu'elle a créés. Quanta l'insecte parfait je n'ai rien de particulier à en dire si ce n'est qu'on en trouve d'un vert-cuivreux plus ou moins sombre, d'autres d'un beau bleu, et de diverses nuances de bleu-verdâtre : sous le rapport des couleurs, il présente au- tant de variétés que V/lgrilus viridis. Les deux points blancs situés contre la suture et au quart postérieur de la loiigui'ur 30 ANNALES des élytres disparaissenl quelquefois, lorsque les poils fins qui les ibrment ont été enlevés par une cause quelconque. Les taches des bords de l'abdomen sont plus constantes. On le rencontre sur les fleurs ou sur les feuilles des arbres dans les forets. Explication des figures de la planche II, N^. If^. 1 . Larve de V^grilus higultatus trouvée le 25 octobre dans une écorce de chêne. Elle n'est pas encore par- venue à son complet développement. 2. Autre larve du même insecte trouvée dans une écorce de chêne le 26 mai de l'année suivante. Elle est déjà contractée pour subir sa métamorphose. 3. Dernier anneau de cette larve grossi. Il est d'une subs- tance écailleuse,rugeux comme une râpe, terminé par deux épines armées de deux petites dents un peu sail- lantes en dessus et en dessous. 4. Tête de la larve grossie. a. Lèvre supérieure cornée, de couleur brune foncée. b. Chaperon écailleux varié de brun etde blanchâtre. M. Léon Dufour le regarde comme la partie antérieure de la tête dont la partie postérieure est rentrée dans le pre- mier anneau du thorax. c. Tête de la larve. Selon M. Léon Dufour, c'est le prothorax. d. Position du premier stitimate thoracique. e. Mésothorax que M. Léon Dufour regardecomme le métathorax. f. Métathorax que le môme naturaliste prend pour le premier segment de l'abdomen. 5. Chrysalide de VJgrilus biguttatus trouvée dans la même écorce où était la larve du 26 mai. DE LA SOt.IÉTE liNTOMOLOlJIQlJE. 31 k vwwwv-^w* s DESCRIPTIOM DE VINGT-QUATRE NOUVELLES ESPÈCES DE TcrcdUes^ POUR FAIRE SUITE A LA MONOGRAPHIE DES ClaironeS, DE M. LE DOCTEUR KLUG- Par M. CHEVROLAT. (Séance du 1" Février l8Aô. ) 1. Tillus, RI. (Cymatodera) Boacii. Long. 10 miil. Lat. '3, 3 1/2 iniil Niger bruniieus.Caputcreberrirnè punctatum; labro, man tlibulis (apice nigris), antennisque llavis ; oculis oblongis. Thorax piceus, crebrèpunctatus,antèapicem et propè basin valdè constrictus; margine antico rufo, posticè bi-nodoso, lateribus ineslio rolundatis. Elytta brunnea , versus apicem latiora, punctato et sulcalo striata, punctisstriarum impres- sis,subquadratis,fasciis tribus dentulatis. flavis-, prima infrà basin; secunda antè et tertia ultra médium ; apicè extus re- gulariter rotundatased in sutura rectilinea^ pectus, abdomen et pedes pallida. Hab. in America septentrional! : ex mus. Olivieri. 2. Clerus ( Thanasinus, Lalr.) marginicollis. Long. 12 mill. Lat. 4 mill. Rufo-ferrugineus, longé villosus , pilis griseis Caput ni- 32 ANNALES gro-brunneum , rugis longitudirialibus , palpis labialibus antennisque ferrugineis. Thorax cylindricus, brunueo-obs- curus, in margine basaii ferrugineus. Elylra elongata, punc- tato-striata, ad extremitatem Isevia, ferruginea , de medio ad apicem nigra, sed limbo antico et fascia centrali (lavis; (fascia abbreviata, obliqué posita et suturae adnexa). Abdo- men nigrum, duobus ultimis segmentis et ferè dimidia parte quarto segmento; flavis. Rio-Janiero. D. A. Pompon. 3. Clerus ( Thanasinus, Latr. ) ohliquefasciatus. Long. 8 1/2 mill Lat. 3 1/2 milL Niger, nitidus, dense piiosus Caput cinereo-villosum ; palpis ferriigineis ; primo articulo antennarum exlus ferru- gineo. Thorax anticè dimidiatim cinereo-pilosus, basi con- strictus. Elytra apice cinereo-villosa , minute granulosa, noiulà longitudinaU ultra médium basin ; obliquis tribus fas- ciis flavis : prima recta, abbreviata-, secunda mediana, re- curva ; tertiaque opposita et suturai praecedentis in modum annuli ferè adnexa. Brasilia. 4. Clerus ( Thanasinus, Latr. ) cinctiventris. Long. 6 miU- Lat. 2 1/2 mill. Rufus, cinereo-pilosus. Caput rotnndatum , nigro-brun- neum , labio, palpis antennisque flavis. Thorax subcylindri- cus, dorso antico globosus, nigro-brunneus, nitidus, basi coarctatus, rufus. Elylra punclato-slriata ( punctis striarum magnis, contiguis, inlerstitiis costatis), ad apicem laevia ; scmi rufa basi, semi nigra posticè, sed in apice flavida, fas- DE LA SOCIETE ENT.)MOL()GIQUE. 33 ciis flavis duabus : prima mediana, intégra; secunda ultra médium, abbreviala in margiiie Ahdomen nigrum, fascia flava in segmente primo Brasilia. D. A. Pompon. 5. Theano cruciatus. Long. 5 mill. L;it. 2 milL Modicèpubesceiis. Caput viride, minute punctatum; ore antennisque brevibus , flavis, clava uni-artieulata, ovata ^ oculis globosis, piceis.Tiiorax nigro-virescens, in limbo an- tico et postico ruber. Elytra subquadrala, anticè latiora, flava, nigro-cruciata, latè punclata-, humeris productis, ob- tusis, intus depressis. Corpus nigro-seneum. Pedes pallidi, t'emoribus validis, tibiis poslicis, apice nigricantibus. Columbia : ex peregr, Dom. P. Lebasii. 6. Cladiscus (1) strangulatus. Long. 10 miU. Lat. 2 mill. Angustus, niger, longé pilosus. Caput orbiculatum, mi- nute punctatum^palpis elongatis,articulo apicali securifero, piano, obliqué truncato^ antentiis nigris, articulis undecim, primo elongato, rubro ; secundo nodoso, parvo, sequentibus elongatis, ramum longum emiltentibus; oculis oblongis, reli- culatis. Thorax longus, ultra médium strangulatissimus, an- tieequeconicus. Elytra angusta,elongata, quadratim puncta- to-striata, interstitiisclathratis,ad apicem Isevia, nitida. Pedes (i) Novum genus, KXa^taj^o;, ramulus. 2*' Série, T. l. 3 34 ANNALES brèves, villosi; (|uart() articulo tarsoruin anticoruni suhtus, modicè producto, qiiinto unguiculis quatuor brevibusgenii- iiatis. Habitat in Ins Phibppensibus. 7. Enoplium punctalissimum. Long. 11 niill. Lat. 4 mill. Nigrum , umlique crebrè punclatum et dense cinereo- viMosum. Caput cineroum ; anleimis nigris, basi piceis, clava tri articulata. Thorax ruber, ferequadratus,linibo pos- (icn angustènigio. Elytra apice singulatim rotundala etcos- lulala, ultra médium lasciola t'usca. Pedes nigro-picei Hab. in America boreab : ex mus. Olivieri. Tillus bicolorP S-dy. Col. ins. in Journal of the Academy oi nat. se. of Philadelphia. A . p. 174, n . 1. 8. Enoplium seminigrum. Long 15 1/2. mill. Lat. 6 1/2 miU. Erectis pibs cinereisvestitum. Caput nigrum, crebrepuiic latum et lugosum, anticè medio cannatum;labio palpisque rutilis; antennis nigris, articulis nodosis: primo articulo semi rufo et semi nigro, clava tri-articulata. Thorax niger, crebrè punclatus, plagis quatuor glabris, postice lateribus emarginatus. Scutellum nigrum. Elytra elungala , modicè convexa; dorso planiuscula, in dimidià parte anticâllava, nigroque crebrè punctata, cum hmbo basaii et calio buaie- rah nigris, dimidià parte apicali nigra, creberrimè et rugo:?è punctata; limbo anticè (lavo subfasciato. Corpus subtus ni- grum, abdoniine ruldo. Pedes rutili, tèmoribus apice tibiis- que ortu, nigris. Cobimbia. DE LA SOCIÉTK ENTOMOLOGIOUE. 35 9. Enoplium niveum. Long. S mill. Eat. 3 l/â mill. Allinis En. fasciculato, Klugii. Tonientosuni, fusciim Oculis rotundatis, nigris; palpis anteimisque testacos, clava quadri-articuIata,fusca,ullimo articulo apico lestaceo Tho- rax elongatus, fasciolis duabus iiigris riitidis et, Liansversa- libus. Eiytra us(pjè ad apic(.'m latescentia, miirina, lusco nigroque variegala, e modio versus apicem alba, sed in ipso apice luleo, nigroque irrorata, cum callis centralibus albis duobus. Corpus iiigrum; ano teslaceo. Pedcs teslacei, femoribus ortu nigris. Rio-Janeiro : ex missisDom A. Pomponii. 10. Enoplium fimbriolatum. Long. 7 1/2 miH. Lat. 3 1/2 mill. Pubescens, pallidè flavum. Mandibulis apice nigris; ocu- lis fuscis; clava antennarum triarticulata, articulis modicis, subtriangulatis, ultimo ovali. Thorax planiusculus, passinri puiiclatus, ultra médium, lateribus, valdèangulatus. Eiytra maculis duabus castaneis, nigro fimbriatis : prima basali et la- titudine elytri; secunda rolundata, ultra médium. Pectus ni- grum, lateribus fuscis Abdomen nigrum,segmentis fuscis in limbo postico Thorax infrà, antepectus et pedes, pallida- Brasilia : missus à D. A. Pomponio. 11 . Enoplium [ Epiphlœus ) pantherinum. Long. 9 mill. Lat. 3 1/2 mill, Afïïnis En. 12-mrtCM/a/o, Kl. Rubidus, cinereus, breviter 36 ANNALES pubesceiKS, pilisquenigrisrarisetereclisindatum.CaputriiM dam; mandibulis nigris; palpis labioque pallidis, clypeu nio- dice marginalo : primo articule antennarum longo, arcuato, pallido , secundo nodoso , piceo, sequentibus articulis nigris, clava t'usca. Thorax griseus, anticè rubidus, ultra margineni anticum valdè, sed in basi angustè compressus, maculis tribus nigris,duabuslateralibus, tertiaquebasiadnexa, magna qua- drata; lateribus rotundatis, sulcatis et marginatis. Scutel- lum Irigonum, rubidum. Elylra rufo-cinerea, in mediosub- ampliata, versus apicem angustiora,punctalostriata, (punc- tis irregularibus), rugulosa, lerè inaequalia, singulo co- leoptero septem maculis nigris, duabus ullrà basin , terlia rransversali, magna, in medio marginis adnexa, duabus ul- tra, externa marginali, interna rotundata, uUima antè api- cem. Corpus rubidum , nitidum; ano. genubusque posii- cis apice, et tibiis ortu, nigris, femoribusclavatis. Cayennae. Dom. Th. Lacordaire. 12. Enoplium ( Epiphlœus ) balteatum. Long. 7 mill. Lat. 2 mill. Similis En. variegato,K\. Supra cinereum, infrà rubi- dum, dense pubescens, pilisque erectis nigris. Caput gri- seum , posticè nigrum, punctatum, striis duabus, antennis nigris: primo articulo longo, ferrugineo, clava fusca; oculis magnis, globosis, fuscis. Thorax cinereus, anticè denudalus, niger et punclalus. Elytra nigra, subinaequalia, punctato- striata, ad basin rufa, ultra médium, plaga fusca, anticè posticèque in dorso angulata, versus apicem fasciculis plu- rimis cinereis; lemoribus clavalis, posticis nigricanlibus. ferrugineis ortu Brasilia. D. A. Pompon. DE LA SOCIETE ENTO>IOLOGIQUE. ZT 13. Enoplium ( Ichneal) dirisum. Long. niill. Lat. :\ 1/2 mill. Villosum, nigerrimum. Capiit rliudiniim-, niaïuJibulis, pal- pi.s, aiitennis ( arliciilis iiitoimediis compressissiniis \ ocu- lis(iue nigi is. Thorax rhodimis, foveolis (luabiis posticis Ely- tra elongala, subampliata, sat ciebrè punclata, opaca. Po- des postici genubiis vl trochanteribusalbis. Missus a D. Pompoiiio 14. Enoplium ( Ichneal ) ralceata. Long. 8 mill. Lat. 3 mill. Planiusculum, villosum llavum. Caput nilidum . anlicè flavum et fossum, linea longiludinali nigra, mandibulis ni- gris; antennis nigris, articulis intermediis modicè coarcta- lis. Thorax planus, laleribus aibo limbatus medioqueangu- latiis, linea longiludinali nigra. Scutellum rotundatum ni- grum.Elylra piajuuscula, punclato-striata et siibreliculata, (|)unctiss(riarumocellatis),nava, sedlimbo humerali, sutura t'ercque dimidia parte apicali, nigris. Corpus subtus nigrum. fomoribus et tarsis quatuor posticis, flavis. Missus a D. A. Pompon io. 15. Opilus gcrmanus. Long. 9 mill. Lat. 2 3/4 mill. Rubidus, longé pilosus. Caput rotundatum rubidum, cre- brè punctatum, mter oculos loveatum; antennis pallidis, mandibulis et oculis nigris. Thorax rubidus, anticè puncta- Uis, angulosim luleus, basi constrictus, lateribus scabrosis, 38 ANNALES Costa iongitudinali. Elytra pallida , punctato-striata, punctis siriarum approximatis, latis, subquadratis, interstitiis punc- tulatis, anlèapicem lata fascia brannea. Peclus rufum, ab- domen et pedes pallida, genubus brunneis. Habitat in Germania boreali, circa Hamburgum. Dom. Thorey. 16. Trichodes Olivieri. Chevrolat. Icon. règne animal de Cuvier, pi. 16, fig. 16. p. 154 — Non Klug, monog. p. 81, n". 10. ? Long. 17 mill. Lat. 6 mill- Cyaneus. Caput cinereo pilosum, palpis obscuris, basi ru- lis, clypeo rufo,antennis ru to obscuris, clava nigra. Thorax l'usco-pilosus, rugosè punclatus. Scutellum violaceum. Ely- tra rubra,crebrèpunctata,fasciistribuscyaneis: prima trans- versali mediana infrà bssin; secunda lata uUrà médium; tertia apicali. Abdomen rubrum : primo segmento violaceo Pedes rugoso-punctati,femoribusclavatis,punctatis,tibiiscurvatis. Persia : ex museo Olivieri. J'ai cru devoir donner une nouvelle description de celte espèce: M. Klug ayant désigné sous ce nom un Trichodes qui me semble différent du mien. 17. Trichodes affinis . Long. 13 mill. Lat. 4 1/2 mill- Similis Tr. Favario, Illigeri ; sed differt : forma corporis angustiora ; villositate femorum pectorisque pallidioraetden- siora fascia ; prima elytrorum extus lunata. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 39 Cœiuleus. CapuI viride, sat crehrè et rugosè |)unctatum, îabro obscuro, (luadrato, emargiiialo; inaiidibnlis iiigris; anteniiis briimuMs, niluiis, clava sericea. Thorax viridis, crebrè puntatu-, fusco- pdosus, pihs basi pallidis, sulco lon- giliidiiiali. Elytra saiiguinea, macula scnlcllari (pjadrala, sulura r.isciisquelnbuscyaiicis: piiinaaiicur.ili, oxlus veisus buiDerumdirecla.secundaullraniediiimponesuluramemar- ginala, tortia apicalii libiis redis poslicis vix incurvis. Hab. in yEgyplo : ex museo Olivieri. 18. Trichodes Laf'erlei. Long 15 niill. Lai. o 1/2 miH. Vindis, aibo nigroque pilosus. Capiit crebrè punctatum, rugosum; palpisferrugineis, arliculis basalibus nigris, cly- petj ferrugineo; antennis nigris, duobus primis arliculis extus rufis. Thorax planiuscukis, basi conslriclus, crebrè et reticulalim punclalus, cosla longitudinah cœrulea. Scii- tellum viride. Elytra lata, plana, rubra; macula scutellari, sutura fasciisque tribus nigro-cyaneis: prima ancorali,externe iiigro villosissima-, secunda ultra médium, in mediocoleopteri anterius angulala sed ad margiiiem atlenuata ; lertia apicali Abdomen penultimo segmenlo extus rufo. Pedes albo-vil- losi, crebrè puuctali ; femoribus clavatis : quinlo articulo antico ruCo, lamellis tarsorum rufis, uiiguiculis nigris. Circâ Constantinopolim. D Laferlé Séneclère. 19. Trichodes Carcelei. Long. L3 1/2. 14 mill. Lat 5. 5 1/2 mill Cyaneus, vel cyanco viridis, nitens. CapuI fulvo [)ilosum, crcberrimè punctatum, palpis antciinisque llavis^ oculi-s pi- 40 ANNALES ceis. Thorax brevis, ultra marginem anticum basique au- guste constrictus, veisus latera medio depressus, dorso transversim rugosus. Scutellum viride. Elytia plana, lata, inequaliter punctata, rubra, sutura et fasciis duabus cya- neis : prima aucorali, abbreviata sœpè medio interrupta , se- conda ultra médium 1ère recta. Pedes albo-villosi, tarsis quatuor anticis rufis, posticis nigris. Abdomen viride. Anatolia : missus a Carcelio. 20. Tru'hodes viridifasciatus. Long. 15mill. Lat. 5 1/2 mill. Planus, viridis, crebrè et reticulatim punctatus. CapuI anticè et post oculos sat dense a!bo villosum ; niandibulis, antennis ( articulis duobus primis, extus, rufo-limbatis) , oculisque nigris, palpis rutilis,basi nigromaculatis. Thorax ultra lîiarginem anticum, praesertim lateribus, et in basi valdè compressus, reticulatim punctatus, ad latera fusco ni- groque pilosus, costa longitudinal!. Scutellum aureum ; ely- tra inœqualia, reticulata, fovealo puriclata, lateritia, sutura anticè lata, fasciis duabus latis,approximatis, notulaqueapi- cali vel subapicali viridibus : fascia prima extus versus hu- merum; secunda versus apicem recurva. Corpus et pedes fulvo pilosa, tarsis flavis, sed posticis supra nigricantibus. Ex Oriente. D. Ch. Lavaud. 21. Trichodes (Pachyscelis, Hope,) laminatus. Long. 9, 10 mill. Lat. 4, 5 mill. Sub-nitidus viridi-smaragdinus, pilis albis et longisvesti- tus. Caput crebrè punctatum, palpis, antennis, labioque rubris, mandibulis atris. Thorax rugosè punctatus, ultra DE LA SOCIF.TE ENTOIVIOLOGIQUE. î I margiiiem aniicum et ponè basin constriclus, elongalo clivo basali glabro. Elytra valdè et conferlim punctata, punctis quadralis, reticulatis, tribus lineolis transversalibus sangui- neis, margine adnexis, limbo marginal! sanguineo ad hii- merum latirre. Pedes nitidi, femoribus posticis clavatis, tarsis fuscis. Tibiis posticis maris unco iiigru et fureato apicali. Anatolia : missus a Carcelio. 2-2. Trichodes ( Pachyscelist ) anguslus. Long. 11 mill. Lat. 4 1/2 mill. Viridi cyaneus, nitidus, fulvo-villosus. Caput crebrè punc- tatum, palpis^ clypen antennisque aurantiacis, labio maiiâi- bulisque nigris. Thorax ultra marginem anticum depressus basique constrictus, lateribus mediocriter rotundatis, iinea longitudinali versus basin sulcala. Elytra elongata, rugoso- punctata, punctis ferè rotundatis, reliculalis, notula obliqua, mediana, propè basin, fasciolisdimidiatisduabusmarginali- bus, dimidiaque parte anlica marginis, flavis : prima fascia in medio; secunda obliqua antè summum marginis utraque versus suturam ampliala. Abdomen, tarsis quatuor anticis, flavis, posticis basi nigris. Amadan : ex museo Olivieri. 23. Trichodes? ( Zenithicola P ) fulgens. Long. 10 mill. Lat. 4 mdl. Rugosè, conf'ertissimè punctatus, brevitcr pilosus- Caput aeneum, nitidum ; antennis aurantiacis. Thorax œneus, late- ribus rotundatus, basi angustior , ad apicem tranversim subdepressus. Elytra plana, brevia, aenea, obscura, basi 42 ANNALES ;i[)ic(Miuo l'ulgf'iilia, f^iscia média obliqua; aurantiaca. Corpus subtus œruMim, nolulis albis, pra^sertim in abilomiiie, plus minus ve transversim signaUim. Petles aenci, tibiis larsisque piceis. Nova HollandJa. Celte espèce paraît être voisine du Clerus splendidus, de M. Nevvman, ( the Enlomologist, tom. i. p. 15. ) et elle doit. 7. Snppl. au l)i((. des se. liai. Elit. Myriap. fig. 5. ^6 AJNNALES M. Gray (I) dans Y Animal Kingdom, mais dont les caractè- res n'ont pas eiicure été publiés. La famille des lulites, comme on le voit, lenleime sept genres tous bien dislmgués entre eux et nous avons cru de- voir dire quelque mots sur leurs caractères distinctiCs alin de faire saisir plus facilement ceux que nous allons assigner à une nouvelle coupe générique que nous rangeons dans cette même fansille et qui par la forme de ses segments, sem- ble établir un passage natui el entre les Polydesmus et les Ju- ins; elle se rapproche aussi beaucoup de celle des Craspedo- soina, mais la forme segmenlaire et surtout le nombre des anneaux qui composent leur corps, tendent, malgré l'affinité qui existe entre elles, à les en éloigner. Dans l'exposé succinct des sept coupes génériques qui composent actuellement la famille des lulites, les organes de la vue ne sont ap(»arentsque dans les lulus, les Callipus, les Craspedosoma et les Platyulus (2), et nous n'aurons à ne nous occuper que de ces genres, ces mêmes organes n'étant nullement distincts dans les Polydesmus et dans les Blaniu- lus. La nouvelle coupe générique que nous proposons d'éta- blir ici, ayant les organes de la vue assez développés, ce ne sera donc qu'avec les quatre genres que nous avons cités plus haut que nous établirons nos comparaisons. Dans les Julus, les organes qui constituent la vue, sont un rassem- blement de petites granulations assez semblables aux yeux (4) Anim. Kiiigd. pi. i35, Jig. 2. * (2) Nous ne parlerons pas des Cambala de M. Gray, cet auteur ne leur ayant assigné aucuns taiaclères génériques. l'I Cependant M. Grav, dans l'Anim. ELIngd., toni. XV, ( loni. 2 des Ins. ) p. 784, ( index ), donne quelques caractères, mais qui ne présentent aucune valeur générique ; voici au reste ce que ce naturaliste anglais dit au sujet de ce nouveau genre . • Brun, avec le bord antérieur des anneaux tarlielés, voisin des Juins, mais la tëli- est pourvue d'ocelles de rliaque côlé. » DE LA SOCIETE ENTO.MOIOGIQUE. 4: lisses iJes insccics et qui augmentent en nonil)re, à mesure que l'animal, suivant M. P. Gervais avance en âge; ces pe- lites granulations ou yeux lisses, situés de chaque coté delà lèie, placés derrière les anleimes, simulent de petites figures qui ordinairement aiïeetent des formes plus ou moins géo- métriques et qui varient suivant les espèces. Djns le genre des Callipus de M, Risso, les organes de la vision sont dis- tincts, lentifcrmes et réticulés; ces mêmes organes dans les Craspvdosoma sont egalenient distincts et lenlirorrnes, mais ils sont agrégés, c'est-à dire que dans cette coupe générique \^s granules (pii forment l<^s yeux, tendent lous à s»; ra[)pro- clier. Dans Ws. Plalifulus au contraire, ces mômes organes sont non agrégés et les granules qui les composent sont au nombre de six seulement, disposition qui a beaucoup d'aflî- nité avec celle des lulus. Chez les lulites \\). c'esl-à dire dans les genres qui com- posent cette famille et chez lesquels les organes de la vue sont apparents, on peut admettre que dans tous ces ani- maux, les yeux ne sont que la réunion d'un grand nombre d'autres yeux, même chez les Craspedosoma , quoique ce- pendant déjà dans ce genre les granules qui forment les or- ganes de la vue tendent à se rapprocher beaucoup. (i) IVl. Brandi * ayant divisé les Chilognallu.s en trois ramilles : les Monozonies, les Trizonies et les Pentazoni^s, noire famille des iuliles eorrespondt aux deux pieniières, c'est- a-dire, aux Monozo- nies en |tartie et aux Trizonies; cette dernière raniille a été partagée parce même anteur en deux sections : les Lysiopelales et les Syn- podopélales ; la première section ne comprend (jii'une seule espèce, cesl le lulus /œtidissimui de M. Savi ; la seconde renferme le genre lulus des auteurs et les coupes généri(jues ({iii ont été établies a ses di'îperis. •, J.iuni..! ci.- riiiitltiii, p. .'18. St-aiic- du H r,,ii. i, 18A1. 48 ANNALES Cctto même disposition se fait remarquer dans les deux premières familles ou celles des Pollyxénites (1) et des Glo- mérites (2), de l'ordre des Chilognathes, les organes de la vue dans les coupes génériques qui les composent, de même que dans certains genres des lulites, ne sont aussi formés que par de petits granules réunis entre eux- Ce qui nous a en- gagé à insister sur la disposition des organes de la vue et surtout sur le nombre plus ou moins considérable des gra- nules qui les composent dans les genres que renferme la fa- mille des lulites c'est que la nouvelle coupe générique qui par sa forme polydesmoide nous oblige à la placer dans cette même famille, les organes de la vision n'ont rien de com- mun comme disposition et surtout comme forme avec ce que nous venons d'exposer. Si maintenant nous passons au deuxième ordre ou les Chilopodes de Latreille, et que nous examinions les organes de la vue des genres que re:iferment les deux familles qui composent cet ordre, les Scutigérites et les Scolopendrites, nous verrons que dans la première, qui ne comprend qu'un seul genre, celui de ''cutigera, là les yeux sont grands et leur cornée est réticulée ou à facettes, au lieu que dans la seconde ou celle des Scolopendrites, ces mêmes organes dans les genres qui en sont pourvus, sont semblables à ceux des lulites, c'est-à-dire qu'ds ne sont que la réunion d'un nom- bre plus ou moins grand d'autres yeux ou granules. D'après tout ce que nous venons d'exposer sur les plus ou moins grandes variations que subissent les organes de la vue (i) Noire l'aïuiile des Pollyxénites, correspond en partie anx Mo- nozonies de M. Brandi. (a) C/esi enlièrenienl aux l'enla/.otiies du luèuic auteur que nos (iioniérites corrospoudent. DE LA SOCIETE ENTOAJOLOGIQUE. 49 suivant les genres qui en sont pourvus, on remarquera que les Scutigcra sont les seules chez lesquelles les yeux ^e rap- prochent le plus de ceux des insectes: ce qui nous permet de dire que les organes de la vision chez la plupart des gen- res qui composent la classe des Myriapodes, ne sont en grande partie que la réunion ou Tassemhlage d'un nombre plus ou moins considérable d'autres yeux. Le nouveau genre dont nous allons faire connaître main- tenant les caractères, quoiqu'afîectant le faciès de certains Polydesmus par la disposition et surtout par la forme de ses segments est fort remarquable en ceque lesorganesde la vue ne sont composés que d'une seule paire, c'est-à-dire se pré- sentent sous la forme des yeux lisses des insectes. En my- riapodologie , c'est nous croyons le seul exemple que l'on puisse citer d'une conformation semblable dans les organes de la vue (1), dans les Scutigera, comme nous l'avons déjà remarqué plus haut, les yeux sont bien formés d'une seule paire, mais ces organes sont réticulés ou à facettes. Ce ca- ractère remarquable et que l'on peut dire unique dans la famille des lulites, empêchera au premier abord de confon- dre ce nouveau genre avec ceux qui sont déjà connus, et c'est cette conformation singulière qui maintenant nous per- met de dire que les organes de la vue chez les genres qui composent la classe des Myriapodes, tantôt ne sont ( et c'est (i) Chez les Scolopendriles, le incnie exemple de cette coiifotma- lion dans les organes de la vue en une paire se présente aussi, car dans un genre nouvellemenl découvert et désigné par 1\1. P. Gervais sous le nom de Scolopendrella, les organes de la vision se présen- tent sous la forme d'ocelles et sont au nombre d'une paire. L'espèce type de celte nouvelle coupe générique est la Scolopendrella nota- cantha, Gerv. qui se trouve dans les jardins à Paris et dans les en- virons. 2e Série, t. i. 4- 50 ANNALES ce (]u\ a lieu le plus ordinairement ) que la réunion ou l'as- semblage d'un nombre plus ou moins grand d'yeux lisses; exemple : Julus, Craspedosoma , Callipus, Platyulus, Glo- meris, Zephronia, Lithobius el Scolopendra, que tantôt au contraire ces mômes organes manquent; exemple : Polydes- mus, Blaniulus, Crjptops et Geophilus, ou se présentent sous la forme d'un seul œil de chaque côté de la tête, mais ordi- nairement réticulé ou à facettes ; exemple : J'cw^igffîra ; et que d'autrefois enfin ces mômes organes sont bien sem- blables comme disposition à ceux des Scudgera, mais en diffèrent en ce que leur cornée est entièrement lisse c'est- à-dire non réticulée; exemple: Flatydesmus , Scolopen- drella. Outre ce caractère important, notre nouveau genre se distingue encore par d'autres particularités que nous allons successivement signaler. Plus haut, nous avons dit que la forme de ses segments le rapprochent he^ucoup des Polydes- mus, mais outre que les yeux, dans le genre que nous décri- vons, sont apparents, il s'en dislingue encore par la tôte qui est très petite, trianguliforme, avec les organes de la man- ducation en forme de suçoir (I), par la forme des articles (i) IVl. Brandi.' prenanl en considération la structure des parties de la bouche des lulites, et dont les fonctions sont destinées à broyer ou à sucer les aliments d'une manière analogue à celles des insectes hexapodes, les a divisés en deux sous ordres : les Broyeurs ( Gnathogena vel Bïanducatia), el les Suceurs, fSiphonozaniia vel SitgeniiaJ. Le genre que nous créons ici, parla conformation de ses organes de la manducalion, appartiendrait au second sous-ordre, c'est-à-dire à celui des Suceurs, mais !\I. P. Gervais, ayant trouvé dans la famille des Scolopendritcs, un genre ** dont les organes (•I J.iunial de ITiutitiit, \>. 48. S>-anrc forme une bande longitudinale. Les segments fissurés longi- tudinalement dnns leur partie médiane, sont ornés de deux rangées transversales de petits tubercules dont la seconde rangée ou la postérieure se continue jusque sur les bords latérauxde cessegments. Les sept ou huit premiers segments antérieurs sont arqués, ceux qui suivent presque droits; ces organes en se dirigeant antérieurement et postérieurement, diminuent de grandeur à mesure qu'ils atteignent ces deux extrémités: le dessous de la partie marginée des segments est lisse, de couleur jaunâtre. En dessous, le corps est jaunâtre, avec la partie médiane beaucoup plus claire. Les pattes al- longées, jaunâtres, sont hérissées de poils courts, peu serrés, de même couleur que les organes de la locomotion. Cette es- pèce, que nous devons à l'obligeance de M. F. Prévost, habite la province de Guatemala, (Mexique). Explication du N*. i, de la planche 3. 1. Platydesmus polydesmoides : et à côté mesure de sa grandeur naturelle. 2. Tête vue en dessus; a. yeux ; b. antennes ; c. premier segment; d. naissance du second segment. 3. Tête vue de prolil. 4. Antenne. 5. Patte. 6. Segment vu en dessus 7. Segment vu en dessous; a. organes générateurs mâles; b. pattes. 8. Segment anal vu en dessous. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 55 \VV«> Vt ^«A VV^ VV\ ..v«%xt V\> «AA v..i,,vi\\\ M.^VVlv\.%\ NOTICE SUR UNE MONSTRUOSlTIi QUI SE TROUVE OaNS UNE ANTENNE DROITE DU Colymbetcs coriaceus , Huffm. l'ai M. H. LUCAS. (Séttuce du 15 Février, 1845.) La nalme s'est plue à atteindre de ses anomalies non seulement les animaux placés le plus haut dans l'échelle zoolo- gique, mais encore ceuxqui par une perfection moins grande dans leurs organes, en occupent presque le dernier échelon. Plusieurs naturalistes se sont livrés à l'étude des mons- truosités entomologiques, et dans les insectes chez lesquels celte sorte d'éludé a été laite, les anomalies observées se sont presque toujours présentées soit dans les organes de la locomotion, soit dans les organes du vol et souvent aussi dans les antennes, organes que la plupart des naturalistes considèrent comme étant le sens du toucher chez les ani- maux articulés. Dans une note tort intéressante publiée par M. Sermge, membre de la société Linnéenne de Lyon, cet auteur après avoir décrit un vice de conformation cli*z un Helops cerulœus de Fabricius, et après être entré dans quelques considéra- tions sur la cause tles anomalies fournies pai' les inserles, croit que la présence des monstruosités chez les animaux articulés est due à l'espèce de nourriture, et que la nlus ou 56 ANNALES moins grande quantité absorbée par l'animal influe notable- ment sur les larves et surtout sur le développement des in- sectes. Je ne chercherai pas à contredire l'opinion émise par M. Seringe sur cette manière d'envisager la cause des ano- malies offertes par les animanx articulés, mais comme M. Bassi, i'avouerai que je ne comprends pas parfaitement ce que ce même auteur entend par monstruosité par avor- tement et monstruosité par soudure, dans le travail que j'ai cité plus haut Les notices qui ont été publiées par IVl. Bassi et par M. Ma- ximilien Spinola dans nos Annales, ont pour sujet des ano- malies observées dans les organes de la locomotion d'un Rhi- zotrogus castaneus (1) et d'une Rutela pulchella (2). La pre- mière anomalie, ou celle étudiée par M. Bassi, existe dans la première paire de pattes et du môme côté que celle du Rhizotrogus. M. Doumerc, dans ces mêmes Annales, a aussi fait connaître plusieurs monstruosités, entre autres, celle que présente la première paire de pattes d'un Melolontha vulgaris (3). Lesautresontété remarquées dans lesantennes, la première est l'antenne bifurquée d'un Carabusauratus[4), le seconde est celle que présente ce môme organe dans un Bomhus agrorum (5), et qui offre un vice notable dans sa conformation. (0 Aim. de la Société entom. de France, première série, loin, m, p. 373, pi. 8, Hg. A. (2) Op. cit. loni. IV, p. 587, pi- 17, (ig. 1 à 2. (3) Op. cit. toni. m, p. 173, pi. l, (ig. 1, a. b. * (4) Op. cit. lom. m, p. 174, pi. r, fig. 2. (5) Op. cit. loin. III, p. 175, pi. I, fig. 3. (■) Je ferai reuiiiiqucr que toutes les moiislruosités que je]vicnR àe citer, soit diius les orgaiiri de h locomotion, soit dans les antennes, se présentent le plus souvent du côté droit, excepté ce. piiidant chez celle du Scav'iteS pjracmon, obseivcc par M. Alciandre Lefebire, et figurée dan? le Magasin de zoologie, 1831, pi. 40, ûg, 1 et 2. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 57 M. Buquet, dans la Revue zoologique par la société Cu- viérienne, année 1840, p. 255, signale aussi un cas de mons- truosité qui se trouve dans la première paire de pattes du côté droit chez un Buprestide qui appartient à l'espèce con- nue sous le nom de (yphonola Buquetii, Lap et Gory, (^m- prestis lausoniœ, Chev. Rev. zool. 1838, p. 56). La mons- truosité indiquée par >1. Buquet, consiste en ce que l'insecte dont il est question présente trois pattes antérieures au côté droit, implantées sur un môme trochanter. Les anomalies que je viens de citer, sont les seules remar- quables qui aient été observées par les naturalistes, et il n'y a pas, que je sache au moins, d'autres anomalies qui se soient présentées ailleurs comme par exemple, une tête ou un abdomen double, monstruosités qui se rencontrent assez communément chez les animaux supérieurs. Dans les Crus- tacés et dans les Myriapodes, je ne connais jusqu'àprésent aucun cas anormal ; dans les Arachnides, il s'en présente un qui est fort curieux et que je citerai seulement, c'est un Scorpion qui offre une doubleqaeue dont la bifurcation com- mence dès la naissance. L'anomalie dont j'ai l'honneur d'entretenir la Société, existe dans une antenne droite du Colymhetes {Meladema, Lan Scuptopterus, Eschs.) coriaceus, Hoffmansegg, et si l'on veut examiner l'individu que je fais passer, on remarquera combien est singulière la terminaison de cet organe. Cette antenne est normale jusqu'au cinquième article in- clusivement, cependant à son extrémité, cet article présente un petit tubercule à sommet arrondi, un peu plus long que large et qui semble lui être indépendant, c'est-à-dire non soudé, et c'est dans l'espace qui existe entre cet article et le sixième, et du côté interne, que ce petit article s'articule. L'article suivant ou le sixième est très court, épais, à faces supérieure et inlerieurelissos,triangulifornieetsc partageant 58 ANNALES en deux branches à son exlrémilé La première branche à laquelle cet article anormal donne naissance, est composé de cinq articles dont le premier court, légèrement courbé; ceux qui suivent sont normaux, c'est-à-dire semblables à ceux de l'antenne gauche; la seconde branche ou celle qui est située du côté extérieur est composée de trois articles dont le premier est assez allongé, le suivant court, très élargi à son extrémité, orné de deux petites tubérosités à son côté externe, légèrement spinilormes, et donnant naissance du côté interne à un article très court, légèrement renflé dans sa partie médiane et terminé en pointe vers son extrémité. Les auteurs ayant admis trois genres de monstruosités (1), je crois que l'anomalie qui lait le sujet de cette notice, appar- tient à la catégorie des premiers genres, c'est-à-dire, qu'il y a anomalie par excès et défaut dans les organes en ques- tion (2). C'est à la fin de juillet, pendant mon séjour en Afrique, pans les petites flaques d'eau qui se trouvent dans les bois du lac Houbeira ( environs de la Galle ), que j'ai rencontré ce Colymbetes. (i) L'un où il y a excès, l'autre où il y a absence de parties, enfin le troisième mixte, c'est-à-dire, tenant de l'un et de l'autre des deux premiers genres, avec production d'un corps amorphe. (2) Ou plutôt anomalie paraugmentationet par diminution, suivant M. L Geoffroy-Sain t-Hilaire, dans un travail fort remarquable ayant pour titre : Histoire générale et particulière des anomalies de loi - ganisation, tom. i, p. 626. Explication des figures de la planche /, N". III. 1 . Colymbetes coriaceiis, Hofl'mansegg. 2, Antenne monstrueuse très grossie. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 59 DESCRIPTION d'un nouveau genre d'insectes diptères. Par M. MACQUART. (Séance du 15 Février IB45.) L'entomologie descriptive est arrivée à un degré assez élevé pour que les découvertes un peu importantes y soient devenues rares en ce qui concerne les insectes d'Europe. On trouve encore assez fréquemment des espèces nouvelles de genres connus, au moins parmi ceux qui appartiennent à des ordres longtemps dédaignés, ou qui se dérobent aux recherches par leur petitesse ou leur habitation ; mais ce n'est plus que de loin en loin que l'on se trouve obligé de former un genre nouveau, surtout lorsqu'on le fait sur des caractères avoués par la science. Ce serait un événement remarquable que la découverte d'un insecte d'Europe qu'il faudrait considérer comme type d'une tribu nouvelle. Que serait-ce, si c'était d'une famille, d'un ordre? Quelque soit le nombre immense des espèces d'êtres organisés qui habitent le globe, il a des limites comme le globe lui-même. 60 ANNALES Le Diptère qui fait l'objet de cette iiolico appartient à la division des Némocèros, tribu des Tipulides (I), dont il ne présente cependant les principaux caractères que d'une ma- nière indécise. L'espèce de mufle qui prolonge la tête dans cette tribu et qui reçoit la base de la trompe, est peu distinct-, celle-ci laisse peu appercevoir les lèvres maxilaires qui la terminent. Un labre corné, assez épais, avance un peu au delà de la trompe et dépasse les dimensions ordinaires. Les articles des antennes ne se distinguent nettement qu'au microscope, par les petites pointes qui se trouvent à l'extré- mité de chacun d'eux, sur le côté postérieur, tandis que les antennes entières sont couvertes de petits poils sur 'le côté antérieur. Le front linéaire, au moins dans les mâles, qui sont seuls connus, rend les yeux presque contigus, sans échancrure, et distingue encore cette Tipulide. Il en est de môme des facéties des yeux qui sont plus grandes et moins nombreuses que dans les autres Némocères. Enfin les nervures des ailes ressemblent peu à celles des autres membres de celte tribu : elles sont moins nombreuses, et nous ne pouvons les comparer pour la disposition qu'à celles du genre Macropèse, de la tribu des Chironomi- (1) J'emploie ce nom comme je lai fait dans l'ouvrage sur les (liplères exotiques , el d'après les mêmes motifs. Lorsque Latreille insiiUia la iamille des Tipulaires, il la divisa, non en tribus, mais en simples sections qu'il distingua entr'elles en les nommant Tipu- laires aquatiques, lerricoles , fungieoles, etc. Ces dénominations composées furent adoptées. Cependant, depuis que ces sections, par leur importance toujours croissante, ont été élevées au rang de tri- bus, il convenait de leur donner des noms simples, analogues à ceux qui sont généralement admis pour celte sorte de division, c'csl-à- dirc tirés du genre le plus considérable qu'elle renferme, .le les ai donc nommées ChirouiOniidcs. Tipulides, !Vlycéloi)hilides, etc. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. (il des, ou (lu genre Gnorisle, do celle des Mycétopliilides; et encore présentent-t-elles plusieurs difîérences importan- tes Il semble, en voyant la troisième nervure postérieure ne s'anastomoser à aucune autre, qu'elle accuse l'absence de la nervure transversale, qui, de la deuxième postérieure atteint le plus souvent la quatrième en passant par la base de la troisième, et qui reconstruirait ainsi la cellule interno- médiairo et les deuxième et troisième postérieures. Dans cette hypothèse, les ailes auraient quelques rapports avec celles des Eriopières et des Anisomères, Tipulides égale- ment dépourvues de cellule discoïdale. Il resuite de ces caractères plus ou moins remarquables, un ensemble organique que nous ne pouvons rapporter à aucun genre de Némocères connus et qui nous déterminée en former un nouveau sous le nom de Blépharicère, de êXe- cpapîç, cil, et de xspa, antenne. Ce genre nous parait se rap- procher un peu des Anisomères. Ce petit Diptère a été découvert en 184l, au Puy, par M. Min. Arnaud, jeune avocat et bon observateur, qui m'a obligeamment autorisé à rédiger cette notice. Assez commun au mois de juin, cet insecte fréquente sans doute la vallée de la Loire, voisine de sa source, et dépose vraisem- blablement ses œufs dans les terres humides de ses rivages, à la base du roc basaltique qui porte sur ses flancs l'antique capitale du Velay. Genre Blépharicère, Blepharicera. Caractères génériques : Corps menu, allongé et nu. Tête petite, plus large que longue; face large, à sillon iofigitudi- nal de chaque côté; partie intermédiaire un peu convexe, prolongée par un épistome terminé en pointe ; trompe de la 62 ANNALES longeur de la tôte, cylindrique, insérée dans une base large et assez courte ; labre corné, assez large, terminé en pointe et dépassant la trompe; palpes insérés à la base de la trompe, de quatre articles : les trois premiers cylindriques; le pre- mier court; les deuxièmes et troisièmes un peu allongés et égaux;lequatrièmemenu,coniqueetdirigéen dedans. Yeux contigus c? , à facettes assez grandes. Trois ocelles peu distinc- tes sur le vertex. Antennes peu allongées, à peine une fois plus longues que la tôte, insérées vers le haut de la tète, plus filiformes que sétacées, finement velues du côté antérieur (vues à la loupe), de 16 articles? cylindriques, peu distincts les uns des autres. Thorax assez court, plus large que la tête , rétréci anté- rieurement -, écusson assez court. Abdomen g étroit, comprimé, allongé, arqué en dessus, grossissant de la bnse à l'extrémité, de sept segments; les quatre premiers de longueur à peu près égale; les cinquième et sixième plus court; le septième très court, paraissant tronqué obliquement. Organe sexuel rT sous la forme d'un petit corps ublong, inséré à l'extrémité du dernier segment de l'abdomen. Pieds menus, longs et nus; fémurs et tibias antérieurs et intermédiaires moins longs que les postérieurs; tarses anté- rieurs plus longs que les fémurs et les tibias. Balanciers à tête assez épaisse. Ailes longues; cellule basilaire externe s'étendant au delà du tiers de la longueur de Paile; interne nulle, ainsi que la discoïdale ; marginale assez large, à base située vers le tiers du bord extérieur, n'atteignant pas l'extrémité ; sous mar- ginale étroite, insérée à l'extrémité de la basilaire externe ; quatre postérieures : première à semblable insertion, attei- gnant le bord postérieur, large à l'extrémité ; deuxième et troisième confondues à la base, séparées seulement par un DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. (>3 rudiment de nervure-, quatrième pétiolée; anale prenant naissance à la base de l'aile. Blepharicera limbipennis, iiob. Cinerea. Pedibus (lavis. j Long. 5 niill. Face à duvet blanc. Antennes noires. Yeux bruns. Thorax cendré, à deux lignes brunâtres; côtés à duvet blanc Abdo- men cendré; bord antérieur des segn)ents à duvet blanc sur les côtés. Pieds d'un fauve assez pâle. Balanciers bruns. Ai- les hyalines; bord extérieur brunâtre. De la France méridionale. Explication des figures du N^ //, de la pi 3 1 . Blepharicera limbipennis. Macquart , très grossi : et au dessus mesure de sa grandeur naturelle. l>. Tête vue à la loupe. 3. Antenne très-grossie. 4. Abdomen très-grossi. 5. Tête vue au microscope. ANNALES DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 65 NOTICE SUR LES MÉTAMORPHOSES DE i: A pion apricans ET SUR LES PARASITES DE CE COLÉOPTÈRE. Par M. F. E. GUÉRII^MÉNEVILLE. (Séano* du 15 Février 1845.) Jusqu'à ces derniers temps l'on ne savait pas que les pre- miers états du genre Apion avaient été observés , car les auteurs qui ont parlé de ce groupe dans divers ouvrages et dictionnaires, gardent le plus profond silence à ce sujet. Ce- pendant il y a quarante ans que les métamorphoses d'une espèce très-commune , V Apion apricans , ont été étudiées par Marckwick , Lehmann etMarsham, (Trans. Lin. soc. Lond Vol. 6, p. H2, pi. v,f. a à d, Lond. 1802), et tout ré- cemment M. E. Perris a publié la description de la larveet de la nymphe d'une autre espèce, V Apion ulicicola, (Ann. Soc Ent. de France, première série, vol. ix, p. 89, année 1840'. Nousavonsétéamené à conslaterl'étatdela science au sujet des métamorphoses des Apions, en nous livrant à des recher- ches pour un travail dont M. Herpin nous avait prié do nous occuper relativement à une larve d'Apion qui cause de grands 2e Série, T. i. 5 66, ANNALES dommages dans les récoltes de graines de trèfle. Ne trouvant aucune indication dans l'ouvrage de M. Schœnherr ni dans Geoffroy ni dans lesarticles des divers dictionnaires, ouvrages auxquels on cherche avant tout à donner de l'intérêt, en y fai- sant entrer les notions que la science possède sur les mœurs des animaux dont ils traitent, nous en avions conclu que Tonne savait rien sur les Apions. Cependant quelques recherches dans nos notes nous ont conduit à des indications précieuses, en nous faisant trouver les observations de MM. Marckwick et Marsham sur VJpion apricans; nous avons fait traduire leur mémoire et celui de M. Lehmann sur le même sujet , et nous avons reconnu que la découverte faite par M. Herpin des diverses circonstances des métamorphoses de cet apion n'était pas nouvelle , mais était seulement restée oubliée. L'observation des naturalistes anglais, tout en constatant le fait, est cependant loin d'être complète, et les figures qu'ils ont données des divers états de leur Apion sont si petites et si mal faites qu'il vaudrait autant n'en pas avoir. Nous avons donc pensé qu'une description plus complète et une ligure plus soignée de la larve et de la nymphe de cet in- secte pourraient être utiles. Jpion apricans. Schœnh. , Gênera et spec. Curculionidum. T. 1 ,part. Ir-, p. 279. Nous ne copierons pas ici la longue synonymie donnée par M. Schœnherr, ni la description de l'insecte parfait. Nous dirons seulement que M. Schœnherr cite les transac- tions do la Société Linnéenne de Londres , vol. 6, p. 142, pi. 5,f. a à d, et qu'il est singulier que personne n'ait vu que ce travail donnait des indications intéressantes sur les métamorphoses de cette espèce. La larve (pi. %w^ n, lig. \a.h.) esta peine longue dedeux DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. G7 millimètres, épaisse, arquée, et elle offre un peu la forme du ver blanc du Hanneton. Sa tète (pi. 2, n*' n , fig. 2) est rougeâtre, de consistance un peu cornée , armée de deux fortes mandibules. On voit de chaque côté et près de Fin • scrtion des mandibules , un très-petit œil lisse , et , au des- sous de celui-ci, un petit style articulé qui représente l'antenne. Les trois premiers segments du corps, ceux du thorax, sont assez bien déterminés ; ils ne portent pas de pattes proprement dites , mais ils ont chacun en dessous deux tubercules charnus qui en tiennent certainement lieu. Les segments de l'abdomen sont assez mal déterminés, ma- melonnés en dessous ; tout le corps est glabre , sans colo- ration comme celui de presque tous les animaux qui ne doivent pas vivre à la lumière. La chrysalide (pi. 2 , n'* ii, fig. 3 , ) est à peu près de la grosseur de la larve, blanche, assez molle. La tête est repUée en dessous : ses ailes, ses élytres et ses pattes sont repliées sur les côtés et en dessous , la troisième paire do pattes est séparée des autres par les élytres, et les antennes ne sont pas coudées et sont couchées près de la tête en se dirigeant en haut. La larve se tient à la base du calice des fleurons du trèfle commun {Trifoliumpratense).E\\e ronge la graine qui se trouve à cet endroit, et perce un trou sur le côté de ce fleu- ron (pi. 2, n" II, fig. 4 et 5) pour en sortir et se change en chrysalide entre les divers fleurons des capitules. Un fait entièrement nouveau est l'observation de deux parasites qui vivent aux dépens de cette larve et viennent s'opposer à la trop grande propagation de l'espèce. L'un est un Braconide du genre Calyptus de M. Haliday (ou Eu- bazusde Néesd'Esenbeck), c'est le Calyptus niacrocephalus. Nées. Cet Hyménoptère est long de près de trois millimètres, nuir luisant, avec les ailes transparentes et un peu irisées. 68 ANNALES et la base des jambes jaunâtre. La femelle est munie d'une tarrière ou oviducte plus longue que son corps, qu'elle peut plonger au fond du calice des fleurons du trèfle pour déposer un œuf dans le corps des larves do l'Apion. L'autre parasite appartient au genre Pteromalus , c'est le Pteromalus pione, décrit par M. Walker et à peine long de deux millimètres. Nous avions d'abord pensé que ce second Hyménoptère était parasite du premier, mais ayant communiqué notre idée à M. Westwood , il nous a répondu qu'il pensait que cette espèce concourait à la destruction de l'Apion. Il n'y aurait cependant rien de contraire à la raison dans notre manière de voir, car il est certain que la nature n'a pas voulu que l'Ichneumon destructeur des Apions se multipliât au point de faire disparaître la race de ces derniers. On concevrait très-bien , alors , qu'elle eût suscité à celui-ci un ennemi destiné à limiter ses ravages. Explication des figures de ta planche 2, N" //. 4. a. Larve de r^pion flpncaws, Schœnh., très-grossi. 1. b. Id. de grandeur naturelle. 2. Sa tête très-grossie. 3. Chrysalide très-grossie. 4 et 5. Fleuron du Trèfle commun percé par la larve de V^pion apricans. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 69 DESCRIPTION d'un H NOUVELLE ESPECE DE COLÉOPTÈRE DU GENRE Myrmechixenus, DÉCOLTERTE DAItS LES SERHCS ACX ANANAS DE M. rANCttOUCKE ; A SA CAMPAGNE DE FLEURY, PUES PARIS. Par >1. F. E. GUÊRIN-IIÉNEVILLE. (Séanoe du 15 Février IMô.) Dans un article Irès-intéressant , publié par M. Che- vrolat dans la Revue entomologique de M. Silberniann, (t 3, p. 233, 1835) , cet habile entomologiste a ouvert une nouvelle voie aux recherches, en nous apprenant que beau- coup d'espèces d'insectes se développaient , ou vivaient sous leur dernier état, dans le fond des nids de diverses fourmis. Il a fait connaître ces espèces, et il a été assez heureux pour découvrir parmi elles un insecte que ses caractères éloi- gnent de tous les groupes connus de Xylophages, et avec lequel il a établi un genre particulier sous le nom de Myrmc- chiocenus. L'insecte qui nous occupe forme une seconde espèce dans ce genre , mais il n'a plus les mômes habitudes. Cependant les circonstances dans lesquelles nous l'avons irouvé sont peut-être de nature à nous éclairer sur les raisons qui font rechercher à diverses espèces les nids des fourrais. Il est 70 ANNALES probable qu'elles liabilenl ces nids pour jouir de la tempé- rature élevée qui règne en tout temps dans les détritus vé- gétaux dont leur fond est garni , et nous sommes d'autant plus porté à le croire , que les mômes espèces , ou quelques- unes de ces espèces ont été trouvées dans des écuries où le fumier entretient une température analogue. La nôtre semble avoir besoin d'une température très -supérieure, car les serres à Ananas développent une chaleur qu'il nous était difficile de supporter longtemps en cherchant cet insecte. Myrmcchi.xcï\us vaporariorum. PI. II, n». I. ' Oblongus, flavo - ferrugineus ; capitc , ihorace elytrisque crebre-piinctatis ; corpore suhtus anlennis pedihusque pal- lidioribus. Long. 2 mill. Larg. 3/4- mill. Corps oblong, un peu aplati, entièrement d'un jaune un peu ferrugineux , faiblement pubescent. Tète plus étroite que le corselet, ponctuée, à chaperon et labre saillants; antennes presque deux fois plus longues que la tôle , velues. Corselet de forme presque carrée, à peine un peu plus large que long , très-faiblement rétréci en arrière , avec les côtés un peu arrondis , entièrement couvert de points en- foncés très-rapprochés; écusson petit, triangulaire. Ely très d'une couleur uniforme jaune ferrugineuse, plus larges que le corselet à leur base , à angles huméraux assez sail- lants et arrondis, deux fois et demie plus longues que le corselet, à côlés parallèles, avec rextrémité arrondie, couvertes de petits points enfoncés et Irès-rapprochés entre DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 71 eux, garnies d'un fin duvet blanchâtre. Le dessous du corps et les pattes sont d'un jaune un peu plus pâle et garnis de duvet blancliàlre. Cette espèce dilTère du Mijrmechixenus suhterraneus de M. Chevroiat par sa couleur uniforme et surtout par sa forme allongée ainsi que par son corselet qui est moins cordi- formc. Nous l'avons trouvée en octobre, à Fleury près Meu- don, dans la belle propriété de M. Panckoucke. Ces insectes couraient avec une grande agilité sur les murs de l'intérieur de la serre aux Ananas, et dans le fumier sec, près des pots ou se tenaient dans les angles de la fosse dans la quelle ils sont enfouis. Explication des figures de la planche 2, N*>. /. 1. Myrmechixenus vaporariorum, très-grossi. On voit à côté la mesure de sa grandeur naturelle. 2. Patte postérieure grossie. 3. Patte intermédiaire grossie. 4. Patte antérieure grossie. 5. Antenne grossie. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 73 DESCRIPTION DE DEUX COLÉOPTÈRES NOUVEAUX APPARTENANT A LA FAUNE PARISIENNE. Par M. le docteur Ch. AUBÉ. (Séance du 15 Février 1843.) , ' Monotoma punctaticollis. PI. I, n". IV, fig. 1. Long. 1 -4/5 mill. Larg. 1/3 mill. Corps étroit, allongé, un peu plus de trois fois aussi long que large, d'un brun noirâtre très-légèrement brillant Tête triangulaire, finement ponctuée et chagrinée, et offrant de chaque côté en arrière des yeux , un petit appendice spiniforme légèrement arqué et pointu. Antennes testacées. Yeux noirs et granuleux , corselet carré , un peu plus long que large , de la môme largeur en avant qu'en arrière , coupé carrément à son sommet et à sa base ; les angles an- térieurs droits et légèrement tuberculeux , les postérieurs coupés obliquement} les bords latéraux rectilignes et à peine 74 ANNALES crénelés^ il est légèrement convexe, couvert de points assez forts, légèrement écartés, et à peine chagriné dans les intervalles qui sont un peu brillants ; il présente , en outre à la base , deux impressions longitudinales peu mar- quées. Ecusson très-petit et rugueux. Elytres ovalaires , allongées, presque deux fois aussi longues que larges, un peu plus étroites à l'extrémité qui est tronquée presque car- rément; elles sont légèrement convexes et couvertes de points enfoncés, disposés en lignes longitudinales; ces points sont assez forts; les intervalles étroits, à peine cha- grinés et légèrement brillants , présentent quelques poils très-courts et peu visibles. Le dessous du corps finement ponctué. Pattes testacées. Ce Monotoma qui doit être placé entre le quadricollis et le longicollis ^ diffère du premier par une forme un peu plus parallèle , la ponctuation du corselet plus libre , les inter- valles étant plus lisses et un peu brillants ; les élytres sont aussi moins ternes et moins chagrinées. Il se distingue du second par sa taille un peu plus forte , son corselet plus pa- rallèle, non rétréci en arrière, et dont les deux impressions postérieures sont plus distinctement séparées. Ohs. — Les élytres sont souvent moins foncées que la tête et le corselet. J'ai recueilli cet insecte au mois de septembre dernier dans le fumier d'une bergerie, aux environs de Château- roux ; j'en ai également trouvé deux individus parmi quel- ques insectes qui m'oiit été donnés par feu M. Langeland , et qu'il avait pris lui-même dans les mômes conditions aux environs de Paris. Depuis répoque ou j'ai publié, dans les Annales, mon essai sur le genre Monotoma, M. Guérin-Méneville, Revue zoologique , 1839 , pag. 140, en a décrit une espèce à la- quelle il a assigné le nom de Monotoma Blaivii , et que je DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 75 me suis assuré , d'après l'examen des individus môme qui ont servi à M. Guérin pour faire sa description, devoir être rapportée à mon brevicollis. Il faudra donc à l'avenir dire : Monotoma brevicollis Aube, Blaivii, Gucrin. yihrœus romhophorus. PI. I. n' . IV, lig. 2. Long. 1 1/5 mill. Larg. 2/3 mill. Subovalaire , convexe , noir de poix un peu ferrugineux. Tête presque lisse \ antennes ferrugineuses avec le premier article noir de poix etla massue testacée claire. Corselet très- luissant, plus étroit en avant, coupé à la base en angle très-obtus, et couvert de petits points épars assez écartés et peu visibles; il offre, en outre, en arrière près de la base, une petite ligne transversale qui forme en avant un petit angle obtus -, l'espace compris entre cette ligne , et le bord postérieur, présente une figure rhomboïdale. Ecusson très- petit , à peine visible. Elytres une fois et demie aussi lon- gues que larges, couleur de poix , très-luisantes et couvertes de points épars, assez écartés et à peine visibles. Pattes ferrugineuses; les tibias antérieurs fortement dilatés et ar- rondis en dehors dans toute leur étendue , les intermédiaires très-légèrement dilatés, les postérieurs étroits. Il ressemble considérablement au nigricornis ; il a comme lui une ligne transversale à la base du corselet^ mais il est un peu plus gros , la massue des antennes est pâle , la ligne du corselet fait un angle sensible en avant , et enfin les jambes antérieures sont fortement dilatées et arrondies en dehors, tandis quelles sont étroites dans le nigncornis. La 76 ANNALES ponctuation est aussi beaucoup moins serrée sur le corselet et les élytres. Le seul individu que je possède a le corselet et l'extrémité des élytres un peu plus ferrugineux que le reste du corps, mais dans la crainte que ce caractère ne soit pas constant , je l'ai passé sous silence dans la description. J'ai conservé à cet insecte le nom sous lequel je l'ai reçu de mon ami, M. Montandon, qui Ta trouvé en janvier dernier au milieu de la tannée qui sert à réchauffer les plantes dans les serres chaudes du Muséum de Paris. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 77 VV* \\^ MA >*> ^AA ^At"* VV^ «V^^ VV\ \\^ VV^ \\/% V\* %*/\ VV\ VV\ ^^'* VV\ ^«A%\\ *A/\ *V\ vV* A^^ \\% \l\A vv> \ V\ (VV\\^ NOTE SUR UN Diptère dont la. larve vit dans L'Hélix conspurcata. Par M. GOUREAU. ( Séanoe du 15 Février 1843.) Pendant l'été de 1842, j'ai recueilli et renfermé dans un cornet de papier, sept coquilles de Y Hélix conspurcata , que l'on trouve fréquemment fixée contre les murs et les tiges des arbres à la campagne pendant cette saison. Sur la fin de janvier 1843, j'ai ouvert ce cornet, et j'y ai trouvé, outre les coquilles, six diptères de la même espèce, ou plutôt six cadavres de Diptères. Quatre de ces insectes étaient parfaitement développés ; un cinquième était mort dans un état de développement imparfait ; outre ses ailes qui étaient encore en paquets chiffonnés, on remarquait son abdomen gonflé démesurément et non encore coloré de ses teintes naturelles; enfin le sixième se montrait à rentrée de la coquille. Il paraît que la bouche de cette dernière était appliquée contre le papier, et que l'insecte n'a pu forcer cet obstacle pour prendre son essort. Ainsi , sur sept coquilles recueillies, six ont donné naissance à autant de mouches. 78 . ANNALES D'après cela, il était facile de conjecturer que les larves qui les ont produites , ont vécu aux dépens de l'animal qui a construit et habité ce logement. I)ans le fond du môme cornet, j'ai trouve trois petits fragments qui ont attiré mon attention , et eu les examinant à la loupe, j'ai vu qu'ils la méritaient. Ils sont parfaitement semblables, d'une substance écailleuse très-mince, trans- lucide, d'une couleur brun-rougeâtre; la forme est un demi-ovale un peu convexe d'un côté et concave de l'autre. Le bord courbe est terminé par un bourrelet en arrière du- quel se trouve un second filet aussi en relief; le bord droit semble déchiré , comme si cette petite écaille avait été dé- tachée d'une pièce plus grande de même substance. Au centre, on voit deux petits tubercules égaux et placés d'une manière parfaitement symétrique, ils sont percés chacun d'un petit trou. Tout ce qui est en relief d'un côté de l'é- caille est en creux de l'autre ; c'est le côté convexe qui porte les reliefs. Il m'a paru très-probable que ces écailles avaient appartenu aux chrysalides des diptères , et qu'elles étaient les portes que l'insecte ouvre pour sortir de son berceau ; ou pour parler plus exactement , qu'il fait sauter à l'aide de la vésicule faciale qu'il a la propriété de gontler à sa vo- lonté, et de faire rentrer dans sa tête au moment de sa der- nière métamorphose et encore pendant quelque temps après. Les deux petits trous correspondent très- probable- ment aux stigmates de la chrysalide. Pour m'assurer si effectivement la larve et la chrysalide avaient vécu dans Y Hélix, j'ai brisé l'une des coquilles, et j'ai trouvé dans le fond du dernier tour de la spire, la place occupée par la chrysalide; on y voyait môme la partie pos- térieure de celte chrysalide sous la forme d'une coque blanchâtre, placée au milieu d'une pellicule extrômemenl blanche et mince ; j'ai cru reconnaître à la partie supérieure DE LA SOCIETE ENTOIVJOLOGIQUE. 79 de la spire et attenant au bord collumellaire la contrepartie de récaille, mais ce qui en restait n'était pas assez considé- rable pour m'autoriser à affirmer ce fait. S'il en était ainsi, récaille serait une partie de l'opercule construit par la larve pour s'enfermer dans la coquille ; et s'il en était autrement , il faudrait admettre que la partie supérieure de l'enveloppe de la chrysalide est d'une couleur et d'une substance diffé- rente de la couleur de la substance de la partie inférieure; ce qui n'a rien d'extraordinaire. Mais ce qui me paraît cer- tain , c'est que le Diptère en question dépose ses œufs dans Vl/elix conspurcata , un seul œuf dans chaquecoquille; que la larve qui en sort dévore le mollusque , qu'elle se change en chrysalide dans l'intérieur de la spire à la hauteur du quatrième tour, et que l'insecte parfait en sort dans l'au- tomne à l'époque de la floraison des marguerites ou chry- santhèmes : car alors j'en ai vu un grand nombre sur ces fleurs dans un jardin. Quant à l'insecte, il appartient à la tribu des Créophiles, à la sous-tribu des Tachinaires, et au genre Melanophora. Ce genre tel qu'il est constitué par M. Macquart, (Suites à Buffon, Diptères, tom. ii ), renferme des insectes dont l'or- ganisation offre des différences assez notables, surtout dans les nervures des ailes , c'est pourquoi l'auteur l'a divisé en trois groupes. Le Mélanophore dont il est ici question , appartient au troisième groupe, et ne se trouve pas décrit dans l'ouvrage cité plus haut. On suppose d'après cela qu'il n'a pas encore été décrit et qu'il n'est pas nommé. On propose de lui don- ner un nom qui rappelé ses mœurs, et de l'appeler Melano- phora lielicivora. Ce diptère peut être caractérisé et distingué des espèces décrites dans son groupe par la phrase suivante : Long. G mill. Entièrement noir; ailes noirâtres, plus fon- 80 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. cées à la hase et le long de la côte, plus claires le long du bord intérieur ; cuillerons blancs, très-grands. Les ailes sont armées d'une épine cubitale et de cils courts, couchés depuis cette épine jusqu'à la base; la première cel- lule postérieure est entrouverte à son extrémité; les antennes sont courtes, c'est-à-dire, ne descendant pas jusqu'à l'épis- tome, et sont munis d'un style un peu tomenteux; l'épis- tome, le corselet et les anneaux de l'abdomen sont garnis de poils raides, ce dernier est dépourvu de soies; les pattes sont aussi garnies de poils et de cils très-courts, Ce que l'on vient de rapporter des mœurs de ce diptère est conforme à ceque l'onsait.des habitudes des Tachinaires^dont les larves vivent dans le corps des chenilles, des chrysalides et même dans les Coléoptères et les Hémiptères ; elles se nourrissent de la substance graisseuse de ces insectes à la manière des Ichneumons. D'autres dévorent les insectes rassemblés par les Hyménoptères fouisseurs pour la nour- riture de leurs larves. Cette tribu carnassière et dévastatrice exerce ses ravages sur une multitude de petits animaux ; mais on n'avait pas encore signalé , si je m'en rapporte à l'ouvrage de M. Macquart, les Mollusques à coquilles comme destinés à sa pâture. Ce fait m'a paru devoir être signalé , parce qu'il peut conduire à une connaissance complète de l'insecte que l'on pourra étudier en le cherchant dans V Hélix conspurcata qui est très-commune autour de Paris. Je joins à cette note une figure du Melanophora helicivora, grossi au quadruple. PI. 2,n°iii,fig. 1 et 2. 1. Insecte grossi et à cùlé mesure de sa grandeur naturelle. 2. Tête grossie vue de profil. ^^ _ ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 81 V\X\\\\V\'l'XAfVVXV\\>'V\\\'\V\A.VV%\V\(VV^V\'\\V\'VVX\\^AA.\\\>\V\^^i\'VV\\V>iVW VV»/VV\iV\\ VV>VX'>'V\\'t MEMOIRE SUR LA Psyché alhida. Par M. MERCK aîné. (Séance du 19 Avril 1843. ) La nature, comme on l'a dit souvent, parait avoir pris à tâche de faire briller sa puissance d'un éclat plus vif chez les êtres que leur petitesse semble rendre indignes de nos regards. Souvent elle les a dotés d'une structure plus admi- rable, d'une parure plus brillante ou d'un instinct plus mer- veilleux. Ces réflexions qui s'offrent souvent à la pensée de l'ento- mologiste, paraissent s'appliquer d'une manière particulière a la jolie Psyché alhida dont je vais avoir l'honneur de vous tracer l'histoire. La chenille de cette espèce n'a pas encore été décrite : elle a la tète écaillcuse, de couleur marron ; le corps grisâ- tre, parsemé de poils peu nombreux, chargé sur les anneaux Ihoraciques de six plaques et sur les trois derniers d'une bande transversale, noirâtres; marqué sur les autres an- 1'- Série, T. i. 6 82 ANNALES neaux de dix rangées de points bruns, dont ceux des dor- sales plus petits. Elle est pourvue de six pieds écailleux dont les deux derniers sont sensiblement plus allongés, et de dix membraneux. Semblableà toutes celles de la môme tribu, elle vit enveloppée d'un fourreau portatif qu'elle traine avec elle. Que deviendraient ces larves sans ce vêtement protec- teur? Leur corps couvert d'une peau très-fine ne pourrait ré- sister aux injures de l'air et serait livré sans défense à une foule d'ennemis. La nature n'abandonne pas ainsi ses œu- vres au génie de la destruction \ elle a fourni à ces êtres faibles les moyens de se mettre à l'abri des dangers dont leur existence serait menacée. Elle leur a donné l'industrie de se construire une enveloppe dans laquelle leur corps peut être entièrement engagé. Quand elles marchent, et lors- qu'elles prennent leur repas, elles montrent en dehors leur tète et leurs six pieds antérieurs ; mais dès que le moindre motif de crainte vient les saisir, elles se retirent dans cette espèce de sac, en ne laissant sortir que l'extrémité de leurs pieds marcheurs à l'aide desquels elles se cramponnent aux tiges des plantes, ou à différents corps. Les fourreaux des Psychés en général, sont recouverts des parties de différents végétaux ; ces matières varient suivant les espèces, et permettent par là à l'entomologiste exercé de les reconnaître à la livrée particulière de chacune d'elles. Ainsi l'habit de quelques unes est revêtu de parcelles de feuilles imbriquées ; celui de quelques autres est garni de particules d'herbes, de genct ou de bruyères; plusieurs montrent le leur chamarré de lambeaux de lichens; celle qui nous occupe, demande à la mousse les moyens de parer le sien. Toutefois la jeune chenille avantd'avoir percé l'œuf dans lequel elle était conleuue sous une forme embryonnaire, se contente dans les premiers jours de son existence, de rc- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 83 couvrir son vOtenient dépoussière et de faibles débris ; mais après la première mue elle lui donne la parure qui distin- j5'uait celle de ses ancêtres. Le fourreau est cylindrique, composé d'une soie blanche assez fine pour que sa peau délicate ne puisse en souffrir, et d'un tissu fort et serré. Elle le garnit en dessus, de brins de mousse fixés en recouvrement jusqu'aux trois quarts de la longueur , et assez allongés pour protéger l'extré- mité , en laissant à celle-ci la flexibilité nécessaire aux divers mouvements de la larve ^ car c'est par là que doi- vent passer ses excréments, et que plus tard devra sortir l'insecte parfait. Quand la chenille veut se vider, elle se glisse à reculons jusqu'à la partie postérieure de son fourreau, et dès que l'o- pération est terminée , les bords de celui-ci se replient en dedans comme s'ils y étaient amenés par un fil : l'extrémité parait alors tronquée. Ces chenilles sont diurnes : on les trouve fixées aux gra- minées destinées à les nourrir. Quelquefois elles semblent prévoir l'orage et cherchent un abri contre ses fureurs; sont- elles surprises à l'improviste , elles s'arrêtent , se crampon- nent à l'aide de leur pattes écailleuses aux corps sur lesquels elles se trouvent, et attendent dans cette position le retour du beau temps. Le vent parvient-il à les emporter à quel- que distance, elles cèdent à sa violence et bravent la tem- pête dans la couche soyeuse qui les enveloppe ; car les brins de mousse dont leur gaine est recouverte, sont as- sez épais et assez élastiques pour amortir les chocs les plus rudes. J'avais trouvé plusieurs chenilles de la Psyché albida, soit le long de la lisière du bois de Saint-Denis de Bron, soit sur nos Monls-d'or Lyonnais , mais il me lardait de connaître les moyens auxquels elles avaient recours pour donner pins «4 ANNALES d'ampleur à leur fourreau devenu trop «"itroit. J'ojMai l'occa- sion de prendre ces larves sur le fait ; clic ne larda pas à se présenter. Une de mes chenilles se trouvant trop gônée dans ses mouvements , se mit , à l'aide de ses mandibules, à fendre son habit sur le côté; mais elle se garda bien de le déchirer sur toute sa longueur; elle aurait perdu par là , la facilité nécessaire pour travailler; clic aurait livré à ses en nemisson corps sans défense; elle se serait exposée à voir sou fourreau emporté par un coup de vent. Elle ne le fendit donc que sur une courte partie de sa longueur, puis elle remplit cette ouverture par une pièce qu'elle fila et opéra ainsi successivement, jusqu'à ce que l'espèce de sac charge de l'envelopper fut élargi d'un côté; après quoi elle répéta la môme opération du côté opposé. Ma curiosité ne se trouvait point encore satisfaite par W travail dont je venais d'être le témoin, il me restait à résou- dre plusieurs autres questions- Que deviendraient, me di- sais-je, ces larves si on les arrachait de leur fourreau? Rap- prochées du dernier terme de leur développement, se déci- deraient-elles à se construire un sac nouveau? Dans le cas où elles se résigneraient à ce long travail , pourraient elles sécréter encore une quantité sulTisante de matière soyeuse pour conduire cette œuvre à bonne fin ? Combien de temps employeraient-elles à fabriquer un nouvel habit? Se serviraient-elles pour le couvrir d'autre matière que la mousse ? J'essayai donc d'arracher quelques chenilles de leur gaine protectrice. Il me fallut pour y parvenir employer une cer- taine force, car elles se recourbaient dans leur fourreau, et se cramponnaient de toute leur puissance à la partie interne de celui-ci. Je voulus dépouiller d'autres larves par un moyen dillérent. Je déchirai leur enveloppe morceau par morceau, en commençant par la partie antérieure; chaque DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. S,) foiï. que j'avais arraché un lambeau , la chenille s ciloi^Mil iW. refermer l'uuvt'rluie soil avec ses paltcs de devant, soit avec l'aide de ses mandibules. Mes petites larves mises à nu étaient visd)lement décon- certées. Après quelques moments d'Iiésitalion , elles se mi- rent, à l'aide de leurs pattes écailleuses, à lier au papier sur lequel je les avais déposées, des fils croisés en toussons rassemblés en llocons , et se lixèrent à ceux-ci. J'en pri.s une , et lui présentai l'ouverture d'un l'ourreau intact. Elle le saisit avec ses pattes antérieures et chercha à y pénôtrci ; mais l'orifice s'élant resserré, elle eut d'abord un peu de peine à y introduire les anneaux thoraciques, après quoi, elle s élança dedans comme d'un bond. Elle avait mis envi- ron cinq minutes à reprendre son logement j quelques unoii de plus lui sullirent pour se retourner dedans et se mettre en route. J'enfermai quatre autres chenilles dans un bocal de verre, dans lequel je leur avais préparé de la nourriture et des dé- bris de laine de diflerentes couleurs. Elles restèrent quel- que temps imn)ubiles et je craignis un instant que mon ex- péi iencc n'aboutit (ju'ù causer la mort do ces malheureuses larves -, mais bientôt je les vis mouvoir leur tête en tous sens et commencer chacune la fabrication d'un nouveau four- reau qu'elles ébaucbèrciit par la partie postérieure II était alors trois heures de l'après midi \ le lendemain malin, cha- cune avait confectionné son nouvel habit de soie. Il ne res- tait plus qu'à le couvrir. Elles se firent d'abord une sorte de collerette de couleurs diiïérentes suivant les fils de laine qui se trouvaient à leur portée, puis continuèrent à revêtir ainsi leur sac jusciue vers l'extrémité; mais se sentant en sûreté, ces larves mirent moins (rcmpresscnient à parer leur habit qu'à le construire; et se trouvant près du terme 'i'^ leur métamorphose , elles mp parurent dunnas comme dans le pœdcrmus, disposés aussi régulièrcmenl, en lignes transversales. Le cinquième segment abdominal du 02 ANNALES mâle csl légèremcnl déprimé et lisse en arrière, avec un petit tubercule au devant de cette dépression -, le sixième est lar- gement cchancré et Téchancrure est remplie par une lame mince mcmbraniforme. Rapporte de Badajoz en Andalousie, par M. Gliiliani. Bledius tristis. Long. 3 1/2 mill. Larg. 3/4 mil!. D'un noir terne et entièrement couvert d'une pubcscence cendrée. Tôte un peu plus étroite que le corselet, très-fine- ment réticulée-, bouche et antennes testacécs, ces dernières légèrement rembrunies à l'extrémité. Corselet une fois et de- mie aussi large que long, à peu près de la longueur des ély- tres, peu convexe, tronqué en avant et en arrière, où il est un peu plus étroit, légèrement arrondi sur les côtés ; les an- gles antérieurs un peu aigus et abaissés, les postérieurs lar- gement arrondis; il est entièrement couvert de points infini- ment petits, très-rapprochés, qui le font paraître réticulé et Irès-terne; nulle trace de sillon longitudinal sur le milieu dans la plupart des individus; quelques uns olîrent cepen- dant une ligne presque imperceptible. Elytres un peu moins •le deux fois aussi longues que le corselet, plus finement réticulées que ce dernier, aussi ternes, d'un jaune sale avec une tache humérale noirâtre. Abdomen un peu moins pu- bescent et moins terne que la tôte et le corselet. Pattes d'un testacé pâle, avec les cuisses légèrement rembrunies dans les deux tiers abdominaux. On observe sur quelques individus (peut être les mâles) un tubercule très-petit, placé entre les yeux et un peu en avant. Cette espèce a été rapportée de Sicile par MM. Broussais, elle doit i^robablcment trouver sa place entre Yarcnariits et \o r/o/»!7)s, peut être même après re dernier. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 93 NOTE SUR UNE NOUVELLE ESPÈCE DE COLEOPTÈRE TETRAMERE QUI DEVRA SERVIR DE BASE A UNE COUPE GENERIQUE NOUVELLE. Par M. le docteur Ch. AUBE. (Séance du 19 Avril 1845. ) La Faune entomologiquc parisienne fait chaque jour de nouvelles conquêtes, et nous ne pouvons prévoir où elles s'arrêteront en pensant aux modes d'investigation mis en usage aujourd'hui dans la recherche des insectes. Chaque jour, il nous est présenté des Coléoptères pris à Paris, qui, jusqu'alors, avaient été considérés comme appartenant à d'autres contrées. M. Montandon vient encore de découvrir, dans la tannée des serres chaudes du Jardin du Roi, une nouvelle espèce de Coléoptèrc tétramère, qui devra constituer une coupe gé- nérique à laquelle nous assignerons le nom de Philothermus, et nous dédierons la seule espèce qu'elle renferme à M. Mon tandon auquel nous en sommes redevables. Nous donnons ci-après les caractères qui pourront ser- vir à distinguer le genre en question. Genre Philothermus. Tête courte, large et enfoncée dans le corselet. Antennes de dix articles : le premier plus fort que les sept \)4 ANNALES suivants, les deux derniers plus forts que les autres et cons- tituant la massue. Labre très petit, arrondi et cilié. Mandibules courtes, robustes et unidentées. Mâchoires membraneuses , longues et grôles ; la division externe plus courte que l'interne, toutes deux ciliées en de- dans et à l'extrémité. Palpes maxillaires de quatre articles : le premier assez long, le second plus court que le précédent, le troisième plus Tort que les deux premiers réunis et ovoïde, le dernier très- petit, subuliforme. Languette assez grande et légèrement échancrée à son sommet. Palpes labiaux de trois articles : le premier très-petit , le second très-fort et ovoïde, le dernier très-petit et subuli- forme. Yeux petits et granuleux. Elytres et ailes propres au vol. Pattes assez robustes et de médiocre longueur j tarses de quatre articles : les trois premiers à peu près de même lon- gueur, le dernier aussi long que les trois autres réunis , cl garni de deux crochets égaux et assez longs. Corps ovalaire, assez convexe en dessus et plan en des- sous. Ce genre doit être placé près des Cerylon et des Biphyllus. Philothermus Montandoni. Long. 2 mill. Larg. 1 mill. Ovalaire, légèrement convexe, d'un brun ferrugineux as- sez luisant et couvert d'un petit duvet testacé. Tôte très- finement pointillée. Antennes testacées. Corselet un peu DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 95 plus large que long, tronqué en avant et en arrière, avec les angles antérieurs trés-abaissés, ce qui le fait paraître arrondi entièrement; les angles postérieurs sont coupés presque carrément et très-légèrement saillants en arrière ; la base et les côtés sont légèrement rebordés ; il est entièrement cou- vert de points enfoncés, assez forts et assez rapprochés. Ecus- son arrondi et granuleux. Elytres ovalaires ei couvertes d(! stries assez fortement ponctuées; ces stries vont en s'oblité- rant vers les deux tiers postérieurs et disparaissent tout-à- fait à l'extrémité. Pattes testacées. Il a été pris dans la tannée que Ton employée réchaufler les plantes dans l'une des serres du Jardin du Roi. Explication des figures du W. Il, de la planche 4. 1 . Philothermus Montandoni. Aube. a. Grandeur naturelle. b. Antenne. c. Lèvre et palpes labiaux. d. Mâchoires et palpes maxillaires. e. Patte antérieure. ANNALES DK LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. 97 ^\\'\\\> W\\,V^ *^V\ vvxxVX VWW* VV* W^ W\'W>V\*W»'VV\'V\(%^ NOTICE SUR UNE MONSTRUOSITÉ OBSERVEE DANS l'ANTENNE DROITE d'un BUPRESTIDE. ( Julodis Clouci. ) Par >L Lucien liUQUET. ( Séance du 15 Février 1843. ) L'intéressant mémoire qu'a publié M Lucas dans nos An- iialesde cette année, p. 55^ au sujet des monstruosités ob- servées jusqu'à ce jour chez les insectes, et particulièrement dans l'antenne droite d'un Colymbetes coriaceus, m'a fourni l'occasion de faire aussi quelques remarques du môme fjenre qui ne paraîtront peut-être pas sans intérêt, bien qu'elles aient beaucoup de rapport avec le fait signalé par M. Lucas. L'insecte dont je joins ici la ligure , appartient à une es- pèce fort remarquable de Bupreslide nouvellement décou- verte à l'île Socotora , en Abyssinie , et que j'ai publiée sous le nom de Jalodis Clouei, dans la Revue zoologique par la Société Cuviérienne; année 1843, p. 22. L'anomalie que je cro's devoir faire connaître aujourd'hui, existe également dans l'antenne droite de cet insecte, la- quelle est normale jusqu'au quatrième article inclusivement, tandis que l'article suivant, contrairement à ce que l'on ob- serve d'ordinaire chez ces sortes de Ci)léopfères,Pst oblong, 2 Série, T. i. 7 98 ANNALES épais, (.'t termint' par une épine assez forte , longue et trcs- acéréc; c'est ;\ partir de là, et sur chacun des côtés de ccl article anormal , que prend naissance un rameau composé (le six articles : le rameau de gauche qui est le plus court. a le premier article court et cylindrique; le second plus long du double; le troisième triangulaire et très-mince à la base, les deux suivants d'égale longueur; enfin le sixième et dernier est très-petit et tronqué à l'extrémité. Les articles qui composent le rameau de droite , sont à peu près égaux et semblables à ceux de l'antenne gauche, qui n'offrent rien de particulier. Une remarque qui n'est pas sans intérêt bien qu'elle ne lire pas à conséquence , c'est que la plupart des anomalies signalées par les auteurs, alTectent presque toujours le côté :lroit des insectes, ainsi que l'a fait observer fort judicieu sèment M. Lucas. Indépendamment des faits déjà cités, je mentionnerai également un individu du Morica octocostata de Leach, dont une des antennes se bifurque aussi, mais à partir du troisième article, et c'est encore celle du côté droit. J'ajouterai enfin, comme faisant exception , que je possède dans ma collection, sous le nom de Crossotus Leprieuri, un longicorne du Sénégal, qui a deux pattes intermédiaires im plantées sur le môme trochanter, mais cette fois c'est au côté gauche. Explication des figures du N'\ JII, de la planche 4. 1. Jalodis Clouei. Buquet. 2. Antenne monstrueuse grossie. 3. — normale, grossie. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 99 v\^V\\ i\\ VW «V\ WV VVi \V\ 1V\ Ir-W V V\ VV\ V\\ V\\ WV V\V V\V V\X tWWMW \/\A \x\ \.Wy/K\%.\\ w> vw VV ^%v NOTE POUR SKRVIK A l'histoire DU Caîlidium sanguineum. Par M. GOUREAU. ( Séance du 19 Avril 1843. ) Dans les premiers jours du mois d'avril, je vis plusieurs Caîlidium sanguineum courir dans ma chambre-, leur état •ie fraîcheur me fit conjecturer qu'ils venaient d'éclore, et que le moment pouvait être favorable pour étudier ce co- léoplère. Je visitai mon bûcher, où j'observai divers mor- ceaux de chêne dans lesquels il s'était établi. Je dépouillai quelques bûches de leur écorce et les nettoyai de la pous- sière de bois qui les enveloppait en partie , et je trouvai un grand nombre de larves que je reconnus au premier aspect pour appartenir à un longicorne. Chacune d'elles était cou- chée dans une galerie creusée dans l'aubier et remplie de vermoulure , excepté dans une sorte de chambre occupée par l'insecte ; celte galerie était aussi indiquée sur la surface interne de l'écorcc; mais elle y pénétrait moins profondé- ment que dans le bois. Les galeries n'ont pas une forme ré- gulière; elles varient pour la longueur, la largeur et ladirec- 100 ANNALES lion qui est rarement droite, mais qui serpente d'une façon tort irrégulière; elles sont dirigées dans le sens des fibres et se terminent ordinairement par un trou ou puits de forme ovale, proprement creusé, qui s'enfonce obliquement dans le bois à une profondeur de dix millimètres environ. Les diamètres de l'ovale sont de quatre à cinq millimètres sur trois. Un trou de môme dimension se trouve dans l'écorce et correspond à celui du bois. J'ai vu des bûches tellement rongées par ces larves que la première couche de l'aubier avait presqu'entièrement disparu , et que l'écorce ne tou- chait au bois que par des points isolés, des sortes de support que les larves avaient épargnés en creusant leurs galeries. Dans l'un des puits dont j'ai parlé, jai trouvé une chry- saUde morte mais encore souple , comme si elle avait perdu la vie depuis peu de temps-, sa couleur était noirâtre. Il était facile de reconnaître à ses dimensions, à sa forme et à ses longues antennes qu'elle appartenait à un Callidium. Dans une galerie, et non dans le puits qui la termine, j'ai rencontré le cadavre d'un Callidium sanguineum parfaite- ment développé. Il paraît que cet insecte, n'ayant pu percer l'écorce directement au dessus de sa loge, s'est avance dans la galerie où il a passé son premier âge et qu'il y est mort. En visitant plusieurs bûches de chêne , j'ai vu des Calli- dium cachés sous des écorces soulevées ou dans des gerçures profondes du bois. J'ai d'abord pensé qu'ils étaient occupés à pondre; mais n'ayant point apperçu d'œufs, ni vu l'ovi- ducte sortant du corps, j'ai conjecturé qu'ils s'étaient réfu- giés là pour y être en sûreté. D'ailleurs la forme et la posi- tion des galeries fait comprendre que les œufs sont déposés isolément et répartis sur des points un peu éloignés les uns des autres et non accumulés en un seul dépôt. De ces faits , on peut conclure : que le Callidium sangui- DE K A SOCIETE ENTOMOLOG IQUE loi Ht-wm femelle , dépose ses œufs au mois d'avril dans les gerçures de l'écorco du bois de chône sec et particulière- ment dans celui dos bûchers; que les larves qui en sortent s'insinuent sous l'écorce, qu'elles attaquent l'aubier, qu'elles le rongent autour d'elles de manière ;) se créer une cham- bre spacieuse, qu'elles poussent en avant et agrandissent cet appartement, en ayant soin de pousser derrière elles la poussière du bois qu'elles ont broyé avec leurs niandibules, et qu'elles se creusent des galeries où elles passent tout le temps de leur premier âge, qui doit durer plusieurs années; car on trouve en mèine temps des larves très-petites et d'autres qui ont alleirtt à peu près tout leur développement. J'ignore combien il leur faut d'années pour arriver à leur première métamorphose ; mais il me paraît probable qu'el- les passent l'hiver sous leur forme intermédiaire , pour se montrer dès le commencement du printemps sous celle d'in- secte adulte. Un fait qui mérite d'être remarqué, c'est que ces larves vivent dans le bois très-sec et probablement ne vivent que h\ ; que ce bois semble privé d'humidité, et cependant elles sont dodues et succulentes, ce qui prouve qu'elles y trouvent des sucs nutritifs. On peut en inférer qu'elles parviennent ;t en extraire le peu de fluide qu'il contient en le triturant avec leurs mandibules et le réduisant en poussière très-fine ; ou bien qu'en avalant les débris de ces fibres, il s'opère par relTet de la digestion , une nouvelle combinaison des élé- ments du bois qui produit de l'eau ou un autre liquide. Il me semble que la première hypothèse est la plus probable à cause de la grande quantité de bois trituré -, si elles vivaient de la substance même ligneuse, il ne leur en faudrait pas autant |)our se développer. La larve parvenue à peu près au terme de sa croissance , a quatorze millimètres de long. Elle est formée de douze 102 ANNALES anneaux d'un blanc légèrement jaunâtre , sans compter la tête , qu'on serait porté à prendre d'abord pour le premier anneau du corps; cette tête est grosse, blanchâtre, un peu luisante. On y voit un chaperon corné, d'une nuance tirant au brun ; deux fortes mandibules noires, deux petites anten- nes subulées , une lèvre qui paraît formée de deux pièces placées bout à bout , et quatre petites pointes qu'on peut prendre pour les palpes : toutes ces parties sont d'un blanc jaunâtre; la région inférieure de la tète, de chaque côté de la bouche, est garni d'une barbe roussàtre. Les anneaux du corps sont courts près de la tête et vont en augmentant de longueur en avançant vers l'extrémité opposée; les huitième, neuvième et dixième sont les plus grands ; le dernier est très- petit et ressemble à un bouton qui accompagne le précé- dent. Le diamètre transversal de chaque anneau diminue à mesure qu'il s'éloigne de la tète; de sorte que la larve offre une forme conique. Tous les segments sont séparés par des incisions très-prononcées; ils peuvent se dilater et se con- tracter de manière à permettre à l'insecte de ramper. Il est cependant pourvu de six pattes écailleuses, à peine visibles, et peu propres à la marche. On distingue le long du dos un trait coloré qui semble indiquer le tube intestinal ou le vais- seau dorsal. La chrysalide n'offre rien de remarquable ; tou- tes ses parties sont disposées comme on les voit sur les autres chrysalides de Coléoptères. Je n'y apperçois ni cro- chets, ni épines. On serait porté à croire qu'une larve aussi bien garantie contre ses ennemis que l'est celle du CaUidium sanguineum, devrait croître en paix sous l'épaisse écorcc qui la couvre etarriver immanquablement à d'heureuses transformations:, il n'en est rien cependant; elle a im petit ennemi qui lui l'ait une cruelle guerre et parvient à l'atteindre dans ses galeries , c'est un Ichneumon dune très-petite taille, qui DE LA SOCIETE ENTOMOLUGIQUE lOJ (iuil être fort cummun aux environs des chantiers de bois et de nos habitations , car en dépouillant de leur écurce des huches attaquées par le CalUdium, ou en trouve fré- quemment des nichées entières dans les loges occupées pri mitivement par des larves qui y ont péri dévorées par celles de richncumon. L'n fait qui mérite d'être remarqué, c'est que dans celte espèce, les femelles sont beaucoup plus nombreuses que les mâles : sur plus de vingt-cinq individus que j'ai retire d'une seule bûche, il n'y a que trois mâles Comment cet Ichneumon parvient-il jusqu'à la larve pour la piquer et déposer ses œufs dans son corps? Cela ne paraît pas facile à comprendre. Perce-t-il l'écorce avec sa larrière? S'd agit ainsi, on doit avouer qu'il a un bien faible instru- ment pour exécuter un ouvrage diflTicile ; car récorce sèche lie chêne est épaisse et très dure. S'introduit-il dans les ga- leries en passant par un trou fait précédemment par le Cal- liJium adulte et parvient-il jusqu'à la larve à travers la ver- moulure qui remplit la galerie? Cela parait dilficile à comprendre. Mais ce qui l'est encore jdus, c'est la manière dont il s'y prend pour sortir de dessous les écorces. 11 parait mcapable de s'ouvrir lui-môme un passage, et si aucun au- tre animal ne vient à son secours il doit infailliblement pé- rir, à moins que le hazard ne lui fasse trouver un passage à travers des galeries vides et un trou dans l'écorce qui re- couvre ce passage. Il y a là un de ces secrets de la nature que nous ne pouvons deviner, et que l'observation seule peut nous apprendre. Lor.s(|u'elle nous l'aura découvert , nous verrons que le moyen est aussi simple que sur, et nous serons confus de la faiblesse de notre intelligence. Je ne connais pas le nom de ce petit Ichneumon, ni même le •renre auquel ou doit le rapporter; c'est pourquoi 104 ANxNALES j'en donne une description un peu détaillée qui, avec la figure, jointe à ce mémoire, pourra le faire reconnaître. IGHNEIIMON. ... ? 2 -.Long. 4 mill. Tête -. arrondie, noire, luisante-, antennes filiformes, d'un grand nombre d'articles peu distincts; le premier et le deuxième, jaunâtres en dessous, les autres noirs ; palpes longs, pendants, filiformes , de cinq et trois articles, autant que je peux le distinguer à la loupe, de cou- leur jaune blanchâtre- Corselet : noir ; prothorax avec un enfoncement au milieu à l'origine des ailes; celles-ci couchées horizontalement sur le corps, transparentes, à stigmates et nervures noires ; une cellule radiale grande, atteignant l'extrémité de l'aile; deux cellules cubitales; la première, pentagone, grande; la deuxième atteignant le bord de l'aile; une seule cellule dis- coïdale de même grandeur que la cellule cubitale. Pattes entièrement d'un blanc jaunâtre avec les crochets des tar- ses bruns. Abdomen -. ovoïde, noirâtre à la base, brun de poix à l'ex- trémité, lisse, luisant, sans pédicule sensible; le premier segment portant en dessus une sorte d'écusson guilloché ou plutôt finement strié en long. Tarière de la longueur de la moitié de l'abdomen. ^ : Long. 3 mill. Semblable à la femelle, si ce n'est que l'abdomen est beaucoup moins large et presque cylindrique, atténué aux deux bouts. Lorsque les ailes de cet insecte sont couchées sur le corps dans leur position naturelle, ou bien lorsqu'elles sont étalées elles offrent à l'œil un bel effet d'irisation, c'est-à-dire, une DF LA SOCIETE ENTOIMOLOGIQUE ^Q'i série de couleurs passant du rouge au violet, ;iu bleu et au vert ; il faut pour cela les regarder obliquement sous un cer- toin jour; mais si on les détache , on reconnait que ^ par el- les-mêmes , elles sont parfaitement transparentes et incolo- res, et que les nuances que l'on a admirées sont un jeu de la lumière. Cet effet est dû, à ce que je crois, à la décompo- sition de ce fluide à son passage à travers la membrane transparente de l'aile. Je fais cfctte observation pour constater que Tirisatibn des ailes , donnée par des auteurs comme caractère spécifique, n'en est pas un, et qu'on ne doit pas y avoir égard lorsqu'on décrit les espèces , attendu qu'il est commun à une foule d'insectes à ailes nues de différents ordres. Je termine ce mémoire en faisant remarquer que si l'on veut assigner au Callidmm sanguineum un rôle dans l'ordre général de la nature, on voit assez clairement que ses fonc- tions, comme agent de cet immense laboratoire, sont de commencer la destruction du bois de chêne sec, de soulever et détacher son écorce , de ronger la première couche de l'aubier, de la réduire en poussière et la disposer à devenir immédiatement un terreau fécond, où les plantes viendront s'établir bientôt après ^ il contribue pour sa part au renou- vellement perpétuel des êtres qui peuplent cet univers. Explication des figures du N<*. If^, de la planche 4. 1 . Larve du Callidium sanguineum a peu près de gran- (li'ur naturelle. i Tête de cette larve grossie pour montrer le chaperon, les antennes, les mandibules et quatre pointes situées au dessous, que l'on suppose être des palpes. 106 ANNALES 3. Nymphe (lu Callidium sanguineum. 4. Deux galeries creusées sous l'écorcc el dans l'aubier d'une bûche de chêne sec. a. Trous percés par la larve lorsqu'elle doit se mé- tamorphoser en chrysalide, et où elle subit sa métamorphose. 5. Ichneumon femelle dont les larves dévorent celles du Callidium sanguineum. Figure grossie , et à côté mesure lie sa grandeur naturelle. (). Id. mâle. id. 7. Aile supérieure grandie de l'Ichneumon. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIOIE. lo7 ^ vv*\\>\;\^ vv^xx^v\A^\\'VV^\v\v\^v\\v^'\\\^ v\\\AA w* vv»vv^v\\^.^.^\\\v\^v\\v\\v\^v■v^ w\ wv v\i NOTE SUR QUELQUES LIBELLULES d'EUROPE- Par M. lidin. de SELYS LONGCHAMPS. ( Séanoe du 3 Mal 1943. ) Je crois devoir donner une connaissance sommaire de troi.s dccouverles assez importantes qui ont été faites récemment parmi les Libcllulidces d'Europe. 1". J'ai reçu de M. Y. Pecchioli , dePise, le mâle jus- qu'ici inconnu de l'unique espèce pour laquelle j'ai rétabli le genre Lindenia ( L. tctraphylla, Vanderl. ). Cet entomolo- giste Ta pris dans les Maremmes. La seule femelle connue avait été prise au lac Averne. près de Napics, par M. Yan- derlinden. Une autre se trouve figurée dans le grand ou- vrage sur l'Egypte. Le mâle a tous les caractères que par analogie j'avais cru qu'il devait présenter. Je me propose de décriie et de figu- rer prochainement ce ma^^nifique insecte , qui , avec la Ma- 108 ANNALES cromia splendens, Piclet, cl les Libellula nigra, Vanderl,, et trinacria, Selys, nous offre quatre exemples européens de formes regardées jusqu'ici comme entièrement exotiques. T. J'ai reçu de M. Amédée Guinard, de Montpellier, le mâle et la femelle d'une très-belle espèce de Libelluline, voisine des Cordulies, et qui appartient au genre Macromia créé par M. Rambur pour quelques espèces de l'Amérique et de l'Inde. B^s 1840 , j'avais vu au Musée de Genève , la femelle de cette espèce et j'avais engagé M. le professeur Pic^.et de la Rive a la publier, ce qu'il avait différé à cause du manque de renseignements sur le mâle. Il vient enfin d'en adresser le dessin et la description à M. Guérin- Méneville , pour le Magasin de Zoologie, où celle espèce paraîtra sous le nom de Cordulia splendens. Quant à moi , je crois que le genre Macromia peut être conservé, étant distinct des Cordulia par les onglets entièrement bifides à leur extrémité, par un bien plus grand nombre de nervu- les dans les espaces costaux et par un prolongement plus marqué en arrière des yeux. Elle devrait donc s'appeler Ma- cromia splendens. Je me propose de décrire le mâle à la suite de la notice df M. Pictel. Les deux sexes ont la grande stature et beau- coup de la coloration du Cordulegaster annulatus, avec l'or- gnnisation des ailes et la bouche presque comme chez les Libellula. 3". Je soupçonnais de[)uis longtemps qu'il exislait en Eu- rope deux espèces de Cordulegaster ^ mais je ne possédais de l'une d'elles que la femelle, (jui précisément est moins ca- ractérisée que le màle. A^oici une diagnose comparative de ces deux insectes, de môme taille, qui ayant pour ainsi dire la môme coloration, ont \\n être confondus dans les collec- tions. DE LA SOCIKTE ENTOMOLOGIQUE 109 Cordulegaster annulatua, Lalr. Cordulegaster bidentatus, [C. lunulatus ^Gharp.) SelysLonchamps. L'occiput formant entre les L'occiput noir, point visi- yeux une sorte de vernie blement renflé entre les yeux; jaune bordée en arrière d'une bordéenarrièred'unecrêtede crête de poils jaunes. poils plus ou moins cendrés. Tache noire du front petite. Tache noire du front large. Taches jaunes du corps Taches jaunes du corps plus étendues. moins étendues. d" : Appendices anals supé- \v\ vvAxxi'vvx'VV» vv^V\^'\,v\\V^XV^\v^'v\,\'\(X'\v\\,vv^JVv^\AA'vv^xv\vv^^(V^'VV^'VV\■vv^(W.'^ NOTES sun QUELQUES Hyménoptères peu connus, recueillis EN ESPAG>iE, PENDANT l'ANNÉE 1842, PAR M. ViCTOR Ghiliani, voyageur-naturaliste. Par M. Maximilien SPÏNOLA. ( Séance du 3 Mai 1843. ) M. Victor Ghiliani, entomophile piémonlais, bien connu des amateurs par les récoltes heureuses qu'il avait faites à différentes reprises, en Sicile et en Sardaigne; fut chargé, en 1842, d'une exploration entomologiquo du midi et du cen- tre de l'Espagne par une société d'actionnaires. Sa tournée n'a duré que neuf mois environ , cl néanmoins elle a été assez heureuse pour faire regretter aux principaux co-inté- ressés, qu'il ne l'ait pas prolongée davantage. Le but que s'était proposé le voyageur, avait été de rassembler le nom- bre d'espèces et d'individus de Coléoptères dont il devait former douze lots. Cesconditionsontété fidèlement remplies. Mais les autres ordres d'insectes étant réellement en dehors de l'entreprise, M. Ghiliani n'a du s'en occuper que d'une 112 ANNALES manière très secondaire, et en dérobant, pour ainsi dire, quel- (jues instants de loisir à l'objet principal de son voyage. Aussi toutes les collections partielles, dont le voyageur a traité à l'amiable avec quelques particuliers, étaient-elles bien inférieures en valeur et en importance , à celles des Coléoptères. J'ai acquis les Hyménoptères , que j'ai trouvés bien piqués, bien conservés, mais peu nombreux en indivi- dus de la même espèce. Le nombre des espèces était mé- diocre, mais le choix en avait été bien fait ; j'y ai trouvé d'abord la plupart des beaux Hyménoptères connus, propres à la péninsule ou aux extrémités méridionales de l'Europe, puis quelques autres que l'on avait crues jusqu'à présent étrangères à l'Europe et exclusivement indigènes des côtes lie l'Afrique ou de la Syrie, et enfin , un très petit nombre d'espèces ou nouvelles ou peu connues. Je me bornerai ac- tuellement à parler de celles-ci. I. TENTHREDO RUFIMANA. cf iV. S/), .^j Cette espèce appartient, par ses antennes sétacées et non grossies vers leur extrémité , par les deuxième et troisième cellules cubitales recevant chacune une des deux nervures récurrentes , à la division ii du genre Tenthredo , Le- pel. (1) : par les troisième et quatrième articles des anten- nes à peu près égaux, au genre Tenthredo, Leach; par ses antennes aussi longue que l'abdomen , par son aréole lan- céolée qui est divisée au milieu par une nervure transver- sale droite , et par l'existence de deux cellules discoïdales à ses ailes inférieures -, au cinquième sous genre du genre (1) Lepeleiier de Saint-Fargeau^Mo/Jogra/^A/a Tenthredinetanm, etc. Paiisiis, 182Ô. 1 vol ill-8. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQLE. 1 13 Tenthredo. Harlig, (1) et à la cinqui/;me section de ce cin- quième sous-genre^ c'est-à-dire aux Tenthrèdes propre- ment dites, du môme. Longueur du corps, 11 millim. Larg du môme, 3mi!lini. — Chaperon sans échancrure, coupé en ligne droite. Anten- nes, corps et pattes postérieures noirs. Palpes pâles; les deux derniers articles noirs. Ecusson et gibbosités post-scu- tellaires blancs. Abdomen rouge ; premier et deuxième an- neau noirs Pattes antérieures jaunes ou rougeâtres; hanches, trochanter, base des fémurs et trois derniers arti- cles des tarses noirs. Ailes hyalines; radius testacé; au- tres nervures obscures, une tache blanche sur la moitié antérieure du stigma. — Deux femelles. Mâle inconnu. Il est possible que cette rufimana ne soit qu'une variété de la dimidiata , dans laquelle le noir aurait prédominé sur le rouge et se serait emparé de toute la tète et des quatre pattes postérieures. Mais j'ai bien de la peine à me persua- der qu'on puisse la réunir à la mandibularis , Fab., que monsieur le docteur Hartig (2) regarde , ainsi que la dimi- diata, comme une variété de la Tenthredo instabilis, Klug. (3) En général, lorsque deux couleurs qui contrastent entre el- les, se divisent la surface du corps d'un insecte, leurs limi- tes respectives peuvent varier, parce que l'une d'elles peut être prépondérante et usurper le domaine de l'autre. Mais quelleque soil la cause inconnuede cette prépondérance ac- (i) Docl. Harlig, die AdcrnugUM-DoiilsIand , zu Ikrlin , 1837, 1 vol. in-8. (2) Harl. loc. cit. p. .'iOS. (3) Je n'ai pasl'ouvragc dans lequel, le docteur Klug, a fixé les ca- ractères de sa Tenlhr. instabilis. Les individus qu'on m'a c.'.voyés d'Allemagne, sous ce nom , n'ont ni les couleurs de la dimidiata^ ni celles de la mandibularis. 2= Série, T. i. 8 114 ANNALES cidenfelle, il n'est pas probal)le que tandis qu'elle agit sur une portion du corps, une cause contraire agisse sur une autre portion, et y produise une extension anormale de l'autre couleur. Or, c'est ce qui serait arrivé, si notre rufi- mana était une variété de la mandibularis. Il aurait fallu qu'une cause inconnue eut fait passer du noir au rouge les derniers anneaux de l'abdomen, tandis qu'une autre cause, directement opposée, aurait fait passer du blanc au noir la face et le chaperon, et du rouge au noir les quatre pattes postérieures. On a le droit de se demander, quels sont U\s faits constatés, qui ne nous permettent plus de reculer vis- à-vis de résultats aussi peu vraisemblables? II. Tenthredo xanthopus m. s Elle appartient à la division ÏII du genre Tenthredo. Lo- pel. Au genre Jllantus. Leach., et au sous-genre Jllantus du genre Tenthredo. Hart. Longueur du corps, 12 millim. — Chaperon échancré en croissant. Labre arrondi, atteignant presque le bout des mandibules pendant leur repos. Antennes noires. Tête de la môme couleur; labre et chaperon jaunes. Corselet noir; écail- les alaires et écusson, jaunes. Abdomen rouge : dos des deux premiers etdes troisderniersanneauxnoiretbordéde rouge ^ ventrejaunâtre.Pattesjaunes; hanches noires avec une tache blanchâtre à leur face inférieure; tarses et faces supérieu- res des fémurs noirâtres. Ailes hyahnes; radius et stigma rougeâtres; autres nervures obscures. — Deux mâles de l'Andalousie. Femelle inconnue. III. Tenthredo b^etica. m. 2 Môme division et même sous-division du genre lenthredo que l'espèce précédente DE LA SOCn: TE ENTOiMOLOGIOLE. 1 15 Longueur du corps, 10 et 1/2 mill. —Antennes, hors le premier article, noires. Tète, corselet et abdomen noirs et luisants. Premier article des antennes, palpes, hors l'extré- mité des maxillaires et le dernier article des labiaux, labre, chaperon, écailles alaires, angles antérieurs du corselet, une tache triangulaire sur ses lianes, une bande étroite et inter- rompue au bords postérieurs des quatre premiers «inneaux, appareil génital, jaunes. Pattes jaunes; base des hanches, extrémité tarsienne des tibias et trois derniers articles des tarses noirs. Ailes teintes de jaune : radius et bord extérieur des ailes supérieures rougeâtres; stigma mi-partie de jaune et de noirj autres nervures obscures. — Une femelle de l'Andalousie. Mâle inconnu, à moins que ce ne soit le xan- (hopus, quoique je n'aie aucun motif de le penser. Je rapporte à la bœtica, une autre femelle, prise par M. Ghi- liani dans les mêmes localités, et qui diffère du type par la plus grande extension de la couleur jaune; à la tête elle oc- cupe tout le contour des yeux en prenant plus de largeur le long du bord postérieur; au corselet, le bord antérieur, deux bandes dorsales partant des angles antérieurs et con- vergeant vers le milieu du disque, l'écusson et les deux gibbosités post-scutellaires ; à l'abdomen, tous les anneaux sont bordés de jaune, et toutes les bandes sont larges et entières ; en dessous, toutes les plaques ont aussi une lisière étroite de la même couleur. IV TENTHREDO LIMBALIS, m. r{ , Môme division et même sous-division du genre Tenthredo que les deux précédentes. Longueur du corps, 8 1/2 mill. — Chaperon entier et coupé en ligne droite. Antennes noires. Corps de la même couleur, luisant et presque lisse; chaperon, labre, gibbos;- i\{\ ANNALES lés post-scutellaires, bord postérieur des sept premières plaques dorsales de l'abdomen, blanchâtres. Pattes pâles; extrémités des fémurs, des tibias et des tarses noires. Ailes hyalines : nervures et sligma obscurs. — Les deux sexes de l'Espagne centrale. Dans la femelle , le noir domine davan- tage ; l'appareil génital est de cette couleur ; le noir des fé- murs et des tibias en occupe la moitié de la longueur. Dans le mâle, les quatre fémurs antérieurs sont entièrement blanchâtres; les tibias n'ont qu'un peu de noir à leur extré- mité tarsienne, et la dernière plaque ventrale est liserée de blanc. V. Tenthredo erythrogaster. m. § Encore de la division III du genre Tenthredo, Saint-Farg. et du genre Allantus, Leach ; mais en raison des hanches postérieures extraordinairement grandes et allongées, du <}uatrième sous genre Macrophya, Hart. Longueur du corps^ 9 mill. — Chaperon entier et tron- qué en ligne droite. Antennes, tète et corselet noirs. Pre- mier article des palpes pâle; écusson blanc. Abdomen rouge; premier et deuxième anneau noirs. Pattes noires . face extérieure des fémurs, des tibias et des tarses de la pre- mière paire, articles intermédiaires des tarses des deux au- tres, blanchâtres. Ailes hyalines ; stigma jaune-, autres ner- vures obscures. — Une femelle. Mâle inconnu. VI. Cephus Parreyssii, m. ^ J'ai donné à cette espèce, la plus grande du genre Cephus, le nom de M. Pareyss, parceque cet habile collecteur a été le premier à m'en fournir un exemplaire pris en Dalmatie. M. Ghiliani Ta retrouvée dans l'intérieur de l'Espagne. DE LA SOCIETE EiNTOMOLOGlQUE. 1 17 Longueur du corps, 25 mill.| Largeur du môme, prise au travers de la tête, 2 1/2 mill. — L'innervation des ai- les fera aisément reconnaître cette espèce, indépendamment de ses couleurs. La seconde cellule cubitale reçoit ici les deux nervures récurrentes, tandis que dans les autres espè- ces congénères, la deuxième et la troisième reçoivent, cha- cune, une seule des deux nervures. Antennes, corps et pattes noirs : deuxième, troisième et quatrième anneau de l'ab- domen , extrémité tibiale des fémurs, tibias et tarses, rou- ges. Ailes hyalines et lavées de jaune-, stigma teslacé; autres nervures brunes. — Un mâle, rapporté d'Espagne. La fe- melle, de Dalmalie, est en mauvais état. VIL TaRPA HISPANICA, m. d 2. N. sp.P Antennes en scie dans les deux sexes. Premier article Jaune, deuxième et troisième noirs, les suivants rougeàtres ou ferrugineux. Corps noir et luisant. Palpes, base des man- dibules, labre, chaperon, bord antérieur delà face, trois ta- ches au haut delà même, en contact avec sa bande margi- nale, une autre bande également large et profondément tri-echancrée en avant, parcourant le bord postérieur de la tôle, prothorax entier, une tache en sautoir ouvert en avant sur le disque du mésothorax, deux autres taches obliques et convergentes à ses angles postérieurs, entourant l'écus- son, gibbosités post-scutellaires , une grande tache difTorme sur les lianes du corselet, tieux autres taches sur le dos du premier anneau, bords postérieurs de tous les suivants, li- serés marginaux des plaques ventrales, jaunes. Pattes jau- nes : hanches, trochanters, base des fémurs postérieurs noirs. Ailes hyalines, lavées de jaune ; radius et stigma tes- tacés ; autres nei vures obscures. — L<'s dfux sexes n»' rn'nni 118 ANNALES offert aucune différence importante dans la distribution du jaune et du noir. Notre hispanica, serait-elle une variété de la Tarpa Pan- zeri, Lepel., que cet auteur distingue de la cephaloies, Fab., tandis que le docteur Hartig la réunit avec elle, sans parler de la cephalotes, Lepel.? Elle lui ressemble par les formes constantes et par les couleurs des antennes. Ce rapproche- ment me semble plausible; mais il a besoin d'être con firme par de bonnes observations. Vin. BASSUS HISPANICUS, W. Longueur du corps, 9 mill. Largeur du même, y com- ris l'envergure des ailes, 16 mill. — Antennes aussi longues que le corps, de trente-deux articles : le premier, posé sur une radicule mobile, globuleuse et apparente ; renflé, obco- nique et tronqué en un plan perpendiculaire à l'axe de l'antenne : deuxième et troisième encore obconiques, moitié moins épais et très courts; le deuxième un peu plus grand que le troisième; le quatrième de l'épaisseur du troisième, aussi long que les trois précédents réunis, très-faiblement obconique-, cinquième et suivants sub-cylindriques, dimi- nuant progressivement en longueur sans diminuer en épais- seur; le dernier, un peu plus long que l'avant dernier, ter- miné en pointe mousse. Corps opaque et fortement ponctué. Face plane et verticale, se confondant insensiblement avec le chaperon; bord antérieur coupé en ligne droite. Labre atteignant l'extrémité des mandibules pendant le repos. Corselet comme dans le Bassus albosignatus. Grav., espèce assez commune ; mésothorax un peu plus rétréci en avant, écusson et post-ccusson un peu plus convexes. Metathorax divisé en deux compartiments par une suture transversale, élevée en carène crénelée : compartiment antérieur en demi- DE L\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQIE. 119 cylindre, compartiment postérieur plus étroit, anondi en avant, plan et brusquement penché en arrière. Premier anneau de l'abdomen visiblement plus long que large, en trapèze élargi en arrière: deuxième et troisième uniformé- ment convexes et sans dépression brusquement tranchée près du bord postérieur. Antennes entièrement noires. Corps de la même couleur. Ecailles alaires, deuxième, troi- sième et quatrième anneau de l'abdomen rouges. Pattes rouges; hanches, base des premiers Irochanters, extrémités tarsiennes et tarses de la première [)aire noirs. Ailes hyah- nés ; nervures rougeâlres près de la base et du bord exté- rieur, obscures partout ailleurs. IX PiMPLA. Ghjlianh, m. N. sp. P Longueur du corps, 7 mill. Id. de l'abdomen, 4 1/2 mill. Id. de la tarière, la môme — Proportions et formes, comme dans la Pimpla rohoraior, Grav. Dos du métathorax plus fortement ponctué : aréole , ou seconde cellule cubitale sessile, quadrilatère, nioins large et plus régulière que dans l'autre espèce, ses deux côtés cubitaux étant à peu près égaux , en sorte qu'elle reçoit la nervure récur- rente vers la moitié de sa longueur, tandis que dans la ro- horator , elle la reçoit tiès-près de son angle postérieur, parceque son côté cubital antérieur est visiblement plus grand que l'autre. Tète et corselet noirs : palpes, écailles alaires, une ligne oblique partant de l'origine des ailes, et atteignant le bord antérieur du thorax, blancs. Abdomen ferrugineux : premier anneau et bords postérieur des qua- tre suivants noirs. Pattes rouges : onglets noirs. Ailes hya- lines : nervures obscures, sligma jaune. — Une femelle. Mâle inconnu. Il est possible que cette Pimple ne soit 120 ANNALES qu'une variété de la Pimpla stercoralor, Grav. ; mais dans ce cas même, celte variété serait encore nouvelle. X. CrYPTUS ANDALUSIACUS, «t. ? M. de Saint-Fargeau a dit, que sur cinq cents espèces d'Ichneumonidesde sa collection, il en avait trouvé environ deux cents, dont l'infatigable Gravenhorst n'avait pas parlé, et qu'il est censé n'avoir pas connu. Je puis en dire autant de la mienne , proportionnellement à sa moindre richesse. Notre Cr. andalusiacus en est un exemple. Cette espèce n'a rien de bien remarquable : sa grandeur est moyenne. Longueur du corps , 7 3/4 mill.. — Antennes aussi longues que le corps, de vingt-huit articles, noirs; articles fi à 10 blancs. Tête et corselet noirs : labre, écailles alaires et écusson blancs. Métathorax fortement ponctué, divisé en trois compartiments par des cloisons caréniformes et trans- versales : compartiment antérieur convexe et dorsal, rétréci au milieu ; le médian plus étroit, concave et rugueux ; le dernier plan et brusquement penché en arrière. Abdomen rouge : sixième anneau noir et bordé de blanc. Pattes noi- res-, extrémités tibiales de tous les fémurs, tibias et tarses de la première paire seulement, rouges Ailes hyalines et un peu enfumées: nervures et stigma noirs. — Une femelle; tarière de la longueur de l'abdomen. Mâle inconnu. Cette espèce appartient à la quatrième section du genre Cryptus, Grav. XI ICHNEUMON MELANOPTERUS, m. Belle espèce de la neuvième section du genre Ichneumon, Grav., voisine de VIchn. arrogaior, id. ; mais distincte par des caractères spécifiques bien tranchés. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 121 Longueur du corps , IG mill Largeur du même, sans les ailes, 3 et 1/2 mill. Id. totale y compris l'envergure des ai- les, 27 mill. — Antennes de quarante- huit articles ou da- vantage. Corps finement ponctué et un peu luisant. Méta- thorax plus fortement ponctué que le reste du corselet: dos divisé en trois compartiments séparés à l'ordinaire par des cloisons caréniformes; compartiment du milieu résul- tant lui-même de l'intime soudure de deux pièces, dont la première horizontale, en rectangle longitudinal; la seconde trois fois plus longue que l'autre, plane et brusquement penchée en arrière, en demi cercle. Compartiments latéraux uniformément convexes et un peu penchés en dehors. Se- conde cellule cubitale, ou aréole de Gravenhorst, pentagone et rétrécie en avant. Antennes, corps et pattes noirs, avec le dos seulement du deuxième anneau de l'abdomen rouge. Ailes obscures -, nervures et stigma noirs. En comparant le métathorax de notre melanopterus à celui de Varrogator, on est frappé des difTcrences de for- mes, et on a sujet de regretter que l'auteur de Vlchn. europ, qui a pris tant de peine pour décrire tous les accidents in- dividuels de couleur, n'ait pas mis un peu plus de soin à fixer les vraies limites de ses différentes espèces. Xn. ICHNEUMON NIGRICORNIS, m. N.Sp? Grandeur et forme du précédent. Métathorax plus forte- ment ponctué que le reste de l'avant-corps. Dos divisé en cinq compartiments séparés par des cloisons en carène, dont deux médians et horizontaux , deux latéraux et un postérieur, brusquement penché en arrière ; médian anté- rieur très-court, en trapèze élargi et relevé en arrière ^ mé- dian postérieur quatre fois phis long que large, plan -, bords antérieurs et postérieurs droits et parallèles; compartiments 122 ANNALES latéraux uniformément convexes , doucement penchés en dehors, prolongés en arrière , audelà du médian postérieur^ angles postéro-internes obtus ; compartimeni, postérieur, le plus grand de tous, concave et presque vertical ; bord anté- rieur bisinué. Flancs du métathorax divisés de même en deux compartiments superposés l'un à l'autre; le supérieur plus étroit, contenant le stigmate métathoracique. Antennes noires. Corps de la même couleur; deuxième et troisième anneau de l'abdomen rouges. Ecusson blanc. Pattes rou- ges ; hanches et trochanters de toutes les parties, tarses des quatre postérieures, noirs. Ailes hyalines ; nervures et stigma noirs. — Les deux sexes de l'Andalousie. Dans quelques mâles, le rouge des pattes acquiert une teinte jaunâtre. Dans une femelle , semblable d'ailleurs , au type décrit, le deuxième anneau de l'abdomen est noir, avec trois petites taches rouges, et on aperçoit au compartiment pos- térieur du prothorax, des traces rudimentaires d'une sous- division en trois parties. En ne tenant compte que des couleurS;, il faudrait placer notre nigricornis à côté du cw//?a'VV%'VV\'yv^•w«.v\'Wv'^v»v\,^i>'v>w»lVV»w»vv\'VV»'V^.^^A,^vx^»rt/>.v\^vv^^v^vv>v\« jv v\»\v>v^ REVUE CRITIQUE DE LA TRIBU DES EIJCNÉMIDES Par M. F. E. GUÉRIN-MÉNEVILLE. (Séance du 7 Juîd 1845.) Il est peu d'insectes dont la synonymie soit plus embrouil- lée que celle de certains genres de cette tribu , car on les a étudiés d'après des matériaux incomplets, d'après des col- lections dont l'arrangement peut varier suivant les idées de leurs possesseurs, d'après un tableau, seulement ébauché, publié en 1829 par Eschscholtz, dans les Archives enlomolo- giques de Thon, et enfin d'après un autre tableau qui, fait par ce savant en 1829 ou 1830 et copié par quelques ento- mologistes, n'a été publié qu'en 1836 et ne peut que donner une idée très-imparfaite des modifications que son auteur a apportées à sa méthode, publiée dans les Archives de Thon. En effet, dans ce tableau, il n'a pu citer les espèces types de ses genres, comme il l'avait fait dans le premier travail, et il est fort difïîcile et môme impossible à ceux qui n'ont pu étudier dans la collection de M. le comte Dejean, qui a servi de base à ce nouveau travail, d'arriver à reconnaître avec certitude les genres si brièvement caractérisés dans le tableau de M. Eschscholtz. 1G4 AMVALKS Nous avons reconnu l'insuilisance du dernier tableau d'Eschschollz en faisant l'explication de la planche de notre Iconographie du Règne animal, qui contient les figures û'Eucnemis, Galba, etc., et quand nous avons cherché à donner la synonymie des espèces de ce genre. Quoique l'on puisse considérer ce tableau au moins comme une semi- publication, ce que les entomologistes qui nous ont précédé dans l'élude de ces insectes n'ont pu faire, puisque ce travail n'était pas encore imprimé, il nous eût été impossible de nous reconnaître et de rapporter aux genres d'EschschoItz tous ceux qui sont établis, surtout ceux de M. Delaporte, comte de Casteinau ( 0, si nous n'avions pas eu la facilité de voir la collection de M. le comte Dejean , qui est à peu de chose près, rangée d'après le dernier tableau d'EschschoItz, et surtout un petit catalogue des Elaterides de cette collec- tion, écrit de la main d'EschschoItz, en 1820, et que M. De- jean nous a communiqué avec une bienveillance dont nous ne pouvons trop le remercier ici. Comme nous l'avons dit plus haut, c'est Eschscholtz qui a commencé à publier une nouvelle classification desElalé- rites dans les archives d'entomologie de Th. Thon. (Zweiter, Band, pag. 31 et suiv., Jena, 1829.) Comme ce journal est entre les mains de très peu d'entomologistes en France, nous allons re,î)roduire ce travail , en extrait pour la partie des Elaters proprement dits, et en entier pour ce qui regarde les Kucnemides. Cohors prima. — Elaterites laminiferi. — Tarsorum articulus unusvel plures subtùs lamina magna instructi. Sectio prima. — Ungues simplici. — G. 1. Lissomus , 2. Semiotus, 3. Dicrepidius ^ 4. Pomatodiilus, 5. Cono- derus, 6. Monocrepidius. (<; Revue cnloniologique, l. m. p. 157, 1835, DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQI E 165 Seclio secuiida — Ungues serrati. — G. 7. Synaptus, 8. Esthetopus. Cohors secunda. — Elaterites anglstipedes. — Tarsorum articuli laminis destituti Sectio prima. — Ungues serrati. — G. 9. Jptopus, 10. Me- lanotus. Sectio secunda. — Ungues simplici. Div. prima. — Frons deflexa, etc. — G. 11 . y/grypnus, 12. ffemirhipus, 13. Pyrophorus, 14. Chalcolepidius, 15. Alaus^ 16. Limonius, 17. Atlious, 18. Cosmesus, 19. OEolus, 20. Campylus, 21 . Aphanohius, 22. Elater, Lin., 23. Drasterius, 24. J/ypolithus, 25. Cardiopho- rus, 26. Ludius, 27. Beliphorus, 28. Cardiorhinus . Div. secunda. — Frons perpendicularis, etc. — G. 29. Jgriotes, 30. Fctinus, 31. 5fncus, 32. Dolopius, 33. Adrastus Subdiv. secunda. - Antennse basi approximalae, clypeus antrorsum dilalatus. 34. Eucnemis. Ahr. — Thorax subtùs utrinque sul- catus pro receptione antennarum. Laminœ tectri- ces maximœ. — E. capucinus, sericatus, monili- cornis , Sahibergn , procerulus, Mann. , pygmœus , Fab. 35. Nematodes. Latr. — Thorax subtùs integer. La- minœ tectrices niagnœ. — E. filium F. aut nigri- ceps, Mann. 36. Xylophilus. Mann. — Thorax subtùs integer. La minae tectrices angustœ. — E. crucntatus, Gyi. — alni^ Fab , gigas Mann. 37. Epiphanis. — Antennarum articuli (juatuur api- oalcs lonsissimi. — E. cornutus. — Rufo ferugi- 166 ANNALtS neus; capite nigro, Ironie cornu compresse; Iho- race transverso nigro. 2 1/4 mill. insiila Sitcha. Peu (le temps après la publication de ce prodrome, Eschs- choltz vint à Paris (en 1829) , étudia de nouveau les Elate- rites dans la riche collection de M. le comte Dejean, et forma un plus grand nombre de genres, ce qui le conduisit à rédi- ger un grand tableau de classification dont quelques copies ont été prises par divers entomologistes, mais qui n'a été publié qu'en 1836, par M. le comte de Castelnau^ dans la Revue entomologique de Silbermann. M. Eschscholtz fit pendant son séjour à Paris, et d'après son nouveau tableau, un catalogue de la collection de M. le comte Dejean, qui est resté manuscrit en la possession de cet entomologiste dis- tingué, et dont voici la copie textuelle pour ce qui concerne les Eucnemites : Elaterides de la collection de M. le comte Dejean. Cata- logue inédit écrit en 1829 de la main d'EschschoItz, et qui m'a été communiqué par M. le comte Dejean. 1. LissoMUS proprement dit. Dalman. — ruhidus , casta- neus, morio. Elater villosus. Les Drapetes. — americanus, equestris , abdo/ninalis , 4-pustulatus, rubricollis, cyanipennis , azureus. 2. Pterotarsus. Latr. — G, variegata , histrio , inœ- qualis. 3o Galba. Latr. — G. murina? — flavicornis 4. EucNEMis. Ahrens. — deflexicollis , testaceus, luridus. 5. Hypocoelus. Esch. — fdum, Sahlbergii. 6. Nematodes. Latr. — procerulus, flavescens. T. Xylophilus. Mann. — alni, parvulus. (Il n'y a pas de numéro 8.) DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 107 9. Cryptostoma. Dej. — spinicornis- 10. Phyllocerus. Dej. — flavipennis. 11. DiRHAGUS Esch. — Eucn. longulus. 12 MicnORHAGUS. E. — Eucn. minutus, pygmœus. 13. Sphoerocephalus- E. — E. brasUiemis. Il Ceropiiytum. Lat. — C. elateridcs. 15. Tetralobus Encycl. — (labellicornis, mystacinus. 16. Pericallus. etc. (Elaterites.) Ce n'est que longlemps après (en 1832), que Latreille a rédigé un mémoire sur la famille des Serricornes, qui a été inséré, après sa mort, dans les Annales de la Société enlomo- logique de France (en 1834. t. m, p. 113j. Dans ce mémoire, Latreille cite le travail d'Echscholtz , imprimé dans les Ar- chives de Thon; mais il semble ne l'admettre qu'avec de grandes restrictions, puisqu'il ne se sert que d'une portion des noms donnés par ce naturaliste, et qu'il dit (page 117) : ■ M. Eschscholtz n'ayant cependant donné que les carac- tères e>sentiels des genres de cette tribu et la simple no- menclature des espèces qu'il y comprend, son travail n'est encore qu'un prodrome. Exploitant dans un voyage qu'il a fait récemment à Paris, la magnifique collection de M. le comte Dejean et quelques autres de cette ville, il a revu , modifié et étendu cet essai ; mais sans avoir eu le temps de U'. millreau jour. On m'a communiqué un extiait do son nouveau travail (probablement la liste manuscrite qui est en- tre les mains de M. le comte Dejean), qui se réduit à une liste, sans aucun signalement, des genres et des espèces. » On voit par ce passage que Latreille ne reconnaissait pas comme suffisamment établis les genres d'Escliscliollz , et qu'il ne veut pas dire qu'il connaissait son grand tableau manuscrit, mais dans le courant du travail il montre qu'il 168 ANNALES en avait ou communication, puisqu'il admet les genres Dir- hagus, Pterotastus, Galba, etc., qui ne figurent pas dans les Archives de Thon. Il aurait voulu suivre la règle générale- ment aiioptée en science, de ne reconnaître que les genres établis dans des ouvrages imprimés , mais il était influencé par la connaissance de ce tableau inédit, dont il avait pu voir des copies entre les mains de ses élèves. M. Delaporte, comte de Castelnau, a été plus strict à sui- vre la règle dont nous venons de parler*, car, dans une de ses Etudes entomologiques insérées en 18'5 dans la Revue de Silbermann (t. n[, p. i57), il n'adopte aucun des genres d'Eschscholtz, et semble considérer son tableau comme non avenu. Dans ce travail, fait au moins avec une grande préci- pitation , on trouve les erreurs les plus inconcevables , que nous signalerons plus loin, et ces erreurs sont d'autant plus constatées, que nous avons pu étudier les individus mêmes qui ont servi à ses descriptions , dans le.- collections de MM. Buquet et Gory, qui nous ont été ouvertes avec la plus grande bienveillance. Ainsi, sans nous attacher aux détails, nous nous demandons ce que M. Delaporte entend par ces mots, placés dans son Tableau des Eucnemides fpagc 1G7) : Des pelottes sous les tarses, ou, pas de pelottes sous les tarses ,■ considère-il comme des pelottes la villosité qu ■ l'on voit sous ces organes dans les Eucnemis, Fornax, Emathion et autres genres voisins? et non les palettes membraneuses des Pterotarsus, des Tetralohus, des Lissomus, etc C'est ce qu'il est impossible de deviner d'après son tableau , car il place dans une division d'insectes n'ayant pas, suivant lui , de pe- lottes sous les tarses, son genre Emathion {Sphœrocephalus, Esch.), qui a les tarses absolument semblables à ses Fornax {Dirhagus. Esch.), aux Gastraulacus (Galba. I-atr.), et aux Eucnemis, qui, d'après lui, ont dos pelottes membraneuses. Pour La treille, Eschscholtz et pour tous les autres entomo- DE LA SOCIÉTÉ ENTOAIOLOGIQl E. lG9 logistes, les tarses garnis de pelottes ou palettes me,mbra- neuses (Tarsi laminio instrucli. Esch. Tableau publié par M. Deiaporte, Etudes ent , Revue de Silbermann, t. iv, p. 2), sont ceux des Lissonies, Plerotarses,Tetralobes,, Dicrcpidies, Monocrepidies, etc Les tarses des autres genres , que La- treille signale ainsi : Point de pelottes ou palettes membra- neuses sous les tarses [Tarsi laminio destituti. Escb. Tableau), ne présentent rien lie sendilable, et ressemblent aux tar- ses des Eucnemis, Fornax, Ematbion, Elater proprement dits, etc., etc. Comme on le voit par ce seul exemple, et comme on le verra plus loin [)ar une foule d'autres, le tra- vail que nous citons ne peut qu'embrouiller la science et la rendre d'une très grande difliculté ; si les travaux de cet au- teur sont tous faits comme celui ci, ce qu'il y a tout lieu de craindre, ils seront très nuisibles ; car les entomologistes étrangers ou ceux des provinces, qui ne pourront pas, comme nous, voir les individus mômes qui ont servi à ses descriptions, ne pourront jamais s'imaginer qu'il soit possi- ble de se tromper à ce point; et si , par exemple, le genre Emathion de M. Delaporte tombe entre leurs mains, comme ils ne lui trouveront pas de sillons pour recevoir les anten- nes, ils ne pourront penser que c'est l'insecte qui se trouve en tôte de sa division B. à antennes reçues dans un sillon thoracique, et ils seront autorisés à en faire un genre parti- culier. Peut-être nous dira-t-on que les caractères assignés par M. Delaporte à ses genres étant faux , nous aurions dû con- sidérer son travail comme n(m avenu et ne pas les adopter. Nous avons eu un moment cett j intention ; mais nous avons bientôt renoncé à cette idée, car, en admettant ce principe, l'on pouvait toujours changer les noms publiés, en disantque les caractères ne sont pas bien exposés. Il nous a semblé qu'il valait mieux adopter des genres appuyés sur de mau- 170 ANNALKS vais caractères, que d'ouvrir une si large porte à l'arbi- traire et au caprice des f.iiseurs de noms. Du reste, les tra- vaux faits légèrement seront tôt ou tard signalés aux vrais travailleurs ; on les rectifiera comme M. le comte d-î Man- nerheim vient de le faire pour la monographie des Mélitho- philes,et comme nousle faisons aujourd'hui pourla tribu des Eucnemides, et ces travaux ne pourront plus nuire, ils no feront qu'augmenter un peu la peine des entomologistes, qui ne pourront les étudier qu'avec le correctif en regard. De toute façon le nom de leurs auteurs sera cité, et c'est tout ce qu'ils veulent, n'importe comment. Après avoir donné une idée des principaux travaux, bons et mauvais, qui ont été entrepris sur les Eucnemides, nous allons présenter les caractères généraux de cette tribu, qui, suivant les idées de Latreille et suivant l'examen que nous avons fait de presque toutes les espèces qui la composent , peuvent être formulés ainsi : EUCNEMIDES Latr. Corps droit, épais ou même cylindrique. Tête ençfagce dans le corselet jusqu'aux yeux., verticale, comprimée antérieure- ment. Labre peu visible ou couvert par le chaperon. Palpes plus épais à leur extrémité , terminés par un bouton ovoïde ou par un article en hache. Hanches postérieures dilatées en lames recouvrant quelquefois toute la patte quand elle est contractée , ou recouvrant au moins la cuis.se en tout ou en partie. Insectes peu sauteurs , mais ayant tous une pointe présternale postérieure peu engagée dans une cavité du méso~ sternum. Ces caractères essentiels étant posés, nous avons reconnu que plusieurs des genres que l'on place dans la tribu des Eucnemides (les g. Silenus. , Latr. , Scython. Lap.) ne doivent DE LA SOCIETE ENTOMO LOGIQUE 171 pas y rester ; nous les renvoyons aux tribus dont ils ont la plupart des caractères, en laissant la tribu des Eucnemides composée comme il suit : I. Tarses simples, sans palettes membraneuses en des- sous. 1. Antennes libres ou ne se logeant qu'en partie dans des fossettes présternales peu profondes. a. Point de fossettes sous le corcelet. i" g. Melasis, Oliv. ; 2' g. Tharops, Lap. {Isor- hipis, Lacord.); 3* g. Nematodes, Latr. (Hj^- pocœlus, Vars. Esch); ^'^ g. Xylobius, Latr. {Xj'lophilus, Mann. Esch., Ay/o'CMs, Serville)^ 5' g. Epiphanis , Esch. ; 6« g. Hypocoelus, Esch. {E. procerulus .Munn.'^-.J^ g. Hylocha- RES ( buprestoides, imicolor, melasinus)-^ %' g. Calyptocerus ; Q*" g. Emathion, Lap. {sphœ- rocephalus. Esch.) 6. Des fossettes (1) présternales peu profondes. 10<= g MiCRORHAGUs , Esch. {pygmwus , Salh- bergii.) 2. Antennes se logeant dans des rainures particulièi es placées sous les bords latéraux du corselet ^2). A. Antennes composées d'articles cylindriques. (1) Je désigne par !(; nom de fossettes présternales, des cavités peu profondes, assez larges, dont les bords sont p(Mi limités, arrondis et dans lesquelles les antennes ne peuvent pas être entièrement cachées. (2) Je donne le nom de rainures à d(;s cavités très-profondes, étroites, à bords très-limités , parallèles et aigus ou tranchants, dans Ie3(juclles les antennes pcuvcnl se cacher entièrcmeni. i72 ANNALES 11' g. FORNA\,Lap.(/-)ir/ia(/MS, Esch.); 12' g. Eu- CALOSOMA, Lap. [Rhigmaphorus, Dej. cat ) B. Antennes en scie (i). 13» g. EucNEMis, Ahr., Esch.. etc. ; 14' g. Gas- TRAULACUS, {Galba, Lalr.) G. Antennes flabellées 15'= g. Galbodema, Lap. IL Tarses garnis en-dessous de longues palettes membra- neuses- 1. Tarses à trois lames. Antennes pectinées (2), se lo- geant dans des rainures particulières pratiquées sous les burds latéraux du corselet. I6« g. Galba, Esch ,Guer.(G. marmora/a, Guer., murina, flavicornis.) 2. Tarses k quatre lames. Antennes flabellées (3), se lo- geant dans des rainures présteniales très-profondes- 17e g, Pterotarsus, Esch. Actuellement que nous avons présenté les caractères des groupes dans lesquels se placent les genres d'Eucnemides, nous allons donner, sous forme de notes, les observations que nous avons faites sur chacun de ces genres. 1er genre. Melasis. Oliv. Nous avons la larve et la nymphe de notre espèce de (1 .lappcllf anlennes e« scie loutos (('lies dont l»'s articles se prolongent un peu en pointe saillante à l'e-xtiéinité interne. (2) Quand le prolongement interne de chaque article n'a pas plus du double de sa longueur , ranlenne est dite i>ectinée. (;<} l.antennc est dite flabelléo (juand le prolongement interne de ses articles (îsi plus de doux l'ois plus long <|iie ces mêmes articles. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 173 France [Melasis flabeUicornis- Fab ). La larve (pi. \, f. 1,2.), longue de 26 à 28 millimètres, est très allongée, blanche, peu aplatie, avec le premier segment tlioracique beaucoup plus grand que les suivants, aplati, marqué en dessus et en dessous de deux taches brunes transverses, antérieures, striées en travers, et de deux lignes longitudinales qui vont rejoindre ces deux taches et forment pour ainsi dire deux T. La tête est très petite, les mandibules se voient en avant, sont un peu divergentes et bidentées. Le second segment thoracique est plus large que long, rétréci en arrière ; le troisième est encore plus petit, également plus large que long, et aussi rétréci en arrière. Le quatrième segment, ou le premier de l'abdomen, est de la largeur du précédent, mais plus de deux fois plus long; il semble divisé en trois par un pli antérieur et pos- térieur. Tous It's autres sont semblables, ei le dernier esl arrondi en arrière, un peu déprimé en dessus Celle larve est très remarquable par sa grande longueur, et semble éta- blir le passage entre celles des Buprestes et surtout de quel- ques Agrilus, et des Taupins, et conlirmer la place que La- treille a assigné à ce genre. Elle vit dans le bois du bou- leau, y creuse des trous d'abord aplatis , au moins trois fois plus largesque hautsfpl. v, f. 4. a.), et ce n'estqu'à l'approche deson changement eu nymphe, que la larve changeson mode degaleriesetseforme un derniertroucylindrique(pl. v,f.4. b.;, afin qu'en sechangeant en nymphe eiensuilo en insecte parfait, ceux-ci puissent ôire contenus dans la galerie avec leurcorpscylindrique.La nymphe (pi. v,r. 3.) est très-courte, épaisse et cylindroïde, à peine de la longueui' du tiers de la larve; on aperçoit très bien les antennes, couchées le long du thorax, les pattes, les élytres et les ailes. Nous devoi\s quelques individus de ces larves, des nym- phes et des échantillons de bois de bouleau contenant encore des larves et des nymphes, à Tobligcance de M. le vicomte 174 ANNALES deLamotte-liaracé. M. LéonFairmairea trouvé un individu parfait à F(Mitainebleau, dans un tronc de bouleau, le 3 juin 1843. II* genre. Tharops. Lap. M. Delaporte a publié son genre Tharops à la suite de ses études entomologiques insérées dans la Revue de Silber- niann , en mars 1835, comme on peut s'en assurer par la date placée par M. Silbermann à la fin de son annonce de rénumération des entomologistes vivants, etc. (Revue Ent., t. m, p. 222.). M. Lacordaire n'a publié les caractères de son genre Isorhipis qu'en septembre 1835, comme on le voit par la date placée en tête du premier volume de la Faune ento- mologique des environs de Paris- C'est doric le nom donné par M. Delaporte qui doit rester, et l'on devra nommer cet insecte Tharops melasoïdes. Lap. (Revue ent. de Silbermann, t. m, p. 169.) M Redtenbacher a décrit cet insecte sous le nom de Ne- matodes strepens. Voyez son mémoire intitulé : Quœdam gê- nera et species coleopterorum archiducatus Auslriœ nondum descriptorum. Diss. inaug., in-8' Vindobonee, 184^2, et l'a- nalyse qui en a été faite par M. Schaum dans la Bévue zoolo- gique de la Société Cuviérienne, 1843, p. 180. Ille genre. Nematodes. Lat. (Fam. nat. 1835.) Latreille a toujours rapporté à ce genre VE. filumF. , Mann. M. Eschscholtz avait adopté ce genre, avec VE. filum pour type^ dans les Archives de Thon en 1829, ce n'est que dans sa note manuscrite et ensuite qu'il en change la composition en y rapportant les E. procerulus et flavescens. Nous pensons comme Latreille (Ann. Soc. ent, t. m, p. 125 et 120) que DE LA SOCIETE ENT0:\10L0GIQl E. 175 l'antériorité est pour son genre Nématode tel qu'il l'a formé, même en supposant qu'EschsclioItz ait publié sa classifica- lion. Ce genre doit se composer d'insectes n'ayant point de sillon ni de fossettes sous le thorax pour recevoir les anten- nes; c'est donc à tort qu'il y fait entrer l'^. Sahlbergii,\)a\m , qui a des fossettes sous le milieu du corselet. On doit y join- dre VF. nigriceps, Mann. IV^ genre. Xylobius- Latr. L'espèce type de ce genre est VE. alni. Fab. Mann. V^ genre. Epiphanis. Je n'ai jamais vu ce genre. Vie et VII^ genres. Hypoc.iîlus et Hylochares. Ici Latrcille aurait eu tort de changer le nom d'Bypocœ- lus donné par Eschscholtz en celui d' Hylochares, si cet au- teur avait publié les caractères de ce genre fJypocœlus-^ car, quoiqu'il ne s'applique plus aux mêmes insectes, il peut être coDservé. Nous proposons donc d'employer ces deux noms; nous laisserons le nom d'fJypocœlus à l'espèce qu'Eschscholtz avait placée (par un renversement condamnable) dans les Nematodes. Ainsi, le type du genre Hypocœlus sera YE pro- cerulus de Mannerheim (qui forme la première division du G. Hylochares. Latreilie. Soc. ent., t. m, p. 127). Quant au nom d'Hylochares, nous le laisserons seulement aux espèces de la deuxième division de Latreilie (ibid, p. l'iSj. Ces espè- ces sont les H. cruentatus Mann. , unicolor Latr. ^qui je crois n'est que V E ■ buprestoides Rossi, ou alticollisKondàni, Villa, et figure dans le catalogue de M. Dejean sous le nom d'^é- rhipis), melasinus Latr. [ibid, p. 12^i) et VEucnemis senega- lensis, Lap. Revue ent. , t. m, p. 174. Nous avons vu dans 176 ANNALKS la collection de M. Buquel l'individu môme, décrit par M. Delaporle, et nous n'avons pas vu les sillons Ihoraciques qui caractérisent les vrais Eucnemis, tandis que tous les ca- ractères de cette espèce la placent ici. Nous trouvons, dans la collection de M. Chevrolat, un in- secte du Mexique qu'il a nommé Sphœrocephalus subacutus et qui vient se placer dans ce genre /Jylochares^ à cause de la forme presque grenue de ses antennes, qui sont parfaite- ment semblables à celles du buprestoides cité plus haut, et qui ressemble beaucoup à cette espèce. Il portera actuelle- ment le nom (TJIylochares subacutus. Il est long de 8 mill. et large de près de 3 mill. Son corps est épais, un peu aplati en dessus, d'un marron assez vif, rugueux avec de faibles stries sur les élytres ; mais ce qui le dislingue c'est que l'extrémité de celles-ci est relevée à la suture en une petite pointe diri- gée un peu en haut. Les antennes et les pattes sont d'un marron presque fauve. Cette espèce ou une espèce très-voi- sine figure dans la collection de M. Dejean sous le nom ^'Jrhipis ambulator. Voir aussi la description que nous avons doimée dans la Hevue zoologique de la Société Cuviérienne, 1838, p. 279, d'une nouvelle espèce d'Hylochares(.^y/oc/îares Lanierii) pro- venant de Cuba. L'insecte que M. Delaporte a décrit sous le nom de Silenus? javanicus (Rev. de Silb., t. m, p. 168), et dont nous avons vu l'individu typechezM.Buquet(pl v, f- 5.) est très- voisin des Hylochares, mais doit former un genre voisin qui se distinguera par ses antennes un peu épaissies au bord (pi. V, f.6), et par le pénultième article de ses tarses qui n'est pas bilobéCpl. v, f. 7.). Son corselet n'a pas de sillons pour recevoir les antennes ; le premier article de celles-ci est épi- neux à son extrémité antérieure et inférieure. Il faut lui donner le nom d'Eudorus, proposé par M. Delaporte; ce sera donc V Eudorus javanicus. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 177 Le genre 5i/(S/îMs lie Latieille (Soc. eut., t. m, p 1-28), dont il a très-bien décrit la seule espèce qu'il ait connue, doit être placé dans la tribu des Elatérides. Cette espèce , que M. De- jean avait nommée yigrioîes tanins dans son catalogue , comme nous nous en sommes assuré en étudiant les indi- vidus de sa collection, est le vrai type du genre ^nelastes de Rirby, Latreille et Eschscholtz. Latreilie le mentionne dans le môme mémoire (pag. 165). Il est singulier qu'il n'ait pas reconnu que c'était là son Siîenus brunneus de la page 129. V Anelasies Druryi ùqVàvX)"^ , Lin. Trans., t. xii,t. 21, f. 2, aura donc pour synonymes : Silenus brumieus, Latr., et ^grioîes tardus, Dejean. Cat. Nous connaissons une seconde espèce du genre Anelas- tes; elle provient de Barbarie et fait partie de la collection de M. Chevrotât VIII» génie. Calyptocerus (xaXÛTixoj, celo; xépaç, cornu). Ce nouveau genre vient assez bien se placer près des Hj- lochares de Latreille, mais il s'en distingue par ses tarses plusélargis et ayant le pénultième article plus manifestement bilobé(pl. v.f. 13, 14), etsurtoutparses antennes (pi. v,f. 10), qui s*épaississent un peu à partir du quatrième article et qui diminuent ensuite vers le bout. Les antennes sont compo sées d'articles cylindiiques, de môme largeur dans toute leur longueur et formant ainsi une tige uniforme sans den- telure ni étranglements. Le chaperon est un peu avancé au bord antérieur, un peu carénéau milieu. Les palpes(pl.v,f. 11, 12), sont terminés par un grand article ovoïde un peu creusé en cuiller en dedans. Le corps (pi. v, f. 8), est épais, cylindrique, avec la tète cachée dans le corselet. Celui-ci n'a ni rainures latérales ni fossettes pour recevoir les antennes (pi. v, f. 9). La seule espèce de ce genre , à laquelle nous laissons le 2' Série, T. I, 12 178 ANNALES nom (le Calyplocci'us Leboucherii, que M. Cheviolat lui a ilonuédanssa collection, est longuodeOmilletlargcdun peu plus de 5 miU. Cet insecte est noir, fortement rugueux avec les élytres striées. Celles-ci ont au milieu une large bande transversale d'un rouge de rouille, un peu prolongée en ar- rière à la suture et atteignant les bords latéraux ; il y a deux taches rougeûtrcs sur les cotés du mésothorax ; les antennes et les pattes sont noires. Ce bel insecte vient d(! Cayenne; M. Chevrolat l'a dédié à M. Lelioucher, qui lui en a fait gé • néreusement présent quoiqu'il l'eût unique dans sa collec- tion. IXegenre. EMATHiOiN,Lap. {Sphœrocephalu», Esch. Dej.Cat.) Quoique ce genre soit très-mal caractérisé par M. Dela- porte, nous l'adoptons parce que sa publication est antérieure à celle du nom de Sphœrocephalus d'Eschscholtz. M. Dela- porte le place dans sa division caractérisée par des antennes reçues dans un sillon Ihoraciqtie. Nous avons vu les deux individusqui ont servi à la description de M. Delaporte,dans la collection de M. Buquet qui nous a été ouverte avec la plus grande bienveillance, et aucun ne nous a oflerl les rai- nures que M. Delaporte indique dans son tableau (Rev. ent., t. III, pag. 167) , et dont il ne parle pas dans sa description (p. 171). Dans ces insectes, quelques individus ont les six derniers articles des antennes plus élargis , comme chez VEmathion cylindricum, Lap. (Revue ent., t. m, p. l7l); l'autre individu dont parle M. Delaporte, et qu'il con- sidère comme femelle, a les antennes simples. M. Buquet le nomme Sph. porrectus, Mss. Le premier vient de Cayenne, l'autre est du Brésil. Nous avons vu dans la collection de M. le comte Dejean une espèce très voisine, qui porte le nom de Sphfprt^cephalnê DE LA SOCIETE ENTOMOLOGK^iUE. 179 brasiltensis, et qui se rai>|)r(jchc beaucoup de celle dont nous venons de parler si ce n'est pas la môme espèce. Ces insectes sont longs, étroits et parallèles, leur corselet n'étant pas plus large (]ue iesôlytres. Dans les suivants, le corps va en se rétrécissant en arrière ; le corselet est plus épais vers son sommet. IjEmalhion Mannerheimi , Chevr. est le môme insecte que M. Delaporlea nommé Ga/^amcxicana (/oc. ci^ p. 174) et qu'il place par conséquent avec des insectes munis d'une profonde rainure sur les bords latéraux du corselet. Nous avons sous les yeux l'individu môme de la collection de M. Gory, por- tant encore l'étiquette écrite de la main de IVl. Delaportc , avec le nom de Mannerheimi, Chevr-, on synonymie. VEmathionLeprieurii^qnQM. Delapoi te place avec ceux qui ont des rainures profondes sous le corselet, et qu'd dé- crit sous le nom de Galba Lepricurii ^ Lap. {loc. cit., pag. 174), est encore un insecte dépourvu de rainures sous les côtés du corselet, ce que nous avons reconnu en examinant l'individu môînc de la collection de M. Bu(iuel, qui a servi à la description de IM. Delaporte. Il vient de Cayeiine : (C'est le .!>pftcproce/>/ifl/us /tgfm/jcr(/a du Catalogue de M. Dejean). Il y a dans la collection de 31. Clievrolat un autre insecte, VEmalhion cuneatum, que M. Clievrolat a nommé Sphœro- cephalus cuneatus ; cet insecte, comme le précédent, n'a pas la lorme parallèle que nous avons trouvée aux E. cylindri cum et hrasiliensis; son corps (pi. v, f. 15) est plus élargi en avant, à partir du sommet du corselet , et il va toujours en dimiiujant pour se terminer presque eu pointe à l'extrémité des élytres. Cet insecteestlongdel3milI.;saplusgrande lar- geur est de près de 3 mill. 1/2 vers les deux tiers antérieurs du corselet; il est brun ponctué; son corselet (pi. v, f. 1(3), est très-bombé, avec une très-faible fossette au milieu et en 180 ANNALES arrière. Les élytres sont allongées et présentent une strie- bien marquée près de la suture, et de très -faibles traces de stries à peine visibles. Les antennes (pi. v, fig. 17) sont bru- nes , et les pattes d'un rougeâtre obscur. Tout le corps de cet insecte est couvert d'un duvet jaunâtre très-serré, ce qui rend sa couleur d'un jaunâtre chatoyant quand on fait glisser la lumière sur lui. Sos antennes sont plus longues que la tôte et le corselet, presque filiformes ou composées d'ar- ticles d'égale largeur. Ses jambes antérieures ont à l'extré- mité et en dedans une profonde échancrure dans laquelle s'insère le tarse (pi • v, f. 1 8), qui est fort court, tandisque celui desautres pattes est plus long; (pi. v, f. 19,20), dans tous le pé- nultièmearticle est un peu bilobé. Cet insecte vient de Bahia. Nous trouvons dans la belle collection de M. Buquet une autre espèce , VEmathion Buquetii. Cet insecte est long de 11 mill. et large de près deSmill., noir, à côtés parallèles, avec les élytres atténuées seulement à l'extrémité. Sa tête et son corselet sont couverts d'un duvet soyeux très-épais, couché, d'un jaune doré très-luisant. Il y a de chaque côté du cor- selet, au milieu, une grande fossette profonde et ronde. Les élytres sont finement chagrinées , avec une strie près de la suture et quelques faibles traces de stries en arrière; leur base seulement porte du duvet doré semblable à celui du corselet ; mais nous avons vu dans la collection de M. Reiche des individus chez lesquels les élytres sont entièrement cou- vertes de ce môme duvet. Le dessous, les pattes et les an- tennes sont noirs avec les deux derniers articles des tarses bruns. — De Colombie. X^ genre. Microrhagus, Esch. Ce genre ne se composera que d'insectes analogues aux Eucnemis Sahlbergiiet pygmœus qui en sont actuellement les types. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIOUi:. Ï8ï Xle genre. Fornax, Lap. (Dirhagus, Esch., Latr. Soc ent., t. m, p. 130 et 131.) Il faut que Latreille se soit bien étrangement trompé au sujet de ce genre, quand il dit que : « EschschoUz y rapporte deux espèces, V une, minutus, qui m'est inconnue, et l'autre pygmœus , figurée par M. de Mannerheim , Eucn. , tab. ii , f. 4, 5, 6. » Nous avons consulté le travail d'Eschscholtz, d;ins les Archives de Thon (1829) ; M. le comte Dejean a eu l'obligeance de nous communiquer un tableau des genres de sa collection écrit de la main d'Eschscholtz et fait en 1829 par cet entomologiste , qui était venu à Paris étudier dans les collections , et nous ne trouvons nulle part ces in- dications. Dans les Archives de Thon, Eschscholtz n'établit pas encore le genre Dirhagus ; cette coupe ne commence à apparaître que dans sa liste manuscrite de la collection de M. Dejean, et dans cette liste il ne cite qu'un Dirhagus, c'est le D. longulus de la collection de M. Dejean-, quant au ta- bleau que semble citer Latreille, il n'a été fait qu'après les deux notices que nous indiquons ici, et il ne porte l'indica- tion d'aucune espèce. Ainsi nous pensons qu'il faudrait adop- terle genre /?jr/m%M'*'^'*^'*^'**'*VV\'WV\^'W^^'*'^ MEMOIRE SUR l/lRISATlON DES AILES DES INSECTES- Par M. GOUREAU. (Séance du 7 Juin 1845.) Les ailes membraneuses, nues, diaphanes et incolores des insectes, présentent à l'œil, lorsqu'on les regarde oblique- ment sous un certain jour, des nuances de couleur veite et rouge quelquefois accompagnées d'orangé, de violet et de bleu, diversement répandues sur leurs surfaces, qui consti- tuent le phénomène appelé irisation. Ces couleurs changent de nuance et de position selon l'obliquité de la vision. Elles n'ont rien de réel, c'est-à-dire, qu'elles ne sont pas infusées dans la substance môme de l'aile; elles sont le produit d'un jeu de la lumière^ car si on regarde l'aile directement ou sous une autre inclinaison que celle qui produit l'irisation, on la trouve parfaitement incolore. L'irisation est observée sur la plupart des Hyménoptères et des Dipières; sur beaucoup d'Hémiptères, de Névroptères et môme de Coléoptères : mais elle est plus rare chez les Or- thoptères. Les ailes inférieures offrent ce phénomène à un degré plus élevé, en général, que les supérieures, sur lesquelles il 2^' Série, t. i. l4 201 ANNALES manque assez souvent. On ne l'observe pas sur les élytres lies Coléoptères, des Hémiptères et des Orthoptères. Les insectes vivants ou ceux qui sont les plus frais don- nent l'irisation la plus prononcée , les ailes qui semblent les l)lus minces, les plus diaphanes, les plus limpides, ofïVent les nuances les plus éclatantes-, celles qui ont vieilli, qui sont devenues ternes par le laps du temps, présentent des nuan- ces plus obscures. On trouve cependant des ailes colorées qui laissent voir des indices d'irisation prononcée, et des ai- les d'une limpidité parfaite qui en sont entièrement privées. Il arrive souvent que l'œil nu ne saisit pas les nuances de l'iris; mais lorsqu'il est armé de la loupe, il lesvoit parfaite- ment. Les couleursdel'iris .sont viveset brillantes. Cellesdont on se sert dans les arts ne peuvent en donner l'idée; ces der- nières sont matérielles et opaques, celles de l'iris sont im- matérielles et lumineuses; elles sont semblables aux nuances du spectre solaire que l'on obtient en décomposant un rayon de lumière au moyen du prisme. Elles sont d'autant plus éclatante que le jour pendant lequel on les observe est plus pur. Les ailes d'un très-grand nombre d'espèces sont ornées des plus riches couleurs-, les insectes qui les portent n'ont rien à envier à la brillante parure des oiseaux mouches. Si ils ex- citent moins notre admiration que ces oiseaux, c'est parce que l'œil nu ne saisit pas ou ne saisit qu'imparfaitement l'é- clat de ces couleurs. Les nuances de l'iris ne sont pas arbitrairement répandues sur les ailes: sur les inférieures des Hyménoptères, elles forment des lignes ou bandes, ou plustôt des arcs parallèles au bord postérieur ; on y voit une bande rouge, puis une verte, une autre bande rouge puis une verte, ainsi de suite ; il y a quelquefois jusqu'à quatre couples de bandes qui se suivent; d'autres fois deux couples ou un seul couple. Ces bandes occupent la région des cellules postérieures ; les au- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 203 ires cellules sont remplies par des plaques de diverses (or- mes de rouge et de vert , se succédant dans le même ordre que les bandes. Sur les ailes supérieures on voitaussi desarcs colorés, parallèles au bord postérieur, mais ordinairement d'une couleur moins vive et en moindre nombre que sur les ailes inférieures. Les cellules axillaires et discoïdales sont quelqifôfois dépourvues de couleurs. Lorsque Tirisation se développe dans tout son luxe , la première bande rouge est précédée d'une ligne orangé qui semble former la frange du bord postérieur de l'aile ; entre le rouge et le vert, il existe une nuance violette tenant au rouge et une bande bleue tenant au vert ; le bleu prend quelque fois le ton de l'indigo, et le rouge celui du violet foncé. Ces couleurs ne sont pas nettement délimitées 5 elles empiètent les unes sur les autres et semblent se fondre en- semble. La position des nuances n'est pas fixe ; en variant l'incli- naison du rayon visuel on la fait changer. Les nuances elles- mêmes ne le sont pas; une différence dans l'obliquité de la vision fait disparaître l'orangé, le bleu, le violet et modifie le ton du rouge et du vert. Sur les ailes des Diptères on ne trouve pas ordinairement la disposition en lignes parallèles et colorées qu'on observe sur celles des Hyménoptères; les nuances sont répandues dans les cellules et forment le plus souvent des triangles allongés dont la base est tournée vers le bord postérieur ; mais elles s'y succèdent dans le môme ordre que sur les Hy- ménoptères: ce sont toujours les couleurs verte et rouge qui dominent, quelquefois elles sont accompagnées de violet et de bleu et môme d'un filet d'orangé. En général elles se montrent plus ternes, excepté sur les plus petites espèces où elles reprennent toute leur vivacité. II y a cependant un assez grand nombre d'espèeeiT où les bandes colorées s<* 204 ANNALES montrent aussi nettes et aussi régulières que sur les Hymé- noptères et où elles brillent d'un aussi vif éclat. L'irisation se fait remarquer dans l'ordre des Hémiptères sur les ailes inférieures d'un grand nombre d'espèceS;, ex- cepté dans le genre Cigale qui n'en offre aucune trace. Elle est rare dans l'ordre des Orthoptères ; on l'observe cepen- dant sur les ailes inférieures de quelques sauterelles. Les Névroptères en présentent un grand nombre d'exemples-, mais les Libellulides en sont privées; leurs ailes, ainsi que celles des Cigales et des Criquets, réfléchissent la lumière blanche sans aucune nuance colorée. Les ailes inférieures des Coléoptères sont moins faciles à observer, parcequ'elles sont pliées en travers et cachées sous les élytres, et qu'on parvient assez diflTicilement à les étendre et à les maintenir étalées. Cependant celles que j'ai examinées m'ont présenté des indices d'irisation bien prononcée. On ne saisit pas aussi facilement que sur les Hyménoptères et les Diptères, la dis- position des couleurs dont les nuances sont toujours le rouge et le vert plus ou moins sombre, passant quelquefois au vio- let et au bleu. Les Lépidoptères à ailes vitrées ne donnent aucun indice du phénomène lumineux dont on s'occupe dans ce moment; les couleurs changeantes que l'on ob- serve sur les ailes de certaines espèces sont dues aux écail- les dont elles sont couvertes , et ne dépendent pas de la même cause que celle qui produit les efTets que nous étu- dions maintenant. L'irisation me {tarait donc générale sur les ailes nues et membraneuses des insectes ; elle est la règle , son absence est l'exception. Les nuances de l'iris, comme on l'a déjà dit, sont le vert et le rouge ; ces couleurs sont quelquefois accompagnées de bleu et de violet, assez rarement d'orangé et d'indigo; c'est-à-dire, qu'on y voit toutes les couleurs du spectre so- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. -205 îaire ; mais le vert et le rouge y domiiieiit : il est bien rare de rencontrer une irisation privée de ces deux nuances. Lorsque l'orangé et l'indigo s'y montrent, c'est comme de simples lignes, des filets d'mie très petite largeur. Dans le spectre solaire ces deux dernières couleurs sont aussi celles qui occupent le moins d'espace; leur étendue n'est que moitié environ de celle prise par le rouge et le vert. Sur les ailes des insectes comme dans le spectre solaire, les nu^mces ne sont pas brusquement terminées ^ elles empiètent les unes sur les autres et passent graduellement de l'une à l'au- tre. On voit donc qu'il y a une grande analogie entre l'iri- sation des ailes des insectes et les phénomènes produits par le prisme. Un fait qui mérite d'èire observé; c'est que les espaces de l'aile qui réfléchissent la couleur rouge, laissent passer la couleur verte, et que ceux qui réfléchissenl la couleur verte laissent passer la couleur rouge. Amsi les nuances vues par réflexion sont changées et interverties lorsqu'on regarde par réfraction ou à contre jour. Mais les couleurs transmises sont très-pàles si on les compare aux couleurs réfléchies : reçues sur un papier blanc, elles n'y projettent pas leur image. Le premier insecte qui m'a laissé voir nette- ment ce phénomène, est le Pscn atcr. Je l'ai depuis retrouvé sur les ailes de \)\n?>\Qms Jndrenes et J/alictes, et surtout sur celle d'un assez grand nombre de Diptères : c'est dans cet ordre qu'on l'observe le plus communémenî. Ce fait semble rattacher l'irisation au phénomène d'opti ■ que connu sous le nom d'anneaux colorés, ainsi que nous le dirons bientôt. Les figures qu'afïectent les diverses nuances de l'iris sont très nondtreuses et très-variées. On y distingue cependant certaines formes qui s'y représentent assez souvent et qui peuvent servir à les caractériser et à les classer. On cotieoit 20G ANNALES que si l'on veut se servir de l'irisation comme caractère en- tomologique, il faut ranger les différents accidents de lu- mière qu'elle offre sous certains types généraux auxquels on donnera des noms en même temps qu'on les délinira. Sous ce point de vue on peut admettre : Virisation confuse; c'est-à-dire celle où les couleurs ré- pandues sans ordre n'offrent aucune figure régulière ou défi- nie, et ne sont pas délimitées. Ex. Clytus arcuatus, Falgus hemipterus^ Myopa ferruginea, Eristalis floreus, etc. L'irisation obscure ; celle où les nuances n'ont pas d'é- clat. Ex. Urocerus spectrujn, Ammophilaalhicincta,Eunienes infundibuliformis rf , Melecta punctata^ Laphria gilvago, etc. Virisation brillante; celle où les couleurs ont un éclat très- vif. Ex. la plu part des espèces des genres ^a/tc^us et Jndrena. l'irisation régulière ; celle où les couleurs sont distribuées par bandes ou lignes parallèles. E.r. les Halictus, les 3Ie- topia, etc. L'irisation marquetée:, ceWe où les couleurs sont distri- buées comme on les voit sur les vitraux des églises gothi- ques éclairées par le soleil. Ex. Osmylus maculatus, Hœ- matopa pluvialis. Virisation angulaire ; celle où les nuances sont disposées en angles ou chevrons. Ex. beaucoup de Diptères. Virisation bicolore, tricolore, multicolore ; celle qui pré- sente deux bandes, trois bandes, ou un plus grand nombre de bandes colorées de diverses nuances. Irisation bicolore-., rouge et vert Ex. la plupart des espèces. Irisation tricolore:, bleu, vert, rouge. Ex. Mederus re- gius, etc. Irisation quadricolore ; orangé, rouge, vert, bleu. Ex. Me- topia fastuosa , Melanophora vilida , Hœmatobia stimu- lons, etc. Virisation double, triple, etc.; celle où les groupes de DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 207 bandes colorées sont an nonnbre de deux, de trois, etc. ; Ex. la plupart des Hyménoptères. Irisation triple sur les ailes inférieures; quadruple, sur les ailes supérieures. Ex. Sistwpha spiralis z. Enlin on peut ranger dans la classilication le rc^et qui offre une nuance uniforme. E.x. Xylocopa violacea,à\\eTses Scolia, ylcridium cœi'ulans, etc. Il est à remarquer que la région des cellules po.«térieu- rcs donne ordinairement une irisation régulière on par ban- des parallèles, et que la région .supérieure de l'aile donne une irisation irrégulière répandue dans les diverses cellules axillaires et discoidales. La nomenclature ci dessus peut être étendue, modifiée ou changée; car les figures qu'affectent les nuances de Firis sont très-variées, sont changeantes et peuvent frapper d'une façon très-différente ceux qui voudront les observer; d'ail leurs je suis loin d'avoir passé en revue toutes les espèces qui offrent des particularités remarquables sous ce rapport. L'absence complète d'irisation sur les ailes de certains in- sectes, les nuances et les figures si variées qu'elle présente sur d'autres, conduit naturellement à observer ces ailes dans le but de rechercher si elles offrent dans leur struc- ture quelque circonstance qui pourrait rendre raison de ces différences. Les ailes des Cigales, des Criquets, des Libellules; les ai- les vitrées des Lépidoptères, celles de quelques Hyménop- tères:, les cellules antérieures de plusieurs espèces, sont totalement [)rivéos d'irisation. En regardant ces ailes à la loupe en dessus, en dessous, par réllexion et par réfraction; on voit qu'elles sont parfaitement unies, lisses et diaphanes; elles ressemblent à une lame de talc très-mince et ne pré- sentent aucun accident de structure. Les ailes à irisation au contraire, m'ont presque toujours 208 ANNALES laissé voir des rides courtes, formant des stries interrompues , parallèles aux nervures ou perpendiculaires au bord posté- rieur de l'aile. Ces stries sont quelquefois très fines, d'autres fois très apparentes, elles donnent à l'aile l'aspect d'une sur- face chagrinée ou rugeuse. On observe des ailes où les stries bien prononcées sont coupées par d'autres stries très-fines qui leur sont perpendiculaires. Les ailes jaunes ou lavées d'une teinte jaunâtre, quoique striées, sont ordinairement sans irisation, ainsi que le mon- trent VUrocerus gigas, le Pompilus quadrimaculatus; ou bien elles en offrent des traces à peine perceptibles. Ex. Sphex flavipennis. Les ailes colorées en noir violet, comme celles de la Xy- locopa violacea et de diverses Scolia, présentent un reflet violet très-vif. Les nervures de la première paraissent ver- tes. Si on regarde ces ailes par transparence, on voit que la région des cellules postérieures est couverte d'une multi- tude de points noirs égaux, régulièrement espacés. Si on les regarde par réflexion on reconnait que ces points sont de petits tubercules noirs rangés sur les stries des ailes. La môme disposition se montre sur la Chalicodoma muraria, la Melecta punctata, et sur un très grand nombre d'espèces d'Hyménoptères dont le bord des ailes est dit enfumé ; il n'est cependant pas général ; car on rencontre des ailes lé- gèrement lavées de noir dont la teinte ressemble à un nuage de fumée renfermé entre les deux membranes, comme on peut le remarquer dans la Cicada orni. L'Jntophora parcitina cT, acervorum et d'autres espè- ces du même genre ont les ailes parfaitement limpides, et une irisation obscure. Lorsqu'on les observe à contre-jour, on distingue dans la région des cellules postérieures une in- finité de petits points clairs et brillants accompagnés d'une ombre légère; vus en dessus, ces points sont autant de pe- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 209 tits tubercules régulièrement semés sur les stries, de la môme manière que nous venons de le signaler pour les es- pèces précédentes- Il est à remarquer que les stries dispa- raissent presque toujours l'orsqu'on regarde par transpa- rence les ailes qui en sont chargées; à l'exception de celles qui sont fortement prononcées; alors ces stries se montrent comme des traits légers un peu obscurs. Tels sont les accidents les plus remarquables que présen- tent dans leur contexture les ailes membraneuses des in- sectes lorsqu'on les observe avec une loupe ordinaire. Il y a quelque probabilité que l'irisation dépend de la rugosité qui couvre leur surface, puisque les ailes parfaite- ment lisses ne laissent pas appercevoir de traces de ce phé- nomène, tandisque l'on voit presque toujours la rugosité accompagner l'irisation; mais on doit dire qu'il existe des ailes fortement striées et ridées, dont la surface semble ra- boteuse, et qui ne donnent point de couleurs irisées, telles que celles des plus gros Hyménoptères, des Bombus en par- ticulier; et par exception d'autres ailes qui semblent lisses, telles que celles des Hemerobius, et qui cependant sont or- nées des plus belles nuances. Ces exceptions viennent jeter du doute sur ce principe général qu'on serait tenté d'ad- mettre, savoir : que la rugosité est la cause de l'irisation ; c'est-à-dire, la cause de la décomposition de la lumière à travers les ailes des insectes, et dont une partie se réfléchit pour nous apporter les diverses nuances du spectre solaire. On peut être curieux de connaître la cause à laquelle les physiciens attribuent l'irisation , ou au moins de savoir à quel phénomène d'optique ils la rattachent. Ces savants l'ont particulièrement observée sur les cristaux qui sont for- més, comme on sait, de lames très-minces appliquées les unes sur les autres en divers sens. Ils admettent qu'elle dé- pend de fissures remplies d'air ou de tout autre fluide qui 210 ANNALES se trouvent répandues à la surface de ces cristaux. Ils ratta- chent ce phénomène à celui des anneaux colorés, et l'ex- pliquent maintenant par le principe des interférences dé- couvert dans ces derniers temps, qui en rend compte d'une manière plus satisfaisante que le principe des accès de facile et de difficile transmission admis par Newton, et qui n'est cependant pas encore complettement abandonné. Pour montrer comment l'irisation des ailes des insectes peut se rattacher aux anneaux colorés, je dois entrer dans un exposé très succinct de ce phénomène. Newton ayant appliqué sur un verre plan une lentille très-peu bombée appartenant à une sphère de 33 mètres de rayon, vit une série d'anneaux colorés dont le centre était le point de contact des deux verres. Lorsqu'il exposait ce système à une lumière simple et rouge, le cercle de con- tact était obscur ; ce cercle était entouré d'un anneau rouge, puis d'un anneau obscur, puis encore d'un anneau louge, ainsi de suite. Lorsque la lumière dans laquelle se faisait l'observation était verte, les cercles étaient alternativement obscurs et verts. Ils étaient obscurs et bleus dans la lumière bleue, etc. En regardant par transparence, les nuances étaient changées; les cercles obscurs prenaient la couleur dans laquelle se faisait l'observation , et les anneaux colorés devenaient obscurs. En exposant son appareil à la lumière blanche du jour, il voyait un cercle obscur au contact des verres, puis une série d'anneaux irisés qui l'entouraient. Newton pensa que ce phénomène était dû à la décomposi- tion de la lumière à son passage dans la couche d'air très- mince interposée entre les verres et réfléchie par la surface du second verre, et que les anneaux irisés résultaient de la superposition des anneaux formés par les couleurs simples. Il chercha à connaître l'épaisseur de la couche d'air qui correspondait aux divers anneaux et qui produisait telle ou DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 2 1 1 telle nuance. Il y parvint, non en le mesurant directe- ment, mais par un calcul très-simple. Si on veut se faire une idée de l'extrême ténuité de la lame d'air correspondant à un anneau de dix millimètres de diamètre, il faut appliquer le calcul à ce cas particulier et l'on trouve que l'épaisseur correspondante est un peu moindre de quatre fois la dix- millième partie d'un millimètre. De ces expériences et de ces calculs il conclut que dans les anneaux colorés chaque nuance du spectre correspond à une épaisseur différente de la couche d'air interposée; qu'il y a des épaisseurs difTéren- tes qui produisent la même nuance, et de plus, que certai- nes épaisseurs ne laissent pas passer la lumière. Revenons aux insectes. Leurs ailes membraneuses sont formées comme nous le savons tous, de deux pellicules transparentes comme le verre, appliquées l'une sur Tautre, entre lesquelles rampent les nervures, sortes de tuyaux dont le canal intérieur est occupé par un vaisseau aérien. Il ne peut pas nous répugner d'admettre que les deux pellicules ou membranes sont séparées par des intervalles de quelques dixmillièmes de millimètres, si ce n'est dans toute leur étendue au moins dans un grand nombre de points, et que ces intervalles sont remplis par le fluide qui a circulé dans les trachées des nervures et s'est échappé par leurs parois : dès-lors on retrouve dans ccj ailes les circonstances qui pro- duisent les anneaux colorés. Les rugosités qu'on observe sur les ailes correspondent probablement à des poiuls où les membranes sont plus ou moins séparées, selon la dimen- sion de ces rugosités; et comme les anneaux colorés ces- sent de paraître lorsque la couche d'air interposée entre les verres prend une épaisseur sensible, de même l'irisation cesse lorsque les rugosités sont bien prononcées et renfer- ment une épaisseur de fluide trop considérable pour pro- duire une coloration. Les ailes parfaitement lisses comme 212 ANNALES celles des Cigales, nous représentent deux verres plans ap- pliqués l'un contre l'autre ; ce sont deux surfaces parallèles comprenant entre elles une couche d'air d'égale épaisseur et ne produisant ni anneaux colorés, ni irisation. Nous devons admettre que le fluide répandu entre les membranes des ailes s'y conserve après la mort de l'insecte, sans quoi l'irisation disparaîtrait avec la vie, ce qui n'a pas lieu. Quel est ce fluide? Est-ce l'air atmosphérique pur ou modifié par son passage dans les trachées des nervures':^ Est-ce un fluide d'une autre nature? C'est ce que j'ignore complètement. Et si par hazard il n'y avait pas de fluide entre les membranes des ailes, ni entre les feuillets nacrés des coquilles, ni entre les lamelles des cristaux, il faudrait admettre alors que la lumière est décomposée en traversant la première membrane ou la première lame et qu'elle est ré - fléchie sur la seconde. Les rugosités des ailes pourraient jouer dans ce cas l'eff'et de plusieurs petits prismes qui dé- composeraient la lumière et produiraient un phénomène analogue à l'arc-en-ciel. On a dit précédemment que les espaces de l'aile qui réflé- chissent la lumière rouge laissent passer la verte et réci- proquement. Ce fait qui paraît d'abord fort extraordinaire, s'explique au moyen d'une règle donnée par Newton pour trouver la nuance qui résulte du mélange d'un certain nom- bre de couleurs du spectre solaire. Si on cherche par cette règle quelle est la couleur qui résulte du mélange de toutes les nuances du spectre moins le rouge, on trouve le vert : ainsi la couleur verte transmise n'est autre chose que la lumière ordinaire dont la réflexion a supprimé^ le rouge. La même règle explique le changement du vert en rouge. Parla considéralion des couleurs réfléchies^extraites d'un rayon solaire dont le reste est transmiSj on arrive à DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 213 l'explication des anneaux obscurs et colorés, et aux accès de facille et de diflîcile transmission. Les particularités de ririsation semblent s'expliquer par- faitement en admettant : P une décomposition de la lumière à son passage à travers l'aile, soit dans une couche d'air trés- mince, soit dans la substance même de la première mem- brane ; 2° en admettant la réflexion de certains rayons co- lorés à la surface de la seconde membrane, et la transmis- sion du reste du faisceau lumineux pour former des nuances dépendant de la couleur réfléchie. L'irisation vient à chaque instant frapper les yeux du na- turaliste; il la voit développée avec luxe sur la nacre qui tapisse l'intérieur des coquilles fluviatiles et marines. Les eaux douces de nos contrées nourissent les genres Unio et ylnodonte, sur lesquels on l'observe très-bien. Leur nacre laisse appercevoir des bandes roses et vertes bien pronon- cées. Près des bords où la coquille est quelquefois translu- cide, on remarque l'intervertion des couleurs; c'est-à-dire, que les espaces qui réfléchissent le rose laissent passer le vert, et réciproquement ; mais ici comme pour les insectes et les anneaux colorés, les couleurs transmises sont très- pâles relativement aux couleurs réfléchies. L'Afrique ren- ferme dans ses eaux douces le genre Iridine dont les cou- leurs roses et vertes sont du plus vif éclat et le disputent en beauté aux nuances des coquilles marines du genre Halio- tis, où le phénomène de l'irisation est porté au plus haut degré. Dans ces dernières on remarque une particularité que l'on ne voit pas sur les insectes, ni dans les coquilles fluviatiles que j'ai observées; c'est que les bandes colorées rouges et vertes alternent avec des bandes obscures ; ce qui rapproche ce phénomène de celui des anneaux colorés. De ce rapprochement on peut conclure que la nacre qui est sé- crétée par le mollusque est formée de feuillets très-minces, « 214 ANNALES translucides, appliqués les uns sur les autres et laissant en- tre eux un intervalle très-exigu rempli par l'air ou par un autre fluide que nous ne connaissons pas ; et de plus que cet espace est régulièrement onduleux, puisqu'il produit des bandes colorées de môme ton et d'égale largeur. Mais c'est nous arrêter trop longtemps sur la cause de l'i- risation et sur la théorie qui sert à l'expliquer ; cette cause et cette théorie intéressent beaucoup plus le physicien que l'entomologiste. Ce dernier doit se contenter d'observer les nuances de la lumière et les figures qu'elles affectent sur les ailes des insectes, et rechercher s'il ne pourrait pas se ser- vir de ce phénomène pour caractériser les espèces ou les genres dans lesquels il les classe. D'après ce qui précède, on est en droit de conclure que l'irisation est un caractère qui appartient à presque tous les insectes, et que dire simplement de l'un d'eux qu'il a les ailes irisées, c'est dire une chose trop vague et trop générale pour le caractériser. On pourrait faire une description dé- taillée de l'irisation qu'il présente , ou bien la déngner par une dénomination adoptée dans le langage de la science; alors on aurait quelque chose de particuher à l'insecte. Mais les nuances et leurs formes sont très-variables selon l'état de vie ou de mort de l'animal, selon l'incidence de la lumière, l'obliquité de la vision, le ciel plus ou moins som- bre, et peut-être aussi selon la manière de voir et de sentir de l'observateur ; en sorte que l'irisation me paraît un ca- ractère fugitif, vague, difficile à bien signaler, et qui ne peut guère être employé pour caractériser une espèce ou un genre. Je crois qu'on doit se contenter d'en faire mention dans les généralités de la science, ou dans celles relatives aux familles ou aux genres. Là, on peut affirmer que les ai- les d'une foule de ces petits animaux qui au premier coup , d'œil n'attirent pas notre attention, sont cependant diaprées DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 215 et parées de ce que l'or, le rubis, l'émeraude, le saphir et l'aniélhyste ont de plus somptueux ; et je ne doute pas que ceux qui auront observé VOsmylus maculatus et VHemcro- hius lutcscens, ne trouvent que je n'exagère en rien la vé- rité. Il me semble aussi que l'on pourrait tirer parti des acci- dents que présente la conlexture des ailes membraneuses, pour la définition de certaines espèces ou de certains genres. Les rides entrecoupées, les stries interrompues qu'elles montrent, les points, les tubercules noirs ou brillants qui les couvrent, et d'autres accidents que je n'ai pas vus ou pas signalés; pourraient entrer dans les caractères des familles, des genres et même des espèces à défaut d'autres plus visi- bles-, mais avant de s'en servir il faudrait en faire une étude plus aprofondie que celle que je présente ici. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 217 ^\V^^■V\V\ V\\K^VVV\\VVVV\v\\V\'\\V\VV'VVV\VVVVV\\VVfcX\VVVVVVVVVV\^ vV\VV*VV»VWVV\\^^\V\V\^VVV DESCRIPTION DE DEUX NOUVELLES ESPÈCES DE CharaxeS DES INDES ORIENTALES , DE LA COLLECTION DE M- HeNRI DoUBLEDAY. Par M. Edouard DOUBLEDAY. (Séance du 6 Septembre 1843. ; ChARAXES DELPHIS. ( PI. VII. ) Dessus des ailes d'un blanc un peu jaunâtre ; les supé- rieures ayant à l'extrémité un espace triangulaire , noir, sinué intérieurement, finissant un peu avant l'angle interne et marqué au sommet de deux points blancs dont le premier plus grand : les inférieures ayant une rangée marginale de sept taches plus ou moins lunulées, dont la première est d'un bleu ardoisé, liseré de noir, la seconde et la troisième noires, liserées extérieurement de verdâtre et marquées sur le milieu d'un trait bleu, les suivantes verdàtres, mar- quées, à l'exception de la dernière, d'un petit trait blanc, plus ou moins liseré de noir, la couleur verdâtre se pro- longe le long des nervures à leurs extrémités : le bord pos- térieur de ces ailes assez fortement denté, la première et la troisième dent à compter de l'angle anal, prolongées en queues grêles, acuminées. 2e Série, t. i. 15 218 ANNALES Dessous (les ailes d'un beau blanc à reflets argentés et na- crés, le bord postérieur des antérieures laissant voir par transparence le noir du dessus. Ces ailes ont dans la cellule discoïdale deux points noirs, et sur la nervure qui ferme la cellule, une lunule noire divisée par un trait bleu. Un petit trait noirs'appuie sur cette lunule, entre laquelle et le bord intérieur, est un gros point noir parsemé d'atomes bleuâ- tres. Près du bord extérieur est une rangée de points ocbra- cés précédée d'une série de lunules noires ; entre celle-ci et la cellule discoïdale , près du bord extérieur, sont deux autres petites lunules noires. Ailes inférieures ayant près de la côle deux points noirs pupilles de bleu argenté, dont le premier plus gros, rond ; le second ovoïde. Dans la cel- lule discoïdale est un gros point argenté, liseré et pupille de noir, entre lequel et l'angle anal sont quatre traits noirs disposés régulièrement, dont les deux premiers presque lu- nules. Au delà du milieu est une série de lunules bleuâtres suivie d'une rangée de huit points dont les trois premiers ochracés, les autres d'un beau cramoisi : vient ensuite une bande sinuée ; ochracée , suivie d'une rangée de lunules violàtres entre lesquelles et le bord postérieur sont sept grosses taches ocli racées. Tète nuire avec quatre points blancs : thorax noirâtre : abdomen cendré. Envergure, 91 millim. De Silbet. Indes orientales. ChARAXES EUDAMIPPUS. (Pi VIII.) Dessus des ailes d'un blanc un peu jaunâtre, les supé- rieures ayant au bord extérieur une bordure noire assez large, dilatée au sommet, divisée par deux rangées de ta- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 219 ches de la couleur du fond dont le premier et le second de la seconde rangée un peu linéaires et les deux derniers de la première rangée lunules, les autres ronds. Entre ces deux rangées, près de la côte, est un trait blanchâtre suivi de deux points de même couleur. La côte est noire et l'extrémité de lacellulediscoïdale est marquée d'une raie noire liée au noir de la côte et à une autre raie noire longitudinale atteignant à peu près la bordure extérieure. Ailes inférieures marquées près du bord extérieur d'une bande noire, divisée par une rangée de taches blanches surmontées, à l'exception de la première, par une lunule bleuâtre. Bord postérieur denté, la première et la troisième dent à compter de l'angle anal se prolongeant en queues linéaires grêles. Queues et bord pos- térieur bleuâtres, liserés de noir. Angle anal marqué d'une tache ochracée. Dessous des quatre ailes d'un beau blanc argenté avec une bordure étroite couleur de feuille morte, traversé par une bande sousmarginale à peu près de la môme couleur, bor- dée extérieurement sur les supérieures d'une rangée de lu- nules noires entre laquelle et l'angle anal sont trois lunules de la môme couleur. Sur les secondes ailes, cette bande est bordée d'une rangée de lunules d'un bleu ardoisé liserées de noir, et entre la bande et le bord postérieur, sont huit ta- ches noires, rondes. Le milieu des deux ailes est traversé par une bande commune d'un brun ochracé qui commence à l'extrémité de la cellule discoïdale des premières et finit un peu au delà du milieu du repli abdominal des secondes. Cette bande, qui sur les premières se bifurque en forme d'Y, est bordée en grande partie d'une rangée de traits noirs. La cellule discoïdale est marquée avant son milieu par deux points noirs assez gros, et sur le repli abdominal, un peu avant la bande sous marginale, est un Irait d'un noir pro- fond. Angle anal un pou ochracé. 2-20 ANNALES Tête noire, marquée sur le sommet Je quatre points blancs. Thorax noirâtre : abdomen cendré. Envergure, 10 centimètres. De Siihet. Indes orientales. Eorplicalion des planches Fil et flll. PI. 7. Charaxcs delphis, Ed. Doubleday. PI. 8, Charaxcs eudamippu?, Ed. Doubleday. DE LA SOCIÉTÉ ENT0M0L0G1(,)UE. 221 REMARQUES SUR LES MÉTAMORPHOSES OBSERVÉES CHEZ LES Bupreslides. Par M. Emile BLANCHARD. (Séance du 7 Juin 1843.) En lisant une notice pleine d'intérêt, sur les métamor- phoses des Buprestides, insérée dans le premier numéro des Annalesde la Société enlomologique, de l'année t843(l);j'ai été surpris de voir que la plus petite partie des observations déjà faites sur les premiers états et sur les transformations des Buprestides, était seule parvenue à la connaissance de l'auteur de cette notice. « Nous commençons, dit-il, à connaître Thistoire des Co- léoptères de la famille des Buprestides , car déjà deux espèces ont été observées et décrites sous leurs trois états, de larve, de chrysalide et d'insecte parfait. » Or comme ce début pourrait faire penser à quelques nou- veaux observateurs que c'est en oiïet tout ce qui est connu sur les métamorphoses des insectes de cette famille, il m'a paru n'être pas complètement inutile de résumer succincte («) Gouicaii. Ami. de la Soc. ont. tic l'r., l. i, i2" série, p. s;*, etc. 222 ANNALES ment les diverses observations faites sur ce sujet, tant en France qu'en Angleterre et en Allemagne. Au reste, c'est seulement dans ces dernières années que les larves des Buprestides ont été bien figurées et bien dé- crites. On trouve représentée dans l'ouvrage de mademoiselle de Mérian, une larve qui est donnée comme appartenant à l'es- pèce connue sous le nom de Buprestis gigas, Lin., gigantea, Fab. Cette larve offre une ressemblance complète avec la larve des Scarabéiens^ ce qui fit croire pendant longtemps à tous les entomologistes que les larves des Buprestides avaient les plus grands rapports avec celles de ces derniers. Il est bien évident que cette considération appuyée sur un faux renseignement, porta M. Brullé à rapprocher les Buprestides des Scarabéiens. A l'époque à laquelle il rédigeait cette famille, dans son ouvrage intitulé Histoire des itisectes, on venait de décou- vrir les vraies larves des Buprestides; mais le plan de sa classification était déjà arrêté, et d'ailleurs on demande tou- jours de nouvelles confirmations pour des faits récemment découverts. On ne se douta pas que mademoiselle de Mérian fut tom bée dans une grave erreur en figurant la larve d'un Scara- béien au fieu d'une larve de Buprestide, comme on peut s'en convaincre aujourd'hui par une simple inspection. Une série d'années s'écoula sans qu'aucune observation vint confirmer ou infirmer le fait signalé par mademoiselle de Mérian. En 1831, M. Westermann mentionna dans la Revue en- lomologique de M. Silbermann, les Buprestis ocellaia de l'Inde et cuprea, du Cap de Bonne-Esperance. Il avait ob- .servé leurs larves; celle du B. cuprea, dit-il, vit dans une espèce de Mesemhryanthcmum , elle est très-longue, propor- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 2-28 tionnellement à son épaisseur et d'une couleur jaunâtre avec une tôte brune. Une semblable description ne pouvait faire apprécier en aucune manière, les formes et l'aspect particulier des larves de Bupreslides. Latreille soupçonnait que les larves de ces Coléoptères vivaient dans le bois, i)arcequ'en diverses cir- constances, il avait trouvé les insectes parfaits à IVxtrémilé de petites galeries qu'il supposait avoir été celles de leurs larves. Toutes les observations récentes ont confirmé cette pré- somption. En 1836, M. Audouin communiqua à la Société entomo logique un morceau du tronc d'un hêtre, qui lui avait élé envoyé de la forêt de Compiègne. Ce tronc était parcouru par des galeries nombreuses d'une largeur assez considé- rable. On eût pensé que l'origine de ces galeries, dit M. Au- douin, était due à l'introduction d'un instrument plat et tranchant comme celui d'un ciseau de menuisier; ce qui était bien en rapport avec la forme aplatie des larves habi- tant ce morceau de bois. Leur ressemblance avec les larves de Cérambyciens était frappante. M. Audouin n'avait pas observé complèlement les transformations, mais la présence de Buprestis beroli- nensis à l'état d'insecte parfait dans les mêmes galeries, lui prouva que les larves appartenaient à cette espèce. Des rapports qu'il trouva dans la forme du tube digestil des Buprestes et des larves prises dans le morceau de hêtrc^ vinrent confirmer pour lui cette probabilité. Cependant cette observation étant incomplète, presque tous les entomologistes la repoussèrent, et tous furent d'a- vis que les larves en question appartenaient à quelque Cé- rambycien. M. Audouin ayant communiqué ces faits à M. Weslvvood, celui ci donna au trait la figure de cette larve 224 ANNALES de Bupresiis berolinensis dans son introduction à la classifi- cation des insectes (1). En 1837, c'est-à-dire, un an après la communication de M. Audouin, M. Aube publiait encore dans les Annales de la Société, l'histoire de la larve et de la nymphe de VJgri- lus viridis. L'analogie que cette larve offre avec celle que M. Audouin avait donnée comme appartenant au Buprestis berolinensis est si grande, que M. Aube s'empressa^alors de reconnaître la validité de cette précédente observation. A la môme époque, c'est-à-dire en 1837, M. Ratzeburg taisait connaître avec le plus grand soin les larves de plu- sieurs Buprestides (2). Comme cet ouvrage n'existe en France que dans un petit nombre de bibliothèques, je tra- duis ici ce qui est relatif aux premiers états de ces Coléop- tères. M. Ratzeburg a non seulement décrit, mais encore donné d'excellentes figures des larves des Âgrilus (agi, Ratzeb. , ( fili/ormis, Herbst. ) et nociva, Ratzeb., et de plus la figure de la nymphe de ce dernier. 1°« La larve de VAgrilus nociva, dit-il, est longue de cinq lignes et large à peine d'une ligne; elle est remarquable par les appendices de l'anus ( figurés sur la planche ), le premier anneau n'est pas sensiblement dilaté et le corps n'est pas fortement rétréci, il offre une ligne médiane très- légère. Le premier stigmate est arrondi, mais plus prolongé en bas. » «< La nymphe est longue de trois hgnes sur une de large. La tête est légèrement bombée, couvrant un peu le protho- (i) irUroduction 10 ilic modem classification of insects, t. i, p. 226, fig. 20. — 8 et 9. (2) Die Forst-insecten Erster Theil , Die Rafer, p. 50 à 59. Berlin 1 837 . DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 225 rax ; les antennes sont cachées sous les bords du thorax et les pattes très distinctes ; les tarses sont un peu relevés avec la dernière paire entièrement visible. Le dernier anneau du corps est arrondi. Le corps est blanc et totalement glabre.» 2° « Agrilus fagi. Quoique cette espèce soit très-voisine de la précédente ; sa larve en diffère beaucoup : elle est plus grosse, avec le premier anneau du corps plus large, le pre- mier stigmate plus allongé et le dernier anneau du corps dépourvu d'appendices en forme de tenailles. » 3° « Bupreslis mariana ( Chakophora). La larve est très- grossse, son premier anneau ayant jusqu'à deux lignes et demie de longueur; elle est entièrement blanchâtre, et vit dans les pins sauvages morts, principalement dans le tronc, où quelquefois elle réduit tout le bois en vermoulure. » 4° « Buprestis quadripunclata {Anthaxia). Sa larve est longue de cinq lignes avec son premier anneau très-grand et le dernier dépourvu d'appendices. » «Cette larve, ajoute M.Ratzeburg,vitdans les tiges de pins entre l'écorce et l'aubier et se forme des galeries de deux à trois lignes de large. » En 1838, M. Westwood (1), résumant tous les faits connus sur les métamorphoses des Buprestides, s'exprime ainsi. « Jusque dans ces derniers temps, on n'a obtenu que bien peu de renseignements sur l'histoire naturelle et les pre- miers états de ces magnifiques insectes. » « Mademoiselle de Mérian, dans son ouvrage sur les in- sectes de Surinam (pi. 50), a représenté une grosse larve blanche, charnue, ayant le corps courbé et ressemblant aux larves des Scarabées, ayant six pattes, point d'an- tennes, et l'extrémité du corps arrondie et entière. Elle [^) Introduction to ihc modem classifiraiion of insccls, 1. 1, p. 229. 226 ANNALES fut trouvée dans la terre, vivant sur des racines du Con- volvulus batatas, et de cette larve, on assure qu'on en obtint un Bupreste. » «' Comme elle diffère extrêmement de toutes les larves do Bupreslides actuellement connues, et comme selon toute probabilité, ses métamorphoses ont lieu dans le bois, les troncs d'arbres, etc. ; je crains que l'auteur ne soit tombé dans quelque erreur^on doit remarquer que la même planche représente des figures de Passales à l'état de larve et d'in- secte parfait, dont l'exactitude a été reconnue. » Il nous paraît très-probable aussi que la larve vivant sur les racines du Convolvulus batatas appartient également à quelque Passale, bien que madcnioiselle de Mérian dise en avoir obtenu l'insecte doré. {Buprestis gigas.) M. Westwood continue ainsi : « Dans la collection du ré- vérend F. W. Hope, il existe plusieurs individus d'une larve ((ig. 23-12) envoyés du brésil avec le B. a/fenwafa (Kirby.)» « Ces larvés sont longues d'environ un pouce et demi, cylindriques, nullement recourbées, avec les antennes courtes, ainsi que les parties de la bouche-, les pattes sont de médiocre longueur, seulement au nombre de quatre et fixées aux deuxième et troisième segment; le quatrième of- frant les rudiments d'une troisième paire de pattes de très- petite dimension et composées de trois articles ( fig. 23-13). Je ne connais pas d'autre exemple dans lequel les deux pattes postérieures soient rudimentaires, tandis que les quatre autres sont de taille ordinaire. Le dernier segment du corps est arrondi et mu tique. » Comme on le voit, M. Westwood n'avance pas que cette larve appartienne au Buprestis attenuata, il se contente de dire qu'elle a été envoyée du Brésil avec cet insecte; mais néanmoins il nous paraît surprenant qu'il puisse supposer que cette larve appartienne à un Buprestide; car con- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQDE 227 naissant les véritables larves de ces Coléoptères, une telle supposition est inadmissible. Il est plus probable que c'est une larve de Chrysomélide , mais on ne peut rien avancer, quand les faits ne reposent pas sur l'observation directe j nous aimons à croire que M. Westw^ood ne s'est pas abusé à cet égard et qu'il a eu plutôt l'envie de faire connaître une larve réellement remarquable par l'avortement de la troi- sième paire de pattes. I/auteur de Tlntroduction à la classification des insectes, cite l'observation de M, Westermann, que nous avons déjà consignée et passe ensuite à celle de M. Audouin. Voici ce qu'il rapporte à l'égard de cette dernière : « M. Audouin a découvert une larve qu'il considère comme celle du Buprestis berolinensis, et n'en a encore publié au- cune description. Je suis redevable à cet entomologiste dis- tingué, des figures ci-jointes de cette larve qui paraîtra ressembler beaucoup aux larves des Cérambycides. Elle est d'une consistance charnue et le premier segment du corps large et semi-circulaire, me paraît représenter le prothorax dans lequel la tête est rétractile. On aperçoit le stigmate prothoracique dans un espace étroit derrière le large anneau, que je regarde comme la partie membra- neuse unissant le prothorax et le mésothorax. M. Audouin le considère, je crois, comme le prothorax lui-même. Il ne paraît pas exister les plus légers rudiments de pattes et le dernier anneau du corps est entier. » Vient ensuite l'observation faite par M. Aube sur VJgri- lus viridis et qu'il reproduit en abrégé. Seulement il ajoute : " M. Audouin a également découvert la larve d'une autre espèce d'Jgrilus dans le poirier. » Cette observation avait déjà été communiquée à la So- ciété entomologique, mais elle était alors incomplète, car l'on n'avait pas encore obtenu l'insecte parfait. 228 ANiXALES Nous avons représenté les trois états de cet insecte dans un ouvrage qui vient d'être publié (1). Enfin M. Westwood termine ce qui est relatif aux méta- morphoses des Bupreslides en disant : « Le docteur Ratze- burg a aussi publié des figures de la larve ( copiée dans ma figure 23 ) et de la nymphe de ïAgrilus nocivus dans son Forst-insecten. pi. 2, qui sont en rapport avec celles données par M. Aube. Il a également figuré la larve (copiée dans ma figure 23-10 ) de VJgrilus fagi, qui diffère du premier, non seulement parla largeur du prothorax et la ténuité du corps, mais aussi par l'absence de pointes co- niques à l'extrémité de l'abdomen. Les mâchoires et la lèvre diffèrent aussi des figures de M. Aube. » MM. Laporte de Castelnau et Gory ont représenté encore plusieurs autres larves de Buprestides dans leur monogra- phie de cette famille de Coléoptères. Sur quatre planches consacrées à ce sujet ; on remarque 1°: une jeune larve de Sternocera extraite d'un œuf trouvé dans le corps d'une femelle ^ 2": la copie de la figure donnée par mademoiselle de Mérian ; 3°: la larve du Bupresiis Fa- bricii, et 4": celle du Capnodis tenebrionis. Ces deux der- nières figures sont très-bonnes , et l'on s'étonne de voir à côté la copie d'une larve qui ne ressemble en rien à celles qui ont été représentées d'après nature. Nous devons encore à M. Léon Dufour l'histoire du Chrysobothris chrysosligma, qui a été connue deM. Goureau. Enfin dans un recueil allemand (2), M. Erichson a donné une description générale des larves de Buprestides; il dit que les larves des Buprestis berolinensis et Chalcophora ma- («) Emile Blanchard, Histoire des insectes, traitant de leurs mœurs et comprenant une nouvelle classification , i8l3. (2) Ârcliiv fur nalurgescliiclite von Wiegniann und von Erichson. (. vil, p. 82 cl 83. Berlin, i8lt. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 229 riana difierent très-peu entre elles. Il cite, outre quelques remarques sur les larves A'Agrilus figurées par M. Ratze- burg, une description anatomique de la larve du Chalco- phora mariand; par le professeur Loen (1). Ainsi, comme on peut en juger d'après cette simple énu- mération -, la Note pour servir à l'histoire de V^grilus bi- (jultatus n'est pas seulement la troisième observation sur les premiers états des Euprestides. Aujourd'hui il est donc parfaitement établi que toutes les larves de Buprestides sont apodes et ont une grande ressem- blance avec celles des Cérambyciens. Seulement leur forme plus aplatie paraît les rapprocher en môme temps des larves des Elatérides. Ce dernier rapport est encore établi par les larves de cer- tains Eucnémides comme des Mélasis, qui ont été décrites par M. Erichson (2), et dernièrement par M. Guérin-Méne- ville (3). Les larves des Mélasis quoique ayant une forme particulière , se rapprochent de celles des Buprestides et en môme temps de celles des Elatérides nous disent ces auteurs Cependant il n'est pas inutile de prendre en considération les analogies que présentent entre eux dans leurs premiers états les Buprestides et les Cérambyciens, car les insectes parfaits offrent aussi plusieurs traits de ressemblance. Dans la forme des parties de la bouche, dans la structure de l'ovi- ducte, môme dans la conformation des antennes, on trouve enire certains Buprestides et divers Cérambyciens plusieurs caractères qui tendraient à faire rapprocher ces insectes dans la classification, si ces deux familles n'offraient d'autre part des rapports plus manifestes encore que ceux que nous venons de signaler (4) Enlom. zcilung. Marz, {■>.) Archiv fur nauirgeschichle, Berlin, iSui. 3 Annales de la Soc. cnlom. i8j3, ji. \T2. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 231 NOTICE MONOGRAPHIQUE SUK LE GENRE ClenOSCelis , DE LA TRIBU DES PRIONIENS. Par M Lucien lUIQUET. (Séance du 2 Août 1843 ) Le genre Ctenoscelis a été créé par M. Audinet Servilte dans un travail qu'il a publié dans nos Annales, tome pre- mier, page 134, sous le titre de : Nouvelle classification de la famille des Longicornes. Formé aux dépens d'insectes appartenant à la grande di- vision des Prioniens des anciens auteurs, ce genre ne comp- tait jusqu'ici que trois espèces (1), et encore n'a-t-on fait connaître de chacune d'elles que l'un ou l'autre sexe. C'est là une lacune que j'ai cru d'autant plus nécessaire de com- bler, que souvent on est conduit à des erreurs que la pos- session d'un individu isolé rend en quelque sorte inévitables. (i) Il est évidcnl que l'une d'ciles, le C. tubcrculatus ne peut «•Ire maintenu dans ce genre, ainsi qu'on le verra plus loin dans la (lesciipiiun détaillée que j'ai cru devoir on donnoi en la rapportant à mon senre Mecosarthron. 232 ANNALES Le premier volume de nos Annales ayant été détruit en grande pratie par un incendie, peu d'années après sa publi- cation, il m'a paru convenable de reproduire ici presque textuellement les caractères assignés au genre qui nous oc- cupe, afin d'en faciliter l'étude à ceux de nos collègues qui, moins heureux que nous, ne possèdent pas l'excellent tra- vail de M. Serville. Genre CtÉnoscèle, Ctenoscelis Serville. Toutes les jambes munies intérieurement de deux ran- gées de nombreuses et fortes épines. Corselet presque carré, dilaté surtout dans les mâles, et fortement crénelé aux bords latéraux, mais sans épines no- tables. Antennes filiformes, de la longueur du corps dans quel- ques mâles, plus courtes que lui dans les femelles, de onze articles cylindriques^ le troisième aussi long ou plus long que les deux suivants réunis. Palpes inégaux; les maxillaires notablement plus longs que les labiaux; leur dernier article comprimé, presque triangulaire. Mandibules fortes, arquées, pointues à l'extrémité, assez longues, dentées intérieurement. Tête ayant dans son milieu une ligne longitudinale en- foncée. Elytres presque ovales, s'éiargissant extérieurement après les angles huméraux, et se rétrécissant vers l'extrémité; elles sont arrondies au bout et terminées à l'angle suturai par une petite épine souvent à peine saillante cbez quelques espèces. Ecusson grand, arrondi postérieurement. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 233 Abdomen ayant son dernier segment distinctement échan- cré dans les mâles, et l'anus velu. Pattes longues, fortes, égales; cuisses mutiques ou fine- ment dentelées en dessous dans les mâles, peu ou pas ponc- tuées dans les femelles. Tarses ayant leur premier article triangulaire, guère plus long que le second , le dernier très-grand, au moins aussi tong que les trois autres réunis. Ces insectes sont propres au nouveau continent, on les trouve sous les écorces et quelquefois courant à terre sur la lisière des bois, ou volant à l'entrée de la nuit, ainsi que la plupart des autres Prioniens. Première division Comprenant les espèces dont les antennes sont de la lon^ gueur du corps dans les mâles. 1. Ctenoscelis ater. Prionus ater. Oliv. ent. Prion., p. 11, n. 6, pi. VII, fig. 24. Mâle. De Cayenne. Ctenoscelis major, fem. Dej. Cat. troisième édition, p. 341. Long. 90 â 115 mill. Entièrement d'un brun noirâtre. Tète allongée, ayant entre les yeux un sillon profondément creusé et quelques rugosités profondes et luisantes. Mandibules avancées , fortes, dentées intérieurement et couvertes en partie de gros points enfoncés qui les font paraître rugueuses. Palpes bruns. Antennes rugueuses dans toute leur longueur, et gar- nies particulièrement en dessous, de petits tubercules spini- formcs. Yeux grands , ovales, distants du bord du corselet. 2' Série, t. i. 16 n\ ANNALES Celui- Ci liu double plus large que long, crénelé sur les bords latéraux, fortement cchancré antérieurement et coupé pres- (jue carrément à la base, il est entièrement et finement poin. tillé, il a de chaque côté une plaque triangulaire fortement ponctuée, luisante, et deux petites lignes ponctuées égale- ment,runeoblique, l'autre longitudinale. Ecussonassezlarge, arrondi postérieurement, et couvert de très-petits i v. bercules qui le font paraître chagriné. Elytres en ovaiî allongé, ar- rondies à l'extrémité et munies au bord suturai d'une épine assez petite, mais distincte. Elles se dilatent un peu à partir des angles huméraux et se rétrécissent ensuite insensible- ment du milieu à l'extrémité; elles sont fortement chagri- nées à la base, couvertes dans toute leur longueur de petites stries transversales sinueuses; on remarque aussi cinq li- gnes longitudinales très- faiblement indiquées, qui n'attei- gnent pas l'extrémité, et dont la plus saillante se trouve le long du bord extérieur. Pattes fortes ; cuisses antérieureaet intermédiaires garnies de petits tubercules spiniformes. Jambes munies d'une double rangée d'épines assez longues; tarses ayant les trois premiers articles munis latéralement d'un petit crochet plus saillant aux pattes intermédiaires et postérieures (1). Poilrine co.jverte d'un duvet fauve, soyeux et court; segments abdominaux ferrugineux, particulière- ment sur les bords postérieurs; dernier segment échancré et couvert dans cette partie de poils raides et fauves (mâle). La femelle est moins fortement membrée, les antennes sont grêles, beaucoup moins longues que le corps et très-faiblement ponctuées, surtout à partir du troisième article. Le corselet est plus convexe, coupé plus carrément à la base et couvert (<) Je n'ai rencontre ce caractère que dans cette seule espèce, et il existe dans les doux sexes; ce qui n'avait je crois, pas encore été observé. DE LA SOCIETE EISTOMOLOGIQUE. 23") (le rugosités très -profondes; il y a, un peu au-delà du mi- lieu de chacun des bords latéraux, une dent assez saillante. Les cuisses sont très-finement pointillées. Cette espèce qui est fort rare se trouve à Cayenne. Le mâle m'a été envoyé par M. Claude, la femelle par M. Leprieur. 2. Ctenoscelis dyrrachus. Buq. PI. IX, fig. 1 . Long. 105 mill. De la taille et de la couleur du précédent. Tôte allongée, ayant entre les antennes un sillon moins profond et quelques petites lignes irrégulières et luisantes 5 mandibules avancées, fortes, dentées intérieurement, presque entièrement cou- verte de points enfoncés très-serrés, qui les font paraître ru- gueuses. Palpes bruns. Antennes finement ponctuées dans toute leur longueur; cette ponctuation est très-apparente, surtout jusques et y compris le quatrième article : en des- sous elles ont aussi quelques petits tubercules spiniformes assez distants les uns des autres. Yeux grands, ovales, très- éloignés du bord du corselet. Celui-ci plus large du double que long, crénelé sur les bords latéraux, fortement échan'- cré antérieurement, coupé carrément à la base, est couvert de rugosités très-profondes, séparées au milieu par un large espace longitudinal, lisse, luisant et faiblement pointillé; près des angles du corselet, on remarque de petits tubercules spiniformes. Ecusson assez grand, arrondi postérieurement, couvert de petites granulations qui le font paraître cha- griné. Elytres en ovale allongé, arrondies au bout, munies au bord suturai d'une très-petite épine à peine distincte ; elles se dilatent beaucoup à partir des angles huméraux, se rétrécissant ensuite insensiblement du milieu à l'extrémité; elles sont fortement chagrinées à la base, couvertes dans 236 ANNALES toute leur longueur de petites strios transversales sinueuses, on y aperçoit en outre, quatre lignes longitudinales très- faiblement indiquées, qui n'atteignent pas l'extrémité, et dont la plus saillante longe le bord extérieur. Pattes fortes, cuisses antérieures seulement garnies de petits tubercules spiniformes, les intermédiaires et les postérieures lisses. Jambes munies d'une double rangée de fortes épines. Poi- trine couverte d'un duvet fauve, court, serré. Abdomen d'un brun rougeâtre, ayant une impression arrondie sur ks bords latéraux de cbacun des quatre premiers segments-, le dernier, fortement échancré, est bordé dans cette partie, de poils fauves (mule). Notrecoliègue M. L.Fairmairea bien vouludessiner et pein- dre cet insecte, et je le prie de recevoir ici mes remerciements. Je ne possède qu'un seul individu de cette espèce remar- quable, qui a été trouvée à Cayenne par M. Claude. 3. Ctenoscelis nausithous, Buq. PI. IX, fig. 2- Long. 97 mill. Tôle, antennes, corselet et pattes, d'un brun noirâtre. Mandibules avancées, fortes, dentées intérieurement, et ponctuées de manière à paraître rugueuses. Palpes ferrugi- neux. Antennes garnies en dehors seulement, de petits tu- bercules, faiblement ponctuées en (Jessus jusqu'au troisième article inclusivement, les suivants Jisses et luisants. Tête allongée, fortement ponctuée antérieurement, avec un sillon bien marqué entre les yeux, qui sont grands, ovales, assez distants du bord du corselet. Celui-ci, de plus du double plus large que long, crénelé sur les bords latéraux, a un peu au delà du milieu, une dent assez saillante; il est faible- ment échancré antérieurement, coupé carrément à la base, et couvert de rugosités très-profondes, séparées dans le mi- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ^S? Heu par un large espace carré, finement pointillé et luisant. Ecusson grand , arrondi postérieurement, couvert d'une ponctuation très fine, excavé au milieu. Elytres d'un brun ferrugineux, en ovale allongé, arrondies au bout, mu- nies au bord suturai d'une petite épine à peine distincte ; elles se dilatent beaucoup à partir des angles huméraux, se rétrécissent insensiblement du milieu à l'extrémité, sont fortement chagrinées à la base, et couvertes dans toute leur longueur de petites stries transversales sinueuses : on aper- çoit en outre, quatre lignes longitudinales très-faiblement indiquées, qui n'atteignent pas l'extrémité et dont la plus saillante longe le bord extérieur. Pattes fortes. Cuisses an- térieures couvertes de rugosités très-profondes , les inter- médiaires et les postérieures lisses. Jambes munies d'une double rangée de fortes épines. Dessous du corps d'un brun foncé-, poitrine entièrement dépourvue de pubescence quel- conque. Sur chaque bord latéral des segments abdominaux, on voit une large impression ovale. Dernier segment échan- cré , bordé dans cette partie de poils raidcs et fauves (mâle). Cette espèce, qui se trouve en Bolivie, m'a été communi- quée par M. Guérin-Méneville. DEUXIÈME DIVISION. Contenant les espèces dont les antennes sont moins Ion giies que le corps dans les deux sexes. 4. Ctenoscelis ACA.INTHOPUS Serville, Ann. de la Soc. ent. de France, 1'" Série, t. i, p. 135. Prionus acanthopus, Germ. Ins. spec, nov. col., t. i., p. 467. n. G15. Femelle. Du Brésil. Ctenoscelis. dentipes. Dcj. Cal. troisième édition, p. 341. Long. GO à 95 mill, Knlièrcmenl d'un brun noirâtre on dessus. Tète allongée. 238 ANNALES ayant entre les yeux un sillon assez profond et quelques ru- gosités irrégulières et luisantes. Mandibules ponctuées, dentées intérieurement. Palpes ferrugineux. Antennes d'un tiers moins longues que le corps, luisantes et faiblement ponctuées. Yeux grands, ovales, distants du bord du corse- let. Celui-ci, du double plus large que long, crénelé sur les bords latéraux, échancré antérieurement et à la base, fine- ment et uniformément granulé en dessus, avec de chaque côté une plaque triangulaire, luisante, fortement ponctuée, et deux petites lignes, l'une oblique et l'autre longitudinale, ponctuées également. Ecusson arrondi au bout, entièrement couvert de granulations très-fines. Elytresen ovale allongé, arrondies au bout, munies au bord suturai d'une très-petite épine ; elles se dilatent un peu à partir des angles huméraux, et se rétrécissent insensiblement du milieu à l'extrémité ; elles sont moins fortement chagrinées à la basequedans les espèces précédentes, et n'ont guère de stries transversales que sur le bord de la suture et dans les deux premierstiers de leur longueur seulement. Dessous du corps et pattes d'un brun marron. Cuisses finement ponctuées. Jambes mu- nies d'une double rangée d'épines. Poitrine couverte de poils fauves. Dernier segment abdominal échancré au bout et velu dans cette partie (màlel La femelle a le corselet plus convexe, coupé presque car- rément à la base; il est entièrement couvert de rugosités très ■ profondes; les angles sont obtus, et l'on voit, un peu au- delà du milieu de chacun des bords latéf-aux, une dent as- sez saillante. Cet insecte se trouve au Brésil où il ne paraît pas rare, il varie beaucoup pour la taille et la couleur. Je possède un mâle qui est entièrement ferrugineux, J'avais cru pouvoir rattacher une cinquième espèce à ce genre, le Prionus iuberrulalus d'Olivier, ainsi que l'a fait DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE 2 9 M. Serville. Mais en l'examinant avec soin, j'ai reconiiu qu'elle en diffère essentiellement par la longueur du pre- mier article des antennes, par la forme du corsolet qui est épineu:: • ' angles postériejrs, par celle des élytresqui sont allon;v es et presque parallèles, par les jambes qui sont munies du^o triple rangée d'épines, et enlin par le dernici segment abi'ominal qui n'est pas écliancré dans le màlc. Cette espèce doit donc évidemment rentrer dans mon genre Mecosarthron publié en 1840, dans le Magasin de zoologie On en jugera par la description suivante : Mecosarthron tuberculatus. Ctenoscelis tuherculatus^ Serville Ann.de la Soc enluiu. di' France, P" Série, t. i. p. 135. Prionus tubcrculatits. Oliv. Entom., t. iv, p, 20, n. fS. pi. VI, (ig. 22. Femelle Long. "5 niill. D'un brun rougeàtre jusques et y compris la base dos élytres, qui, à partir de là, sont d'un jaune fauve. Tête mé • diocrement allongée, finement pointillée, ayant entre les yeux un sillon assez profond et quelques gros points en- foncés. Mandibules ponctuées, dentées intérieurement. Palpes ferrugineux. Antennes moins longues d'un tiers que le corps, luisantes et faiblemen» ponctuées. Yeux assez grands, ovales, distants du bord du corselet. Celui-ci, du double plus large que long, échancré antérieurement, cié- nelé sur les bords latéraux, est couvert d'une ponctuation très-fine à peine visible à l'œil ; les angles antérieurs sont arrondis, les postérieurs coupés obliquement et terminés en pointe; il a de chaque côté, une plaque triangulaire, lui- sante, fortement ponctuée, et deux petites lignes ponctuées iiO ANNALES également, l'une longitudinale, l'autre oblique. Ecusson assez grand, arrondi au bout, avec de gros points enfoncés ça et là. Elytres parallèles, allongées, rebordées, coupées carrément à la base, arrondies à l'extrémité et munies au bord suturai d'une épine très-distincte. Elles se dilatent à peine à partir des angles huméraux, sont fortement chagri- nées à la base, et couvertes de petites stries irrégulières à peine distinctes. Cuisses ponctuées, épineuses en dessous. Jambes armées d'une triple rangée d'épines. Poitrine cou- verte d'un duvet soyeux et court. Dernier segment abdomi- nal bordé de poils fauves, mais nullement échancré (mâle). La femelle ne diffère que par la forme du corselet qui est plus étroit, surtout antérieurement, plus fortement crénelé sur les bords latéraux, et entièrement couvert de gros tu- bercules luisants. Cette espèce se trouve à Cayenne, où elle parait être fort rare. Je n'en possède qu'une femelle, le mâle qui m'a servi pour la description qui précède, appartient à la collection de M. Reiche. Explication de la. planche IX. 1. Ctenoscelis dyrrachus. Buq- représenté de grandeur naturelle. 2. Ctenoscelis viaiisithous. Buq. Tête et corselet. i)E LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 24 î \\\VV\V\V\.VVV\V vX-X V\X VV>it.^'V\\% VVVVVV VV« VVVVVVVVV iV^ VVV VVV VVXAVV V\\VX^VVVVV\ VVVVVVVVVVVV^'VV NOTE SUR LE GENRE CalyptoMum Par M. le docteur Ch. AUBÉ. (Séance du 2 Août 1845.) Parmi les Coléoptères, il est des genres qui depuis nombre d'années font partie du domaine de la science, quoiqu'ils ne soient pas enregistrés dans ses annales; leurs caractères n'ayant été publiés nulle part : le genre Calyptobium est de ce nombre. Ce nom a été assigné par M. Antonio Yilla, à un très-petit Coléoptère qui se trouve abondamment aux environs de Milan. Pendant très-longtemps , cet insecte a constitué le genre à lui seul. Plus tard, M. Kunze en a ren- contré une autre espèce dans des champignons venant du Brésil. Ces dernières années, M. le marquis de la Ferté-Sé- nectère en faisant, près de Chinon, des recherches dans du fumier de couches à melons, en a trouvé une troisième que j'ai moi même prise l'an passé en très-grande abondance dans le fumier d'une bergerie aux environs de Chàteauroux. Feu M. Langeland l'a également prise près de Paris, et aussi dans le fumier d'une bergerie ; et enfin M. Melly a rapporté de son dernier voyage en Sicjle une quatrième espèce de ce genre. 242 ANIVALKS Ayant à ma disposition les quatre insectes qui constituent ce petit groupe, je m'empresse d'en donner une monogra- phie. Calyptobium. Maxillœ malis interiore et exteriore œqualibus , hœc apice villosa, illa interne spinulis ciliata. Mentum latè emarginatum, vix medio obtusissimè pro- ductum. Ligula brevis, rotundata, intégra ; paraglossis nullis Palpis ma^i//ans quadriarticulali;arliculo ultimo majore. Palpi labiales triarticulati, articulo intermedio majore. Tarsi triarticulati, unguiculis duobus aequalibus. yintennœ undecim-articuialse. Corps très-petit, oblong. Tête peu saillante, enfoncée jus- qu'aux yeux dans le corselet. Yeux petits et granuleux. La- bre arrondi en entier. Epistome coupé carrément. Mandi- bules assez robustes, légèrement dentées et garnies en de- dans d'un appendice membraneux, cilié. Les deux divisions des mâchoires sont égales et allongées , l'interne plus étroite et garnie en dedans de petites soies épineuses ; l'externe est ciliée â son extrémité. Palpes maxillaires de quatre ar- ticles: le premier très-petit, le deuxième et troisième à peu près égaux, le quatrième beaucoup plus fort et conoïde. Menton très-largement échancré, avec une légère saillie très obtuse au milieu. Languette courte, arrondie. Para- glosses nulles. Palpes labiaux de trois articles; le premier extrêmement petit, à peine perceptible, ledeuxième très-gros, presque globuleux; le troisième un peu plus petit et conoïde. Antennes de onze articles; les deux premiers plus forts que les sept] suivants ; le neuvième un peu plus large que les précédents ; les deux derniers plus gros et formant la mas- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 243 sue. Ecusson arrondi. Elylres allongées recouvrant des ailes propres au vol. Tarses de trois articles; les deux premiers petits, égaux entre eux; le troisième aussi long que les deux précédents réunis. Crochets égaux. 1. CaLYPTOBIUM VlLLiE. PI. X, NM, fig. 1. Teslaceum, thotace poslicè lincis duabus transi^ersis, sulco longiludinoli utrinque conjunctis impresso. Long. 1 milI.Larg. 1/4 mili. Corps allongé, légèrement déprimé et entièrement les- tacé. Tête petite et arrondie. Corselet un peu plus long que large, plus large en avant qu'en arrière, où il est coupé carrément; les côtés arrondis en avant se redressent en arrière pour tomber presque carrément sur la base; il est marqué en dessus et en arrière, de deux lignes transversales enfoncées, l'antérieure moins profonde; ces deux lignes sont réunies entre elles de chaque côté par un sillon longitudinal assez fortement enfoncé, qui, partant de la base, remonte jusqu'au tiers environ de sa longueur. Elytres ovalaires et marquées de chaque côté de la suture d'une strie à peine sentie et qui s'efface vers l'extrémité. A l'aide d'un très-fort grossissement, il paraît couvert d'une ponctuation très-fine et assez serrée, ainsi que toutes les espèces qui, aujourd'hui constituent ce genre. Il se trouve très abondamment aux environs de Milan, où il a été découvert par M. Antonio Villa, mais je ne sais dans quelles conditions. 244 ANNALES 2. Calyptobium caularom. Pl.x, N". I, fig. 2, et de 5 à 10. Testaceum , thorace posticè triimpresso, foveola média majore. Long. 8/10 mill. Larg. 1/4 mill. Corps allongé, légèrement déprimé et entièrement tes- lacé. Tôte petite et arrondie. Corselet à peine plus long que large, plus large en avant qu'en arrière, où il est très-ré- tréci et coupé carrément; les côtés fortement arrondis en avant, se redressent en arrière pour tomber carrément sur la base ; il est marqué en dessus et en arrière de trois im - pressions assez profondes-, une placée de chaque côté vers l'angle postérieur et la troisième un peu plus grande entre les deux autres et un peu plus en avant; cette dernière est irrégulièrement triangulaire. Elytres ovalaires et marquées de chaque côté de la suture d'une strie à peine sentie et qui s'efface vers l'extrémité. 11 ressemble beaucoup au précédent, mais il est généra- lement plus petit, son corselet est un peu plus court, plus rétréci en arrière; mais ce qui le distingue surtout, ce sont les impressions du corselet qui sont toutes différentes. Cet insecte a été découvert par M. le marquis de la Ferté- Sénectère dans le fumier dos couches à melons, et il me l'a envoyé sous le nom de Calyptobium Auhei, nom que je n'ai pas cru devoir conserver en en donnant moi-même la description ; il se rencontre aussi assez fréquemment dans les bergeries. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQL-E. 245 3. Calyptobium Kunzei. PI. X, NM, fig. 4. Testaceum, thoracc posticè lineis duabiis transversis fo- veola latcrali, utrinque conjunclis sulcoque îongitudinali an- ticè posticèque abbreviato impresso. Long. 1 mill. Larg. 1/4 mill. Corps allongé, légèrement déprimé et entièrement testacé. Tète petite, arrondie. Corselet â peine aussi long que large; plus large en avant qu'en arrière, où il est rétréci et coupé carrément; les côtés arrondis en avant, se redressent en ar- rière pour tomber carrément sur la base; il est marqué en dessus et en arrière de deux lignes transversales enfoncées, réunies entre elles de chaque côtés par une fossette assez grande-, il offre, en outre, sur son disque, un petit sillon abbrégé en avant et en arrière. Elytres ovalaires et marquées de chaque côté de la suture d'une strie à peine sentie et qui s'efface vers l'extrémité. Cet insecte a été trouvé par M. Kunze dans des Champi- gnons venant du Brésil. Tous les exemplaires étaient vi- vants, CG qui nous laisse quelque doute sur sa patrie. Peut- être appartient-il à l'Europe ? Nous engageons vivement M. Kunze à faire des recherches dans les fumiers chauds, soit des couches, soit des étables ou bergeries, ou enfin dans les réchauds des serres chaudes. Ce qui nous a déterminés à faire cette observation, c'est que M. Reiche possède dans sa collection un Calyptobium qu'il a trouvé dans une boite d'insectes du Sénégal, et qui n'est autre que notre Calypt. caularum. 246 ANNALES Cet insecte dont je n'ai vu qu'un seul exemplaire, appar- tient à M. Reiche qui l'a reçu sous le nom d'impressum. J'ai cru devoir en changer le nom qui est inédit et le dédier à M. Kunze auquel la science est redevable d'un si grand nombre de découvertes en entomologie microscopique. 4. Calyptobium nigrum PI. X, N». I, fig. 3. Nigro-piceum ; ore^ antennis et pedibus testaceis ; thoracis jbasi depressa; tuberculis duobus latis, carinula longitudinali vix disjunctis. Long. 1 mill. Larg. 1/4 mill. Corps allongé, légèrement déprimé et noir de poix. Tête petite, arrondie ; bouche et antennes testacées. Corselet un peu plus long que large ; plus large en avant qu'en arrière, où il est rétréci et coupé carrément; les côtés arrondis en avant, se redressent en arrière pour tomber carrément sur la base, qui est déprimée assez fortement et offre dans son milieu deux petits tubercules transversaux à peine séparés l'un de l'autre par une petite carène peu sensible. Elytres ovalaires et marquées de chaque côté de la suture d'une petite strie à peine sentie et qui s'efface vers l'extrémité. J'ai reçu cet insecte de M. Chevrier de Genève, sous le nom que je lui ai conservé; il le tenait lui-même de M. Melly, qui l'a trouvé en Sicile. Je ne sais rien sur son mode d'existence. Le genre Calyptobium paraît se rapprocher beaucoup dans son organisation buccale du genre Monopis de Zie- gler (1); mais il s'en éloigne par la structure de ses tarses (i) Genre inctlii et fondé sur le Hypophlœus bnmneiis de Gyl. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 247 qui sont Inarticulés, tandis qu'ils ont quatre articles dans le Monopis. Nous avouons que la place à assigner au Calypto- bium nous paraît incertaine; peut-être serait-il convenable de le réunir aux Trimères de Latreille et de lui faire suivre immédiatement le CholovoccraÙQM. Victor Motschoulsky? Explication du N. /, de la planche X. 1. Calyptohium Fillœ fortement grossi. 2. — caularum, id. 3. — nigrum, id. 4. — Kunzei, id. 5. Labre et epistôme du Calyptohium caularum. 6. Menton, languette et palpe labial. 7. Mâchoire et palpe maxillaire. 8. Mandibule. 9. Antenne. 10. Patte. ANNALES DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE 249 DESCRIPTION DE LA CHENILLE DE LA Gnophos vauegata. Par M. Théophile BRUAND. ( Séance du 6 Septembre 184ô. ) La couleur générale de la chenille est d'un gris lilas très- clair, blanchâtre par endroits : la peau au lieu d'être ru- gueuse , comme chez ses congénères, est toute couverte d'aspérités d'où [)artent quelques poils courts et assez gros- peu distincts a l'œil nu. Mais, ce qui donne surtout à cette espèce un aspect très- singulier et un faciès tout différent de celui des autres che- nilles du même genre , ce sont les quatre éminences char- nues qui surmontent la partie dorsale des cinquième, sixième, septième et huitième anneaux. Ces protubérances, couvertes d'aspérités plus visibles que celles du reste du corps, sont placées au commencement des anneaux : en ar- rière, on remarque deux petits points saillants ; plus bas, sur le coté , deux autres points saillants et contigus : puis enfin, au dessous de ces deux derniers points ( qui remplacent ceux que M. Guénée nomme trapézoïdaux), on voit sur les quatrième, cinquième, sixième, septième et huitième anneaux une éminence bifide, i)lus saillante que - 1" Série, T. j, IT '-250 ANNALES les points Irapczuïdaux , mais moins (lue les proUibérances dorsales. Il existe encore sur le milieu du douzième an- neau, deux petites éminences placées de chaque côté de la vasculaire. Le clapet anal se termine par deux petites poin- tes, comme chez les autres chenilles de Gnophos. La vascu- laire, d'un gris-lilas l'once, est assez large, mais n'est guère visible que sur les quatre derniers anneaux et à peine sur les premiers. On remarque un chevron de cette même cou- leur, gris sombre bordé de blanchâtre , sur la partie dorsale en arriére des quatrième, cinquième , sixième et septième anneaux, puis une raie pareille sur la partie latérale de chaque éminence dorsale. La tôte est petite et peu distincte du premier anneau. La stigmatuie est blanchâtre, rugueuse, mince, légèrement saillante et onduleuse. On remanjue au dessous, trois points saillants sur chaque anneau. Les stig- mates sont blancs, cerclés de jaune assez intense, mais peu visibles au milieu des aspérités. On distingue sur la partie ventrale, deux petites raies grises, vacillées et peu mar- quées. La chenille se tient constamment en dessous d'une feuille, dans la position où je l'ai peinte, c'est-à-dire courbée en forme de fer à cheval. ( PI. x, n. ii, fig. 1 ). La figure 2, ( pi x, n. ii, ) représente un des anneaux in- termédiaires grossi, avec le dessin très exact. La figure 3, représente la coupe de ce môme anneau vu d'en haut, et la figure 4, la léte et les trois premiers anneaux grossis. Cette chenille passe l'hiver comme ses congénères Gn. f/Zati- cinata eipuUata', je l'ai trouvée presque à sa grosseur, les [)remiers jours d'avril, contre les murs des remparts de Be- sançon, dans un endroit exposé au midi, mais ombragé par quelques plantes et broussailles. Elle se tenait en dessous d'une feuille de Ferbasciim lychnitis qu'elle avait mangée en plusieurs endroits ; d'autres pieds de cette plante avaient DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 251 été rongés également par d'autres chenilles, qui probable- ment s'étaient déjà chrysalidées. Cependant je pense que le Ferhascum n'est pas leur seule nourriture, car il n'en existe pas dans une localité où je prends ordinairement l'insecte parfait. La chenille que j'ai recueillie s'est chrysalidée dans les premiers jours de mai ; elle avait filé une légère enveloppe de soie contre la paroi du vase. La chrysalide, ( pi. x, n. ii, fig. 5) est d'un noir intense, luisant, l'enveloppe des anten- nes et des pattes dépasse de deux millimètres celle des ai- les. Un fil de soie qui part d'une petite pointe qui existe à l'anus sert à assujettir cette chrysahde dans le léger tissu qui l'entoure. Le papillon est éclos le 23 Juin. J'en ai pris trois exemplaires tant ce jour là que le 20 et le 21 du même mois. Il donne ordinairement un peu plus tôt. Explication des figures du N. II, de la planche X, 1. Chenille de la Gnuphos variegaïa. 2. Anneau grossi et trôs'Cxact 3. Coupe d'un anneau grossi. 4. Tète et trois premiers anneaux grossis. 5. Chrysalide de la môme'espôce. ANNALES DE LA SOCIETE ENTOIOLOGIQLE 2j3 NOTE SUR LA. COMPOSITION SEG]V1E^TA1RE DE QUELQUES LA.UVES DE COLÉOPTÈRES. l'ai .VI. LÉO.N DlJFOUR. (Séance du ii Juillet IMô.) L'A lecture li'un écrit de notre collègue M. Guureau , sui les rnelaniorphoses de VAyrilus biguttatus^ (Ann. de la Soc. ciiL, premier trimestre 1843), écrit où je suis mis en cause, m'a suggéré l'idée de publier par anticipation quelques aperçus sur le nombre et la dénomination des segments con- stitutifs des larves de plusieurs Coléoptères. Cet observateur a contrôlé ma manière d'envisager cette structure, et dans un double intérêt de science et de personne, je ne devais pas laisser cet article sans réfutation. Indépendamment de mes publications sur les métamor- phoses et l'anatomie des insectes, j'ai en réserve une noassc assez considérable de faits qui n'attendent pour être coor- donnés et pour voir le jour, que de recevoir le sceau de constatations coniirmatives ou de généralisations mieux élaborées. levais exhumer quelques uns de ces faits pour défendre les dénominations incriminées. Justilions d'abord le nom d'hcmicéphalées donné par moi ij plusieurs larves, notamment à celles des Bupreslidcs 254 ANNALES Longicorries, etc ; car le procès sera en grande partie jugé par cette explication. Oui, la tête de ces larves est enfoncée non seulement à moitié, mais mei3>saux trois quarts dans l'intérieur du premier segment thoracique ou prothorax, qui à cet efîeta souvent un grand développement et en impose, en a imposé à M. Guureau pour une tête. Remarquez qu'il ne s'agit pas ici de ces têtes rétractiles ou protractiies qui peuvent sortir ou rentrer au gré de l'animal. Il y a dans nos larves hémicéphalées, impossibilité de mettre à découvert la région occipitale du crâne. Le bord antérieur de celui-ci, précédé de l'épistome, du labre et des mandibules, est seul en évidence. En arrière de cette lisière, vous trouvez la tête étroitement fixée au moyen de productions organiques, de ligaments fibreux, au bord antérieur du prothorax. Vous allez voir comme cette disposition est admirablement adap- tée au genre de vie des larves lignivores, apodes, molles et tendres des Buprestides. Leur tête, la seule partie qui agit avec quelque énergie, est organisée pour déchirer, râper, la fibre ligneuse qui doit servir d'aliment, et pour faciliter, avec l'auxiliaire des faibles contractions du corps, une loco- motion obscure dans les galeries. La nature a , pour cela, armé leur bouche de mandibules robustes, dures, pointues et tranchantes. Elle a garni toute cette partie du crâne in- cluse dans le prothorax de muscles puissans qui président aux attributions physiologiques dont je viens de parler. Que M. Goureau porte le scalpel dans ce qu'il prend à tort pour la tête de la larve de VJgritus, ou mieux qu'il fasse, avec bien plus de facilité, cette opération sur la gigantesque larve de V Hammaticherus héros, et il trouvera au dessous du tégument qu'il croit crânien, la portion invaginée de la véritable, de la légitime tète. Il pourra suivre la continuité de celte portion avec la lisière antérieure que j'ai signalée plus haut. Ainsi la tête des larves en question est en grande DE LA SOCiETI' ENTOMOLOGroiE. o-vn partie fixée inanwviblcmcut dans le prutlwrax (jui lui sert (le capsule, et elle n'est visible à rextéricur que par une bordure antérieure plus ou moins étroite. C'est là un fait positif, matériel, anatomique. La prétendue tôte de M. Gou- reau n'est que le prothorax. Experto crede Roherto. Je vais changer maintenant mon rôle d'accusé en celui d'accusateur; l'intérêt de la vérité m'en fait une loi. M. CfOurcau avance que dans sa larve et dans celles des autres Coléoptères : les anneaux extrêmes du thorax portent cha- cun une paire de stigmates. Erreur, erreur flagrante I Qu'il daigne jeter un coup d'œil explorateur sur la larve préci- tée de V H ammalicherus , sur celles do bonne taille, du Ca- rabus, du Melolontha, de VOryctes, du Lucanus^ clc : qu'ii parcoure la série des larves représentées dans le bel ouvrage de M. Ratzcburg, et il se convaincra qu'il n'existe réelle- ment qu'wnc seule paire de stigmates pour les trois segments lhoraci(iues de ces larves, et que ce stigmate ordinairement plus grand que les autres est placé, soit uniquement sur le prothorax comme dans les Lamellicornes, soit dans la ligne d'union du prothorax avec le mésothorax, comme dans les Buprestides, les Longicornes. Les huit paires suivantes sont toutes abdominales, ce qui fait les neuf paires admises gé- néralement. J'ai eu le soin dans la figure du Chrysohothris citée par M. Goureau de représenter isolément les stigma- tes de ce lîuprestide de manière à indiquer leur position respective, et ceile-ci confirme mon assertion actuelle. Ce témoignage, quoi qu'il me soit personnel, m'a paru pouvoir être invoqué dans le présent débat à cause de sa date de trois ans. Il est d'ailleurs en accord parfait avec deux figures de M. Ratzeburg, relatives l'une à la larve du Bupr. nociva, espèce (W/f/rilus voisine du viridh-^ l'autre à celle du Ihipr fagi (jui a la plus grande analogie avec celle du Cfuijso l>ni/iri^'^ ii l'est aussi avec la figure de la larve de \' tgrilu^ 25^ ANNALES viridis publiée par M. Aube et pareillement citée par M- Goureau. Le mésothorax et le meta thorax sont dépourvus de stigmates i c'est là une vérité inconteslable. J'ai de puissantes raisons de penser qi.e la loupe de M. Goureau l'aura induit en erreur lorsqu'il a placé le stigmate thoracique au milieu du bord latéral de la région dorsale du segment qu'il appelle à tort prolhorax et qui est positive- ment le mésothorax. Errare humanum est, et je le supplie de soumettre de nouveau à la lentille amplifiante, les seg- ments thoraciques de sa larve. Il pourra s'assurer que dans la position normale de ces segments, telle n'est pas l'inser- tion du stigmate qui nous occupe. Cet ostiole respiratoire est tout à-fait invisible en examinant la larve par le dos. Aussi n'a-t-il pas été exprimé et ne pouvait-il pas l'être dans les figures de MM. Ratzeburg et Aube non plus que dans la mienne. i-C'est, je le répète, sur la membrane qui unit latéralement le prolhorax et le mésothorax qu'il faut chercher ce stigmate et qu'il le trouvera. De cette double erreur ou inadvertance, il en est résulté une troisième dans la supputation des segments de la larve faite par M. Goureau. Il n'attribue à celle-ci que douze seg- ments, la tête non comprise et j'en trouve treize avec MM. Ratzeburg et Aube. Son pinceau a même donné un démenti à sa plume, car il a fidèlement représenté sur ce point la nature. Je suis donc autorisé à répéter avec M. Goureau, mais non contre moi, que cette question ne manque pas d'intérêt puisqu'il ne s'agit de rien moins que de prendre la tête d'un animal pour sa poitrine ou réciproquement. (Annal, citi pag. 28). DE LA SOCIETE ENT(»10L0G1QUË. -Ibl RÉPONSE A LA. NOTE INTITULÉE : DE LA COMPOSITION SEGMENTAIRE DE QUELQUES LARVES DE COLÉOPTÈKES. Par M. GOUREAU. ( Séance du 6 Septembre 1845. ) Le mémoire sur la composition segmentaire de quelques larves de Coléoptères, communiqué à la Société entomolo- gique par notre savant collègue M. Léon Dufour, se divise en deux parties distinctes. La première a pour but d'établir la classe des larves hémicéphalées; la seconde de relever des erreurs qui existent dans une note sur l'histoire de VA- grilus biyuitatus, publiée dans les Annales de la Société pour 184l;i. Dans la première partie, le célèbre entomologiste de Saint-Séver, annonce la prochaine publication d'un tra- vail sur les larves hémicéphalées dont il ne donne qu'un fragment dans la note communiquée à la Société entomolo- gique. Ce travail, on n'en saurait douter, établira d'une ma- nière certaine les principes avancés par l'auteur, et sera un nouveau service rendu à la science qui lui est déjà redeva- ble d'un si grand nombre de belles découvertes. Je n'ai rien à dire sur cette première partie. Quant à la seconde, j'essayerai de justifier ce que j'ai avancé dans le mémoire sur VAijrHus higuttatus. 258 ANNALES Les crrCurs contenues dans ce mémoire sont au nombii; de trois. La première est renfermée dans celte proposition, savoir : « que dans les larves des Coléoptères, les anneaux ex- trêmes du thorax portent chacun une paire de stigmates, et que le mésothorax est privé de cette bouche respiratoire. » Cette proposition n'est pas de moi relie est contenue dans les ouvrages d'entomologie les plus répandus. ( Voyez La- treille, Rtgne animal de Cuvier, t. iv, p. 293-304. De Cas- telnau et Brullé, Histoire naturelle des insectes, introduc- tion, p. XXIX. Lacordaire, Introduction à r entomologie, t. i[, p. 97. ) Tous ces auteurs sont d'accord pour placer la première paiie de stigmates sur le prothorax. Latreille dit que les deux anneaux suivants sont privés de ces ouvertu- res; mais que l'on peut regarder la première paire abdomi- nale comme une dépendance du thorax. MM. Brullé et La- cordaire s'expriment clairement et disent qu'il y a deux paires de stigmates sur le thorax, et que cette partie de la larve se reconnaît à la position de ces deux paires de bou- ches respiratoires. Je n'ai donc fait autre chose que de rap- porter l'opinion des entomologistes et de l'exprimer à peu près dans les mêmes termes dont ils se sont servis. La vérité serait, d'après le mémoire que j'examine.- « Qu'il n'existe réellement qu'une paire de gtigmales sur les trois anneaux thoraciques, et que ce stigmate, ordinai- rement plus grand que les autres est placé, soit uniquement sur le prothorax, comme dans les Lamellicornes, soit dans la ligne d'union du prothorax avec le mésothorax , comme dans les Buprestides, les Longicornes, etc. > Je ne conteste pas l'existence d'une seule pairede stigmates sur le thorax des larves de Coléoptères; j'ai pu la vérifier sur plusieurs larves pourvues de pattes ambulatoires et dont les anneaux thoraciques sont faciles à reconnaître ^ mais je ne voudrais pas alïlrmer que c'est là une règle générale» DE LA SOCIETE ENTOMO LOGIQUE. 259 dans la crainte do conclure du particulier au général , ce qui est une source d'erreurs en entomologie ; je fais seu- lement observer que la situation de cette paire de stigmates sur les larves de Longicornes ne me paraît pas conforme à celle indiquée par M. Léon Dufour dans Thistoire du Steno- corus inquisitor. (Annales de la Société entom. t. ix, p. 63). Ces stigmates sont placés entre la tète et le prothorax, ainsi que l'indiquent le texte et la figure qui s'y rapporte; c'est- à-dire, qu'ils sont sur le prothorax. Cet exemple, joint aux expressions formelles de MM. Brullé et Lacordaire,. et à l'o- pinion de Latreille qui regardait la première paire de stig- mates de l'abdomen comme une dépendance du métathorax, ont été cause de la première erreur signalée. Si M. Léon Dufour et les auteurs que j'ai cités étaient appelés à montrer la première paire de stigmates sur une larve de Longicorne ou de Buprestide , ils mettraient le doigt sur le môme point ; mais pour l'un, ce point appartient au mesothorax, pour les autres il appartient au prothorax. Qui est-ce qui a raison ? C'est ce que l'on pourra dire lors- que le mémoire annoncé par le savant entomologiste des Landes aura paru. Quant à moi, je crois m'ètre exprimé con- formément à l'état de la science au moment où j'écrivais, et avec la convenance et le respect qui sont dus à un savant dont les travaux illustrent la France et que je me plais à re- connaître pour mon maître. La seconde erreur est: « d'avoir placé le stigmate thoraci- que au milieu du bord latéral du segment qu'il prend, à tort, pour le prothorax C'est sur la membrane qui unit laté- ralement le prothorax au mésothorax qu'il faut chercher ce stigmate C'est là une vérité incontestable. » Je réponds en présentant une ligure de la larve de 1'^^- fjrilus biguttatus vue de côté, sur laquelle les stigmates sont placés avec soin. Celte larve est bien conservée et les seg- 200 ANNALES nienls sont dans lour position normale. Ces stigmates mci paraissent enveloppés d'un cercle écailleux,ctpar conséquent de ceux qu'on appelle péritrômes. Leur position est bien celle que j'ai voulu leur donner dans la note sur VJgrilus en question, c'est-à-dire, au milieu du bord latéral de l'an- neau et sur le trait même qui délimite cet anneau. Si les larves des Bup. fngi et Bup. nociva de M. Ratze- burg, et /4gr%lus viridis de M. le docteur Aube, citées par M. Léon Dul'our comme preuves de son assertion, ne pré- sentent aucun stigmate sur le deuxième segment, il faut, ou que les stigmates soient autrement distribués sur ces larves qu'ils le sont sur celles do VJgrilus biguttatus, ou que ces larves ne soient pas lidèlemcnt représentées. Je soupçonne celle de VAgrilus viridis d'être dans ce cas; car elle porte neuf paires consécutives de stigmates sur l'abdo- men dont une paire sur l'avant dernier segment , lequel en est privé dans !e biyuttatus. Il pourrait bien se faire que cette paire extrême dût être supprimée et reportée sur le deuxième segment qui en est nécessairement privé dans l'état actuel, sans quoi il y aurait vingt stigmates sur la larve, ce qui ne peut pas être. Je ne puis rien dire des figures données par M. Ratze- burg que je ne connais pas, si ce n'est qu'une larve que je possède et qui a une grande ressemblance avec celle du Chrysobothris chrysostigma,el par conséquent avec celle du Bup.fdgi, a sa paire de stigmates antérieurs placée sur les côtés du deuxième anneau, un peu au dessous du bord laté- ral; elle n'est pas sur la membrane qui réunit cet anneau au précédent à moins d'un déplacement considérable causé par la dessication. Je suis porté à croire, d'après ce qui précède, que la posi- tion de la première paire de stigmates n'est pas la même sur les larves des difïérents genres do la famille des Bupres- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUK. 261 tides, et que sur celles du genre Açjrilus, loin d'occuper in- contestablement la position indiquée dans le mémoire, cette paire de stigmates occupe certiiinement celle que je lui ai assignée. La troisième erreur consiste dans une fausse supputation du nombre des segments de la larve. « Il lui attribue douze segments la léte non C()mi)risc, et j'en tro ive treize avec MM. Aube et Ralzeburg. Son pinceau a môme donné un dé- menti à sa plume*, car il a tidèlenn^nt représenté sur ce point la nature. » J'ai exposé précédeuinient comment, d'après l'autorité de MIM. Lafreille, Brullé, Lacordaire et Léon Dufour même, j'ai pris pour protborax le segment sur lequel se trouve la première paire de stigmates : dès lors il était de toute né- cessité de regarder l'anneau précédent comme la tôtede l'in- secte. Agirautrement aurait pu Sîuiver une faute d'entomolo- gie, mais c'en aurait été une très-grave de logique. Quant au désaccord qui existe entre le texte du mémoire, en ce qui concerne la description de la lafve et le dessin qui s'y rapporte, je renvoie pour toute réponse à un examen atten- tif de ce texte et de ce dessin; on verra dans l'un comme sur l'autre, douze segments sans compter la tèle, que j'ai supposéeètrelegrosanneau, et qui est selon le savant ento- mologiste des Landes, le prothorax et la tête recouverts en- semble par une même enveloppe. Je crois av(»ir justifié tout ce que j'ai avancé, en laissant uiiacte la question des larves hémicéphalées, et sans garan- tir la vérité de tous les faits avancés par les auteurs que j'ai cités Le mémoire promis par M. Léon Dufour viendra bien- tôt, je l'espère, dissiper les doutes qui pourraient rester sur les questions soulevées dans cette petite controverse, et nous prouver que le segment que l'on a pris jusqu'à ce jour pour la tête, est la tête et le prothorax tout ensemble. 262 ANNALES Explication des figures du V. /// de la planche X. 1. Larve de VJgrilus higuUatus vue de côté ; dessinée sur l'animal desséché. 2. Télc de la même larve vue en dessus. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 263 SPECIES 1TAL1C.1\ GKNERIS Hebotomi, RkdN., ex INSECTIS DIP- TERIS : F15AGMENTUM SRPTIMUM AD INSERVIENDAM DIPTEROLOGIAM ITALICVM. AiicioreCAMiLLO RONDANl. (Séance du 2 Août 1845. ) Genus Hehotomus pro Dipterulo molestissimo incola cen- tralis et meridionalisitalia;, anno 1840 a me institutum fuit, et in opuscule primo dipterologico Parmœ lypis tradito, evul- gatum , cui tabula annexa erat iconibus nonnuUis minus recto instructis. Anno 1841 speciem alteram generi huic pertinentem in agro parraensi collegi, qua? facilius a me cum prœcedente antea confundebatur. Anno 1843 in Diario Acadeniiœ neapolitanœ naturœ scrutatorum de altéra Hebolomi Dom. Jos. Costa locutusest, cui eam varietatem esse crédit papatasii. Ideo genus hoc meum jam tribus compositum est speciebus, dum Dipterologi recentiores, vix irienio exacto , nomen earum cognoscebant. Libcnter ideo de Hebotomo iterum loquar, ut cognoscantur, ci melius, species islas italicasquibus genus constitulum est, autnovas 2(i4 ANNALES autsaltem nuper reperlas et observatas-, quod ut obtinea- îur, repelendfc sunt descriptiones typicae speciei, et generis «tfariiiliac quibus pertinent ; addenda est diagnosis speciei nondum descriptae, nec non illius varietatem credilœ papa- tasii-^ et icônes precisione destitutae renovanda? sunt, uti nunc et sic facio. Tribus lY TIPULID^, Rndn. V, opus m, Dipterol. Nemoccra, Lalr. Mac. etc. Fam. X HEBOTOMIN^, Rndn. Char, famil. Antennœ vix corpore breviores, pilosae, pilis breviusculis, baud verticillatis, densis in utroquesexu. Caput antice productum rictiforme. Proboscis elongata; crassa rictu longior. Oculi integri, distantes in utroquesexu. Ocelb nulii. Palpi articulis quatuor compositi, duobus pri- mis erectis aut proboscidi parallelis, tertio et extremo pen- deulibus, ultimo flexili , prsecedentibus sejunctim longiore. Appendices copulatoriœ marium valdè elongatae, supernae articulatœ, etc. V. Icon. 1-2. Genus Hebotomus, Rndn. Bihio. Scop. Musca, Gmel. Cyniphcs, J. Costa. Char, gêner. Antennarum articulus primus cybndricus, secundus orbicularis major, scquentes hneares 14? parum, apicisdistincti, breviores. Palpi articulis duobus primis,lon- giludine œquales, subcylindrici, tertio breviore, quarto prœcedentibus sejunctim longiore et paulô exiliore. Alarum vense decem externœ; prima brevis apicesecundœ conjuncta, quarta et quinta basi tertia) conuexœ,ut septima octavae, nona decimœ : sexta oriens ex vena transversa, flexaque DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 265 tertiîB et oclavae innititur non longé a bas» alaium. V. Icon. 1-3. Species A Palporum articulus ultimus iongiludine prœce- dentum conjunctim vix miner. B. Appendices copulatoriiT (mariuni) superiores spinulis brevissimis terminantibus, et calcaribus duobus exilibus intùs prœditso. — Sp. 1 . H. papa- tasii, Scop. BB. Appendices copulatoriai superiores spiiiis lon- gissimis apice instructee, calcaribus interioribus indisiinctis. — Sp. 2. //. minulus, mihi. AA. Palporum articulus ultimus lungitudine vix major prœcedentium sejunctim. — Sp. 3. //. tno- lestus, J. Costa. Sp. 1. H. papatasii. Scop. del Fauna , etc. — Musca papa^- tasii, Gmel. in Linneo. — Hehotomus papatasii, Rndn., memoria prima, etc. Longitudo, 2 mill. Lutescentc-luridus , oculis nigris. Corpus totum est alai longé et dense pilosum. Appendices copulatoria; '^ superio- res spinulis quatuor brevissimis apice instructic, et in me- dietate apicali intùs calcaribus duobus exilibus pra3dit2e : inferiores paulô recurvalœ, apice acuminatœ : intermedia." breviores dente interiori et apice acuminatis. V. Icon. 2. Habitat in Italia centrali. Sp. 2. //. minulus, Rndn. (sp. nov.). Longitudo, 1 1/3 mill. Cinercscens oculis nigris, est praîcedens pilosissimus Appendices copulatori» supcriores spinulis quatuor longis- 2'- Série, T. i. 18 266 ANNALES simis terminanlibus; intermediœ et inferiores apice haud acuminatœ, sed rotundatosubdilatatae (prœsertim interme- dise). Calcaria interiora indistincta in appendicibus superio- ribus. Dens superior intermediarum haud acuminatus. V. Icon. 5. Habitat in planitia parmensi propè Padana. Sp, 3. H. molestus, J. Costa. — Cyniphus molesta, J. Costa. Annali degli aspiranti etc. SimWis papatasio, tamendistinctissimus, articule extrenfio palporum longitudineprsecedentibussejunctim subœquale : et appendicibus copulatoriis marium moniliformis. Habitat in regnoNeapolitano. Circa primam speciem, observationibus mei primi opus- culi addendum est : 1» eam inventam fuisse a planifie pa- îustri usque ad juga montium altiora ditionis Parmensis : 'P colorem abdominis ejusdem, obscure-sanguineum, in lœminis tantum repertum fuisse, quod docet, in génère hoc ut in aliis Haimatopotis, feminas tantum sanguinem vertebratorum hsematermorum exsugere : '6^ marem spe- cies sœpissime ad vitra fenestrarum confugere dum adves- perascit, et rarius (aeminam ; quae observatio , ni fallor, con- firmât mares ahundè cibum petere et non in domibus, quod si in iisdem reperiuntur, hoc est quia ibi facilius faeminam inveniunt : fa;minae vero ex œdibus evadunt ut ubi convenit ova emittant. Spccies secunda tecta fuit tantum in piano aquoso ad ripas Padi, in extremis mûris œdium saipissime coiiigenda sub vesperum, infrequens in interiori domorum, quare du- hifandum est an hominum sanguinem appefat ut prima , quod si faeminaî abdomine sanguine expleto inveniuntur, ille forsitan ex aliis vertebratis expectus fuit. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE 267 Speciesultimamihi invisa, tam est distinctissima a prsece- dentibus, characteribus a D. Costa enumeratis, cujus obser- vationes meritô rectas credere debemus; et cerlè variationes organicœ quae exemplaria ab ipso collecta a Parmensia distin- guant, nuUo modo diversitati topographicaeet climatisattri- buendœ. Ex hiscc causis, magnitudinis, coloris et activitatis, variationes tantum oriuntur. Figurarutn partis quartœ tabulce decimœ explicatio. 1. Caput, antenna, palpus, etc., ^e6. papatasii. 2. Organa copulatoria cf ejusdem. 3. Ala generis I/ebotomi. 4. Longitudo naturalis Heb. papatasii. 5. Organa copulatoria '^ Heb. minuti. 6. Longitudo naturalis ejusdem. ANNALES DE LA SOCIETE ENTOMOLOGÏQUE. 261) A\^tVVVt\\IVVVtVVVVN(V\VVVVVVVVVVWV\v>'\,VVVvX'VVVVVVVvVVV\'VV\'\VVVVVV yv\vwwvv\vwvvvvvww\i VX-V OBSERVATIONS SUR LES TRAVAUX QUI DEPUIS LaTREILLE ONT ÉTÉ PUBLIÉS SUR l'ordre des THYSANURES , ET PARTICULIÈREMENT SUR LA FAMILLE DES PODURELLES. Par M H. LUCAS. ( Séance dra 7 Juin lîî'lS. ) Messieurs , Ayant été chargé par notre président, M. Miine Edwards, de faire l'analyse d'un^travail ayant pour titre : Mémoiresur lesPodurelles(l), parMi'abbô Bourlet, nous avons penséque dansrintéretdelascience,ilctait nécessaire que nous parlas- sions avant des travaux qui déjà antérieurement avaient été publiés sur cette famille, etcette manicredevoir noussemble d'autant plus rationnelle, qu'en citant ces divers mémoires, nous ferons connaître en môme temps aux entomologistes, et le grand oubli dans lequel sont restés ces insectes, et les pro- grès que leur ont fait faire les travaux des auteurs qui de- puis Latreille ont écrit sur les Thysanures. On peut dire actuellement que tous les ordres que renferme la classe des insectes ont été plus ou moins bien étudiés par les entomo- logistes, et nous disons plusoumoinsbien parcequ'ilexisteen- corequelques groupes qui ont été négligés. On nousaccusera sans doute de témérité de parler ainsi, mais ce que nous avan- (1) Extrait des mémoires de la Société royale et centrale d'agricul- ture, sciences et arts du département du Nord, séant à Douai, années i841 et i842. 2^ Série, t. i. 19 •27 AJNNALES cons là est si vrai, que pour enlever le moindre doute à cet égard, nous citerons seulement l'ordre desTliysanures qui renferme deux(aniiiles,et qui (l'une d'elles au moins) avant les travaux de MM. Tenipletoii,Burmeister,Nicolet et l'abbé Bourlel, avaient presque été laissées par les cntoraophiles, dans un entier oubli. Malgré le peu d'intérêt que présente l'étude des animaux que Latreillc a désignés sous le nom de Tfnsanura, insectes, qui avant col entomologiste juste- ment célèbre, avaient déjà été observés par Degéer et par Fabricius, ont attiré dernièrement Tatteiition de quelques entomologistes qui ont publié sur la famille des Podurelles plusieurs travaux fort intéressants. Les Thysanures, placés après les Myriapodes, établissent le passage entre ces der- niers eCces insectes, et forment, comme on le sait, le pre- mier ordre des animaux qui composent cette classe ; du moins c'est par les Thysanures que Latreille, dans ses fa- milles naturelles, et plus tard dans la dernière édition du Règne animai de Cuvier, commence sa classilkalion, mar- che qui a été suivie par plusieurs entomologistes, et que nous avons cru devoir adopter dans notre travail sur les Cruslacé.s, les Arachnides, les Myriapodes et les Thysa- nures, dernier nom que nous avons remplacé par celui de Monomorphe que lui avait donné M. le comte de Castel- nau (1). Dans l'état actuel ou est arrivé l'histoire des in- (<) M. Biirmcislerdanss(>iihaii(ibiiclKieieiUonu)]ogie,t.li,p. 443, luiblié en 1358, cl où les aiiiniaux articules sont rangés d'après sa nouvelle classification, place les T/ij-sanura dans son deuxième ordre qu'il désigne sous le nom de Gymnognatha. Ces insectes, d'après cette nouvelle classification , pienncnt place entre les Mallopha§a et les Oi'thopicra. Cet ciit(unoiogistc adopte toutes les espèces dé- crites par M. Ternpleton ainsi que ses nouveaux genres et établit sous 1^ nom de Lipura une nouvelle coupe générique qui renferme les Podtira (imbulans cl fimetariit des auteurs. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 271 sectes, et où ces animaux semblent avoir été étudiés jusque dans leurs dernières limites, nons avouerons qu'il est anormal , et beaucoup de naturalistes, amis de l'entomcilo- gie le penseront comme nous, de voir qu'il existe parmi les insectes des familles entières encore si peu connues. A quoi attribuer cet oubli de la part des entomologistes ? Est- ce négligence, ou bien est-ce faute de temps ou difficuUé de conserver ces animaux, qui une fois morts, se dessèchent et ne présentent plus aucune forme normale? Les Thysa- nures dont quelques-uns se ti'ouvent dans nos habitations, sont la plupart, des insectes qui fuyent la lumière, et il y a fort peu d'entomologistes qui on consultant les livres de leur bibliothèque, ou en rangeant les boites de leur collec- tion, n'aient reuiarqué un petit animal à longues antennes, à corps plat, d'une couleur argentée et dont le dernier seg- ment est pourvu de longs filets soyeux, ou bien en soule- vant les pierres, en enlevant les écorces des arbres, en grattant les mousses, n'aient rencontré un autre petit ani- mal ordinairement d'un gris-jaunâtre, et qui au moindre mouvement que l'on fait pour s'en emparer dit^paraît aus- sitôt, ou enfin, en cherchant des insectes aquatiques, dans les mares, les flaques d'eau, n'aient observé à la surface de ce liquide un troisième petit animal qui a la propriété de mar cher sur l'eau et de chercher sur, ce liquide mouvant sa nourriture. Ces animaux d'une taille généralement très- petite, très-déhcats, se coUigeant difficillerrsent, et se dété- riorant au moindre attouchement, n'ayant rien ni par leur couleur, ni par leur forme de ce qui plait aux yeux, ont attiré l'esprit observateur de plusieurs entomologistes , t i leurs travaux consciencieux, écritsaveclucidité, jetteront un grand jour sur ces insectes encore si peu connus, et enga- geront peut-être les enlomophiles qui lesliront, à étudier ces animaux si dignes à cause de Umr organisation et de leur ■272 ANNALES manière de vivre , de fixer l'attention des vrais amis de l'entomologie. Tout ce qui a été écrit depuis Degéer, Fa- briciuset Latre'lle sur l'ordre des Thysanures, n'est que la reproduction plus ou moins exacte de ce qui avait été déjà observé par ces divers naturalistes ; et les travaux ex pro- fessa qui réellement ont paru sur cet ordre, ne datent que de l'année 1839. Mais déjà avant cette époque avait paru un travail inté- ressant sur la ffimille des Podurelles par M. Templeton, et quoi qu'ait été grande l'impulsion donnée par cet auteur à ces insectes , les Thysanures restèrent encore quelques an- nées dans l'oubli , et ce n'est réellement qu'à MM. Nicolet et l'abbé Bourlet, que la science est redevable de quelques travaux sérieux sur ces animaux peu recherchés par les entomophiles. Le premier travail qui fut publié sur la famille des Podu- relles, de l'ordre des Thysanures, est donc dû à M. Tem- pleton et date de l'année 1835; le titre de ce travail est: Thy- sanurœ hibernicœ, or descriptions of such species of Spring- tailed insects (Podura and Lepisma, Linn.,)as hâve beenob- servedinlreland; byR. Templeton, Esq., R. A. Corr.,Mem. of IheNaturalHistory Society of Belfast : with Introductory Observations upon the Order, byG. 0. Westwood,F. L. S- etc. etc.Ann. de la Soc.enfom.de Londres, t. i, 1835, p. 89. Dans ce travaildont l'introduction est dueànotre collègue M. Westwood, M. Templeton décrit et figure plusieurs espèces et deux genres nol^veaux qu'il a découverts pendant un sé- jour qu'il a fait en Irlande. Dans ce mémoire, il n'est ques- tion que de la famille des Podurelles, Poduradœ^ Leach, et le premier genre nouveau que l'auteur de ce mémoire dé- crit, est celui d'Orchesella qui me paraît fort naturel et qui .1 été adopté par M. Nicolet, dans un travail fort conscien- cieux fait sur cette même famille; cette nouvelle coupe gé- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGiQUE, 273 nérique renferme deux espèces nouvelles qui sont : VO. filicornis, Templ. op. cit. p. 93, pi. xi, fig. 2: et VO. cincta, ejusd. op. cit., pi. xi, fig. 3. Le genre des Podura proprement dit se trouve augmenté de six espèces nouvelles et sont désignées sous les noms de : P. nitida, Templ. op. cit. p. 94, pi. xi, fig. 5^ P. nigroma- culala, ejusd., pi. ii, fig- 6; P. albocincta, ejusd. p. 95, pi. XII, fig. 1 ; P- cingula, ejusd, pi. xii, fig. 2; P. fuliginosa^ ejusd. pi. xir, fig. 3 -, P. stagnorum, ejusd. p. 96, pi. xii, fig. 4-, le P. plumhea est une espèce linnéenne que M. Temple- ton décrit de nouveau, p. 94, et qu'il figure dans sa planche XI, fig. 4. Lesecond genre est celuid'^(7/iorw (pi'accklenlelle 282 ANNALES ment (l)et que leurséjoui habituel est de se tenir sur la terre. A l'article génération, M. l'abbé Bourlet doute de l'oviparité des Podures et il cite à l'appui de cette opinion une expé- rience qu'il a faite et qui prouve ce qu'il avance, cependant d'après les belles observations sur les œufs des Podurelles par M. Nicolet, on ne peut plus mettre en doute l'oviparité de ces insectes. A la fin de ce travail, se trouve une planche lithographiée dans laquelle sont représentés les divers gen- res dont il a été question dans le mémoire que nous venons d'analyser. En 1841, M. Nicolet inséra dans le tome 32 de la Biblio- thèque universelle de Genève, nouvelle série, une note sur la Desoria saltans. et dans laquelle il fait connaître seule- ment nominalement plusieurs genres nouveaux qu'il dési- gne sous les noms de 'J'omocerus, Uegeeria, Cyphoderus, Desoria et Ânurophoru?^ et c'est dans la même année que cet auteur publia un travail général sur la famille des Podu- relles qui a été inséré dans le sixième volume des Nou- veaux mémoires de la SociétéHelvétique des Sciences Natu- relles, travail que sans aucun doute, is'a pas connu M. l'abbé Bourlet, puisque dans son mémoire qui parut en 1842, cet auteur ne cite que la note de M. Nicolet sur la Desoria sul- tans, et cela est d'autant plus fâcheux que la synonymie des (I) iNous croyons (ju il y a ceilaiiies espèces, parliciilièreiiionl dans le genre Smyntkurus, qui se plaisent à se tenir et à vivre sur l'eau; dans un des pavillons des grandes Serres du Muséiuu, se trouve un bassin oîi a été placée en quantité la Lymnocharis Hum- boldtii, et si Ton examine altonliveinent la surface de l'eau, on remarquera U!i très-grand nombre de Sniyfitliai m doi\l\es uns se tiennent surlesfeuillesetsurles rameaux de la Lymnoduiris Ilitm- boldlii qui est entourée d'eau de toutes parts, et d'autres qui se plai- sent à errer sur vj\ liquide sur lequel ils exécutent des sauts dont la distaïuc du point de départ égale vingt a vingt-cin(( milIiMièlres. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGiQli: . -IH.l espèces qui composent la famille des Podurelles va se irou- ver considérablement augmentée. Dans son second mémoire qui parut seulement en 1842, et qui n'est que la reproduction quant aux Smynlhurides, de son premier travail, M, l'abbé Bourlet divise les Podurelles en deux tribus : les Podurides et les Smynthurides. Les genres exposés dans le tableau des Podurides de ce second mémoire sont presque tous les mômes nue ceux qui ont été indiqués dans le premier tableau, à l'exception cependant de deux coupes nouvelles qui sont désignées sous les noms d\Etheocerus et d^^dicramis. Je ne parlerai donc dans l'a- nalyse de ce second mémoire que de ces deux genres nou- veaux, ayantdéjà traité les premiers dans l'analyse que j'ai faite du premier mémoire de cet auteur. Première lri!)U : Podurides. Le genre Macrotoma , Bourl., se trouve enricbi d'une cin- quième espèce désignée sous le nom de M. apiriconna, Bouil.,IMém, sur les PoJur. exlr. des Mérn. de la Soc. roy. et cent. d'Agricull, Se. et Arts du départ, du Nord, p. 13. Ç' Les Lcpidocyrtus qui ne renfermaient qu'une seule es- pèce, se trouvent maintenant composés de trois. L. argen- tatus, lîourl., op cit. p. 17. L. rivularis, Bourl-, p. 17. yEtheocerus, Bourl. Ce genre renferme neuf espèces, ce sont les : yE. rufcscens, Bourl., op'. cit., p. 20. Podura ru- fescens, Auct- -£. cristaUinus, Bourl., p. 21. Podura cris- t(iUina,Aucl. JE. griseus, Bourl., p. 21. jE. pukfiricornis, Bourl., p. 22, peut-être la l'odura vaga, Auct. /E. cinctus, Bourl , p. 2.3, Podura cincta, Auct. yE. nihrofasciatus, Bouil., p. 23. /B. dimidialus, \iim\\.. p 2i, /E. aquaticus, Bourl., {). 24. Podura aqualka secunda, Linn- Podura^ Auct. Il n'a pas été question de ce^jenrc dans le 284 ANNALES premier mémoiredeM. l'abbé Bourlet,dansceluicicel auteur eu décrit onze espèces dont cinq sont nouvelles. P.villosa, Auct. Bourl.,op.cit.,p.26. P.riridis, Auct. Bourl., p. 26. P. hifasciata. Bourl, p. 27 . P. fri/asciam, Bourl., p. 27. P. arbo- rert, Auct. Bourl., p. 27. P. wïDa^is, Auct. Bourl., p. 29. P.an- nulata, Auct. Bourl., p. 29. P. paluslris, Linn. Bourl., p. 29. P. cursitans, Bourl., p. 30. P. argentocincta, Bourl., p. 30. P. violacea, GeofFr. Bourl. p. 31. I/^pogastrura. Bourl. Quatre espèces dans ce second tra- vail composent actuellement cette coupe générique; ce sont r//. murorum, Bourl., p. 35; peut-être la Podura via- tica, Auct. (1) H. agaricina, Bourl., p. 37. ff. fuscoviridis, Bourl., p. 37. Jdicranus, Bourl. Podura, kuct Cette nouveUe coupe générique se trouve composée de deux espèces dont une nouvelle. A. fimetarius, Bourl., p. 39. Podura fimetaria, Auct. J. corticinus, Bourl., p. 39. Deuxième tribu : Smynthurides. Celte seconde partie du travail de M. l'abbé Bourlet n'a- vait pas encore été traitée par cet auteur dans son premier mémoire. Après avoir indiqué les caractères distinctifs de la tribu des Smynthurides et après avoir décrit les organes externes des insectes qui la composent, M. l'abbé Bourlet, d'après le nombre des articles des antennes, partage cette tribu en deux genres qu'il désigne sous les noms de Smyn- thurus et de Dicyrtoma. (1) VIL aquaticn, Bourl. Podura aquatica, Aiicl., a déjà élé dé- crite dans le premier mémoire, p. 407. Mém. de la Soc. roy. des Se. derÂgr.etdesArlsdeLillc,ann. 1839; dans ceUe seconde descrip- tion, M. l'abbé lionrletfaiiconnaitre Torgane sexuel de celle Poda- rjde. DE LA S0CI1:TE ENTOMOLOGIQUE. 285 Smynthurus, auct. Six espèces se trouvent décrites dans ce mémoire, et sur ce nombre quatre étaient inconnues. S. viridis, Latr. Bjurl., op. cit., p. 57 ; Podura viridis, auct S. fuscus, Latr. Bourl., p. 57; Podura atra, Auct S. bilinta- tus, Bourl., p. 58. S. aqualicus, Bouri., p. 58. S. lupulinœ, Bourl., p. 59. S. pallipes, Bourl , p. 59. Dicyrioma, Bourl. Cette coupe générique comprend deux espèces qui sont entièrement nouvelles. D. atropurpurea,Bour\.,op. cit., p. 60. D. dorsimacuiata, Bourl., p. 61. La troisième partie de ce travail est employée aux obser- vations sur l'usage du tube gastrique et de la fourchette des Podurelles, sur leurs mœurs, leur station et leur généra- tion, etc., etc. ; cette seconde partie est à peu de chose près la reproduction de ce que M l'abbé Bourlet avait déjà fait connaître dans son premier mémoiie de l'année 1839; une planche lilhographiée représente les genres nouveaux qui sont décrits dans ce travail. Les mémoires dont nous venons de vous faire connaître l'analyse, sont somme on le voit fort intéressants et la pa- tience que leurs auteurs ont mise à décrire les organes ex- ternes et internes, à présenter les caniclères génériques et spécifiques de ces insectes que les entomologistes avaient laissés dans un entier oubli, dénioiitre que quelque soit l'exiguité des animaux que la nature a créés, ces derniers n'en méritent pas moins de fixer l'attention du naturaliste observateur el ami de l'entomologie, science qui conscien- cieusement étudiée sous les points de vue zoologique et anatomique, laisse encore aux vrais entomo|)hiles un champ d'(jbservations vaste à explorer. Pour les travaux ilontnous venons de présenter l'analyse, il est fâcheux que M. Nicolet en publiant en l84l ses re- cherches pour servir à !'hisloir<' naliiielle des Podurelles, 286 ANNALES n'ait pas connu le travail de M l'abbé Bourlet qui a elé im- primé en 1839 dans les Mémoires de la Société royale des Sciences, de l'Agriculture et des Arts de Lille; et d'un autre côté, il est aussi excessivement fâcheux que lorsque M. l'abbé Bourlet fit paraître son second mémoire sur les Podu- relles en 1842, cet auteur n'ait pas eu non plus connaissance du travail de M. Nicolet qui parut en 18 il sur cette môme famille. On comprendra facilement d'après cela, combien la synonymie indispensable pour s'entendre en histoire natu- relle, a dû souffrir, et combien de doubles emplois auront été faits à cause do ces travaux publiés à peu de dislance l'un de l'autre et qui sont restés inconnus à ces auteurs. Maintenant que nous avons fait connaître les divers mé- moires qui ont été publiés depuis Latreille sur la famille des Podurelles, nous avons pensé que pour rendre plus com- plète cette analyse, il était de toute nécessité de rétablir la synonymie qui se trouve fort embrouillée parceque plu- sieurs des entomologistes que nous venons de citer ont écrit sur cette famille sans avoir préalablement pris connaissance de ces divers travaux. TRIBUS PRIiMA. PoDURiDES, Bourl. Genus Tomocerus. Nicdl. (1--4I). Macrotoma, (1) Bourl. (1839). Podura. Aucl. ex parte. Sp. 1. T. /)/w7n//e?/.v,Nicol., Recherches piiur servir à riiisl. (l) INous avons cru devoir adoplcr le nom de Tomnccras de M. Nicolel, parceque la dcnoininaliou de Macrotoma imposée par M. i'abUé liourieladéjà élé donnée bien avant cet auteur à un genre -de Coléoptères de la famille des Longicornes. Di: LA SOCIETE ENTOMO LOGIQUE 287 îiat des Podurelles (Extrait du 6„ vol. des Nouveaux Mém. de laSoc.Helv. des Se. Nat.)p.68, n. 1, pL vu, fig. 8,l8/,l. Podura plumbea, Auct. TempL,Trans. de la Soc.Ent. de Lond., t. i,p. P3, pi. XI, fig. 14, 1834. Macrotoma plumbea, Bourl., Mém- sarlesPodures, Mém. de la Soc. roy. des Se. del'Agr. et des Arts de Lille, 1839, p. 309, n. i, pi. f, fig. 5 ; ejusd. Mém. sur les Pod. (Extrait des Mém. de la Soc. roy. et cent. d'Agr., Se. et Arts du dép. du Nord, séant à Douai, 18420 p. 14- n. 1, pLi, fig. 1. 2. T. celer, Nicol., op. cit., p. 69, n. i, pi. vn,fig. 9. 1841. Fodura plumbea, Auct. 3. T. nitjer. jl/acroloma nigra, Bourl., Mém. de la Soc. roy. des Se. de l'Agr.et des Arts de Lille, p. 390, n. li, 1839. 4. T. longicornis. Macrotoma longicornis,Bour\. , o\-, cit.. p.390,n m, 1839. Podura longicornis, Auct. 5. 7'. ferruginosus- Macrotoma ferriiginosa, Bourl., op. cit., p. 390, n. iv, 1839. 6. T. spiricor7iis- Macrotoma spiricornis, Bouil., Mém. sur les Pod. (Extr. des 31ém. de la Soc. roy. et cent. d'Agr, Se. et Arts du dép. du Nord, .séant à Douai), |) 15, n. n, pi. i, fig. 21, lS4i. Genus Lepidoc//rtm, Bourl. (1839 et 1S42). Sp. 1. L. curvicoUis, Bourl., Mém. de la Soc roy. des Se. de l'Agr. et des Arts de Lille, p. [VJ2, 1839; <'jii>(l Mém. sur les Pod. (Extr. des Mém. de la Soc. roy. et cenl. d'Agr. Se et Arts du dép. du Nord, séant à Douai), p. 17, n. i, 184-;. '2. L. argcntaiii.'i, Bourl., op. cil, p. 17, n. n, 1842. 3. /.. rivularis, Bourl., op. cit., p 17, n. m, 18/,^. 288 ANNALES Genus Orchesella, Templ. (1834). Heterotoma, Bourl. (1839). Isotoma, ejusd. (1839). Mtheoccrus, ejusd. (1842}- Podura, Auct. ex parte. Sp 1. 0. rufescens. Podura nigromaculata, Templ., Trans. de la Soc. Ent. deLond. t. i, p. 94, n. m, pi. ii, fig. 6, 1S34. Heterotoma fla- veicews, Bourl., M6m. de la Soc. roy. des Se. de i'Agr. et des Arts de Lille, p. 395, n. i, pi. i, lig. 1, 1839. /Etheoccrus fla- vescens, eijusd.^ Mém. sur iesPod. (Exlr. des Mém. delà Soc- roy. et cent. d'Agr. Se. et Arts du dép. du Nord, séant à Douai), p. 72, 1842; Mtheocerus rufescens, ejusd. op. cit., p- 20, n. I, pi. I, fig. 7, 1842 ; Podura rufescens^ Auct. 2. 0. crisiallina. Heterotoma crisiallina, Bourl., op. cit., p. 396, n. iv, 1839. Mtheocerus cristallinus, ejusd. op. cit., p. 21, n. ji, 1842. Podura cristallina, Auct. 3. 0. grisea. Heterotoma grisea, Bourl., op. cit , p. 397, n. v, l839. Mtheocerus griseus, ejusd. op. cit., p. 21, n. m, 1842. 4. 0. fiUcornù, (1) Templ, op. cit., loin, i, p. '.)4, n. i, pi. II, fig. 2, 1834. Heterotoma pulchricornis, Bourl., op. cit , p. 397, n. vi, 1839. Mtheocerus pulchricornis, ejusd. op. cit , p. 2^, n. iv, pi. 1, fig. 8, i8-i2; Podura vaga? Auct. 5. 0. cincta. Heterotoma cincta, Bourl., op. cit., p. 399, n. xi, 1839 Mtheocerus cinctus, Bourl., op. cit., p. 23, n. v, 1842. Po- dura albocincla, Templ , op. cit., tom. i, p. 91, n iv, pi. (i) M. Bourlel coiiftidère ceUcOrcIu-scilo ooinincctaiil une vaiiotc do son M. piilchricornis.ow nue esp('C';(jiiis"onrapi>rotiie beaucoup. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 9,89 X!i, lig. I, 1834. Podura cingula^ ejusd. op. cit., p. 95, n. v, pi. XII, fig- 2, 1834. Podura cincta, Auct. 6. 0- rubrofasciata. ^'Etheocerus rubrofasciatus, Bourl., op. cit., p. 23, n.vi, 1842. 7. 0. quinquefasciata. Mtheocerus quinquefasciatus, Bourl., op. cit., p. 23^ ii. Yii, 1842. 8 0. dimidiata. JEthcocerus dimidiatus, Bourl., op. cit , p. 24, n. viii, 1842. 9 0. aquatica. .'Etheocerus aqualicus, Bourl., op. cit., p. 24, n. ix, 1842. 10. O. vaga. Orchesella cincta, Templ., op. cit., tom. i, p. 93, n. ii, pK XI, fig. 3, 1834. Ileterotoma vaga, Bourl., op. cit., p. 398, 11. VIII, 1839; Podura vaga-, Auct. 11.0. Bourletii. ffeterotoma villosissima {l), Bourl., op. cif., p. ,396, n. ii, 1839. 12. 0. musci. Heterotoma musci, Bourl., op. cit., p. 397, n. vu, 1839. 13. O. septemguttata. Heterotoma septemguttata, Bourl., op cit , p. 398, n. ix, 1839. 14. 0. quadripunclata. Heterotoma quadripunctata, Bourl., op. cit-, p. 398, n. x, 1839. 15. 0. melanocephala, Nicol., Rech. pour servira l'hist. nat. des Pod. (Exlr. du 6' vol. des nouv. méni. de la Soc. Helv des Se. Nat.), p. 77, n. 1, pi. ix, fig. l, 1841. f 1) Connu»! (laiK? ce genre il y a déjà une espèce qui porte le nom (le villoMi, nous avons cru devoir clianner celle di'terniinali(»n. 290 ANNALES 16. 0. mllosa, Nicol., op. cit., p. 78^ n. 2, pi. ix, fig. 2, 1841. Isotoma villosa, Bourl., op. cit., p. 401, n. i, 1839; Podura villosa, ejusd. op. cit., p. 26, n. i, 1842. Poduravil- losa, Auct (1). 17. 0. fastuosa, Nicol., op. cit., p. 78, n. m, pi. ix, fig .3, 1841. 18. 0. unifasciata, Nicol., op. cit., p. 79, n. iv, pi. ix, fig. 6, 1841 (2). 19. 0. sylvaiica, Nicol., op. cit , p. 79, n. v, pi ix, fig. 5, 1841. 20. 0. bifasciata, Nicol., op. cit., p. 80, n v, pi. ix,fig. 4, 1841. Isotoma bifasciata, (3) Bourl., op. cit., p. 401, n. iv, 1839. Podura bifasciata, ejusd. op. cit., p. 27, n. m, 1842. Genus Podura Auct. ex parte. Jsotoma, Bourl. (1839) Sp. 1. P. nitida, Templ., Trans. de la Soc. Ent. de Lond. l. 1, p. 94, pi. XI, fig. 6, 18.34. 2. P. viridis, Bourl.. Mém. sur les Pod. (Extr. des Mém. de la Soc. roy. et cent. d'Agr. Se. et Arts dudép. du Nord, séant à Douai), p. 26^, n. 2, 1842. P. fuiigi^iosa, Temp\., op. cit., t. I, p. 95, pi. XII, fig. 3, 1S34. 3. P. stagnorum, Templ., op. cit., t. i, p. ÎJ6, n. vu, pi. XII, fig. 4, 1834. (i) La Podura villosa figurée par M. E. Blanchard dans TAllas du Règne Anim. de Cuvier, Ins. pi. xui, iig. 3, 1843, doil-eile cire rapporlée vérilablcjnent à ceUe espèce ? (a; La Podura succincta figurée par M. Guérin-Ménevillc dans son Iconographie dn Règne Animal de Cuvier, 1ns. pi. ii, Iig. 3, 1836, appartient au genre Orchesella et c'est près de VO. unifas- ciata de M. Nicolet que nous croyons devoir placer cette espèce. (5) C'est avec doute que nous rangeons cette espèce dans le genre Orchesella de M. Teniploton. DE I.A SOCIETE ENTOMOLOOIQUE lUl A. P. cœrulea. fsotoma cœrulca, Bourl., Mém. de la Soc. roy. des Se. de l'Agr. et des Aiisde Lille, p. 40I, n- m. 1839. 5. P. trifasciata, Bourl., op. cit., p. 27, n. iv, 1842. Isotoma trifasciata, ejusd. op. cit., p. 402, n. v, 1830. G- P. arhorea, Auct. Bourl., op. cit., p. 27, n. v, 1842i. Isotoma arborea, ejusd. op. cit , p. 402, n. vi, 1839. 7. P. ruhricauda (1). Isotoma ruhricauda, Bourl., op. cit., p. 402, n. vni, 1830. 8. P. annulata, ':2) Aucl. Bourl-, op. cit., p. 29, n. vu, 1842. 9. P. palustris, Auct. Bourl, op. cit , p. 29, n. vjji, 18/|^-. 10. P. cursiians, Bourl., op. cit., p- 30, n. ix, 1.S42. Isotoma cursitans. ejusd. op. cit., p. 403, m. ix, 1839. 11. P. fœncsirarum. Isotoma fœnestrarum, Bourl., op cit., p. 403, n. x, 1839. 12 P. fusiformis. Isotoma fusiformis, Bourl., op. cit., p. 403, n. xi, 1839. 13. P. argentocincta, Bourl., op. cit., p. 30, n. x, 1842. 14. P. violacea, Bourl., op. cil., p. 31, n. xi, 1S42. Isotoma violacea, ejusd. op. cit., p. 4o4, n. xii, 1839. 15. P. similata, NicoL, Rech. pour servir à l'hist. nat. des Pod. ( Extr. du 6" vol. des nouv. mém. de la Soc. Helv. des Se. Nat.), p. 56, n. 11, pi. v, (ig. 5, 1841. 16. P. cyanocephala , Nicol-, op. cii., p. 56, n. 111, pi. v, fîg. H, 1841. (1) CeUe espèce ncsl peut être (pi'iinc variété de la Podura iii- fa//,y des auteurs; elle appartiendrait alors ati genre Des;ceiia de, M. Nicolet. (2) C'est avec doute que nous admettons ceiti; espèce dans le genre Podura, c'est peut-être la Desoria annulnla, Nicol., op. cit. p. 02. n. X, pi. VI, fig. .•>. 292 ANNALES 17. P. cellaris, Nicol., op. cit., p. 56, n. iv, pi. v, fig. 9, 1841. 18. P. armata, Nicol., op. cit., p. 57, n. v, pi. v, fig. 6, 1841. 19. P. rufescens^ Nicol., op. cit., p. 57, n. vi, pi. v, fig. 7,1841. Genus Deson'a, Nicol. (1841). Podura, Auct. ex parte. Sp. ^. D.saltans, Agassiz.,Bibl.Univ, de Genève, nouvelle série, tom. 32, p. SS-i, pi. ii,fig. 1, 18^1. D. glacialis, Nicol. Rech pour servir à l'hist. nat. des Pod. (Extr. du 6' vol. des nouv. mém. de la Soc. Helv. des Se. Nat.), p. 58, n. i, pi. v, fig. 10,1841. D. virescens, Nicol., op. cit., p. 59, n. ii, pi. v, fig. 12, 1841. 3. D. tigrina, Nicol., op, cit., p. 59, n. m, pi. v, fig. Il, 1841. 4. D. fulvomaculata, Nicol., op. cit., p. 59, n. iv, pi vi, fig. 8, 1841. 5. D. cinerea, Nicol., op. cit., p. 60, n. v, pi. vi, fig, 9> 1841. 6. D. cylindrica^ Nicol., op. cit , p. 60, n. vi, pi. vi, fig. 1, 1841. 7. D. viatica, Nicol., op. cit., p. 6l, n. vu, pi. vi, fig. 2, 1841. Podura viatica, Auct. 8. D. pallida, Nicol., op. cit., p. 01, n. viii, pi. vi, fig. 3, 1841. 9. D. ehriosa, Nicol , op. cit , p. 61, n. ix, pi. vi, fig. 4, 1841. 10. D. annulata, Nicol., op. cit., p. 62, n. x,pl. vi, fig. 5, 1841. DE l.A SOCIETE ENTOMOLOGÎQUE. 293 Podura annulata, Auct. 11. D. riparia., Nicol., op cit., p, G2, n. xi, pi. vi, fig, G, 1841. 12. V. fusca, Nicol., op. cit., p. G3, n. xii, pi. vi, fig. 7, 1841. Genus Cyphoderus, Nicol. (1841]. Podura^ Auct. ex parte. Sp. 1. C. capucinus, Nicol., Rech. pour servir à l'hist. nat. des Pod, (Extr. du 6' vol. des nouv. mém. de la Soc. Helv. des Se. Nat), p. G4, n. i, pi. vu, fig. 1, 1841. '2. C. gibbulus, Nicol., op. oit , p. G4, n. n, pi. vu, fig. 2-2, 1841. 3. C. lignorum, Nicol., op. cit., p. 65, n. m, 1841. Podura lignorum, Auct. 4. C. pusillus, Nicol., op. cit., p. G5, n. iv, pi. vu, fig. 3, 1841. Podura pusilla, Auct. 5. C. œneiis, Nicol.,op. cit., p. 66, n. v, pi. Yii,lig. 4, 184 1 Podura pusilla, Auct. 6. C. agilis,N'ico\., op. cit., p. 66,n. vi, pi. vii,fig. 5, 1841. Podura pusilla, Auct. 7. C. parvulus, Nicol., op. cit., p. 67, n. vu, pi. vu, fig. 6, 1841. Podura pusilla? Auct. 8. C. albinos, Nicol., op. cil., p. 67, n. viii, pi. vu, fig. 7, 1841. Genus Degeeria, Nicol. (1841). Isotoma, Bourl. (1839). Podura, ejusd. (1842). Podura, Auc(. ex parle. Sp. 1. D. nivalis, Nicol., Rech. pour servir à l'iiist. nal. T Série, T- i- 21 29 i ANNALES des Pod. ( Exlr. du 6'" vol des nouv. niém. de la Soc. Heh . des Se. Nat. ), p. 70, n. i, pi. viii, t\g. 1, 1841. Pùdura nivalis, Auct. Jsotoma nivahs, Bourl., Mém. de la Soc. roy. des Se. de l'Agr. et des Arts de Lille, p. 42, n. vu, 1839. Podura nivalis, ejusd. Mém. sur les Pod. (Exfr. des Méni. (le la Soc. roy. et cent. d'Agr. Se. et Arts du dép. du Nord, séant à Douai), p. 29, n. vi. 1842. 2. D. dlsjuncta, Nicol., op. cit., p. 71, n. n, pi. vin, fig. 2, 1841. 3. D. corlicalis, Nicol., op. cit., p. 72, n. m, pi. viii, fig. 3, 1841. 4. D. phtlani, Nicol., op. cit., p. 72, n. iv, pi. viii, fig. 4, 1841. 5. C. pruni, Nicol., op. cit., p. 7.Î, n. v, pi. vm, fig. 5, 1841. 6. D. elongata, Nicol., op. cit., p. 73, n. vi, pi. vin, fig,f), 1841. 7. D. erudita, Nicol., op. cit., p. 74, n. vu. pi. vm, fig. 7, 1841. 8. D. la7iuginosa, Nicol., op. cit., p. 74, n. vm, pi. v.ii, fig. 8, 1841. 9. D. margaritacea, Nicol., op. cit., p. 75, n. ix, pi. viH, fig. 9,1841. 10. D. nmscorum, Nicol., op. cit., p. 75, n. x, pi. vm, fig. 10, 1841. 11. D. domestica, Nicol., op. cit., p. 76, n. xi, pi. vm, fig. 11,1841. Genns Jchorutes, Templ. (1834). Nicol. (1841). Hypogastrura, Bourl. (1839 et 1842). Sp. 1. ^. duhius, Temp\. Trans. de laSoc.Enlom.de Lond., tom. i, p. 96, n. i, pi. xii, fig. 5, 1834. DE LA SOCIETE ENTOIMO LOGIQUE. 295 2. A. muscorum, Templ., op. cit., tom. i, p. 97, n. ii, pi. XII, fig. 6, 1834. 3. A. tuberculalus, NicoK, Rech. pour servir à l'hist. n;i! . des Pod. (Estr. du 6" vol. des nouv. mém. de la Soc. Helv. des Se. Nat.,) p. 51, n. i, pi. v, (ig. 1, I84I (1). 4. .V. murorum. Hypogastrura murorum^ Bourl., Mém. sur les Pod. (Extr. des Mém. de la Soc. roy.et cent. d'Agr. Se. et Arts du dép. du Nord, séant à Douai), p. 35, n. i, 1842. Podura viaticaPP Auct. 5. ^. aquaticus. Hypogastrura aquatica, Bourl., Mém . de la Soc. roy. des Se. de l'Agr. et de.s Arts de Lille, p. 407, 1839; ejusd. op. cit., p. 35, n. II, 1842. Podura aquatica, Auct. Nicol., op cit., p. 55, n. 1, pi. V, tig. 4, I84l. 6. A. agaricinus. Hypogastrura agaricina, Bourl., op. cit., p. 37, n. m, 18 ^2 7. A. fusco-virîdis. Hypogastrura fusco-viridis, Bourl., op. cit., p. 37, n. iv, 1842 (2). (1) M. Piuil Gervais, d.ins le Rullclin de 1.1 Société Enlomolo- giqiie de rrance, loin, xi, p. 47, année i842, dé.signe sons le nom à'Anowa, nnc nouvelle coupe générique, dont Tespèce type est Y Achorute.s tubcrculaius, iNicoI., op. cit., p. 5i, n. l, pi. v, fig. l. Dans cette mènie note, M. P. Gervais en signale une nouvelle es- pèce à laquelle il donne le nom d'Anoura rosea, Gerv. Celle Podu- relle dont les caractères spécifiques n'ont pas encoie été publiés, habite dans la tannée des serres du Muséum ; on la rencontre aussi dans les jardins de Paris et dans les environs. (2) Si VAchorutcs décrit par M. Waga, appartient véiitablemenl à ce genre, c'est ici que doit venir se placer celte espèce qui est dé- signée sous le nom de A. bielanensis, Waga, Ann. de la Soc. Eut. de France, tom. xi, p. 2G4, pi. xi, fig. 5 à 8, 1812. 20'6 AiVNALES ■Genus Lipnra (l), Burm. (1838). y^mtrophoriis, Nicol. (1841). j4dicranu';, Bourl- (1842). Podura, Auct. ex parte- Sp. 1 A. amhuhms, Bunn. HanJb. dor Entom. tom ii, p. 447, p. I, 1838. Podura ambulans, Auct. ■2. L. fimetaria, Auct. lUirm . op. cit., tom. ii, p. 447, ti. 11,1838. Jnurophorus fimetarius, Nicol.. Recli. pour servir à l'hist. nat. (les Pod, (Exlr. du G' vol. des nouv. mém. de la Soc. Hciv desSc.lVat.),p. 53, n.i, pi. i,fig.2, 1841. Adicrunus fimctarius, Bourl., Mém. sur les Pod. (Exlr. des Mém. de la Soc roy. et cent. d'Agr. Se. et Arts du dép. du Nord, héant à Douai), p. 39, n. i, 1842. Podura fimetaria, Auct. 3. L. laricis. Jnurophorus laricis, Nicol., op. cit., p. 53, n. ii pi i,fig. 3, 1841. 4. L corticina. Jdicranus corlicinus, Bourl., op. cit., p. 39, ii. n, 18i'2- TRIBUS SECUNDA. SMY^THCR1DES, Bourl. Genus Smynthurus, Latr. (1802). Podura, Auct. ex parte. Sp. 1. S.signatu$,Auc\. Templ., Trans. de laSoc.Ent. de Lond , ton), i, p. 97, n. m, pL.xii, fig. 8; Nicol., Rech. pour (1) Suivanl M. le professeur Waga, ctHle coupe générique aurait été formée sur des individus imparfaits des espèces qui appartien- draient au t;(Mire Achoi ute\. DE ï,\ SOClETh: KNTOMOLOGIQUi:. 207 servira l'hist. nat. des Pod. (Extr. du 6e vol. des nouv. mém. delaSoc.Helv. des Se. Nat.), p. 81, n. i, pi. ix, fig. 7, 1841 Podura signala, Auct. (1). 2. 5. ohlonrjus, Nicol., op. cit., p. 81, n. ii, pi. ix, fig. 8 1841. 3. S. viridisy Auct. Tempi., op. cit., torn. \, p. 97, n, i, pi. XII, fig. 7, 1835. Nicol, op. cit., p. 82, n. m, pi. ix, fig. 9, 1841; Bourl., Mém. sur les Pod. (Extr. des Mém. de la Soc. roy. et cent. d'Agr. Se. et Arts du dép. du Nord, séant à Douai), p. 57, n. i, 1842 (2). 4. S. fuscus. Auct., Lacord. et Boisd., Faun. Ent. des env. de Paris, tom. i, p. 116, n. v, 1835. Nicol., op. cit., p. 12. n. IV, pi. IX, fig. 10, 1841. Bourl., op. cit., p. 57, n. II, 1842. La Podure brune enfumée, Geoif. 5. S. bilineatusy Bourl., op. cit., p. 58, n. m, 1842. 6- ■S. aquaticus, Hourl., op. cit., p. 58, n. iv, I842. 7. S. ornalus, Nicol., op. cit., p. 83, n. v, pi. ix, fig. 11, 1841. 8. S. Coulonii, Nicol., op cit., p.84, n. vi, pi. IX, fig. 12, 1841. 9. S. lupulinœ, Bourl., op. cit , p 59, n. v, 1842. 10. S. pallipes, Bourl., op. cit., p. 59, n. vi, 1842. 11.5". atcr, Templ., op. cit., tom. i, p. 97, n. 11, 1835 (3\ (1) Est-ce bien au Sniynthurus si^nalm qu'il l'aut rapporter fa figure de M. Gucriii-Méiicville, Iconogr. du Régn. Aniin. de Cuvier, lus. pi. II, fig. 4, 1836? (2) Est-ce bien aussi à cette espèce que doit être rapporté !e Smynlhurus viridis (ignré par M. Emile Blanchard dans l'Atlas du Règn. Anim. de Cuvier, Ins. pi. xiii, fig. 4, i8'i3? (3) Dans cette analyse, nous n'avons indiqué que les espèces eu- ropéennes et pour la compléter, nous croyons devoir citer ici plu- 298 ANNALES Genus Dicyrtoma, Bourl. (1842). Sp. l. D. alropurpurea, Bour\, Mém. sur les Pod. (Exlr. des Mém. de la Soc. roy. et cent. d'Agr. Se. et Arts du dép. du Nord, séant à Douai), p. 60, n. i, 1842. 2. D. dorsimaculata, Bourl., op. cit., p. Gl, n. ii, pi. i, fig. 15, 1842. Telle est l'analyse que nous avons cru devoir faire des divers travaux qui depuis Latreille, ont été publiés sur la famille des Podurelles, et dans cette analyse, on remarquera que nous nous sommes appliqué surtout à éclaircir la sy- nonymie de ces insectes qui était fort embrouillée et à rendre àchacun la partqui lui étaitdue en rétablissant chronologi- quement cette synonymie-, nous ignorons si nous sommes parvenu au but que nous nous étions proposé, notre inten- tion ayant été non de critiquer les divers mémoires des au- teurs que nous venons d'analyser, mais bien d'aller à la recherche de la vérité. sieurs Podurelles américaines qui ont été décrites par M. Thomas Say, dans le tom. ii, du Journal de l'Académie des sciences de Piii- ladelpliie. Dans le genre des Podura, M. Thomas Say en fait connaître trois espèces nouvelles^: P. fasciala, Thoui. Say, Journ. de Philadelph., tom. ii, p. 12, n. I, 1821. P. bicolor, cjusd. op. cit., ton). II, p. 13, n. il, 1821. P. iricolor, ejusd. op. cit., tom. II, p. <3, n. m, 1821. Dans le genre des Smfnthurus, M. Thomas Say en décrit une nouvelle espèce à laquelle il donne le nom de : kS\ ^uliatus, Thom.Say, Journ.de Philadelph., tom. ii,p. i3,182i. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 299 MÉMOIRE SUR LES BALANCiF.rvS DKS Diplères- Par M. GOUREAU. (Séance du ^ Juillet I84Ô.) Tous les entomologistes savent que les diptères portent sous leurs ailes deux petits filets mobiles, terminés par un bouton, qui ont reçu le nom de balanciers, probablement parce que l'auteur de ce nom a reconnu qu'ils étaient né cessaires à l'insecte pour se tenir en équilibre pendant le vo!, ou parce qu'il les balance fréquemment dans le repos. Quoiqu^il en soit de l'origine du nom , les naturalistes ne sont pas d'accord sur la nature et les fonctions de ces or- ganes qu'ils ont cependant étudiés avec soin. En remontant jusqu'à Réaumur, on reconnaît que cet in- génieux et clairvoyant observateur ignorait complètement leur usage et que, parmi ses contemporains ou ses devan- ciers, il y en avait qui les regardaient comme remplaçant les secondes ailes. Depuis ce temps les entomologistes se sont partagés en deux divisions. Pour les uns , les balanciers sont les repré- sentants des secondes ailes des autres insectes ; pour les autres, ils sont des appendices vésiculeux dépendant des Iracbécs postérieures du thorax, qui n'ont aucun rapport avec ces ailes. A la léte des premiors on peut mettre Audouin, qui 300 ANNALES en a fait une étude spéciale dans son travail sur le thorax des insectes. Il les voit comme une dépendance du méta- thorax qui, étant très-exigu chez les diptères, doit donner naissance à des ailes rudimentaires ou avortées. Il a re- trouvé à leurs bases les épidômes d'articulation et les mus- cles analogues à ceux des ailes inférieures. Mais les obser- vations de ce savant célèbre n'ont pas été publiées; on ne les connaît que parce qu'il a écrit dans le dictionnaire clas- sique d'histoire naturelle, à l'article balancier, et parce qu'en rapporte M Lacordaire dans son introduction à l'en- tomolosÀic-, en sorte qu'elles sont, quant à présent, une simple assertion de leur auteur et l'expression de sa pensée à ce sujet. Je dois ajouter (]ue cette assertion est d'un très- grand poids. Dans la môme introduction à l'entomologie, M. Lacor- daire dit : Que d'autres entomologistes ont pensé que les ba- lanciers servaient à maintenir l'insecte en équilibre pen- dant le vol, en s'appuyant sur des expériences desquelles il résulterait qu'en en retrancliant un , l'animal perd l'usage de l'aile située du môme côté, et finit par tomber en tour- billonnant sur lui-môme, et que si on les coupe tous les deux il est dans l'impossibilito de voler. Il ajoute : Nous avons répété ces expériences sans obtenir rien de pareil. Il semble d'après celte dernière assertion, que les balan- ciers ne sont pas nécessaires au vol des diptères ; que très- probablement ils ne sont pas les représentants des secondes ailes, et que l'opinion d'Audouin, malgré sa grande auto- rité, devient douteuse doit, peut-ôtre, être rejelée. L'illustre Latreille vient se placera la tôle de ceux qui voient dans les balanciers des organes entièrement dilTé- rents des secondes ailes. Voici comment il s'exprime dans le règne animal de Guvier (tom. V, page 428 }. » Pour se convaincre que ces organes ne représentent DE [.A SOCll'TK ENTOiMOLOGSQtIK. 301 pas les secondes ailes, il faut comparer le thorax d'une grande Tipule à celui d'un Hyniénoplère femelle du genre Cryptocère où les stigmates postérieurs sont très-apparents ; ici comme dan? les Hyménoptères, le segment portant les secondes ailes est très peu développé ou incomplet, ne forme immédiatement au-dessous de l'écusson qu'une pe- tite pièce étroite, Iransverso, linéaire et fort courte; vient après celle que l'on appelle communément métalhorax et qui forme ce demi-segment que j'ai nommé médiaire. Il a de chaque côté une épine et deux stigmates plus extérieurs (}ue les épines et situées à peu de distance d'elles. Le thorax des tipules ofïre la même conformation; seulement le demi- segment qui dans les Hyménoptères sert d'attache aux deuxièmes ailes, est ici un peu moins distinct, et l'on ne voit à chacun de ses bouts aucune trace d'épine. Les ba- lanciers occupent exactement la place des épines et les stig- mates sont pareillement situés en dehors. Il est donc évi- dent que celte extrémité postérieure du thorax portant les balanciers répond au segment médiaire, le môme où dans les Cigales mâles sont placés les organes de la stridulation et qui, dans plusieurs Criquets du même sexe, otïredes par- ticularités aiialogues. > Plus loin Latreille ajoute, que comme les balanciers sont chacun très-rapprochés d'un stig- mate, ils peuvent recevoir plus ou moins d'air, et que dans l'acte du vol ils servent de contrepoids ou de balanciers. M. Macquart qui s'est acquis une réputation si justement méritée parmi les entomologistes , adopte complètement cette manière de voir et fortifie l'opinion de Latreille par la considération des nervures des ailes , desquelles il ré- sulte, selon lui, que les deux ailes d'un hyménoptère re- présentent l'aile d'un diptère fendue en deux longitudina- lement; dès lors les balanciers n'ont aucun rapport avec les ailes. 30-2 ANINALES Ainsi l'opinion qui fait des balanciers les secondes ailes à l'état rudimentaire n'a en sa faveur que l'assertion d'Au- douin , dont le travail sur cette partie du thorax est probablement perdue, et malheureusement ne viendra pas confirmer son assertion ; celle de quelques-uns de ses élè- ves, et des expériences dont les auteurs ne sont pas cités par M. Lacordaire, lesquelles sont contredites et infirmées par de nouvelles expériences faites par ce dernier. En sorte que l'opinion de Latreille, qui les regarde comme les ap- pendices des trachées postérieures du thorax paraît la mieux établie. Avant d'aller plus loin, je dois faire une observation; c'est qu'il est extrêmement important de répéter les expé- riences faites sur les insectes et de vérifier les assertions nouvelles émises par les auteurs, sans quoi on est fort ex- posé à laisser passer des erreurs. Il est très facile de se tromper en observant les parties extérieures de ces petits animaux-, nous en avons souvent la preuve en voyant les auteurs se contredire et se rectifier les uns les autres. S'il est si diflîcile d'éviter les erreurs en observant les for- mes extérieures, il est bien plus difficile de n'en pas com- mettre en interprétant les actions et les sensations de ces petits êtres. Nous devons donc désirer sincèrement que toutes les assertions nouvelles soient vérifiées plutôt trois fois qu'une, afin que l'on n'admette dans la science que des faits bien constatés. Je pense aussi que nous pouvons , sans manquer au res- pect qui est dû aux Princes de la science, examiner et dis- cuter les opinions qu'ils ont émises. Ils ont rarement à re- douter cet examen dont ils sortent presque toujours victo- rieux. Si quelquefois ils commettent une erreur, elie n'est jamais sans compensation, et ils restent toujours pour nous des hommes à part, estimés et révérés. DE I.A SOCIÉTÉ ENTOMOLOCxlQUE. 303 La principale objeclion sur laquelle s'appuient les parti- sans de l'opinion de Latreille est tirée de la distance qui sé- pare les points d'insertion des balanciers et des ailes, dis- tance beaucoup plus grande que celle qui existe entre les prvimières et les secondes ailes des Tétraplères. Mais si l'on veut bien regarder les insectes du genre Nemoptera, on voit que les deuxièmes ailes , réduites à une sorte de lanière très-étroite et fort longue, sont insérées aussi loin des pre- mières que le sont les balanciers; que le point d'insertion occupe sur le thorax une position analogue à celle du ba- lancier et que l'on pourrait dire que ces ailes sont de longs balanciers. Cependant \es Nemopiera sont bien des Névrop- tères pourvus de quatre ailes. Je ne crois pas que l'on doive dire que leurs secondes ailes sont avortées ; elles sont très- étroites, parce que le mélathorax est très-court , et qu'il n'offre pas de place pour la naissance d'une plus grande étendue d'aile. Il en est de même à l'égard des balanciers ; ces organes sont très-exigus; parce que le métathorax des diptères, au moins la partie apparente, est très-peu déve- loppée, ainsi que l'a très-bien observé Audouin. L'insertion du balancier, très-voisine du stigmate , ne me paraît pas une objection suflTisante pour empocher de le regarder comme une deuxième aile; car les nervures des vé- ritables ailes sont des tuyaux renfermant des trachées qui sont en conimunication avec les stigmates ; la distance plus ou moins grande de ces ouvertures respiratoires à la base de l'aile n'empêche pas l'air d'y arriver facilement et de se répandre dans les nervures ; on peut dire qu'il a un peu moins d'espace à parcourir pour se porter dans les balan- ciers qu'il n'en a à franchir pour arriver aux trachées des secondes ailes des autres insectes; c'est toute la ddlérence que présentent les deux positions. L'insertion du balancier donne lieu à une troisième oh 304 ANNALES jection. Cet organe, dit on, prend sa naissance sur le seg- ment médiaircqui appartient à Tabdomen et non au thorax, quoiqu'il lui soit contigu et étroitement uni. Mais qu'est- ce que le segment médiaire? D'après le passage de La- treille, que j'ai rapporté, c'est : « le demi -segment appelé communément mélathorax; » de plus, suivant ce célèbre entomologiste, l'abdomen des diptères est formé de cinq à neuf segments; si, à ce dernier nombre, on ajoute les trois segments du thorax on aura le nombre normal de douze, sans compter le segment médiaire qui doit être le métalho- rax ou bien l'une de ses parties. Ainsi, d'après Latreille même, les balanciers sont insérés sur le métalhorax. C'est effectivement ce qui a lieu, comme l'a déclaré Audouin. Pour s'en assurer, il suflit d'enlever l'abdomen à un diptère, au Leptis scolopacea, par exemple, et l'on voit que les ba- lanciers restent sur la partie apparente et trés-étroite du mélathorax, tout près de sa ligne de jonction avec l'abdo- men ; une autre partie du mélathorax plus considérable est cachée et enfoncée dans l'abdomen. Si on fait l'ablation de l'abdomen à la Sarcophaga carnaria, on voit de môme que les balanciers tiennent au mélathorax dont la partie cachée dans l'abdomen est beaucoup moindre que dans l'espèce précédente. Le balancier m'a toujours paru implanté sur le mélathorax dans toutes les dissections que j'ai faites. Il paraît donc, d'après ce qui précède, que les raisons al- léguées par Latreille ne prouvent pas d'une manière aussi évidente qu'il le pensait, que les balanciers ne représen- tent pas les ailes inférieures des autres insectes. Après les raisonnements je passe aux faits suivants, qui me paraissent jeter du jour sur la nature des balanciers. Si on saisit avec des bruxelles l'aile d'un Lepiis scolopa- cea mort récemment et conservant la souplesse de ses arti- culations, et qu'on la fasse mouvoir de haut en bas , on fait DE LA SOCIÉTÉ ENTOIMOLOCxIQUE. 305 aussi mouvoir le balancier correspondant ; l'expérience ré- pétée sur l'autre aile donne un résultat semblable-, ce qui prouve que les muscles agissant sur ces deux organes sont solidaires l'un de l'autre, et explique en môme temps pour- quoi les balanciers sont en mouvement pendant le vol. Mais il arrive aussi que les mouvements de ces deux orga- nes sont quelquefois indépendants, comme on l'observe lorsque l'insecte agite ses balanciers au repos. On doit en conclure que la voîcnlé de l'animal préside à ces diveis mouvements, et que nous ne pouvons pas les reproduire artificiellement avec toutes leurs variétés, ainsi que le fait rinsecte lui-même. En écrasant entre les branches d'une bruxelles les bou- tons un peu gros des balanciers de certains diptères, tels que ceux d'un Eristalis, du Tabanus bovinus, on eniend un faible craquement tel qu'en produirait une petite vessie remplie d'air qu'on crèverait. Cette expérience confirme l'opinion émise par Lalreille, que ces boutons vésiculeux sont susceptibles de recevoir plus ou moins d'air; qu'ils sont en quelque sorte des appendices dépendants des tra chées postérieures du thorax qui leur fournissent ce tluide. Ces boutons se llétrissent après la mort de l'insecte et pren- nent diverses formes qui ne sont pas celles qui existaient sur l'imimal vivant. Le craquement ne se fait pas entendre sur les espèces à petits balanciers, telles que la Mouche do- mestique, la Lucilia Cœsar, etc , probablement parce que le bouton ne contient pas assez d'air pour faire explosion sous la pression, ou parce que le bruit produit n'afïecte pas notre oreille. Si on examine à la loupe les balanciers un peu développés; tels que ceux du Dasypogon punctatus^ du lep- tis scolopacca, de la Stenophora atra, de la Lomatia latera- lis, qui est une assez petite espèce, on voit que cet organe est formé d'une membrane très-étroite comprise entre deux 30(> ANNALES petites côtes qui ont l'apparence de deux petites nervures. Ces nervures sont sensiblement éloignées l'une de l'autre à leur origine 5 elles se rapprochent bientôt jusqu'à se tou- cher, et finissent en s'écartantde nouveau par embrasser le bouton terminal comme le feraient les deux branches d'une pince. Il est probable que l'air arrive au bouton en passant par les neivurcs qui sont, à ce que l'on peut conjecturer, remplies par des trachées comme celles des véritables ailes. Les balanciers s'arrachent très-facilement, et l'on voit a leur base des appendices ou racines qui sont peut-être les épidêmes d'articulation signalés par Audouin, mais que la simple loupe ne permet pas de reconnaître et de décrire. Les considérations théoriques et physiologiques sont probablement insuffisantes pour décider la question des ba- lanciers j puisque les entomologistes sont encore incertains sur la nature et les fonctions de ces organes. Peut-être qu'en y joignant quelques faits donnés par l'expérience sur leur influence dans l'acte du vol, on parviendra à la déci- der ou au moins à lui faire faire un pas. C'est ce qui m'a engagé à faire des expériences pour m'assurer qui avait raison de M. Lacordaire , ou des entomologistes dont il a répété les essais avec un résultat entièrement diflérent de celui qu'ils ont annoncé. Voici les faits consignés dans mon journal et extraits d'un assez grand nombre d'expé- riences. Le 14 juin, j'ai enlevé un de ses balanciers à la C/iry.ço?»i/ia formosa. Elle s'est envolée aussitôt de ma table sur le ri- deau de la croisée. Replacée sur la table , elle a de nou- veau pris son essort, mais elle est tombée à terre avant d'avoir pu atteindre le rideau. Une troisième fois elle s'est envolée jusqu'au rideau. J'ai voulu la prendre-, mais elle m'a échappé et s'est envolée en se laissant tomber à terre. DE I.A SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 307 Elle y marche lentement, tristement, se laisse prendre et ne cherche pas à éviter le danger. Placée de nouveau sur la table, elle s'est élancée contre la croisée et s'est posée sur la traverse intérieure (i'(;ù elle a cherché à s'élancer, mais elle est tombée à terre. L'expérience a été commen- cée à 4 h. ; j'ai enfermé la mouche dans une boîte à 5 h. Ii2, le lendemain, à 5 h. du matin, elle était morte. Le même jour j'ai enlevé l'un des balanciers à une Sar- cophaga carnaria. Immédiatement après elle s'est envo- lée contre la fenêtre où elle s'est posée ; je l'ai excitée à prendre son essor ; elle s'est envolée, s'est soutenue quelque temps en l'air, puis elle est tombée à terre. Placée sur la table, elle s'est facilement envolée contre ia fenêtre où elle s'est posée sur un croisillon. Là j'ai pu l'observer à la loupe. Elle frotte fréquemment les tarses de ses pattes antérieures l'un contre l'autre, puis ceux des pattes de derrière l'un contre l'autre^ quelquefois les tarses intermédiaires contre ceux de devant^ elle lisse ses ailes en passant ses pattes postérieures dessus et dessous ; elle frotte avec l'une d'elles l'emplacement du lialancier supprimé-, il semble qu'il lui manque quelque chose de ce côté. On voit l'autre balan- cier faire de temps à autre de petits mouvements. On re- marque que les pelotes des tarses se gonflent et s'affaisent à la volonté de l'animal. Elles jouissent d'une extrême sensi- bilité ; le plus léger attouchement produit des mouvements précipités dans les derniers articles du tarse. On peut dire que pour elle le sens du tact réside dans ses pelotes. Je ne rapporte que ces deux expériences, les autres ne présentent aucun fait nouveau qui mérite d'être signalé. De leur ensemble il résulte que l'ablation d'wn seul balancier n'empêche pas la mouche de voler ; mais elle le fait moins bien, moins volontiers; elle sent qu'il lui manque quelque chose ; elle souffre et meurt après un temps plus ou moins 308 ANNALES long qui ne me semble pas dépasser vingt-quatre heures. Le 6 juin, j'ai enlevé les deux balanciers à une Lucilia cœ- sar et à une Sarcophaga carnaria. La première n'a pas es- sayé de s'envoler. La secon Je l'a tenté une fois; mais elle est tombée sur le dos sans pouvoir se soutenir en l'air. Elles se promènent toutes les deux sur la table, se laissent pren- dre et ne cherchent pas à s'enfuir. Au bout d'une demi- heure j'ai lancé la Sarcophaga carnaria; elle a volé jusqu'à la fenêtre, puis elle est tombée à terre. Le lendemain , j'ai répété la njéme expérience sur les mômes espèces. La Lucilia cœ^ar n'a pu se soutenir en l'air, soit qu'elle se soit précipitée d'elle-même du haut de la ta- ble, soit que je l'aie lancée; elle marche assez bien, tombe sur le dos assez souvent et tourbillonne dans cet.e attitude. La Sarcophaga carnaria reste dans une complète immobi- lité sur la table où elle est posée. J'ai mutilé de la même manière un Sargus cuprœus. Im- médiatement après l'opération il s'est envolé et est tombé à terre. Placé sur la table il s'est bientôt élancé jusqu'à la fenêtre où il s'est accroché à la vitre; il a répété une se- conde fois la même njanœuvre , mais à la troisième fois il est tombé à terre ; plusieurs fois il a voulu s'élancer de là et prendre son essor, mais il est toujours retombé sans pouvoir se soutenir. Replacé sur la table à côté de la Sarco phaga carnaria il est immobile et paraît aussi triste et ma- lade qu'elle. Je rapporte exprès l'expérience fournie par le Sargus cu- prœus, parce qu'il est le seul des diptères à qui j'ai sup- primé les deux balanciers, qui ait conservé la faculté de voler un peu et de fratjchir deux fois un espace de un mè- tre et demi environ ; les autres n'ont pas essayé de s'élever en l'air, ou sont tombés sur leur dos s'ils l'ont tente. Aucun des diptères que j'ai ainsi mutilés n'a survécu plus DE LA SOCIÉTÉ KNTOMOLOGIQUE. 309 de sept à huit heures à cette opération qui me paraît mor- telle et qui les empoche de voler, soit parce que la blessure est trop grave, soit parce qu'ils sont privés d'un organe es- sentiel au vol. Le 9 juin, j'ai écrasé les boutons des balanciers à un Eristalis de moyenne taille en les serrant entre les branches d'une bruxelle ( on entend un petit craquement à chaque boulon ). Après l'opération, VEristalisR essayé deux fois de prendre son essor, et deux fois il est tombé sur le dos. Placé sur une table il a voulu plusieurs fois s'envoler, mais il est toujours tombé à terre où il s'esi promené lentement et tristement. J'ai écrasé ensuite les boutons des balanciers à un Taba- nus bovinus (le craquement est ici très-sensible à chaque opération ); immédiatement après l'insecte s'est envolé con- tre la fenêtre, il s'est élancé de nouveau, a volé assez long- temps en donnant de la tête contre le carreau , puis il est tombé à terre. Il ^'est envolé une troisième fois d'un vol qui m'a paru soutenu et vigoureux; alors je lui ai enlevé les deux balanciers; dans cet état il est d'abord tombé sur son d'is, puis il a pris son essor et n'a pu arriver jusqu'à la fenôlre; il s'est reposé sur une chaise éloignée de un mètre environ de son point de départ. Placé sur une table, il a es- sayé plusieurs fois de s'envoler, mais il est toujours tombe sur le dos, quelquefois en tourbillonnant sur lui-même; il paraît triste et malade. Au bout de sept à huit heures il est à l'agonie. Le 14 juin, j'ai écrasé les boutons des balanciers à une Mouche domestique ( ici je n'ai pas entendu de craquement). Aussitôt après l'opération , elle a pa.s.s(> ses pattes posté- rieures sur ses hal-uiciers, puis elle a voulu prendre son es- sor, et est tombée sur le d.s; elle s'est mise à marcher; arrivée au bord de la table, elle s'est élancée et est tombée 2* Série, t. i. 22 Mi) ANNALES A terre ; elle a fait ensuite plusieurs tentatives inutiles pour s'envoler, à chaque fuis elle est retombée , le plus souvent sur le dos. Il résulte de ces expériences que l'écrasement des balan- ciers est une opération dangereuse pour les Diptères, que ceux qui sont très-vigoureux la supportent assez bien au premier moment, mais que les faibles en éprouvent un grand préjudice, et qu'elle les empêche de voler, probable- ment parce qu'elle paralyse ces organes et en empoche le jeu. Il est bien remarquable qu'une pièce aussi petite, qui au premier coup-d'œil semble accessoire, soit cependant aussi nécessaire à l'animal, et que son ablation et même sa mutilation l'empêche de voler et le fait périr promptement. Mais si on considère que le balancier est en rapport très- immédiat avec les stigmates postérieurs du thorax, qu'il est une dépendance des trachées, on devra le considérer comme faisant partie des poumons , organes que l'on ne mutile pas impunément chez les animaux. Les raisonnements et les faits qui précèdent semblent donner l'avantage aux entomologistes qui regardent les ba- lanciers comme les représentants des ailes postérieures, puisque ces organes sont tellement nécessaires à la loco- motion aérienne, que l'insecte ne peut plus voler lorsqu'il en est privé; mais il est possible d'ajouter de nouvelles pré- somptions à celles qu'on vient d'exposer en comparant les balanciers aux secondes ailes mômes. A cet efïct j'ai entre- pris les expérience suivantes. Le 20 juin, j'ai arraché une des ailes postérieures au nomhus terresiris (cette aile s'est détachée du corselet avec la plus grande facilité), aussitôt après il s'est envolé vers 1 » fenêtre et s'y est reposé un in.«tant, puis il a repris son essor et est tombé à terre, il s'est relevé immédiatement et s'est mis à voler contre la croisée avec beaucoup de facilité. UK LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 31 1 Il ne semble pas que la privation d'une aile le gêne beau- coup. Il marche le long des croisillons, et s'envole quelque- fois. Il est tombé à terre une seconde fois; il s'y est promené en courant rapidement et en faisant entendre un piaule- ment aigii, puis il s'est élancé de nouveau dans l'air où il paraît se soutenir avec facilité. II résulte de cette expérience que l'ablation d'une des ailes inférieures d'un Hyménoptère produit sur cet insecte le même effet que la suppression d'un des balanciers sur un Diptère. Le 3 juin, j'ai opéré la section des secondes ailes sur un Bombus , sur nne /inthophora et sur un Halictus. Aucun de ces insectes n'a pu se soutenir en l'air et voler. Le Bombus n'a pas essayé de prendre son essor; il n'a fait autre chose que de se promener sur la table. V Anthophora s'est élancé de dessus la table avec beaucoup d'ardeur, et est tombée à terre sur le dos-, elle s'est retournée et s'est mise à courir avec impétuosité en agitant ses ailes supérieures et faisant entendre un fort bourdonnement-, elle paraissait dans un grand état d'agitation. VHalictus est aussi tombé à terre, d'où il n'a pas cherché à s'envoler. Ces trois insectes, mis dans une boîte à cinq heures du soir, étaient morts le len- demain à pareille heure du malin. On voit ici que la suppression des secondes ailes produit le môme effet sur les Hyménoptères que le retranchement des balanciers sur les Diplèrea. Il me semble résulter de cet ensemble de faits et de rai- sonnements , que les balanciers remplissent exactement les mômes fonctions que les ailes inférieures, et qu'on doit les regarder comme des secondes ailes. Mais doit-on dire que ce sont des ailes rudimenlaires, des ailes avortées? Je ne le pense pas. On peut voir des ailes avortées en examinant celles de certains Carabiqucs, de cer- 312 ANNALES laines Chrysomèles. et Ton reconnaîtra qu'elles n'ont aucun rapport avec les Ij.-laiiciers, soit pour la forme, soit pour l'usage. Les balanciers sont des organes complets, indispen- sables au vol et à la vie de l'animal, remplissant parfaite- ment les fonctions pour lesquelles ils sont créés ; on remar- que même qu'ils se développent complètement lorsque les ailes restent chiffonnées par suite de quelque circonstance qui nuit à la dernière métamorphose ^ ce qui indique leur degré d'importance, car on sait que l'avortement de certai- nes parties, lorsqu'il a lieu, se porte sur celles qui sont les moins essentielles à l'existence de l'animal. Je ne pense pas non plus que l'on doive changer leur nom et leur donner celui d'ailes; car il faut des noms diffé- rents pour désigner des choses distinctes, et rien ne res- semble moins à une aile ordinaire qu'un balancier; mais dans des considérations générales et philosophiques sur la classe des insectes, on peut dire que ceux qui composent l'ordre des Diptères sont pourvus de quatre ailes aussi bien que ceux qui font partie des autres ordres pourvus d'ailes. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 3l3 V HISTOIRE DES MÉTAMORPHOSES DU Choragus Sheppardi et du Xyletinus hederœ. Par M. LÉON DUFOUR. ( Séance du îiS Octobre 1843. ) L'épigraphe des Annales de notre Société est pour moi une garantie de l'accueil indulgent que feront mes collè- gues à l'Histoire des métamorphoses, jusqu'ici inconnues, de deux très-petits coléoptères encore peu répandus dans nos collections. Cette étude ne s'est pas faite sans de gran- des dilTicultés. Epreuves de patience, précautions scrupu- leuses, recherches suhliles, rien n'a été épargné pour m'as- surer par des isolements, par des séquestrations rigoureu- ses de l'identité spécifique de larves, ayant à peine deux ou trois millimètres de longueur, et vivant souvent en com- munauté de domicile avec d'autres larves de cette taille, mais d'espèces différentes. Que d'embarras, que d'hésita- tions pour assortir ces larves à leurs nymphes respectives et pour constater la légitimité des naissances des insectes par- failsl Que de soins, que de sollicitudes pour saisir les con- ditions propres au maintien, au développement du premier 314 ANNALES âge de ces Coléoptères, pour consigner dans un journal les phases, les évolutions de leur triple vie, enfin pour amener à une heureuse issue de semblables éducations! Mais aussi que de satisfaction, que de bonheur dans le succès. L'un de ces coléoptères, le Choragus, appartient à la sec- tion des Tel ramères, l'autre, \e X^^lelinus, à celle desPenta- mères. Exposons séparément ces deux histoires. CHAPITRE I. HISTOIRE DU Choragus. Dans les premiers mois de 1842, j'enfermai dans un bo- cal des tiges sèches d'aubépine ( Cratœgus oxyacantha L. ), où j'avais reconnu de petites larves lignivores appartenant à diverses espèces, et en juin de la môme année j'obtins , entr'au très Coléoptères, le Choragus Sheppardi. La décou- verte d'une espèce nouvelle pour ma collection, avait bien quelque prix à mes yeux, mais j'étais surtout préoccupé de l'idée de me livrer à l'étude particulière des métamorpho- ses de ce petit insecte. L'occasion s'en présenta en 1843. En mars et avril je me mis à élaguer, d'une vieille haie d'aubépine de mon jardin, une foule de branches mortes qui, à mes yeux, devinrent pleines de vie et bien précieuses par les diverses larves que j'y découvris, et notamment par celles du Choragus, dont j'ai été assez heureux de suivre les développements successifs. 1° Larve. Larva apoda-, cephala , acera, ovato-oblonga, incurvo-ha- mata, alhido vix fîavescens, parce villosa, plicalo-rugosa; pseudopodis sccr mammœformibus, in thoracis segmeniis; DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 3 1 5 posticè obtusa, inermis. Long Smill., hab. in ligno emor- tuo ramorum Cratœgi oxjacanlhœ. Cette petite larvo à texture souple et tendre est courbée en hameçon ou en G à la manière de celles des Lamellicor- nes et de plusieurs Curculionites. Elle a plus d'épaisseur à la région thoracique, ce qui l'a fait paraître bossue. Son corps , au lieu d'offrir un nombre déterminable de seg- ments, a des plis transversaux, des rides qu'il est impossi- ble de compter et qui sont loin d'être régulières ou unifor- mes. Toutefois, dans des cironsfances favorables, je lui ai trouvé le nombre normal de segments, c'est-à-dire douze. Le microscope y décèle des poils très-fins et assez longs qui sont rigoureusement rendus par la figure. Tête ronde, convexe, velue, inclinée en bas, à bord oc- cipital entier, souvent en évidence. Quoique de la couleur du reste du corps, elle a néanmoins une consistance cor- née. Nulle trace d'antennes ni d'yeux malgré l'existence d'un petit point noir de chaque côté, près de l'angle anté- rieur. Epistome transversal , linéaire. Labre un peu plus que demi-circulaire, cilié. Mandibules brunes, robustes, triangulaires, à pointe bifide. Mâchoires oblongues sémi- cornées, hérissées, sans lobe interne n)arqné. Palpe maxil- laire subterminal, cylindroide, lie deux articles, dont leba- silaire plus court. Livre peu distincte ou rudimentaire. Peut-être a-t-elle éhidé mes recherches , et il ne faut sans doute pas considérer comme telle une place cornée, brune, appliquée au milieu de la face inférieure 'de la tête, en forme d'écusson arrondi en arrière et tronqué en avant, sans aucun vestige de palpe labial. Segments thoraciques ne se distinguant des autres que par plus de grosseur et d'élévation. Le premier plus latg(! que les suivants, en forme de plaque un peu plus consis- 316 ANNALES tante. Point de pattes articulées, mais il existe trois paires de pseudopodes Ihoraciques de texture tégumentaire, ré- tractiles, énormes, de configuration variable suivant leur degré de contraction, tanlôt conoïdes, tantôt en forme de mamelon dont le bout semble articulé au centre de celui- ci de manière à pouvoir y rentrer. C'est là une de ces mo- difications organiques intéressante à constater, parce qu'elle forme la tendance des pseudopodes aux véritables pattes articulées. La portion de la larve correspondant à l'abdomen s'atté- nue à peine en approchant du bout postérieur. Celui-ci est très-obtus, entier et sans aucun appendice. La larve du Choragus se trouve en assez grande abon- dance dans les branches mortes et à demi-pourries de l'au- bépine. Elle habite isolément une galerie simple, droite ou à peine courbe, creusée dans le liber pour les grosses bran- ches et pénétrant l'axe même pour les rameaux de petites dimensions. Elle s'y nourrit de la substance môme du bois qu'elle ronge petit à petit, et elle doit être fort sobre, puis- que dans les quatre ou cinq mois de son existence comme larve, sa galerie n'acquiert pas plus de 7 à 8 millimètres de longueur. Aux approches de sa transformation en nymphe, son instinct la porte à ronger sa cellule de manière à faire aboutir celle-ci h l'écorce où l'insecte ailé pratique un trou rond pour prendre son essor. Par l'absence de pattes articulées et d'antennes, comme par sa courbure en hameçon, et ses habitudes lignivores, la larve du Choragus a la plus grande ressemblance avec celles de plusieurs Curculionites dont Ratzeburg, dans son bel ouvrage (1), a représenté un assez grand nombre, et en particulier avec celle du Brachylarsus varius, Schoenherr, t<; Kaizeiuirg, Die Forsl. iiis. elc, loin, i, lab. 4 ei 5. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQI E. 317 genre qui, dans la méthode naturelle est contigu au Cho- ragus. Ces mômes traits le rapprochent aussi des larves de quelques Xylophages, notamment du Bostrichus (1). 2o Nymphe. Nympha nuda, ohroluta, ovata, ohtusa, albida ; capite ro- tundo inflexo; anlennis redis } prothoracis dorso anticè pilis bulbosis parce ciliato ; abdominis apice truncato, utrinque tentacuto biartkulato ter minato. Long., 1 1jimill. Hab. in larvœ ioculo Ugneo. ta larve, au moment de sa transformation, perd sa cour- bure, devient un peu raide et immobile. Nymphe d'un blanc à peine jaunâtre, à nu dans la galerie. Tête ova- laire inclinée sur le sternum ; antennes débordant le thorax par leurs derniers articles , insérées au-devant des yeux ; mandibules écartées. Prothorax bordé en avant par quel- ques poils bulbeux (huit), et une touffe divergente de ceux- ci à l'union du mésothorax avec le métathorax. Elytres ployées à l'ordinaire avec quelques traces de stries et dé- bordées à leur bout par les ailes. Segments de l'abdomen distincts, le dernier terminé par deux tentacules conoides biarticulés Pattes emmaillotées, les quatre antérieures seules en évidence; les postérieures montrant seulement une partie des tarses au bout des ailes. La transformation nymphale commence vers la fin d'avril, mais ce n'est guère que dans la seconde quinzaine de mai que les yeux sont distincts et colorés. Le Coléoptère se mon- tre dans tout le courant de juin. (<) Ralzebnrg, Die Forsl ins. elc, l. i, lab i4, fig. l-i4. 318 ANNALES 3° Insecte parfait. Choragus Sheppardi, Kirby, Linn., trans. xii. 448. Pi. xxii. Fig. 14. — Ex Slephens catal. ins. brit. p. 142. Àlticopm Galeazii, Villa, ex Dejean, cat. p. 259. Ovalus, convexus,, nigro-piceus ; capile thoraceque subtilis- sime punctato - scabriusculis ; eîytris strialo- punciatis. Long ,1 - 2 1/2 mill. Hah.ramos emortuos Cratœgi oxya- canthœ in Galliameridionali-occidentali. (Sl.-Sever). Je ne connais aucune description de cet insecte que je vois seulement cité dans les catalogues de MM. Stephens et Dejean. La première fois qu'il me tomba sous la main je crus, en le jugeant sur son faciès, sur ses antennes termi- nées par trois articles plus gros et courts, enfin, sur ses tarses de quatre articles, qu'il appartenait au genre Cis de Latreille. Le trait singulier de sauter comme une Altise, me détermina à lui donner l'épithète provisoire de saliitans, et je le communiquai, sous celte dénomination, à mon ami M. Aube, qui m'apprit son véritable nom. Je vais essayer de le décrire. Tête enchâssée dans le prothorax, jusque près des yeux, comme celle du Tropideres , finement et uniformément ponctuée, chagrinée au microscope, à museau très-court , presque nul, tronqué en avant. leux ovales, assez grands, à réticulation granuleuse. Antennes insérées sur la face, près du bout inférieur des yeux, grêles, plus longues que le corselet , de onze articles ; les deux premiers beaucoup plus grands, renflés en massue irrégulière ou plus convexes en dessus qu'en dessous, roussâtres; les six suivants, petits, ovales dans l'insecte desséché, allongés dans les individus DK LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 319 vivants, munis de chaque côté d'un poil microscopique; les trois derniers brusquement plus gros , subglobuleux , hérissés de poils, constituant une masse oblongue subper foliée. Èpisiôme fort petit, demi-circulaire, roussâtre , corné, membraneux, cilié. Mandibules robustes, cornées, simples, entières, pointues, tranchantes. Mâchoires oblongues, co- noides, pointues, cornées quoique blanchâtres, débordant un peu le côté externe des mandibules, coudées, cambrées en arrière, avec un lobe interne, oblong, cilié, inséré près du coude. Palpes maxillaires nuls ou inaperçus. Ce trait négatif est si exceptionnel que, vu la petitesse des parties et malgré des explorations fort multipliées, je me défie encore du témoignage de mes sens. Cette forme conoïde insolite de la mâchoire dépassant beaucoup son lobe interne, est sans doute ce que Latreille a appelé pro- cessus palpiformis dans V Anthribus, insecte delà même fa- mille que le Choragus, mais il parle aussi des palpes maxil- laires , et je ne les vois pas dans le Choragus. Ce même processus et l'existence d'une articulation au coude, arti- culation qui permet à la mâchoire d'exécuter un mouve- ment de totalité en avant et un mouvement de connivance de sa pièce conoïde vers sa congénère, m'avaieut fait pen- ser, et je ne renonce pas à cette idée, que \e proces^sus tenait lieu de palpe. Je n'y ai pas, il est vrai , saisi avec la plus forte lentille du microscope, même sur l'animal vivant, la moindre trace d'articles. Seulement, j'ai reconnu au côté externe trois longs poils ou soies qui pourraient bien être les indices vestigiaires et survivants d'articles soudés complètement. Ce serait ici une de ces transitions orga- niques que j'ai si fréquemment constatées dans mes re- cherches entomotomiques. Lèvre courte et large, échancrée. Palpes labiaux de trois 3-20 AINNALES articles, dont le terminal grêle, subuliforme, munis de longs poils externes assez raides. Cor^e/ef ayant le môme pointillé que la tête, à côtes ?ir- rondies, abord postérieur droit , immarginé. Ecusson ex- cessivement petit , ponctiforme, enfoncé. Elytres avec une teinte moins foncée, brièvement pubes- centes à une forte loupe, avec huit stries ponctuées, à points assez gros, recouvrant des ailes. Po«es le plus souvent d'un brun leslucé; cuisses plus foncées; tarses courts, de quatre articles, l'avant dernier profondément bilobé , velu spongieux en dessous; ongles courts avec un petit crochet ou une dent vers le milieu de leur bord interne; cuisses postérieures un peu plus fortes. Le Choragus Sheppardi varie beaucoup pour sa grandeur ainsi que je l'ai indiqué. Il se tient le plus souvent immo- bile contre les branches d'aubépine. Quand il marche, il étend ses antennes. Il se dérobe par un saut brusque lors- qu'on veut le saisir. J'ignore de quoi il se nourrit. J'ai été témoin de son accouplement. Le mâle, plus petit, est monté, cramponné sur le dos de la lemelle et se laisse ainsi remor- quer par elle. Nota. J'avais terminé cette histoire du Choragus, et j'étais àmême de l'expédier à Paris, lorsque m'est arrivé \Q.\o\\im(i Au Dictionnaire universel d'histoire nature/le ôin^é par M. DOrbigny, où je trouve sur ce Coléoplère un article anonyme qui ne rend pas superflu ce que j'en ai dit. L'auteur, résumant, s.uis doute, les caractères gé- nériques de Kirby, avance que les palpes sont presque se'tace's. 11 y a là un abus étrange de la valeur consacrée des termes ou inadver- tance du copiste. En substituant subuh's à se'tace's, on serait dans le vrai. On laisse subsister toutes mes incertitudes sur les mâchoires et leurs palpes. Le chaperon (épisiome) loin dêlre long, comme il est dit dans cet article, est au contraire fort court, Irès-petii, demi circulaire. Je ne comprends pas une semblable erreur. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 321 Quant à la composiiion des tarses, il ne faut pas être l'ort-clair- voyant pour constater les quatre articles qui les forment et j'ajoute une figure qui en confirmant celte composition me dispense d'au- tres détails. Le très-petit ai licle, reconnu par rauleur anonyme, est le troisième à forme bilobee et en cœur, garni de brosses en dessous. Le Clioragus dans la méthode naliirelle, rentre évidemment dans la famille des y/nthribites et se trouve à sa place dans le catalogue de M. le comte Dejean. CHAPITRE II. Histoire du Xyletinus. En avril 1 843, je recueillis dansle but principal d'obtenir le Xyletinushederœ, desilgessèches de Werre (f/edera hélix, L.), où j'avais constaté l'existence de diverses larves de Coléop- tères. Je ne décrirai pour le moment que celle du Xyletinus dont j'ai soigneusement observé les métamorhoses. 1" Larve. Larva hexapoda , hemicephala, acera, oblonga incurvo-ha- mata, albida^ rare villosa, distincte segmentata, posticé oblusa, inermis. Long. 4-5 tnill. Hah. in ramis emortuis flederœ. Elle a la forme, la couleur, la texture délicate de celle du Choragus, mais elle en diffère énormément par l'existence de six pattes articulées et par ce dernier trait, ainsi que par beaucoup d'autres elle se rapproche de celle des ^wo- bium (I). (I) La larve de r^no^priniait alors, il fonda le genre Xyletinus pour quelques espèces de Ptiliiius d'illiger, notam- luent pour les P. bucep/talns, lœvis, et hœmonhoidalis. Plus lard, en 1810, dans ses considûations générales, etc., il assigna une place définitive au Xyletinus i\dins> sa famille des Pliniores, et c'est sur le Ptilinus lœvis d'illiger, qu'il regardait alors comme repré- sentant mon espèce, qu'il l'établit. Maintenant l'espèce d'illiger est- elle réellement celle dont je fais connaître les métamorphoses? Je n'ai point à ma disposition l'ouvrage d'illiger, et malgré toute ma conliance dans le tact exquis de Latreille, je demeure encore dans le doute. Du reste, je ne vois nulle part décrite l'espèce dont le nom est simplement inscrit dans le Catalogue de M. Dejean, ce qui ne fait pas autorité irrécusable. M. le comte de Casteinau, dans son Hist. nat. des ins. Coléopt. ( édit. de P. Duménil, i8*0, ) décrit six espèces de Xyletinus- et ne mentionne pas la nôtre. (1) M. Blondel, entomologiste distingué de Versailles, a commu- niqué à M. le comte de Casteinau, un Dorcatoma hedeiœ qui diffé- rerait du dresdense par l'absence des deux stries latérales des élytres et par la couleur jaune testacée des palpes et des pattes. Le silence de M. de Casteinau ( b. c. ) sur la couleur et la composition des an- tennes, qui, le plus souvent sont invisibles dans l'animal mort et la conformité de l'habitat avec le Xyletinus, éveillent, je ne saurais le dissimuler, mes doutes sur la légitimité de ce Dorcatoma. J'engage ces savants collègues à sacrifier quelques individus pour s'assurer de la structure des antennes. J'ai moi-même, lors des premières naissances de mt?, Xyletinus, dont plusieurs ont la taille du Dore, dresdense, commis l'erreur de croire que c'étaient des femelles du Dore, hedtrce de M. Blondel, mais une étude plus scrupuleuse m a détrompé. DK LA SOCIETE EN lOMOLOGIQUE. 325 tenues des deux sexes sont de onze articles, eu scie au curé inlerne, à partir du second, tandis que dans le Dorcatoma les antennes n'ont que neuf articles dont , dans les mâles, les trois derniers seuls forment une masse à trois dents en scie. Tête du Xyletinus large, enfoncée jusqu'aux yeux dans le prothorax et inclinée sur la poitrine Veux ovales arrondis, avec une fort petite échancrure interne, noirs, largement séparés l'un de l'autre. Insertion des antennes suj)érieure tout près de l'imperceptible échancrure des yeux. Ces filets articulés, roussâtres, velus au microscope, plus longs que le corselet, très-déliés. Leur article hasilaire gros, irrégulière- ment ovalaire; le second conoïde; les huit suivants avancés au côté interne en dents de scie ; le dernier ou terminal ovale, elliptique. Si, dans l'étude microscopique de l'an- tenne, celle-ci ne présente que sa tranche dorsale, sa struc- ture apparente est des plus insidieuses, parce que les pro- longements dentiformes des articles ne paraissent pas. Epistôme demi-circulaire, velu. Mandibules à pointe bifide ou bidentée. Palpes assez saillants, roussâtresj le dernier article des maxillaires plus long que celui qui le précède, nullement sécuriforme, mais oblong, tronqué, avec l'angle externe delà troncature plus saillant. C'est ainsi du moins qu'il paraît sur l'insecte soumis vivant au n)icroscope; il se défigure par la dessication. Article terminal des palpes la- biaux remarquable par sa grosseur, sa largeur, sa tronca- ture dont l'angle externe est aussi un peu prolongé. Corselet ou prothorax déclive et dilaté sur les côtés, dont le bord inférieur est détaché, libre pour abriter les antennes dans le repos. Cette déclivité offre de chaque côté en ar- rière comme une dépression, et de là cette légère gibbosilé qui confronte à l'écusson Celui-ci, grand vu la petitesse de l'insecte est arrondi , presque demi-circulaire. 2c Série, t. i. 23 :V26 ANNALl'S Elytrcs sans aucune Irace de stries et u'offraut, à une puissante loupe, un pointillé subtil que là où le duvet soyeux a été enlevé. Vers le niilieu de leur bord basilaire, se voit une saillie (humérale) confrontant à une moins pro- noncée du corselet. /*a«/es courtes, roussâlres, à cuisses parfois noires. Tar ses à articles courts, dont le dernier plus lar^ se termine par deux petits et faibles crochets simples. Le Xyletinusse transforme en insecte ailé dans sa galerie pendant tout le courant de juin. Il y demeure plusieurs jours pour y prendre de la consistance, puis il perfore l'écorce d'un trou rond pour s'envoler. Sa marche est vive, rapide, et ses antennes sont souvent dans un mouvement vihratile. Lorsqu'il est surpris, il contrefait le mort en con- tractant et appliquant ses pattes contrôle corps, absolument comme les Jnobium, les Dorcaloma, etc. Il est rare en pleine campagne, et je ne l'ai jamais rencontré que sur les feuilles du fisuier. Explication des fiçjurcs de la j) tanche XL toutes fort grossies. N". I. 1 . Larve du Choragus Sheppardi, vue tle côté pour mettre en évidence ses pseudopodes thoraciques. 2. Mesure de sa longueur naturelle. 3. Sa tète isolée où l'on voit le crâne, l'épistôme, le labre, les mandibules et les mâchoires. 4. Une mâchoire isolée avec son palpe maxillaire. 5. Plaque ou rudiment de la lèvre. 6. Un p.seudopode détaché, mammiforme avec un boni articulé. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE ^27 7. Portion de branche d'aubépine pour mettre en évi- dence une galerie dans le liber avec sa larve, et une galerie vide aboutissant à l'écorce. 8. Nymphe vue par la région dorsale. 9. Nymphe vue par la région ventrale. 10. Mesure de sa longueur naturelle. 11. Antenne isolée du Choragus, pour voir sa forme et sa composition. 12. Mandibule isolée. 15. Mâchoire avec son lobe et son processus palpiformis. \A. Lèvre et palpes labiaux. 15. Un crochet des tarses, bifide ou bidenté. i5a. Un tarse détaché pour mettre en évidence sa com- position. N". II. 16 Larve du Xylelinus hederœ, (1) vue de co(é pour mettre en évidence ses pattes. 17. Mesure de sa longueur naturelle. 18. Portion antérieure de cette larve, vue par la région dorsale, pour mettre en évidence sa tôte hémicéphalée, dont la moitié postérieure est enchalonnée dans le premier segment thoncique et marquée par une série de points, son épistôme, le labre, les mandibules, les mâchoires. 19 Mandibule isolée. 20. Mâchoire isolée avec son lobe à cils sp.Uhulés, son palpe maxillaire, 21. Lèvre et palpes maxillaires isolés. (i) C'est par erreur que la planclie xi, n. 2, porte le nom de Ochina hederœ, il faut lire Xyletinus hederœ. 328 ANNALES 22. Une patte détachée pour faire voir sa composition. 23. Nymphe vue par sa région ventrale. 24. Mesure de sa longueur naturelle. 25. Portion d'une branche de Uerre ouverte pour mettre en évidence une galerie renfermant la larve. 26. Antenne isolée du Xyleiinus pour mettre en évidence sa forme et sa composition. 27. Mandibule de cet insecte. DE KA SOCIETE ENTO^iOLOGIQUE. 329 MONOGRAPHIE DU GENRE ELAPHOCERA, r;ir ['. HAÎMBUR, iloctciir en incdccinc. ( Séance du 2iî Octobre 1843.) Le genre Leptopus avait été créé par^Latreille , dans son Gênera, pour l'ordre des Hémiptères; depuis, M. le comte Dejean, dans le catalogue de sa collection ( 3'- édition), ap- jiliqua de nouveau ce nom à des insectes de la tribu des Mélolonlhiiies, et qui font le sujet de cette monographie. IM. Gêné a fait disparaître ce double emploi en remplaçanl cette dénomination par celle d' Elaphocera ; il a, de plus, tait connaître une nouvelle espèce particulière à l'île de Sardaigne , qui , avec les deux espèces du catalogue du cjmle Dejean et le il/e/o/owf/ta longitarsis d'illiger, élevait le nombre des espèces connues à quatre. Depuis M Eri- chson a publié une très-bonne monographie de ce genre, dans laquelle il décrit six espèces; eu y ajoutant les quatre espèces que j'ai découvertes dans le midi de l'Espagno, une cinquième rapportée du môme pays par M. Ghiliaiii, trois de l'Algérie, une autre de la Turquie d'Europe, et une dixième de Sardaigne; leur nombre se trouve presque tri- plé, et j'ai pu décrire seize espèces, parmi lesciuoUes, la malaceensix , la dilatata et peut-être la numidica, me pa- raissent un peu douteuses, n'ayant pu examiner qu'un seul individu de la première et de la dernière, et n'ayant pas vu la seconde. Cependant quoi(iue l'accroissement des espèces de ce genre suit considérable, je suis bien loin (]c reg;irdcr 330 ANNALES cette monographie comme complète, et je pense que les es- pèces à découvrir sont encore plus nombreuses ; en cfTet, si l'on considère que !e midi de l'Espagne a fourni six es- pèces particulières à des localités différentes (je ne sais si la denticornis du catalogue de M. Dejean se rapporte à une des miennes), qu'il y en a une autre du Portugal, plusieurs de Sardaigne, delà Turquie d'Europe et de l'Afrique, on concevra facilement, combien doivent être nombreuses, les espèces d'un genre répandu sur une aussi vaste étendue de pays, puisque l'Espagne, dans un rayon de trente à qua- rante lieues , a pu fournir six espèces ; il faut en outre remarquer que le midi de l'Italie et la Sicile, la Grèce, la partie africaine concernant surtout le royaume de Maroc et la plus grande partie de l'Atlas, n'ont encore fourni aucune espèce, quoique tout porteà croire qu'ils doivent être aussi riches que les pays cités plus haut. Les différentes espèces d' Elaphocera ont les plus grands rapports les unes avec les autres, et sont souvent fort dif- flciles à distinguer; elies sont presque toutes particulières à des localités très-restreintes, aussi la connaissance de la localité, comme dans certains genres d'Hétéromères, peut- elle aider beaucoup à leur détermination ; la forme de l'é- chancrure de l'épistôme lorsqu'elle existe, la longueur de la massue des antennes, la forme du troisième article et la longueur relative des articles des tarses sont les meilleurs caractères pour y parvenir. Ces insectes ont des rapports avec le genre Melolontha, mais surtout avec la Leocœta alopex de Fabricius et la La- gosterna flavofasciata du comte Dejean qui pourraient être réunies dans le même genre, et aussi avec un autre insecte qui se rapproche beaucoup de ceux-ci; la Sebaris palpa/is de M. Delaporte, tous particuliers au cap de Bonne Espé- rance, et paraissant avoir à peu près les mêmes mœurs que DE LA vSOCIÉTÉ EÎNTOMOLOlUQlJK. 33l les is/ap/iocera, mais leurs femelles, du moins celle de la Léo- cœta, est ailée (1); celte espèce, comme le Bedeaui, s en- fonce rapidement dans le sable. D'un autre côté, les Elaphocera se lient à un assez grand nombre de genres, dont deux surtout plus rapprochés et encore peu connus^ le premier est indiqué dans le catalo- gue du comte Dejean, sous le nom de Dasysterna. Ces in- sectes n'ont que cinq articles à la massue des antennes dans les deux sexes; le mâle a les quatre tarses antérieurs dila- tés et munis de brosses de poils, dont le second et le troi- sième articleaux deux premiers tarses sont presque ovoido- sphériques; les mômes tarses , ou seulement les prenùers, sont aussi un peu dilatés chez les femelles (2 . Dans un autre (r) J'ai V» un individu dans la collection du marquis de Brème, cpii me parait èue la femelle de Valopex] elle est plus petite (jue le mâle, et la massue des antennes est aussi plus petite; elle est moins velue et les élytres sont d'un jaune roussàtre; les ergots sont moins dilatés. (2) Dasysterna barbara, Dejean. Mous. Nigra.infrà pilosa;capite rugosopunctato; thoraoe brevi, lorliter grosseqnc punclalo, lateribus postioeque rolnndalo, pilis niarginalo; scutello magno, sub-rotundato; elytris paulo dilatatis, basi ihorace sub-anguslioribus, grosse punctatis, pnnclis ad margi- mem cxleriorcMi minoribus, densioribus, ferrugineis; pedibns ni- gris, tibiis posticis in medio dilatato-compressis. Fœmina. Alata crassissi/na ; elytris basi aiignslioribus breviori- biis, poslicè rotnndatis, obscurioribiis. Côte de Barbarie. Communiqué par MM. Clicvrolatoi r.oirbe. Dasysterna canariensis, mihi. Mas? Picca, infrà dilutior, sub-uvala, lata depressa; eapile punc- lalo, anticè sub-margiiiato reflexo; aniennis flavis; tlioraoe parvo iransvcrso, lateribus rotundalo, grosse punclalo, pilis niarginalo ; sculello kevi nilido, sub-cordifurnii ; elytris pii cis, sublùs poslicè dilatatis, anlicè llioraeis laliludine, obsolète subrugoso-punclalis. 3;^2 ANNALES genre trè-; près de cehii-ci, auquel j'ai donné le nom d\i/r- tia(l)i les mâles ont les quatre tarses antérieurs, fortement dilatés, tandis que les femelles ont ces tarses tout-à-fait grê- les ^ les onglets, dans ces deux genres, sont bifides, et l'épis- tôme moins arrondi que chez les Elaphocera, et le labre est échancré, ce qui indique une bouche parfaite et pouvant serv^ir à la manducation. M. Erichson réunit dans une petite famdie ou groupe, sous le nom de Pachypodes, les genres Pachypus, Elapho- cera et Jchloa, dont les caractères de la bouche sont a peu i^ibba hiuneraii obovala laevi ; libiis anlicis obsolète tiifidis, poslicè anle apiceiii angusiaiis. Habile l'île de Ténéiiffe. Dasysterna Reichii , mi/ii. Fceminn. Minor, nigro-picea, sub-aplera, sublùs |>aulo giiseo- pilosa; capite niagno, siib-rolundaio, margine reflexosiniialo, anlicè sub-emarginato , rugoso-punctatissinio, anlennis piceis; ihorace lato, subrolundalo convexe, punolis iiolato ciliato, angidis anlicis sub-pioduclis oblusis, reflexis, poslicis iol\indalis; elyliis poslicè lotundaiis, anlicè thorace paulo angustioiibus, laieribus elliplicis nec sinualis, pnnciis aspersis, sub-siriatis vei obsolète plicatis, ab- doniiiic brevioribus ; larsis anlicis subdilalatis, siiblîis pilisbrevibus congeslis, iisdeni libiis einarginalis. Découverte dans les environs d'Athènes Communiquée par M. Reiche. (i) ArtIA CARTAGINENSIS, mihi. Mas. Elongata, sub-cylindrica, nigra, infrà piiosa; capile rugoso- punclalo, anlennis clava flava ; prolhorace sparsim punclalo, laieri- bus rolundalo, poslicè sub-bisinuato el in medio paulo producio, «ilialo; ejylris sub-rugosis vel sub-plicalis, quibnsdani slrigis obso- letis, punclalis, nigris, basi laliludine Iboracis, hic sub-dilatatis el lateribns sub-roiundaiis, debinc aiiennaiis, poslicè rotundalis; pe- dibus piceis, libiis anlicis acuie trifidis, larsis quatuor anticis, arii- culis tribus niediis teslaceis sub-iolundaiis. Fœininii. Major, crassior, aiala ; leuioribus libiisque poslicis cras- sioribus, iisdcjn larsis brevioiibus. Indiquée de Tunis et comniuni(iuée par M. Reiche. DE 1 A SOCIÉTÉ KNTOMOLOGIQUE. 333 près semblables, c'est-à-dire qu'ils ont tous une bouche im- parfaite, mais ces caractères négatifs se retrouvent chez d'autres espèces fort éloignées des Elaphocera, et je crois que ceux-ci se rapprochent d'avantage des Leocœta, Lagos- terna et Pasysterna, que du genre Pachypus [Cœlodera , Dej . , cat., 3'= édit.), et surtout que du genre Achloa, qui, n'ayant que trois articles à la massue des antennes, parait plutôt se rapprocher des Rhisotrogus; toutefois je pense que le nom- bre des lamelles de la massue n'est peut-être pas le carac- tère le plus important, mais il doit être pris en considéra- tioQ ainsi que la forme des onglets des tarses; je crois du reste qu'il est difTîcile de réunir, dans un groupe bien cir- circonscrit, les Elaphocera et les genres voisins, mais dans ce groupe devraient certainement entrer les genres Leocœla, Lagosterna, Seharis et Dasysterna , etc., car le plus ou moins de développement de la bouche n'est pour moi qu'un caractère secondaire 5 s'il en était autrement, il faudrait donc dans les Lépidoptères, éloigner du genre Sesia l'espèce appelée apiformis, parce que sa spiritrompe est presque nulle, tandis qu'elle est bien développée chez les autres; tout au plus peuf-on en faire un genre. Genre ELAPHOCERA, Génc. Leptopus, Dejean. Melolontha , lUiger. Tète ayant l'épislôme grand, allongé, lout-à-fait arrondi et plus ou moins rebordé en avant, convexe inférieurement; bouche ayant ses diverses parties peu développées et impro près à la manducation ; labre étroit, entier, obtus ou pres- que arrondi à l'extrémité ou un peu tronqué; mandibules trigones ou pyiamidales, épaisses à la base, velues, tout-à- fait simples ou ayant de très-petites saillies pointues ou obtuses; maxillaire pf)rtant un palpe long, de quatre articles 334 ANNALES (iont le dernier, le plus long, n'ayant ni l'osselle, ni impres- sion, le pénultième plus long que le précédent , le premier le plus court, et une mâchoire rudimentaire, simple, varia- ble pour la forme; lèvre étroite, plus ou moins obtuse ou tronquée, hérissée, ses palpes ayant le dernier article beau- coup plus long que le précédent, et le premier à peine sen- sible ; antennes de dix articles, dont sept en forme de la- melle-, le premier, en forme de massue très courte, très- souvent renflée et ayant presque une forme triangulaire ; le troisième, souvent dilaté vers son milieu, dilatation qui se prolonge souvent en une pointe plus ou moins longue; tibias antérieurs tridentés, les autres dilatés; tarses grêles, longs ; onglets profondément incisés, à division inférieure plus courte, ayant la base un peu saillante, mais non dentelée. Ces caractères sont pris sur les mâles. Les femelles ont les palpes plus courts et plus épais, leurs antennes ont la mas- sue beaucoup plus courte, avec le même nombre de lamelles, mais qui peuvent être inégales-, elles ont les pattes plus épaisses, beaucoup plus courtes et leurs onglets différents, ayant seulement une dentelure en dessous ou étant pres- que bifides. Ces insectes se rapprochent pour la taille des Rhisotro- gus, mais ils sont plus lisses et plus brillants, revêtus sur- tout en dessous d'un duvet peu épais, mou, d'un jaune roussâtre ou d'un gris jaunâtre; leur forme est épaisse et assez large, oblongue ou ovoïde, leurs tarses sont très- grèles. Ayant décrit très-minutieusement le Bedemi que je consi- dère comme le type, il devient inutile de donner plus de dé tails sur leur forme générale. J'ai réuni dans le tableau suivant les principaux caractè- res qui distinguent les espèces. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOI.OGIQUE 335 Prothorax entièrement noir. ^. a- m 336 ANNALES -a" » rots — Soi- — s I s '^ — • •o-n sa o ^ X 3 » S"CT5 _. tB (B y C a ^ BCfQ S. C 3 S S S— t^3 "" C o a, c .2 ç.g? eu 3-fB 3" ■^ 2 " 2 3 o s; 3 2 ^ § s 3iS-W E.3 &.=:.2. . 05 "- s; 3 tt> S; 3 2 <^ Coq 2-re 2 s. -i -! o a. M 2. M 3 o» c3 — 2 ■=>■ •-; ?^ :i. D C a as 3 ^ £ ro-o 3iS 3 C tî C •a ■ g. 2. 2 ^' • -î S" "- 3 • ™ O (35 '-i-i-S: as r P =• c -1 ■"- 3 £ 2 î* 2. '^rë'o o'S £■»• s ^S o c c Û3 fia ;? -! 3 !K 5' ^ 3 =. 2.^ 3 » CB as c« as " = a;-S £ C fB-? S' 3 B'K. S'a 3« re o s: 2.= 3 o. 3 o O ! = ■ S Eu"'" o 3 3 3 PS 3 s ^j os «•" Se P g c ri 5-3 o fB 2 fB «B (B os S S 3 i- -fB = 1 C3 3 m-" •a — — • 03 3 tB-3 2 3 05 r^OS O DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 337 A. Epistôme peu ou pas échancré. 1. Elaphocera. Bedeaui, Erichson. (PI. 12,nOi,fig. 1,2, a, 6, c,d,e,f.) Mas. Suprà nigro-picca, nitens, infrà testacea, villom; pro- thorace testaceo marginato ; antennarum clava flava pal- pis maxillaribus magnis mullo minore , articula tertio mulico. Faemina. Jptera, hrevis, crassa., clau a antennarum lamella prima brevissima; epistomatc suh-punclato. Erichs., Entomogr., i, p. 37, n° 1 . Dejean, Catal., éd. iii, p. 176. Leptopus Bedeau. Mâle- — Très-variable pour la taille, les individus inter- médiaires égalant à peu près !e Rhisotrogus solstitialis ; d'une couleur testacée, noirâtre ou noire sur le thorax, la tête, la partie postérieure de l'abdomen et les élytres. Tète ayant l'épislôme fortement déclive, médiocrement large, sinué sur les côtés postérieurement, déprimé, presque excavé, ar- rondi antérieurement où il est fortement rebordé et très- légèrement échancré , marqué de points enfoncés assez gros, nombreux postérieurement où il s'unit avec l'épicràne par une partie élevée, très-rugueuse, couverte de poils ser- rés, dirigés en arrière, presque couchés, roux, formant une bande transverse presque divisée en deux faisceaux ^ épi- crâne ponctué, presque lisse postérieurement; palpes maxil- laires très-longs; le dernier article cylindrique, grêle, le double plus long que le précédent; le même des labiaux trois fois aussi long que les deux précédents, grêle, un peu épaissi dans son milieu ; antennes ayant la massue assez longue, à peu près aussi iongue que les autresarticles réunis. 338 ANNALES beaucoup plus courlo que les palpes maxillaires, formant postérieurement une saillie assez forte après son articulation avec le troisième article ; celui-ci moins long que le premier, pasbeaucoupplusiongque le second. Prothorax à peu près, deux fois aussi large que long, lisse, très-luisant, glabre, légèrement ponctué, surtout antérieurement et postérieu- rement , rétréci antérieurement, ayant en dessus , de cha- que côté, plusieurs dépressions variables, dont une posté- rieure plus marquée, mais quelquefois nulle; bords ciliés de poils roussâtres, les latéraux un peu plus saillants dans leur milieu, arrondis, le postérieur doublement sinué, assez saillant dans son milieu qui est arrondi, ayant une dépres- sion de chaque côté; angles postérieurs arrondis mais bien sensibles, les antérieurs obtus; côtés ayant une large bor- dure testacée, couverts en dessous ainsi que le reste de la poitrine , d'un duvet cendré roussâtre. Ecusson noirâtre, couvert de poils jaunes antérieurement. Abdomen large, épaiS;, plus large que le prothorax, noirâtre ou noir à l'ex- trémité, couleur qui s'avance en dessous et sur les côtés, presque jusqu'à la base, pubescent; pénultième pièce dorsale finement rugueuse à la base, avec des points épars, dernière légèrement ponctuée à la base de chaque côté, ayant la forme d'un cône très-court. Pattes ayant les cuisses assez épaisses, surtout les postérieures qui sont très-larges, velues, tibias antérieurs larges, presque palmés ou très fortement tri- dentés extérieurement, comprimés, ayant à l'extrémité in- terne une épine longue, articulée, comprimée, obtuse, noire; les mêmes tarses, grêles, longs, ciliés de poils ru- des, à leur extrémité, le premier et le dernier les plus longs, à peu près égaux , les trois autres allant en dimi- nuant de longueur du premier au dernier; tibias intermé- diaires comprimés, allant en se dilatant vers l'extrémité, qui est large, tronquée obliquement, avec le bord très-sail- DE LA SOCIETE ENTOiMOLOGIQUE. 339 lanl extérieurement où il est cilié d'épines minces inégales ; cùlé externe ayant deux faisceaux de cils raides dont un moyen placé sur une crête; côté interne un peu hérissé; extrémité interne ayant deux épines longues, comprimées, llexueuses, obtuses , en forme de lanière, plus courtes que le premier article du tarse; celui ci plus long que l'anté- rieur, ayant le premier article plus long que le dernier, ce- lui-ci de la longueur du second, les trois intermédiaires allant en diminuant du premier au dernier; tibias posté- rieurs beaucoup plus fortement dilatés que les intermédiai- res, nullement étranglés après leur milieu, également tron- qués à l'extrémité dont le milieu est plus saillant que le bord externe, et cilié de petites épines comprimées plus courtes, les deux épines du bord interne, plus courtes, ob- tuses; tarses un peu plus épais que les intermédiaires, à peu près de la même longueur, ayant le prem.ier article proportionnellement un peu plus court, et les deuxième, troisième et quatrième un peu plus longs; onglets larges, comprimés, courbés, échancrés à l'extrémité qui est divi- sée par une profonde incision, ayant la division supérieure plus longue, pointue, l'inférieure obtuse. Elytres un pou dilatées avant leur milieu, retrécies pos- térieurement, arrondies sur les côtés, glabres, luisantes, un peu rugueuses surtout vers le bord interne, finement et assez fortement ponctuées, ayant quatre à six sillons lon- gitudinaux médiocrement marqués, géminés avec l'inter- valle entre chaque paire un peu élevé et quelques autres obliquos, à peine ou pas sensibles; bord interne ayant un sillon et une côte saillante plus marqués; bords latéraux ciliés de poils courts, raides, un peu rougeâtres. Femelle. — Epistôme et thorax non ponctués, palpes beaucoup plus courts; antennes plus courtes avec la mas- sue beaucoup plus coune, plus large, ayant la première la- 340 ANNALES melle plus courte que les autres, Tibias intermédiaires et postérieurs plus courts, plus épais 5 tarses beaucoup plus courts, surtout les antérieurs et les postérieurs; onglets plus étroits, ayant une dent peu sensible dans leur milieu (ne paraissant pas denticulés à la base, comme le dit M. Ericlison). Elytres plus courtes, plus arrondies, plus larges postérieurement, lisses chez les gros individus et sou- vent rousses ou d'un jaune roux, couleur de poix et sillon- nées chez les petits; ailes réduites à un petit moignon. Abdomen plus épais. Cet insecte est très abondant autour de la baie de Cadix et dans l'île Gaditane où il habite le sable des dunes dans le mois de février, mais on ne le rencontre que dans des cir- constances particulières, se tenant pendant le jour enfoncé dans le sable. De môme que pour les Cehrio gigas et xan- thomerus, c^est par la pluie et pendant le jour que l'accou- plement a lieu J'ai été assez heureux pour être une fois témoin de ce fait : je me trouvais le long d'un bois de pins ; à peine la pluie tombait-elle depuis quelques minutes, que j'aperçus plusieurs Bedeaui volant vivement de côté et d'au- tre ; bientôt le nombre augmenta rapidement, et comme je me bâtais de lessaisir avec un filet à papillons, tout à coup, je vis, s'agilant sur le sable, des paquets du même insecte sur lesquels se précipitaient une foule d'autres individus. Au milieu de chacun de ces paquets était une femelle qui était sortie du sable et avec laquelle une grande quantité de mâles cherchaient en môme temps à s'accoupler, de manière qu'elle était complètement enveloppée. Sans me donner la peine de les observer, je ramassais promptement ces pa- quets que je jettais dans mon filet ; car à la rapidité avec la- quelle la scène se passait, on pouvait prévoir qu'elle ne durerait pas longtemps. En etïet, la pluie ayant cessé au bout de quelques minutes, quel ne fut pas mon étonnement DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. 341 de voir disparaître subitement toute cette tourbe d'insectes, je cherchais eu vain de tous côtés, pensant découvrir des femelles, mais tout était rentré dans le sable comme par en- chantement; il ne restait plus que quelques individus es- tropiés qui n'avaient pu se cacher. La fécondation avait- elle eu lieu dans un espace de temps si court? ou plutôt la femelle rentre-t-elle dans le sable avec un mâle plus heu- reux que les autres , et qui peut alors la féconder sans trou- ble? C'est ce que je n'ai pu vérifier. En fouillant dans le sable, je découvris quelques mâles ; peut être que ceux-ci volent le soir comme les 31elolonlha et les Rhisotrogus , car j'ai souvent rencontré des individus morts. Les lieux où ils se trouvent, composés de sable à peu près pur, sont cepen- dant remplis de genêts ou de pins. Les femelles diffèrent en- core plus entre elles pour la grosseur que les mâles; j'en ai vu d'aussi grosses que le Melolontha vulgaris ^ mais plus courtes, et elles étaient alors presque jaunes, surtout sur les élytres. 2. Elaphocera. MAURiT.iiMCA , mihi. Mas. Suprà nigro-picea, nitens , infrà obscure testacea, vil- losa ; clavd antennarum (lava palpis maxillarihus longis paulo minore, articulo tertio mutico cjlindrico. Mâle 7- Un peu plus petit, que le Bedeaui, ou h peu près de la laille des individus moyens de cette espèce et lui res- semblant beaucoup. Epistôate sensiblement plus large, un peu plus fortement ponctué antérieurement, ayant les bords moins sinués postérieurement; palpes plus épais, plus courts; antennes ayant la massue un peu plus longue, mais un peu plus courte que les palpes maxillaires avec le (roi sième article muni d'une saillie ;^ peine sensible dans son ^^ Série, T. i. 24 342 ANNALES milieu, après laquelle il n'est pas notablement dilaté. Pro- thorax étroit, un peu plus arrondi sur les côtés, plus étroit, plus sinué et plus saillant postérieurement avec les an- gles postérieurs plus arrondis , moins saillants , marqué (le points plus gros et disposés plus régulièrement sur tout(; la surface; noir en dessus. Ecusson plus arrondi à l'extré- mité. Pattes un peu plus courtes; le premier article propor- tionnellement beaucoup plus court; tibias antérieurs moins latges, moins sensiblement trifides extérieurement et don? la première dent est plus sensible, ayant l'épine de Textré- milé plus courte; tibias intermédianes plus étroits, un peu étranglés avant l'extrémité, ayant les deux épines de l'ex- trémité beaucoup plus courtes; second article des mômes tarses à peine aussi long que le dernier ; pattes postérieures présentarit à peu près les mêmes difïérences. Elytres moins lisses, ayant une ponctuati(>n plus forte et surtout plus serrée. Femelle- — ( Je ne puis èire certain qu'elle appartienne bien à cette espèce). Présentant des différences plus grandes que le mâle; plus allongée, plus étroite après le prothorax. Epistôme fortement ponctué, plus large; dernier article des palpes plus longs, plus grêles ; massue des anten- nes moins épaisse, n'ayant qu'une lamelle plus courte que les autres. Prolhorax assez fortement ponctué; dernier seg- înenl de l'ab lomen assez fortement ponctué à la base, moins obtus à t'extréinifé; métathorax plus étroit. Tibias anté- rieurs ayarji des dents moins saillantes; dtrnier article des iïièines tarses plus long, un peu plus long que le premier; onglets fortement bifides, tandis qu'il n'y a qu'ui;e très pe- tite dentelure médiane dans ie Bedeani. Elytres plus étroites surtout à la base, dilatées postérieurement où elles sont tout à fait arrondies. Habite l'Algérie, où il parait èln' assez commun, mais DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 343 je ne connais pas sa localité précise, MM. Doue et Lu- cas m'ont communiqué plusieurs individus tout-à-fait sem- blables. 3. Elaphocera malaceensis, mihi. Mas. Suprà nigro-picca, nilcns, infrà obscure testacea, vil- losa ; antennarum clava flava palpos maxillares longos œquantevel subsœquante, articula tertio mutico cylindrico- Mâle. — Tout-à-fait semblable au mauritanica ; massue des antennes sensiblement plus longue, à peu près aussi lon- gue que les palpes maxillaires, dernier article de ceux-ci un peu plus court Pattes notablement plus courtes, sur- tout les intermédiaires, dont le premier article parait un peu plus long, tandis que les trois suivants, surtout, sont plus courts. Ne possédant qu'un seul individu, je ne puis être certain que ces différences ne soient pas accidentelles. Je l'ai trouvé à U (in de l'automne dans les parties sablonneuses de la plage de Malaga en Espagne; je suppose qu'il se montre surtou! pendant l'hiver comme le Bedeaui. A. Elaphocera numidica, mihi. Mas. Suprà niffrn-picea, nitens, infrà testacea, villosa ; an- tennarum clava flava palpis maxillaribus minore , articula tertio dilatata, securi forme. Mâle. — A peu près de la taille du mauritanica auquel il ressemble extrêmement; anletmes jaunes ayant au troisième article une saillie dans son milieu qui le rend triangulaire, ou en forme de hache, dont la partie large se trouve appli- 344 ANNALES quée contre la première lamelle de la massue, tandis que cette partie n'est pas sensiblement dilatée chez le maurita- nica. Elylresd'un ferrugineux obscur, un peu plus rugueu- ses ; tout le reste semblable. Habite l'Algérie. Je n'ai vu qu'un seul individu qui m'a été communiqué par M. Doue, chef de bureau au minis- tère de la guerre. 5. EL4PH0CERA i.ONGiTARSis, Iltiger. Msa Suprà nigro, nitens, infrù fusco-ferruginea, villosa ; antennarum clava magna flavapalpis maxillaribus majore tàs lungc villosa ; antennis clava magna flava palpo inaxillari longiorc^ articula tertio mucronaio. Erichs.. Eniomoffr., i, p 39, n° 7. Mâle — Corps oblong , médiocrement convexe, noir brillant, couvert en dessous de longs poils gris. Antennes testacées, ayant une pointe au troisième article plus ou moins sensible, avec la massue plus longue que les palpes maxillaires-, tête fortement po[ictuée, rugueuse, pubes- cente; front hérissé de poils longs, épistôme arrondi, entier. Prothorax un peu plus étroit que lesélytres, arrondi sur les côtés, plus étroit en avant , ayant ses angles postérieurs presque arrondis , légèrement convexe transversalement , 346 ANNALES marqué d'une ponctuation assez serrée. Elylres légèrement dilatées et arrondies postérieurement, médiocrement con- vexes , ayant une ponctuation serrée et quatre doubles stries peu sensibles, d'un brun de poix, brillantes. Pattes couleur de poix. Cette espèce que je ne connais pas et dont j'ai traduit la description d'après M. Ericiison, babite la Macédoine, _^et a été envoyée par le docteur Frivaldjsky, sous le nom de Me- lolontha hiemalis. 7. Elaphoceha obscura, Gént. (PI. 12. NoI, fig. 3). Mas. Brevis^ lala, picea vel picco-testacea, subtàs t^illosu ; an- tennis clava magna flava palpo tnaxillari longiore, articula tertio spina longa annato. Gêné, Ins. Sardin., p. 29, n" 19, t. 1, fig. 20. Erichs., Entomogr., i, p. 28, n" 3. Mâle. — Les plus gros individus égalant à peine les plus petits du ^erfmm^ plus court, plus épais postérieurement, où il est plus large, ayant presque une forme ovoïde, plus velu, plus obscur en dessous. Tête rugueuse couverte de points très-serrés, lisse postérieurement; épistôme moins déclive, plus court ; palpes maxillaires beaucoup plus courts, le dernier article presque oblong; antennes ayant la massue très- grande, mais un peu moins que chez le longilarsis, et un peu moins courbée; premier article fortement renflé et hérissé d'une toufîe de poils ; le troisième courbe, ayant avant son milieu une longue pointe atteignant ou dépassant le milieu de la massue , formant avec le reste de Tarticle un ellipse ; mandibule se prolongeant en une pointe saillante sur les côtés du labre. Prothorax beaucoup plus étroit, ar- Di: LA SOCIETE ENTO.^IOLOGIQlIi:. 347 rnnli sur les côtés, ayant les angles postérieurs luut- à-lait aiTondis, marqué de pointsépars, entièrement d'un noir lui- sant, cilié de poils longs et épais sur les côtés, plus élroitan- térieurement que postérieurement ; mésothorax plus étroit, très- velu en dessous- Abdomen larçre, obscur en dessous, noir à l'extrémité en dessus, ayant le dernier article pres- que circulaire. Pattes d'un ferrugineux obscur, noirâtre, noires à l'extrémité des articles des postérieures; tibias beaucoup plus étroits, les antérieurs, bien moins dentés, ayant la première dent presque nulle, presque trigones, les autres foitement étranglés avant l'extrémité, ayant leurs épines courtes ; tarses plus courts, les intermédiaires n'ayant f)as le premier article sensiblement plus long que le dernier, les postérieurs ayant le second aussi long que le premier, ïïlytres formant par leur réunion un ovale tronqué , un peu dilatées dans leur milieu , moins retrécies après, d'un teslacé obscur ou d'un noirâtre ferrugineux plus ou moins l'oncé, plus foncées sur le côté externe, couvertes de points un peu plus gros, beaucoup plus réguliers et distincts, ayant trois doubles stries longitudmales et l'apparence d'une quatrième avec des intervalles plus étroits et plus élevés, doublement ciliées à leur bord externe de poils plus longs, moins nombreux. Femelle. — Ne la connaissant pas, je traduis ici la des- cription de M. Erichson. Presque ovale , très-convexe , d'une couleur testacée, avec la tète et le thorax plus obs- curs; poitrine couverte de poils plus courts-, onglets ayant dans leur milieu une forte dent. Cette espèce m'a été envoyée par le professeur Géné^ elle habite l'île de Sardaigne, où elle rst fort commune, mais je De connais pas sa localité précise. T'.S ANNALES 8. Elaphocera dilatata, Erichson. Mas. Picea , infrh villosa ,• antennis cla{>a magjia obscura palpo maxillari longiore , articula tertio spinn lons;a armato ; fronte late bi- impressa. Erichs., Entomogr., i, p. 39, n" 4. Mâle. — Corps court, dilaté postérieurement, convexe, couleur de poix, couvert en dessous d'un duvet gris; pro- thorax, écusson et ély très très-glabres. Antennes testacées, ayant au troisième article une épine longue ; massue obs- cure, plus longue que les palpes maxillaires; palpes testacés devenant au sommet couleur de poix; tête ayant le vertex lisse; front marqué de deux larges impressions, couvert de points enfoncés, gros et serrés; épistôme rugueux, marqué de gros points, entier, pubescent ; prothorax plus étroit que les élytres, fortement arrondi sur les côtés, plus étroit anté- rieurement, doublement sinué à la base, avec la partie moyenne bien saillante, et les angles postérieurs arrondis, du double plus large qu'il n'est long, légèrement convexe transversalement, marqué de points fins, épars, noir bril- lant ainsi que l'écusson; élytres un peu plus larges que le thorax à la base fortement dilatées et arrondies un peu après leur milieu, ou elles sont le double plus larges que le tho- rax, légèrement convexes, fortement ponctuées, marquées de quatre doubles stries longitudinales peu sensibles, dont celle près de la suture, plus enfoncée , disparaissent posté- rieurement, luisantes, d'un brun roux obscur. Partie posté- rieure de l'abdomen, en dessus, d'un noir de poix, finement ponctuée et légèrement velue; dessous du corps d'un brun roux. Traduction du texte de M. Erichson. Cette espèce habile la Sardaigne, et se trouve dans la col- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGlQUi:. 3,0 lection de M. Schùppel. Elle pourrait bien n'être qu'une v;j- riété de Vobscura, qui est très-variable pour la largeur, et dont la tôle présente quelquefois l'apparence de deux im- pressions. B. Epistôme plus ou moins fortement échancré. 9. Elaphocfra gkanatensis, mihi. Mas. Picto-ferriis,inen ; subtàs villosa ; antennarum, clava jiava palpos maxillares subœquante , articulo tertio submu- cronatoj prothoracesuhrotiindato, fernigineo, suhmarginato; elytris (estacco-ferrugineis. Mâle. — Un peu plus gros que les petits individus du be- deaui, mais plus court , plus ovale, ayant le dessous couvert de poils plus nombreux, d'un jaune roussâlre. Tête ponc- tuée , rugueuse, hérissée après l'épistôme , ceiui-ci plus court quechez le Bedeaui, ayant antérieurement une échan crure assez forte, étroite, en forme de V; premier article des antennes plus fortement renflé, plus court, le troisième plus long, ayant une très-petite pointe avant son milieu , massue un peu plus longue ou à peu près de la longueur des palpes maxillaires-, dernier article de ceux-ci ovoïde, oblong. Prothorax étroit, presque circulaire, peu sinué pos- térieurement, ayant les angles postérieurs tout à-fait arron- dis, les antérieurs presque aigus et un peu saillants, beau- coup plus quechez le Bedeaui ; bords ayant de longs poils dont les supérieurs sont dressés; surface marquée de points assez gros, pas très-serrés, noir, un peu nuancé de ferru- gineux sur les côtés; mésothorax très-velu en dessous, d'un ferrugineux un peu obscur ainsi que le leslc de la poitrine; écusson plus large et plus court. Abdomen large et court. 350 ANNALES d'un testacé l'errugineux antérieurement , noirâtre posté- rieurement où il est assez fortement ponctué en dessus, dernier segment supérieur presque circulaire. Pattes ferru- gineuses, ayant les tibias antérieurs peu dentés, les autres étroits, assez fortement étranglés; tarses beaucoup plus courts, surtout les quatre postérieurs; les intermédiaires ayant le premier et le dernier à peu près égaux; les posté- rieurs très-courts , ayant le premier, le second et le cin- quième égaux; onglets plus larges et plus courts, presque divisés de la môme manière. Elytres un peu plus ovales, marquées de points plus gros, un peu rugueuses, ayant les intervalles des stries peu élevés. J'ai pris un seul individu de cette espèce dans les monta- gnes des environs de Grenade en Espagne ; elle volait au soleil. 10. El\PHOCERA BARBARA, mihi. Mas. IVigro-picea , subliis grist o-viUosa ; anlennis ciai>a nigra palpos maxillares œqnante ; urliculo lerlio rnulico vel snbmii- cronato. Maie. — A peu près de la taille du Bedeaui, d'un noirâtre ferrugineux , couvert en dessous de poils d'un cendré jau- nâtre. Epistôme large, peu déclive, formant avec Pépicràne une surface à peine courbe, mais non un angle obtus comme chez le Bedeaui, très-fortement ponctué, rugueux et cha- griné , rebordé avec une échancrure antérieure large, ce qui le rend cordiforme, fortement sinué à sa base sur les bords, légèrement velu; épicrâne fortement ponctué, chargé de poils peu serrés; palpes d un brun ferrugineux plus ou moins obscur, les maxillaires assez longs, avec le dernier iu-ticle presque oblong, les labiaux atténués à l'extrémité : DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 3j1 jjntennes d'un brun ferrugineux ou couleur cJe poix , plus pâles à la base, ayant le troisième article un peu épaissi et légèrement mucroné au milieu, disposition qui est plus ou moins sensible , avec la massue à peu près de la longueur des palpes maxillaires, ou un peu plus longue, courbe. Pro- Ihorax plus étroit que chez le Bedeaui , un peu plus sinué postérieurement et plus saillant , ayant do chaque côté, un peu avant ie milieu^ un enfoncement étroit et une ou deux impressions peu sensibles , et les rudiments d'un silloîi moyen, longitudinal, surtout sensible au milieu, couvert d'une ponctuation assez forte, pas très-serrée; légèrement rugueux ou ayant une autre ponctuation très-fine, visible à une forte loupe; côlés et angles postérieurs tout-à-fait ar- rondis; beaucoup plus rétréci en avant qu'en arrière. Ecus- son presque lisse. Elytres d'un noirâtre un peu ferrugineux ou couleur de poix, ayant le bord externe moins arrondi à la base que dans le Bedeaui, moins rétrécies à l'extrémité , plus parallèles, non dilatées, paraissant, vues par en dessus, de la même largeur à la base que dans leur longueur, for- tement ponctuées, ayant quatre doubles stries peu mar- quées, plus fortement ponctuées, avec les intervalles assez élevés et une ligne élevée le long de la suture. Partie pos- térieure de Tabdomen , en dessus, légèrement ponctuée, ayant des poils épars très-longs. Pattes à peu près aussi longues que chez le Bedeaui, mais la longueur relative de^ articles des tarses différente; tibias antérieurs presque aussi fortement trifides , un peu plus longs , les autres un peu plus longs, bien plus étroits, surtout les postérieurs, étranglés avant leur extrémité, ayant leurs épines plus courtes; tarses antérieurs plus longs, surtout les deuxième, troisième et quatrième articles , les intermédiaires un peu moins longs, avec U; premier article beaucoup plus court; :i'>2 ANNALES p(3Stérieurs à peine aussi longs, ayant les trois premiers ar- ticles à peu près égaux. Cette espèce habite l'Algérie , mais j'ignore sa véritable localité. Elle y a été découverte par M. Lucas, un des mem- bres de la commission scientifique de l'Algérie. M. Doue m'a aussi communiqué un individu de celte espèce. 11. Elaphocera sardoa , mihi. Mas. Pan>a, nigro-picea, subtàs villosa ; antennis clava nigri^ cante palpo maxillari majore ; art Iciilo tertio spina annalo •vel mucronato. Mâle. — De la taille du carieiensis et lui ressemblant beaucoup ; noir ou couleur de pois. Tôte bien plus profon- dément ponctuée, rugueuse, velue ; épistôme fortement échancré, beaucoup plus que chez le carteiensis , moins re- bordé; palpes maxillaires ayant le dernier article oblong, un peu plus court et un peu plus épais; antennes ayant la massue bien sensiblement plus longue, plus grêle, courbée, brune avec la première lamelle jaune, un peu plus courte ; troisième article ayant bien avant son milieu, une pointe assez longue, mais moins que dans le granatensis . Prolho- rax étroit, marqué de gros points, plus serrés que chez le carieiensis, paraissant glabre en dessus. Ecusson plus al- longé. Abdomen ayant la partie postérieure maïquée de points assez gros, médiocrement serrés. Tarses à peu près semblables, un peu plus longs. Elytres ayant des points plus distincts et moins serrés. Cette espèce se distingue de suite du carteiensis ^ par l'é- cbancrure de l'épistôme et la pointe du troisième article des antennes J'ai reçu un individu de cette espèce de M. Villa , DE LA SOCIETE ENTOMOLOfxIQTTE ;V);î conroiidue avec Vobscura , el un second de M. Spinola , comme Vobscura de M. Gêné, mais qu'il croyait être le denticornis de la collection du comte Dejean. La dent du troisième article des antennes éiani un caractère commun à plusieurs espèces et celle appelée ainsi par M. Duluur, ayant été prise en Espagne, est probablement différente du sardoa^ peut-être se rapporte t-elle à mon granaiensis. 12. ElAPHOCERA HISPALENSiS, mifli. Mas. Parua, atro-picea, subtàs villosa ; antcnnis clava nigra palpo inaxillari hrevi longiore , articula tertio mucronato' pri thurace fortiter punctato. Mâle. — Ressemblant extrêmement au sflrrfoa, et à peu près de la môme taille. Tête ayant la ponctuation plus ser- rée , plus irrégulière ; épistôme un peu plus profondément échancré; massue des antennes bien sensiblement plus courte, moins courbée, entièrement brune; dent du troi- sième article peu sensible, placée plus près du milieu. Pro- Ihorax ayant la ponctuation assez serrée, notablement plus que chez le carteiensis ; ponctuation de l'extrémité du ventre en dessus, grosse, plus serrée. Pattes ferrugineuses à l'extrémité, ayant les quatre tibias postérieurs plus forte- ment étranglés avant rextrémité; tarses plus grêles , les intermédiaires ayaiit le premier et le dernier article égaux, les postérieurs, le second et le dernier les plus longs, à peu près égaux. Klytres ayant la ponctuation plus serrée et les intervalles des doubles stries assez élevés, en partie d'une couleur testacée obscure. J'ai rencontré cette espèce volant en plein jour dans les environs de Séville. 35-4 ANNALES 13. Elaphocera. bysantica, mihi. Mas. Minnna, nigricans; antennis claua nigra palpo maxillari longiore , articulo tertio spina armuto ; thorace leviter piinc- tato, glabro. Mâle. — Un des plus petits du genre-, noirâtre, couvert en dessous de longs poils roussâtres. Tète ayant l'épislôme assez déclive, largement rebordé avec une échancrure an- térieure, médiocre, large ; ponctué, rugueux, pubescenl \ frotit tiès-ponctué, hérissé; palpes d'un noirâtre un peu ferrugineux \ les maxillaires assez longs; antennes couleur de poix, ferrugineuses à la base, ayant au troisième article une pointe longue placée un peu avant le milieu; massue très-grande, courbe, plus longue que les palpes maxillaires. Prothorax d'un noir luisant , assez étroit , arrondi sur les côtés, avec le bord postérieur peu sinué, peu saillant dans son milieu , ayant les angles postérieurs presque arrondis, marqué d'une ponctuation assez grosse, peu serrée ; bord postérieur et celui des angles déprimés, tinement et forte- ment striés, ponctués, bordés de poils longs, roussâtres. Ecus- son assez grarsd, déprimé, recouvert par des poils ; dessous de tout le corps d'un noirâtre ferrugineux luisant; partie postérieure de l'abdomen en dessus, ayant quelques points larges, peu enfoncés, peu velue. Pattes d'un noirâtre ferru- gineux, ayant la première dent des tibias antérieurs insen- sible, les autres tibias peu dilatés, assez fortement étranglés avant l'extrémité-, tarses assez longs, les antérieurs ayant le premier article plus court que le dernier, et les posté- rieurs ayant le premier plus court que le second, celui-ci de la longueur du dernier. Elytres un peu dilatées après leur base, paraissant dilatées après leur milieu, vues en dessus, d'un testacé ferrugineux obscur sur les côtés, forte- DE LA SOCIETE ENTOMOrOGIRUE. 855 menl poncluées et un peu rugueuses, ayant les doubles stries assez maniuées et leurs ititervalles p'îu élevés. Celte espèce habite le Roum-Ili. dans la Turquie euro péeniie, où elle a été découverte par M. Frivaîdjski. J4. Elaphocera churianensis, mihi. ÎMas. Minima, atro-ferruginea ; antennaruin clai'a nigricante palpo maxiltiri longiore, articulo tertio spina longa arinato ; thorace grosse puncialissimo, villoso. Mâle. — Un des plus petits du genre ; d'un noirâtre fer- rugineux. Tête ayant le front et l'épistôme velus, marqués de points très-gros et très-serrés; celui ci fortement re- bordé avec une échancrure antérieure large ^ profonde , en lorme de V très-ouvert ; massue des antennes très-grande, plus longue "que les palpes maxillaires, noirâtre, le reste de l'antenne d'un jaune testacé \ troisième article muni d'une puinte assez longue un peu avant son milieu ; palpes maxil- laires ayant le dernier article oblong, d'un noirâtre ferru- gineux, les autres plus pâles. Prothorax assez large, ayant les côtésarrondis et saillants dansleur milieu, avec le bord posté- rieur un peu sinueux, assez saillant dans son milieu, et les angles postérieurs assez arrondis, bordés et recouverts d'un duvet gris roussàtre; marqué d'une ponctuation très grosse et très-serrée, beaucoup plus que dans les autres espèces. Ecusson allongé, ponctué. Pattes d'un noirâtre ferrugineux, â peu près comme chez le bjsantica- Dessous du corps cou- vert de poils d'un gris roussâlre. Elyiris d'un brun ferrugi- neux, larges, marquées de points gros et serrés avec les intervalles des doubles stries un peu élevés Habite les environs df >Ialaga, d'où il a été rapporte [>ar IM. Ghiliani. 35G ANNALES 15. Elaphocera CARTElENSrs, mihi. Mas. Pan>a ; otro-picca, subtàs thorace que villosis • antennis clava fusco -Jlavescente palpo maxillari longiore, articulo tertio miitico, vel suh-mucronato. Mâle. — De la taille des petits individus de Vohscura; d'un noirâtre un peu ferrugineux. Tôle fortement ponc- tuée, hérissée; épistôme médiocrement déclive, très-forte- ment rebordé antérieurement où il présente une échancrure large, assez profonde chez un individu, mais, chez un autre, à peu près comme chez les individus dnBedeaui^ où elle est le plus sensible et alors moins rebordé ; premier ar- ticle des antennes, renflé, hérissé^ troisième long, de la lon- gueur des deux premiers, ayant une petite saillie en pointe un peu avant son milieu; massue grande et épaisse, un peu courbée, plus longue que les palpes maxillaires, ayant la première lamelle plus courte que les autres , d'un brun roussâtre; dernier article des palpes maxillaires oblong. Prothorax assez étroit, presque circulaire, marqué de gros points médiocrement serrés . médiocrement sinué posté- rieurement avec les angles postérieurs tout-à-fait arrondis, couvert de poils longs, peu serrés, plus épais sur les bords, noir en dessus, mesothorax couvert en dessous de poils d'un gris roussâtre. Abdomen noir à l'extrémité en dessus où il est marqué de points très-nombreux et très-fins , mé- langés de plus gros, ayant des poils longs peu serrés. Pattes ayant les tibias antérieurs médiocrement dentés, les autres assez longs, étroits, étranglés avant l'extrémité; tarses assez courts, les intermédiair(>s avec le premier article un peu plus long que le dernier; les postérieurs ayant le second, le troisième et le dernier à peu près de la même longueur. DE LA SOCIETE ENTOMOLOCxIQUE 357 Elytrcs rugueuses, marquées de points plus gros que chez le Bedeaui, peu réguliers, intervalles des doubles stries médiocrement élevés. Je l'ai pris pendant l'hiver sur la côte espagnole opposée à Gibraltar, appelée camp de Saint-Roque {Sanroqm). 16. ElAPHOCERA GRACILIS, fValtl. Mas. Nigra, subtùs longe cinereo-pilosa ; anlennis clava nigra palpo maxillari longiore, articulo tertio spina armato, vel miicronato ; prothorace punctato, punctisque minimis inter- jectis. Erichs., Entomogr., i, p- 40, n<* 6. Waltl, Isia, 1838, vi, 457, 52. Mâle. — Noir, peu brillant, couvert en dessous de longs poils cendrés. Antennes tantôt couleur de poix avecla mas- sue noire, tantôt entièrement noires, ayant au troisième ar- licle une dent spiniforme quelquefois peu sensible; massue plus longue que les palpes maxillaires. Tête fortement ponc- tuée, rugueuse, pubescente, avec le front hérissé, épistôme arrondi ayant en avant une échancrure étroite {leviier in- cisa ). Prothorax plus étroit que les élytres, arrondi et sail- lant sur les côtés, plus étroit en avant, ayant les angles pos- térieurs presque arrondis, un peu plus du double plus court qu'il n'est large , légèrement convexe , transversalement marqué de points assez serrés, entre lesquels il y a une ponctuation très-fine. Elytres légèrement dilatées un peu au-dessous du milieu, peu convexes, marquées de points serrés entre lesquels il y a une ponctuation plus fine, et de trois doubles stries peu sensibles , d'un brun de poix peu foncé , peu brillantes, avec la suture et le bord extérieur 2" Série, t. i- 25 358 ANNALES plus foncés. Pattes de la couleur du corps. Traduit d'après M. Erichson. Habite la Macédoine et les environs de Constantinople. Explication des figures du N" I de la planche 12. 1 . Elaphocera Bedeaui mâle . a. Lèvre et palpes labiaux. b. Mandibule. c. Maxillaire portant la mâchoire et le palpe maxillaire. d. Tête avec une antenne, un palpe labial et maxillaire, elle labre qui est très-petit. e. Dernier article des tarses avec l'onglet bifide. 2. Elaphocera Bedeaui femelle. f. L'antenne. 3. Antenne très-grossie de V Elaphocera ohscura. DE I. SOCliyrÉ ENTOMOU)GlQUE. 359 NOTICE SUR LES MÉTAMORPHOSKS DE LA Clielonia LalreUHi. Par le docUîur GKAELLS, Professeui (le /oolosie au Musée des sciences naturelles de Madrid. (Séance du 2S Octobre 1843. ; Quelques entomologistes de mes amis ayant appris, par ma correspondance, que je connaissais tous les états du joli lépidoptère dont nous allons parler , ces savants m'invi- tèrent à publier ces détails en m'assurant qu'ils étaient en- tièrement nouveaux. En conséquence j'ai cru devoir rem- plir celte lacune en soumettant aux lumières delà Société entomologique l'ensemble de mes observations afin de les publier, si elle le juge convenable. La Chelonia Lalreillii fut découverte en Espagne par M. le général Dejean, lequel, si les notions que je possède à cet égard sont exactes, ne trouva que le mâle de ce lépidop- tère; la femelle resta inconnue jusqu'en 1834, époque où elle fut communiquée à la Société par M. le baron Feisthamel, qui obtint une femelle de trois chrysalides que je lui avais envoyées deBarcelone. M. Rambur pensa d'abord que cette Chelonia devait être aptère, et guidé par les ana- logies qu'offrait le sexe masculin déjà connu avec celui des Trichosoma, il plaça cette espèce dans ce dernier genre. M. Boisduval avoue pareillement avoir pariagé la môme opi- 300 ANNALES iiiui». Jo dois excuser plus que personne les incerlitudea de ces deux savants entomologistes, ayant été à môme d'ob- server que, au faciès du genre Trichosoma qu'offre le mâle de la Chelonia Latreillii, se joignent les habitudes d'un vol rapide pendant le jour à l'époque de la plus forte cha- leur solaire et la coutume de ses chenilles, durant leur pre- mière jeunesse, de rester unies en société et d'offrir une cbrysMlide à segments immobiles, propriétés toutes affectées aux espèces du genre Trichosoma. Mais laissant de côté cette question, je vais exposer mes observations concernant les différents état de la Chelonia Latreillii, principal objet de cette notice. Et d'abord quant à l'insecte parfait, j'ai observé qu'il pa- raît communément vers la fin de mars ou au commence- ment d'avril, en brisant les enveloppes de la chrysalide en- tre six et dix heures du matin, de manière que la naissance du papillon a presque toujours lieu à l'époque citée^ et ja- mais je n'ai remarqué qu'il vint à éclore aux heures de l'après-midi voisines du crépuscule, ainsi que cela arrive pour beaucoup de lépidoptères nocturnes. Son vol ne res- semble pas non plus à celui de la plupart de ces derniers, il n'est ni nocturne ni crépusculaire, et à pareille heure l'in- secte demeure immobile, tandis que le contraire a lieu aux heures de la plus grande chaleur pendant laquelle le mâle vole vivement â la recherche de sa femelle. Aussitôt que l'insecte parfait s'est débarrassé des enve- loppes de la chrysalide, il se met à grimper le long des ti- ges des plantes voisines du lieu qui l'a vu naître, et s'arrê- tant à un point convenable il développe entièrement ses ailes. La femelle cherche un endroit à l'abri du soleil au bas des tiges végétales, et il n'est pas rare de voir également le mâle demeurer plusieurs heures immobile , jusqu'à ce que réchauffé parles rayons solanes il commence à voler avec DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 36i beaucoup de vivacité. Quant aux individus que j'ai eu occa- .siou d'élever clans mon cabinet, l'accouplement n'a eu lieu que deux jours après la naissance, et jamais avant les vingt- quatre heures. Dans cette occasion le mâle voltige quelque temps autour de la femelle en la frappant convulsivement de ses ailes comme pour l'exciter. Si elle est disposée à l'acte, elle ouvre pareillement ses ailes et il s'efTectue une union qui dure quatre heures au plus. J'ai vu également la femelle chercher quelquefois le mâle, et en deux occasions dilTé- rentes une même femelle servir à deux mâles. Trois à quatre heures après l'accouplement, la femelle commence à pondre ses œufs qu'elle place à l'envers d'une Icuille de plantain , en formant de petites plaques d'œul's composées chacune de cinquante à soixante-dix; lesdites j)laques étant au nombre de trois ou quatre, de forme irré- gulière , et le nombre total des œufs de chaque femelle ne pouvant être d'environ deux cent cinquante à trois cents. Dans le cas où celle-ci n'a point été fécondée , elle pond également, mais alors elle tarde quatre ou cinq jours et (}uelquefois davantage pour eflcctuer la ponte après s'être agitée en vain pour trouver un mâle, et ses œufs restent stériles. Dans ce cas, aussi bien que dans le premier, les œufs demeurant à nu, c'est à-dire que la femelle ne les re- couvre ni de poils, ni de quelqu'autre substance , ainsi que le pratique le Trichosoma bœticum, selon M. Rambur. Sous ce rapport, la Chelonia LatreilUi en use comme les autres espèces du genre : ses œufs restant à découvert et adhérant simplement au moyen d'une matière glutineuse aux feuilles de la plante sur laquelle ils furent pondus. Leur couleur est jaune citron , la forme sphérique un peu aplatie dans la partie en contact avec la feuille, et leur grandeur celle d'une semence de pavot. Si ces œufs n'ont pas été fécondés par le mâle ils se dessè- 3b-2 ANNALES chent au bout de quelques jours en se déprimant au centre ; mais s'ils l'ont été et à mesure que l'époque de la naissance de la chenille approche, ils changent de couleur en passant au jaune foncé, et enfin à un gris obscur qui s'éclaircit en- suite un peu en devenant transparent quelques heures avant l'éclosion de la chenille; et à cette époque on aper- çoit un point noir et central. Si, dans ce moment, on ex- plore les œufs à l'aide d'une bonne loupe, on observera que ledit point noir est produit par la tète de la petite chenille dont le reste du corps est roulé en spirale et déjà couvert de poils obscurs : en sorte que dans l'œuf môme j'ai observé distinctement ces appendices cutanés. On voit également bien à la tête les yeux et la bouche ainsi que les mouve- ments que l'animal exécute. Quatorze jours après la ponte les œufs éclosent et la ma- nière dont la petite chenille brise la coquille qui l'enferme est assez singulière. Selon ce que je viens d'observer, l'œuf en approchant de cette époque devient transparent d'opa- (jue (ju'il était, les parties liquides, cause de l'opacité ayant été absorbées et la coquille étant diaphane on peut facile- ment apercevoir tout ce qui se passe dans celte petite habi- tation. En plaçant les œufs parvenus à ce terme de matu- rité sous la lentille d'un microscope, on verra que la petite chenille qu'il renferme exécute des mouvements conlinuels avec sa tête en se frottant et poussaiit la partie supérieure de la coquille. Par ce moyen elle parvient à user celte par- tic et à ouvrir enfin un petit trou qu'elle élargit prompte- ment à l'aide de ses mandibules, jusqu'au point de pouvoir Iranchir le passage en sortant enfin de son étroite prison. Examinée à cette époque, la chenille n'a que deux milli- mètres (une ligne) de long; sa couleur est blanchâtre avec la tèf.e et le premier segment noir. Son corps oiïre, notam- tammcnt sur les côtés, plusieurs tubercules pilifères et ces DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 363 poils sont assez longs et blanchâtres. Tous les individus nés d'un môme groupe d'œufs se maintiennent réunis et sans presque se séparer du point de la feuille où ils sont nés, en commençant à en ronger le parenchyme et ne respeclant que les nervures et l'épiderme de lajface supérieure : car toutes les chenilles occupent le revers des feuilles où furent dépo- sés les œufs. Trois à quatre jours après s'efTeclue la première mue ou changement de peau, et à cet effet les chenilles filent une toile subtile servant à se fixer d'une manière solide. Ce phénomène est précédé de la disparition des longs poils blanchâtres qui couvraient le corps de la chenille, laquelle apparaît d'un blanc jaunâtre avec plusieurs rangées de tu- bercules noirâtres, points d'insertion des poils. Par suite du changement de peau, la chenille augmente d'environ deux millimètres en longueur, en se recouvrant de nouveaux poils longs de même couleur que les autres. Après cette mue la petite famille de chenilles dirige sa marche vers les bords de la feuille qui lui a servi de berceau, en abandon- nant les points où elles viennent délaisser les dépouilles de Vœnf. Là elles continuent à se nourrir uniquement du pa- renchyme des feuilles sans toucher aux nervures, et au bout de quatre autres jours elles changent de nouveau de peau en perdant comme la première fois leurs poils, phéno- mène que, dans toutes les mues, j'ai toujours vu précéder celle opération (1). Après cet acte le corps de nos chenilles fi) Je n'ai jaiiKiis pu trouver ces poils dans les boites où j'élevais soii,'ueusenient quel'jues unes de ces clieniiles. Que sont-ils deve- nus? Se seraient-ils retirés dans 1 intérieur des téguments en com- nicnçanile travail de la mue par celleopérationi^Unechosc certaine, c'est que lorsque la chenille se débarrasse de sa peau, elle se trouve déjà lecouverte de ionj^s poils analoiiues à ceux qui ont disparu, et 364 ANNALES «levient d'une couleur jaunâtre, elles poils commencent à prendre la teinte grise qu'ils conservent par la suite. On voit encore toute la famille réunie se diriger vers la pointe de la feuille afin d'achever de la manger. Quelques jours après s'effectue la troisième mue, toujours avec un accrois- sement sensible du corps de la chenille •• car c'est durant ses premiers changements de peau que la larve de la Chelo' nia Latreillii croît d'avantage, cette croissance devenant bien moins notable à mesure que la chenille approche de sa transformation en chrysalide. Après cette troisième mue la petite famille commence à se disperser, et dorénavant ses difTérents membres, auparavant sociétaires, se trouve- ront solitaires, et affectant des habitudes différentes. Dans leur premier âge le souffle le plus léger suffisait pour qu'ils s'enroulassent et restassent longtemps immobiles. Apeineles voyait-on se séparer d'un même point de la feuille dont elles dévorent le parenchyme à l'envers. Passé ces premiers jours , non-seulement elles perdent celte apathie , mais elles manifestent môme une agilité singulière dans leurs mouvements , marchant avec vivacité et courant par sou- bresauts lorsqu'on vient à les tourmenter; elles changent fréquemment de lieu et effes attaquent les feuilles des vé- gétaux dont elles se nourrissent indistinctement sur toutes leurs faces, en les détruisant jusqu'au pétiole. On peut dire qu'après la quatrième mue ces cheniffes ont déjà la livrée qui les caractérise dans leur âge mûr, et en conséquence j'en ferai la description seulement dans celle dernière période , en observant simplement que pour par- celle circonstance me ferail croire que ma supposilion^cst exacte, bien que cela s'accorde peu avec l'opinion (lue manifeste le savant M. Lacordaire, dans son excollenle Introduction à renlomologie (tome I; page <27). DE LA SOCIETE ENTOIMOLOGIQUE. 3G5 venir à ce terme il leur faut deux mois et demi, durant cet intervalle ont lieu plusieurs autres changements de peau sans être accompagnés d'aucun autre phénomène extérieur particulier si ce n'est l'accroissement successif en longueur. La chenille de la Chelonia Latreillii à l'état adulte a près de quatre centimètres (un pouce et demi de longueur), s'amincissant vers les deux bouts, surtout à l'extrémité an- térieure. Dans la partie supérieure de son corps domine un gris de plomb sale plus ou moins obscur ; une ligne dorsale d'un blanc jaunâtre s'étend depuis la partie postérieure de la tète jusqu'à l'anus, et le dos ainsi que les flancs sont gar- nis de plusieurs tubercules servant de base aux petits pin- ceaux de poils gris qui les couvrent. Ces tubercules sont d'une couleur plus obscure que le reste et paraissent placés en cinq rangs de chaque côté du corps. La partie inférieure du corps est d'un jaune sale, et la tète et les pattes sont de môme couleur, mais un peu plus foncée ; la base de ces der- nières, le bord de la lèvre supérieure et deux points au front étant de couleur noire. Soixante-dix à quatre-vingts jours après leur naissance les chenilles se trouvent ordinairement prêtes à .se transfor- mer en chrysalides, et à cet effet elles se cachent sous les mousses ou autres végétaux analogues, et elles perdent les poils qui revotent leurs téguments. C'est effectivement ce qui a lieu dans cette occasion : car à la faveur de ces poils et d'une soie très-fine l'insecte se construit un cocon lâche et très-simple de la grandeur et de la forme d'une petite olive et d'un contenu d'un gris obscur. Si l'on examine la chenille après la clôture du cocon, on la trouvera entière- ment dépourvue de poils, réduite à un tiers de sa longueur et dépouillée au bout de deux ou trois jours de sa dernière peau, et prenant la ligure d'une chrysalide brune marron, obscur, d'environ un centimètre (cinq lignes) de long sur 306 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. cinq millimètres (deux lignes ) de large dans son plus grand diamètre transversal. Les extrémités de cette chrysalide sont obtuses , et les segments de son corps immobiles , comme dans le genre Trichosoma. Dans la chrysalide du mâle les antennes sont plus mar- quées que dans celle de la femelle, et leur forme pectinée se reconnaît à l'extérieur. La chrysalide de la femelle est com- munément un peu plus grande et de forme plus ovale que celle de l'autre sexe. Dans cet état le lépidoptère passe l'année jusqu'à la lin de mars ou commencement d'avril de l'année suivante, époque de l'éclosion de l'insecte parfait. Ce joli lépidoptère se trouve en Catalogne, et je l'ai ren- contré plusieurs fois à Montserrat et autres montagnes voi- sines de vallées. La chenille se nourrit principalement des feuilles du Plantago lanceolata, mais elle mange également plusieurs autres espèces analogues. Explication des figures du N. //, de la planche XI f. 1. Chenille de la Chelonia Lalreillii, Godart. 2. Chrysalide. 3. Cocon. BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. ANNEE 1843. DECXIEHK SERIE. TOME PREMIER. MEMBRES DU BUREAU. Président, MAI . MILNE EDWARKS Vice président, le Marquis de RREME. Secrétaire, E. DESMAREST. Secrêtairi'-adjoinl, riERRET, Trésorier, L. BE(:<.aiET. Trésorier-adjoint, L. FAIRMAIRE. Archiviste, DUPOÎVCOEL. ANNALES DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQt E m »tvii \v\\v*'V\'%w%.\v\ w*'VV'\'VX'* wi'W^ v^'^^;^^'v\'^ w\vv^ w- v\.^ vv* \v\'V\A'VV^VV\/VV'*V\A w\v\\ BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. ANNÉE 1843 DEUXIEME TRIMESTRE. SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. ( Séance du 5 Avril 1843 . ) Présidence de M. MILNE EDWARDS. MM. Bonard, le marquis de Laferté-Sénectère et Hope, membres de la Société, assistent à la séance. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de l'Institut de France, par MM. les Secrétaires perpétuels, lom. xvi (1"^ semestre de 1843), n" XI, xii etxiii-, br. in-4'' . offert par l'Institut de France. — Species et Iconographie générique des animaux arti- culés, ou représentation des genres, avec leur description et celle de toutes les espèces de cette grande division du rè- gne animal, par M. Guérin-Ménevilie. Insectes Coléoptères, 2' livraison. G. Ptyocerus,Selasia, Chamœrhipis parM.Gué- 2*^ Série, T. i. B. ii xviii ANNALES rin, et Basodonla, par M. Weslwootli br. iii-8. avec figures noires; Paris, 1843 : offert par M. GuérinMéneville. Communications. M. Pierret annonce à la Société la dé- couverte qu'il vient de faire cette année auprès de Paris, d'un grand nombre d'individus de la Nyssia zonaria, espèce fort rare, et qui n'avait été prise que deux fois dans nos envi- rons. M. Duponchel en prit un individu il y a déjà long-temps et M. Pierret en retrouva un second en 1831 dans le bois de Boulogne. Le 23 mars dernier^ M. Pierret en a trouvé plus de cinquante individus, tant mâles que femelles , dans une prairie abondante en végétaux de toute espèce. Plusieurs femelles ont pondu un grand nombre d'œufs : M. Pierret attend avec impatience la sortie des petites chenilles qu'il se propose d'élever et de décrire. — M. le marquis de la Ferté-Sénectère donne quelques détails sur l'état graisseux, ou altération des couleurs, que l'on remarque quelquefois chez les insectes, dans les collec- tions, et il recherche les moyens de rendre à l'insecte ses premières couleurs. D'après le conseil qui lui en avait été donné par l'un de nos collègues, M. de Romand, ]\L le mar- quis de Laferté-Sénectère, a essayé sur les Coléoptères un procédé qui lui a semblé, dans beaucoup de cas, réussir parfaitement à débarrasser l'insecte de l'altération grais- seuse qui le rend quelquefois méconnaissable. Ce procédé consiste simplement à plonger à froid pendant quelques heures, l'insecte graisseux, dans de l'eau de lessive, telle qu'on l'obtient en faisant bouillir ensemble de la cendre et de l'eau. M. le marquis de Lalerté-Sénectère cite quelques Trox a taches blanches, des Curculionitesdu genre Cleonis, des Longicornes des genres Steirastoma, Acanthoderes, La- gocheirus, etc., qui soumis à l'action de l'eau de lessive, ont bientôt repris leurs couleurs premières ; mais le môme pro- cédé n'a pu réussir pour des Cicindela et d'autres Coléoptè- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xix res, chez lesquels les taches semblent inhérentes au tissu (les élytres et indépendantes de toute pubescence. M. le docteur Aube dit que l'élher sulfurique parfaitement pur et sans réaction acide, lui paraît préférable à l'eau de les- sive et aux autres alcalis : il ajoute que l'immersion d'un insecte graisseux dans l'éther, ramène au blanc les taches qui étaient disparues, et que ce procédé réussit môme pour di- verses espèces de Cicindèles. Nominations. Aux termes des articles 35 et 36 de son rè- glement, la Société procède au renouvellement annuel des cinq membres qui, joints aux membres du bureau, doivent former la Commission de publication pour 1843-1844. — MM. Aube, Doue, Goureau , Guérin-Ménevillc et de Saint-Martin, ayant réunisle plus grand nombredevoix, sont proclamés par le Président, membres de cette commission. Membre reçu. M. Pierre Joseph Loss, libraire-éditeur à Paris, présenté par M. E. Desmarest. — Commissaires rappor- teurs, MM. L. Fairmaire et Guérin-Méneville. (Séance du 19 Avril l84ô.) Présidence de M. MILNE EDWAHDS. IM. Ilope, membre étranger, assiste à la séance. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de l'Institut de France , par MM. les Secrétaires perpétuels, tom. xvi(l"semeslre de 1843), n°'xivet xv :, br. in-4'' : offert par l'InstituldeFrance. — Del Prioniti e dei Coleopteri adessi più alTini; osserva- zioni del marchese Massimiliano Spinol.i. (Estr. del vol. v, Séria il, délie Memorie délia R. Accadimia dellc Scieiize di Torino; br. in-4. Turin, 18^3 : offert par l'auteur. — Considerazioni sopra i coslumi degl' Imenotteridel G. Sirex, Fabr. ; e sopra il miglior posto dei Sircciti, vel me- XX annai.es toilo lazionMle.memoria ilcl niuThose Massiniiliano Spinola; br. in-8. Genève, 1843 : offert par l'auteur. — Os<;orvazioni sopra i caratleri naturali di trc famiglie d'insetti Imenotteri,civèle: resparie,\G nJasarideallcCrisi- dide^iM marchese Massimiliano Spinola; br. in-8. Genève, 18/|;î: offert par l'auteur. — Mémoire sur les Podurelles, par M. l'abbé Bourlet ( Extrait des mémoires de la Société royale et centrale d'à - griculture, sciences et arts du département du Nord, séanl à Douai. Année 1841-1842); br. in-8. avec une pi. lilh. Douai 1843 : offert par l'auteur. — Sur la demande de mon- sieur l'abbé Bourlet, M. le Président charge M II. Lucas de faire pour la Société, une analyse de ce mémoire. Communications. M. Aube prend la parole au sujet d'une petite polémique qui s'est élevée entre MM. Motscboulsky et Erichson , relativement à la découverte au Daghistao, d'une espèce de Monotoma que M. Motscboulsky a décrite en 1837, sous le nom de quadrifoveolata. Sans connaître exactement les raisons sur lesquelles s'ap puie M. Erichson, M. Aube se rangea son avis et en donne les motifs. M. Motscboulsky est venu à Paris dans le cou- rant de 1836, après son voyage au Daghistan, a visité les collections de tous les entomologiste de la capitale et celle de M. Aube, dans laquelle se trouvait le Monotoma en ques- tion, où il portait également le nom de quadrifoveolata, nom sous lequel M. Aube l'a aussi publié en 1837, dans les An- nales de la Société. M. Motscboulsky ne le connaissait pas alors et pria M Aube de le lui donner, ce que fit ce dernier, en lui en sacrifiant environ une vingtaine d'exemplaires. Comment se fait-il donc, dit M. Aube, queM. Motscboulsky, qui prétend aujourd'hui avoir trouvé cet insecte en 1834, l'ait prié instamment de le lui doimer en 1837, comme une espèce à lui inconnue. Ce qui est aussi digne de remarque, DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. xxi c'est que cet entomologiste russe lui ait liunné le nom sous lequel il lui avait été communiqué par M. Aube. Lectures. M. Duponchel lit un travail de M. JMerck aîné, de Lyon, intitulé : Mémoiie sur la Fsijche albida. — M. le docteur Aube donne lecture d'une note sur deux, espèces nouvelles de Brachélytres. Ces deux espèces ont reçu de l'auteur les noms de OEdichirus unicoloi\ et Bk- dius tristis. — Le môme membre lit une notice intitulée : Note sur une nouvelle espèce deColéoptéretetramère qui devra servir de baseà une coupe générique nouvelle. {Philothcrmus Montan- duni.) — I\L(}oureau donne lOCture d'une note pour servir à l'his- toire du Callidium sanguincum- L'auteur fait connaîtie la larve et la nymphe de cet insecte, et il termine son travail {)ar la description d'une espèce d'ichneumon (pii dévore la larve du Callidium. Après cette communication M.E. Desmarest annonce à la Sociétéqu'ilaeu occasion, depuis le conjmencement de l'an- née, d'étudier également la larveetla nymphe du Callidium mnrjuincum; et qu'il se proposait de présenter incessamment un travail à cesujet.Sesobservations.se rapportant du reste presque entièrement à celle de I\L (".onreau, une noie se- rait inutile aujourd'hui. A l'occasion de la lecture de iM. Goureau et relative- ment à l'irisation remarquée par l'auteur dans les ailes de richneumon, parasite delà larve du CdlUdium sa})guincum, M. Amyot prend la parole et dit: que le phénomène de l'irisation est expliqué dans plusieurs ouvrages, et qu'il est attribué à la réfraction de la lumière à son pa.ssage ii tra vers la couche d'air interposée entre les deux membranes qui composent l'aile d'un insecte. M. Goureau répond qu'il pense que cet ('(Tel dnji être XXII ANNALES attribué à une multitude de petites rides très-courtes, qui,coa- vrent l'aile nue des insectes, dans lesquelles la lumière sedé- compose comme dans autant de petits prismes pour produire l'irisation ; mais qu'il n'a pas encore étudié ce phénomène avec assez de soin pour affirmer que cette explication soit la bonnes c'est pourquoi il s'est abstenu d'en faire mention dans son mémoire. M. Milne Edwards prenant part à la discussion dit : qu'il ne peut pas exister d'air entre les deux membranes de l'ail*^ des insectes, si ce n'est au voisinage immédiat des nervures, puisque ces deux membranes sont collées l'une sur l'autre très-exactement, que les petites rides dont il vient d'être question existent effectivement et que l'on observe sur les ailes nues des petits enfoncements, pour ainsi dire micros- copiques, analogues à ceux dans lesquels sont implantées les écailles colorées qui recouvrent les ailes des Lépidoptères, Il ajoute qu'il pense que l'on peut se servir du caractère de l'irisation dans la description des espèces, attendu que ce phénomène dépend de la structure intime de l'aile, et sert par conséquent à définir l'espèce. Membre reçu. M. Augustin Joseph de Léséleuc, chirur- ' gien de la Marine royale à Brest, détaché momentanément aux mines de Poullaouen, présenté par M.Reiche. — Com- missaires rapporteurs : MM. Aube et Duponchel. (Séance du 3 Mai 1843.) Présidence (le M. MILNE EDWARDS. M. Edm. de Selys-Longchamps, membre de la Société, et MM. Crémière, de Loudun, et Schaum, de Halle en Saxe, assistent à la séance. Ouvrages offerts. Entomologischc Beitung herausgegeben von dem entomologischen Vereine zu Stettin. Année I840y DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE xxiii 1841 et 1842; 3 vol. iii-12, Sleltin et Leipzig, 1840-1842 : ofTert par la Société enlomologiqne deSlettin. — Isis 1838. Hest. ix und x; Kritische bestimmaug der in Reaumur's, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes, verkommenden Lepidopteren von P. C. Zeller-, br. in 4 : of- fert par l'auteur. — Isis 1841. Hest. x; Borlaufer einer valistandigen natur- geschichteder Pterophoriden einer Nachstfater famillieges- creben, von P. C. Zeller; br. in-4 : offert par l'auteur. — Annales de la Société enlomologique de France. Deuxième série. Tome premier. Année 1843. Premier tri- mestre; br. in-8 avec des figures coloriées (2 exemplaires). Correspondance. M. le comte de Perrochel écrit que ne s'occupant plus d'entomologie, il prie la Société de vouloir bien accepter sa démission de membre. — Cette démission est acceptée. Communications. — M. E. Desmarest annonce la mort de M. Pilois ancien Trésorier de la Société. M. Charles Pitois était né à Remiremont (Vosges)en 1792; dès sa sortie du collège il fut successivement employé au ministère du grand-duché de Berg, puis à la préfecture du Bas-Rhin • depuis 1816 il dirigeait la maison de librairie de madame Levrault, dont il devint bientôt le gendre et Tas- socié. M. Pitois, par les grandes et nombreuses publications scientifiques qu'il a éditées, a rendu de véritables services à la science; parmi les livres qu'il a publiés on doit citer : le Dictionnairedessciences naturelles, en soixante volumes; l'expédition scientifique en Morée de M. le colonel Bory de Saint-Vincent; le Voyage dans l'Amérique méridionale, de M. Alcide d'Orbigny ; l'Histoire naturelle des Poissons, de MM. Cuvier et Valenciennes; les principes d'Anatomie comparée de INI, de Blainville: les considérations générales sur l'anatnmie Cdtnparoe dos animaux articulés (anatomie XXIV ANNALES d\iMeloloniha vulgaris) par M. Straus-Durckheini, etc., etc. M. Pitois a été long-temps l'éditeur des mémoires de la So- ciété géologique de France, dont il était membre -, il a édité les Annales de la Société entomologique de France de 1837 à 1842 ; reçu membre de cette Société en 18A0;, il fut bientôt nommé Trésorier, fonction qu'il conserva plus de deux, ans. M. Pitois est décédé à Paris le 23 avril 1843, à la suite d'une courte maladie. — Il est donné communication de la note suivante de M. H. Lucas sur plusieurs Coléoptères nouveaux du nord de l'Afrique nés à Paris. Pendant le séjour que je fls à Oran à la lin de i84« et dans le commencement de «842, l'hiver fut très froid et les arabes ven- daient dans la ville beaucoup de bois qui déjà avait subi raciion du feu. Parmi les fagots que j'avais achetés pour me chauffer, je remar- quai plusieurs morceaux de bois fortement perforés par des larves d'insectes, je les nus de côté, et ayant été rappelé en France en avril 1842, j'emportai ces bois attaqués et les plaçai, à mon retour à Pa- ris, vers le 10 avril, dans des bocaux. Dans le courant de la même année, c'est-à-dire, dans les mois de juin, juillet et août, sortirent de ces bois plusieurs Coléoptères fort intéressants et parmi lesquels^ je citerai : V^nthaxia inculta. Germ. ; les Hesperophanes rotundi- collis, Luc. , tomentosus, Luc, irffinis, Luc. ; le Stromatiumstrepens, Fabr. ; la Gracilia fasciolata, Ziegl. ; la Parmena algirica, de Cast, Parmi les Téi'édiles, est une fort belle espèce d'0/?//uf très-grande, inédite et que je désignerai sous le nom de : Opilus dorsalis, (I) Luc. Long. 20 mill. Larg. G 1/2 mill. Omnifiô fuscus, Jlavo pilosus ; efytris profiindè punctatis, vit ta alun posticè trnjectis. Avant do piquer celte espèce que jai obtenue dans les derniers '1) .VolojtKi dcrinlii, Iiieilil, Vc\. 'int. p. 126, Ctitf tty:' iiatail jDCOif cle r'-iironli». DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. xxv jouis du mois d'avril, j'ai cru devoir la communiquera la Sociélë, afin que mes collègues puissent examiner ce joli Coléoptère que je n'avais pas rencontré dans mes excursions en Algérie. Cylidrus agilis, Luc. Long. 6 i;2 à 7 mill. Larg. 1 1/2 à 2 mill. C. Capitc anieriùs nigro, posteriùs rubesccnte ; mandibulis labiiqiic palpisnigris , maxillaribus riibro-iestaceis ; antennis nigris, primis articuUs rubescentibus, thorace rubro ; elytris nigro-violaceis, vittd albdtransversali ornatis; sterno pedibusque nigro-violaccis; abdomine nigro-violaceo. Celle espèce que j'ai obtenue le 10 juin 1843, est Irès-vive, cl lorsqu'elle marche, elle fait vibrer sans cesse ses antennes. Parmi les Xylophages, j'ai obtenu trois Apate, dont deux nou- velles; quant à la troisième, elle est indiquée par M. Dejean, dans son Catalogue, sous le nom d'/j«/ne/-rt/«.inaiselle est inédile. Apate rlfiventris, Luc. Long. i8 mill. Larg. 7 4/2 mill. A. Atra; capHe pilis Jlavesccntibus vestito ; antennis lujls, ultimis articulis flavescentibus ; thoi ace spinosulo; elytris costutis , pro- fundè punctatis ; pedibus sternoque nigris ; abdomine ru fo. Celte espèce est éclosc dans le mois de juillet 1842, j'en ai ob- tenu plusieurs individus. Apate nigriventris, Luc. Long. i7 mill. Larg. 6 i/2mill. A. Capite nlro, granario ; antennis nigris-, thorace nigro, valdè tuberculato ; elytris rubris , creberrimè prnfundcque punctatis; pcdibus, sterno abdomincque nigris. Apate humeralis, inédit. (<) Long. r> mill. Larg. \ 4/2 mill. A. Capite nigro; thorace ru/o-Jlavescentc, anferiiis spinosulo, ad la- tertx posteriiisquc lœvigato ; elytris anlicè rufo-flavcscentibus . 1 rt'i t.i. p. ,î.vi. XXVI ANNALES posticè nigris, creberrimè punciatis; sierno abdomineque f usais , pedibusfusco-Jlauescentibus. Ces deux espèces nie sont écloses dans les mois de juin et de juillet de l'année 1842. — M. Doue donne lecture du rapport dont il avait été chargé conjointement avec MM. Dupont et Reiche sur les comptes du Trésorier pour l'année 1842. — Après cette lecture la Société décide que ce travail sera imprimé en en- tier dans le bulletin des Annales. Rapport de la commission chargée de l'examen des COMPTES DU trésorier POUR l'ANNÉE 1842. Commissaires MM. Dupont, Reiche et Doue, rapporteur. Lorsque M. le Président a cliargé trois des membres de la Société de procéder à l'examen des comptes du trésorier, pour l'année «842, il leur a été remis un dossier contenant un aperçu des recettes et dépenses. Il en résulte, d'une part, que notre actif, pendant Tannée écou- lée, s'est composé comme il suit : Solde en caisse, au 3i décembre 1841, 129 Ir. 24 c. Cotisations perçues sur «841 et années antérieures 1224 Id. sur 1842 20<6 Sommes perçues pour aiïranchissement. . 9i 65. Total. 3460 89. Le montant des dépenses indiquées par le Trésorier ne s'élève qu'à 3458 45. I>'où il résulte que l'en caisse, an 3i dé- cembre 1812 était de • ■ 2 fr, 44 c. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQÎIE. xxvu Mais il n'a été donné à l'éditeur des Annales, qu'un à-compte de 2940 fr., et ce qui lui est dû par la Société pour frais de pubications, jusque et y compris le quatrième trimestre de i842, doit dépasser de beaucoup celte somme. Il n'est pas possible cependant, d'appré- cier exactement notre situation sous ce rapport, puisque le compte définitif de M. Pitois n'avait pas encore été remis par lui au moment de son décès. Tout ce que nous pouvons dire, dans l'état actuel des choses, c'est qu'il reste encore à recouvrer, sur la cotisation antérieure à 1842 3948 fr. Et sur celle de «842 H60 Total, 5078 fr. Evidemment, on ne peut attribuer une grande valeur à cette pre- mière somme de 3918 fr-, représentant l'arriéré de membres qui n'ont pas satisfait à leurs obligations depuis 2, 3, 4, 5 et même 6 ans. Ce n'est, en quelque sorte, que comme objet de luxe qu'elle flgure dans notre comptabilité. Admettons toutefois, et ce n'est pas élever bien haut nos prétentions, que cette sorte de caput mortuum traité avec Ihabilelé dont notre administration nous a déjà donné tant de preuves, rende encore 500 fr., nous aurons, avec la rentrée de ce qui est dû sur 1842, audelà de 1600 fr., bien suffisants, nous l'espérons, pour nous acquitter envers notre ancien éditeur. Le passé se trouvera ainsi, complètement aligné ; quant à l'avenir, tout doit porter à croire que nos ressources annuelles seront assez lar- ges pour assurer un plein succès au nouveau mode de publication que nous avons adopté. Lectures. M. Duponchel lit un mémoire de M. Maximi- lien Spinola, ayant pour titre : Note sur quelques Hyménop- tères peu connus, recueillis en Espagne pendant l'année 1842, par M. Victor Ghiliani, naturaliste-voyageur. — M. Edm. de Selys Longchamps donne lecture d'une no- tice sur quelques Libellules d'Europe. xxviii ANNALES ( Séance du 7 Juin 1845. ) Présidence de M. MILNE EDWARDS. M. J. Bruyat, membre de la Société, assiste à la séance. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de l'Institut de France , par MM. les Secrétaires perpétuels, tom. xvi (l^r semestre de 1843), n"^ xvi, xvii, xviii et xix^ br. in-4*': offert par l'Institut de France. — Memorie délia reale Accadimia délie Scienze di To- rino. Séria secunda. Tomo iv; 1 vol. in-4. Turin, 1842: offert par l'Académie. :— Nouveau manuel complet d'entomologie, ou histoire; naturelle des Insectes et des Myriapodes, par M. Boitard ; 3 vol. in-18. Paris, 1843 : offert par l'éditeur M. Roret. Communications. M. L. Reiche donne lecture de la note suivante sur V^ïnthrenus musœorum. Un (les (loaux les pins redonlables anx collections zoologiqnes est sans contredit la larve dnn Coléoplère clavicorne du genre An- ihrenus dQ Fabricius. Cette larve qni n'est que trop connue des en- tomologistes et qn'ont décrite Degcer et Ivatreille, se métamorphose <;n nn insecte parfait, dont le nom, chose assez étrange, n'est pas encore définitivement arrêté dans l.» nomenclature. A la vérité lin- secte est cliquette dans la plupart des collections, mais tantôt sous un nom , tantôt sons un autre, et évidemment la j)luparl du temps suivant le caprice du collecteur Le nmw A' Anthrenus musœorum , paraît être cependant le plus fréquennncnt en)ployé, uni(|ucmcnl je pense, |)arce(iue l'insecte aura été trouvé dans la collection de la- nialeurj mais il n'est pas rare de voir ce même insecte porter plu- sieurs noms différctils, dans la même collection, suivant son étal I)E LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. xxix de conservalion. D'un aiiire côté co nom iVAnthrenus musœorum a été applique à plusieurs espèces probablenieni aussi parceque on les aura trouvées dans quelque musée. Celte confusion s'est intro- duite jusque dans les ouvrages de nos premiers entomologistes, et ne paraît avoir occupé aucun d'eux sérieusement. La chose vaut ce- pendant la peine dèire éclaircie et c'est pour y arriver que je pu- blie celte note. Linné est le premier entomologiste qui ait mentionné l'insecte dont la larve ravage les collections; il le décrit ainsi sans le dénom- mer : « Tola nigra est hœc species ex punclis vix conspicuis fuscis « et albis nebulosa t'acla. Thorax utrinque versus basin maculam « albam fert et duo puncta alba majora in medlo elytrorum, in sin- « gulo unicum, subtùs tota aibicat, thorax, caput et antennae nigra.» ( Fauna suecica, ed°. secunda, l76i, p. 430.) C'est dans la i2« édition du Systema naturae, t. i p. 568, qu'il lui donne le nom de Bynhus musœorum, et qu'il mentionne à sa suite, sous le nom de Byrrhus verbasci, une autre espèce décrite parGeof- froi sous le nom de V Amourette, ^n comparant les descriptions des deux auteurs, et en cherchani à les appliquer aux diverses espèces d'Anthrènes que coniiennent nos collections, je suis resté con- vaincu que sous ces deux noms ils n'ont décrit qu'une seule espèce plus ou moins fraîche ou défleurie ; ce qui n'a rien d'étonnant quand on réfléchit à l'extrême caducité des écailles colorées qui recou- vrent cet insecte et ses congénères, écailles dont les diverses dispo- sitions sont presque les seuls caractères distinctifs des espèces. Linsecle frais est V Amourette àç^ Geoffroy. {Hist. des insectes, g. Anthrène, A'". 2,) et le Byrrhus verbasci, d'* Linné. (S. N. tom. \. p. 568.) L'insecte défleuri est le Byrrhus musœorum de Linné, loco cit. Pour corroborer mon opinion, je dois dire qu'il m'a été impossi- ble de trouver dans les collections de Taris et dans celles de la plu- part de mes correspondants, aucun individu Irais d'une espèce quelconque d'Anthrène, qui répondit à la description du Byrrhus musœorum , Lin. XXX ANNALES Celle opinion admise, il resle à décider auquel des deux noms on doil donner la préférence ; je crois que c'esi à celui d'Anth. verbasci, quoique l'autre me semble plus convenable, altendu le genre de vie de l'insecte ; en effet, cesi le premier nom qui a été donné à l'in- secte bien frais dont la larve habite nos collections , tandisque le nom de Byrrhus musœorum a été appliqué à un insecte méconnais- sable par la perte d'une partie de ses écailles, et d'un autre côté, on doil se rappeler que quelques espèces du même genre dans d'au- tres climats, remplissent le même office, et notamment VAnt. glo- riosœ, Fab., qui est le fléau des collections dans l'Inde. La difficulté de reconnaître le Byrrhus musœorum de Linné, a donné lieu aux erreurs suivantes dans la nomenclature de deux ou trois espèces : Latreille et Gyllenhall ont décrit sous ce nom. une petite espèce à pattes rouges, déjà décrite par Olivier, sous le nom û^Anth. fuscus. (1ns. t. H, g. i4, esp. 5 ;) «l qui se trouve assez abon- damment aux environs de Paris, sur les petites Liliacées; ces deux auteurs ont été copiés par beaucoup d'autres, et en dernier lieu par M. Heer, (Fauna Coléopt. helveiica.) Degeer et Olivier, ont décrit sous ce nom, VAnth. varhis de Fabricius et Schcenher. (Syn. insect. t. I, p. il5.) en effaçant YAnth. musœorum de la nomenclature, le donne, avec doute il est vrai, comme une variété de YAnth. va- rius, Fabr. Par suite de la rectification que j'indique, les espèces connues, c'esl-à dire décrites, des Aihrenus d'Europe, se classeraient arec la synonymie et dans l'ordre suivant : 1. Anthrcnus serophulariœ. Linné, sysl. nal. li, 5G8. a. « pimpinellce. Fabricius, ent. sysi. i, 2G3. 3. \\^ v\^'\^^'V\'^ w* vx^vx'X'Vv^ w^ w%w\xv^ v\x*i,\'. vv^w. wx BULLETIN ENTOMOLOGiOUi:. ANNÉE 1843. TROISIEME TRIMESTRE. SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. ( Séance du 5 Juillet 1843. ) Présidence de M. MILNE EDWARDS. Ouvrages offerts. Comptes -rend us hebdomadaires d*.\<î séances de l'Académie des sciences de l'Institut de Francy, par IMM. les Secrétaires perpétuels, tom. xvi (l*""^ semestre de 1843), n°' xx à xxiii ; br. in-4° : offert par l'Institut de France. — Novorum actorunj AcademiœCesareae-Leopoldino-Caro- linaînaturœcuriosorum. Voluminisundevicesimi^parsposte- rior-, cnm tabulis xlv et voluminis duovicesimi, suplemen- tum alterum; cum tabulis xxxur, 2 gros vol. in-4. avec pi. Bonn, 1841-1842: offert par l'Académie. — Proceedings of Ihe Academy of natural sciences ol Philadelphia-, n"'. de mars et avril 1843 j br. in-8. : offert parl'Académie'de Philadelphie. — Nomenclator zoologicus, continens nomina systema- lica generum animahum tam vivenlium quani fossilium se- cundumordinemalphabeticamdisposita,adjectisauctoribiis, 'ï Série, T. i. lîiu xxxiv ANNALES libris in quil)us repeiiuiitur , anno edilionis , etymologia et familiis ad quas pertinent, in variis classibus; auctore L. Agassiz. Fasciculus m, conlinens Crustacea et thermes, i. e. Entozoa, Turbellan'a et ^nnulata, et Fasciculus iv, conli- nens //«mi^/era et Infusoria Polygastrica qI Rotaloria ^ br. in-4.; Soloduri, 1843 : offert par M. L. Agassiz. Correspondance. Il est donné lecture d'une lettre de M. Emy, capitaine d'artillerie, résidant à Rouvray (Cote-d'Or). M. Emy adresse sa démission de membre. — Cette démission est acceptée par la Sociélc. Communication. M. Miine Edwards place sous les yeux de la Société un nid do VEpipona iatua {Polistes morio , Fabr-) espèce de Vespide qui est très commune à Cayenne, mais dont on ne connaissait pas l'industrie. Cet édifice, re niarquable par sa légèreté et le fini de son travail, est établi autour d'une branche d'arbre qui le traverse dans sa plus grande longueur; il est arrondi transversalement et se ré- trécit peu à peu vers chaque bout de façon à se terminer en pointe et à être presque fusiforme. Sa couleur générale est d'un brun jaunâtre et ses parois sont formés par une lame de matière papyracée qui n'est pas plus épaisse qu'une carte à jouer, mais qui offre beaucoup de solidité. Par son extré- mité supérieure et le long de la face dorsale du nid, cette lame adhère intimement à la branche dont il vient d'être question ; dans toute son étendue elle présente des ondula- tions transversales, disposées parallèlement avec assez de régularité et qui semblent être les stries d'accroissement ou les assises de cette espèce de mur d'enceinte; du côté op- posé à la branche, on aperçoit une sorte de raphé longitu- dinal qui résulte suivant toute apparence de la rencontre et de la soudure des deux {)ans de murs latéraux; enfin à rcxtrémité inférieure de cet étui se trouve un orilice ova- laire faisant suite au raphé et servant d'eîitrôe unique pour DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xxxv le nid tout entier. A l'intérieur, l'édifice est divisé en dix étages par autant de gâteaux circulaires qui sont complète- ment isolés des parois, mais qui au lieu d'être suspendus les uns aux autres par des colonjies comme dans les nids de notre guêpe commune sont fixées à l'aide d'un pédoncule court et oblique contre la branche, qui ainsi que nous l'avons déjà dit, traverse le nid de part en part et constitue la pièce principale de sa charpente intérieure. Quant à ces gâteaux, ils n'offrent rien de remarquable, si ce n'est qu'ils occupent à peine la moitié du diamètre de la chambre commune et que les intervalles qui les séparent entre eux sont équivalents à quatre ou cinq fois leur épaisseur. Par sa forme générale, sa couleur et ses bandes circulaires, ce nid offre une ressemblance grossière avec la carapace d'un Tatou et d'après les renseignements transmis à M. Milne Edwards par M. Mélinon , voyageur naturaliste du Mu- séum, il paraîtrait que c'est à cause de celte circonstance que l'habitant de ce singulier é îifice est désigné à Cayenne sous le nom vulgaire de Tatua. Lectures. M. Goureau donne lecture d'un mémoire sur les balanciers des Diptères. — M. le Secrétaire lit une notice de M. Léon Dufour ayant pour titre : Note sur la composition segmentaire de quelques larves de Coléoptères. Dans ce travail, l'auteur répond à des observations de M. Goureau, contenues dans une notice sur les méta- morphoses de VAgrilus viridis, publiées dans le deuxième numéro des Annales de 18^3 (page 23 et suivantes). M. Goureau répond verbalement à quelques uns des passages du mémoire de M. Léon Dufour, et il annonce qu'il don- nera prochainement à la Société une note a ce sujet. Rapport. M. Duponchel, au noi » d'une commission com- posée de MM. L.Buquet, Diiponchel, Goureau, Guérin-Mé- xxxvi ANNALES ueville et Piorrct , présente la liste suivante de candidats pour la place de membre honoraire français, qui a été déclarée vacante dans la dernière séance : en première ligne, tx œquo^ MM. Charles Nodier et Straus-Durckhcim; en seconde ligne, ex œquo, MM. le comte Lepellelier de vSaint-Fargeau et Audinet-Serville;en troisième ligne, M. le couiteDejean-,et en quatrième ligne, M. Alexandre Lefehvre. Nomination. La Société procède immédiatement à la nomi- nation d'un membre honoraire français. Au premier tour de scrutin, M. Charles Nodier ayant réunila majorité des suffra- ges, est proclamé membre honoraire par M. le Président. Délibération. La Société, sur la proposition de M. Eu- gène Desmarest, décide qu'elle procédera dans sa prochaine séance à la nomination d'un membre honoraire étranger en remplacement île M. Gyllenhal, décédé en 1H40. Unecom- mission est chargée de présenter une liste de candidats. (Séance du 2 Août 1845^.) Présidence de M. DUPOÎNCHEL, Doyen d'âge. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de ITnstitut de Irance, par MM. les Secrétaires perpétuels , t. xv ( 2e semestre de 1842),table des matières; tom. xvi (l^r semestre de 1843), n"* xxivet XXV ; et t. xvii (2" semetre de 1843), n". i et ii; br. in-4'>: offert par l'Institut de France. — Observations à l'occasion du compte-rendu de la séance du lundi 10 juillet 1843, de l'Académie des sciences de l'Institut de France, par M. de Blainville; br. in-4.: offert par l'auteur. — Philosophical transactions of the royal Society of Lon- don. For ibe year 1842, part. ii. — Proceedings of the royal Society 1842 et 1843, n"^ 55 et 56, et liste des membres en DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGiQUl- . xxxvu novembre 1842; 1 vol. et br. in-8. Londres, 1842-1843 : of- fert parla société royale de Londres. — Les Hylophthires et leurs ennemis, ou description et iconographie des insectes les plus nuisibles aux forêts, ainsi que des autres animaux causant des dégâts dans les bois, avec une méthode pour apprendre à les détruire et à ména- ger ceux qui leur font la guerre, par M. Ratzeburg, traduit de l'allemand par M. le comte de Corberon ; 1 . vol. in-8. avec une pi. col. Leipsig, 1842 : ofTert par le traducteur. — Catalogo ornitoJogico del gruppo di Malta, da Antonio Schembri ; 1 vol. in-8. Malte 1843 : offert par l'auteur. — Os.servazioni sullediversitasessualidialcunespeciedi fa- cie degli insetti Ditteri : memoria per servire alla ditterologia italiana, diCamilio Rondaiii; br. in-8. : offert par l'auteur. Correspondance . M. Charles Nodier, nommé membre ho- noraire dans la dernière séance, écrit la lettre suivante au Secrétaire de la Société. Monsieui . J'ai reçu la trop ilaiieusc leUic qne vous m'avez lait riioiiiieu! de ni'adresscr au nom de la Société ciiiomologi(|ne. .le ne puis vous exprimer la recouuaissauce que j'éprouve de la nouvelle nianiue debienveillanceque la Société vient de m'accorder. Quoique ma négligence apparente puisse iu'accuscr, soyez per- suadé, monsieur, que rien ne peut m'être plus liom)rable que le souvenir de messieurs les nuMnhres de la Société entomologiquc, ; j'irai, je me le promets, les en remercier moi-même aussitôt que ma santé déplorable me le permettra. Agréez en ultendanl, monsieur, la vive assurance de ma consi- dération et de tous mes senlitnenls. Votre irès-liumble et très -dévoué serviteur. Charlks NODIER. A jM. E. Desmarcsl , Seci claire de la Société cnl<»m(tl()gi(|ue. xxxviii ANNALES Communications. M. Pierret annonce à la Société la mort de M. Siidan, amateur de Lépidoptères, qui vient d'être emporté par une attaque de paralysie, dans un âge avancé. Chasseur intrépide et habile, M. Sudan était par- venu à recueillir la plupart des Lépidoptères dont se com- pose la faune parisienne ; il avait même, en 1830, visité les Alpes de la Suisse, dans le seul but de l'entomologie. M. Sudan, ajoute M. Pierret, sera vivement regretté par tous ceux qui l'ont connu, particulièrement par les jeunes amateurs qui trouvaient en lui un précieux guide pour l'étude pratique de la science. — M. Pierret donne lecture du passage d'une lettre »iui lui est adressée par notre collègue M. Bruand , de Be- sançon. Il est question ,dans ce passage, d'une expérience laite par M. Bruand snv des chenilles attaquées par des Ich- neumons. « J'avais essayé plusieurs fois, dit M. Bruand, de débarrasser des chenilles de ce fléau destructeur en coupant les œufs déposés sur la peau, lorsque ces œufs n'étaient pas encore éclos. L'année dernière, je trouvai deux chenilles du Notodonta tritophus,et une Dicranura furcula attaquées par ces Ichneumons. Sur chacune d'elles, deux œufs d'un noir luisant étaient inhérents à la peau. Je coupai avec un canif bien aiguisé les œufs déposés sur les chenilles des No- lodontes : cela ne réussit pas; les chenilies périrent. Quant à la chenille deDicranoure, j'écrasai les œufs avec une bru- celle très-flne. L'opération réussit sans nuire à la chenille, et le papillon est éclos au mois de juin de cette année, quinze jours plus tôt que trois autres qui s'étaient chrysali- des en même temps. » Lectures. M. Lucien Buquet donne lecture d'une notice monographique sur le genre Ctenoscelis de M. Audinet-Ser- viUe. L'auteur décrit sous le nom de Ct. dyrrachus une DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQlIi:. xxxix nouvelle espèce de ce genre, et il en donne une ligure des- sinée par notre collègue M. Léon Fairmaire. — M. Reiche lit au nom de M. le docteur Charles Aube, une note sur le genre Cabjptohium. — Il est donné communication d'un mémoire en latin de M. Camillo Rondani; intitulé : Species Italicse generis Ne- fto^omi, Rondani, ex inscctis Dipteris ; fragmentum sepli- mum ad inserviendum dipterologiae italicse. Rapport. M. Duponchel, au nom d'une commission com- posée de MM. L. Buquet, Duponchel, Goureau, Guérin-Mé- neville et Pierret, présente la liste suivante de candidats pour la place de membre honoraire étranger qui a été déclarée vacante dans la dernière séance. Enpremièreligne, M. Maximilien Spinola ; en seconde ligne, M. Schœnherr; en troisième ligne, M. Fischer de Waldeim ^ en quatrième ligne, M. Mannerheim et en cinquième ligne M. Spence. Il est procédé à la nomination : le premier tour de scru- tin ne donne pas de résultat. La Société renvoie la nomi- nation à une autre séance. ( Séance du 6 Septembre iSUZ. ) Présidence de M. DUPONCHEL, Doyen d'âge. Ouvrages offerte. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de l'Institut de France , par MM. les Secrétaires perpétuels, tom. xvii (2' semestre de 1843), n"* m à vii; br. in-4" : offert par l'Inslitut de France. — The transactions of the entomological Society of Lon- don. Vol. m, part. 2 et 3, et Journal of proceedings of thc entomological Society of London-, 1 vol. et br. in-8. Lon- dres 18/»3 : offert par la Société entomologiquc de Londres. — Vcrhandlungen derk.k . landvvirlhschafts Gescllschat't XL AN lN A LES in Wieii, 1842; 1. vul. iii-8. Vierino, 1845 : otrert par la So- ciété d'agriculture de Vienne. — Esercitazioni Academiche degli aspiranli naturalisa, OYvero raccolta di memorie deU'Accademia di tal nome. Di- reltadal dottore O. G. Costa. Vol. ii,parto ii. Napoli, 18U». 1 vol. in-8. et atlas : offert par M. Achille Costa. — Esposizione sommaria délie osservazioni raccolte du- rante Tanno 1842, interne allô svil uppued apparizione suc- cessiva degli insetli ve contorni di Napoli, di A. Costa : br. in 8. Naples 1843 : offert par l'auteur. — Flistoire naturelle des insectes Hémiptères, par MM. Amyotet Aadinet-Serville, (ouvrage faisant partie des sui- tes à Buffon de l'éditeur Roret); l vol. in-8. avec figures; Paris, 1843 : offert par les auteurs. — Annales de la Société entomologique de France. Deuxième série. Tome premier. Année 1843. Deuxième tri- mestre; br. in-8. avec des figures coloriées (2 exemplaires). Correspondance II est donné lecture de lettres de MM. Bernard-Deschamps, le vicomte deLamotte-Baracé, Montet de Laroche et Antonio Villa, auxquels M. le Trésorier avait réclamé des cotisations arriérées et qui adressent leur dé- mission. — La Société accepte les démissions de ces quatres membres. Communications. M. Chevrolat annonce à la Société que le Staphylinus {Ocypus) alpicola, qui n'avait été trouvé jus- qu'ici qu'en Garynthie, a été pris en assez grand nombre, au mois d'août dernier, dans les environs de Saint-Germain. — Le môme membre dit qu'il a trouvé auprès de Paris, le Serropaîpus Faudoueri, Latreille, et que le mâle de cette espèce est de deux tiers plus petit que la femelle. — M. le Secrétaire donne lecture de la notice suivante de M. Guénée ( de Cliàteaulun ), sur trois espèces df^ Lépi- doptères nocturnes. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUK. xli 1 . Zygœna balearica, Bdv. Celte Zygène a été décrite el figurée iii- L'xactement pour la première foispar M. Boisduval, dans sa monogra- pliiedcsZygéiiidos(|».rî9),])iiisleinêiiic aiiloiir on a donné nnc bonne figure dans son Iconos (pi. 54). Dcpnis, M. Rainbnr l'a également figurée dans sa faune do l'.Vndalousic (pi. 12), mais en la considé- rant comme une simple variété delà sarpedon, Ilubn. Enfin, dans son dernier calaloguo, M. Boisduval se range, avec quelque hésita- tion, il est vrai, à celle dernière opinion. Dans une excursion eniomologique que je viens de* faire dans l'oueslde la France, j'ai pris abondamment, dans une petite localité auprès de Vannes (Morbihan), la Zyg, balearica qui n'avait été trouvée jusqu'ici que dans la partie méridionale de l'Espagne. Possédant dans ma collection une paire de celles qui ont été rap- portées d'Andalousie par M. Ranibur, j'ai pu les comparer avec soin et ni'assurer de leur identité. Seulement, dans mes individus, la ta- che du milieu de l'aile est fréquemment isolée de celle de la base et la couleur rouge est moins miniacée, ce qu'il faut peut-être attri- buer tout simplement à la fraîcheur de mes exemplaires; du reste celte Zygène ne varie pas sensiblement : j'en ai vu près de cent in- dividus absolument pareils, et elle diffère Irès-notablemenl de lasai- pedo/i du midi de la France qui a été figurée par Hubner. Je n'en veux point conclure quelle n'en est pas une modification locale et constante, c'est ce que la découverte de la chenille peut seule nous apprendre : celle ci est facile à obtenir, puisqu'elle doit vivre sur les Eryngium qui croissent si abondamment dans les dunes de la Bretagne et qu'en les examinant en temps utile, on la trou- vera infailliblement. J'ai voulu appeler sur ce point litigieux l'atten- tion des entomologistes de l'ouest et en même temps, donner un exemple de la bizarerie de la nature qui a semé cette espèce sur deux points de l'Europe si opposés en température. 2. Crambus pedriolcllus^ Diip. M. Duponchel a fait connaître le premier ce beau Crnmhus, rapporté par M. Feisthamel, du Mont- Rose et du Simplon. Depuis, i\l. Geyer l'a figurée dans son supplé- ment à Hubner sous le nom de spwieUus qn^, doit être effacé de la nomenclaliire. iVI. Feisthamel a pris celle espèce sur le sommet des montagnes XLii ANNALES précitées à 7 ou 8000 pieds au dessus du niveau de la nier. Je viens également de la retrouver dans les parties les plus basses des dunes de la Bretagne. M. Duponchel n'ayant déciit que le mâle, et d'après des individus passés, je profiterai de cet article pour donner une courte descrip- tion des deux sexes, suivie de quelques détails sur les mœurs. llestde la taille du luctifeveLlus et même plus grand. Ses ailes su- périeures sont d'un gris blanc, teintées de jaune de sable et saupou- drées long! tudinalementd'atôme'snoirsavec toutes les nervureslarge- ment blanches; elles sont traversées au delà de leur milieu par deux lignes transverses parallèles, ondulées, d'un rouxclair,sablées de noir, qui sont coudées non loin de la côte et vont en se rapprochant de la base jusqu'au bord interne. La partie inférieure de l'aile est d'un gris plus foncé que le reste, et les rayons formés d'atomes noirs qui partent de la base y sont plus sensibles que partout ailleurs. La frange est entrecoupée de gris et de blanc et précédée d'une série de petits points noirs. Les ailes inférieures sont d'un blanc sali avec la frange d'un blanc pur et une ligne ondulée ante-terminale à peine sensible. Les palpes inférieurs sont très-longs, dirigés en avant et légèrement courbés par en bas. Les antennes sont épaisses et foriementcrénelées. Le thorax est d'un gris jaunâtre, blanc en des- sus ainsi que la tète, et l'abdomen est d'un blanc soyeux. La femelle a les ailes étroites et lancéolées comme celles de la division daqui- lellus. Ses dessins sont plus confus, les lignes transverses moins visibles, les atomes noirs plus nombreux, la frange moins largement coupée de gris. Les ailes inférieures sont plus foncées sans ligne distincte, avec la frange tout aussi blanche. Les antennes sont exactement hliformes. Ce Crambus vole à l'ardeur du soleil au milieu des sables sur les- quels il se pose fréquemment et dont il est alors absolument impossible de le distinguer à cause de sa couleur. Sa chenille vit dans un long fourreau composé de soie et de sable à la base des Triticum dont elle dévore les racines. Parvenue à toute sa taille, elle se relire à l'extrémité de ce conduit et s'y change en une chrysa- lide oblongue. obtuse auxdouxexiiéniités, d'un jaune docie clair. Le DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE xlih l)apillon perce pour cclore la paiiie supérieure du fourreau et vole en juillet. 3. C^a/yjocrt/wa «/«/^/. '^ Edwards (MiLNt), iiienibic (le l'inslitut et de la I.cgiun d'honneur, docteur en médecine, professeur d'entomologie .'tu Muséum d'histoire naturelle, etc.; rue Neuve- Saint- Etienne, 19. l83G. Elizalde, docteur en médecine; à Cadix. 1842. Faibmair-e (Léon); rue de Gienelle-Saint-Honore, 37. 1833. Farhoeus, membre du conseil d'État et chef du département de l'inte'rieur en Suède, grand'croix de l'Étoile polaire; à Stockholm. * Feistham£l (le baron), maréchal-de-camp, officier de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-Louis, membre cor- respondant de l'Académie royale des sciences et arts de Barcelone, etc.; à Amiens (Somme). 1836. Fischer de Waldheim, vice-président de la Société impé- riale des naturalistes de Moscou, conseiller d'État actuel, srand'croix des ordres de Sainte -Anne et de Saint-Stanis- las, chevalier de Saint-Wladimir, etc.; à Moscou. 1837. Fol, négociant; rue de Cléry, 15. 1840. Fol, docteur en médecine; à Vandœuvre, près Genève. 1832. FoNscoLOMBE (BoTER de), propriétaire; à Aix (Bouches-du- Rhône:. 1838. Fridwaldjsky, docteur en médecine; à Pesth. 1839. Garnier, bibliothécaire et conservateur du Muséum d'his- toire naturelle d'Amiens (Somme). 1833. Gay; rue Guy-Labrosse, 9. 1842. Gehin, pharmacien; à Metz (Moselle). 1833. Gêné, professeur au Muséum d'histoire naturelle de Turin. 1832. GEOFFROY-SAINT-IIILAIRE (Etienne), membre de l'Institut et de la Légion d'honneur, professeur à la Fa- culté des sciences, etc.; au Muséum. 1840. Gérard, adjudant auxiliaire du service des hôpitaux; à Alger. 1833 Gebmar, professeur d'histoire naturelle: à Halle (Saxe). 2' Série, T. i. B. VI. Lxvi ANNALES * GoB Y, chevalier de l'ordre royal de Saint-Ferdinand, capi- taine de cavalerie, etc.; rue Castellanc, 15. 1835. GooREAU, lieutenant-colonel du génie, membre de la Légion d'honneur; rue Jacob, 12. 1833. Graells, professeur de zoologie au Muséum d'histoire natu- relle de Madrid. 1832. Graslin (de), membre coricspondant de l'Acade'mie royale des sciences et arts de Barcelone, etc.; à Château-du-Loir (Sarthe). 1833. Gravenhorst, docteur en philosophie, conseiller privé de la cour de Prusse, professeur de zoologie et directeur du Musée zoologiqiie de Breslau. 1837. Greville, botaniste; à Edimbourg. 1833. Grev, attaché au Jardin d'horticulture de Tempereur de Russie; à Ropska, près Sainl-Pctersbourg. 1836 GuÉNEAU d'Aumont, ca[)ilaine adjudant- major, au 9' régi- ment d'infanterie; à Colraar (Bas-Rhin). 1832, GuÉNÉE (Achille), avocat; à Châteaudun (Eure-et-Loir). * Guérin-Méneville, membre delà Société royale et centrale d'agriculture de Paris, directeur fondateur de la Société Cuviérienne, etc.; nie d(S Beaiix-Arls, 4. 1835. GuTCH, docteur en médecine; à Londies. 1833. IiAA^ (de), docteur en phdosophie, conservateur du Muséum d'histoire naturelle de Leyde. 1840- Haefeli, docteur en médecine; à Baltimore. 1833. Hanson; à Londres. 1835. Heeger; à Mœdling, près de Vienne. 1834 Herétieu, contrôleur des contributions directes, membre du conseil général du département du Lot ; à Cahors (Lot). 1839. lIoMBRLS-FiRMAS (Ic baron d'), correspondant de l'Institut, etc.; à Alais (Gard . 1833. Hope, membre de la Société enlomologique de Londres, etc.; à Londres. l)i: LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. LXVli 1838. HoREAU, docteur en médecine el pharmacien principal^ à Alger. 1832. HUMBOLDT (le baron de), membre des Académies des sciences de Paris et de Berlin, grand'croix de la Légion d'honneur, etc.; à Berlin, 1848- Iradi (don José Gayetano de); à la Havane. 1843. Jekel; rue du Hasard-Richelieu, 9. 1834. Jurine; à Genève. 1838. Kay (James); à Redwales (Angleterre). 1832. KIRBY, président-honoraire de la Société entomologique et membre de la Société Linnéenne de Londres, recteur de Barham, etc.- à Barham. 1832. KLUG, docteur en médecine, directeur du Muséum d'his- toire naturelle de Berlin. 1835. KoLLAR, conservateur du Muséum d'histoire naturelle de Vienne, î832. Lacordaire, professeur de zoologie et d'anatomie comparée à l'université de Liège. 1837. Laferté-Sénectère (le marquis de), propriétaire; à Azay- le-Rideau (Indre-et-Loire). 1843. Lecoutf.ux, employé au ministèic de la guerre, etc.; ave- nue de Saxe, 24. 1833. Lefebure de Ce'risy, ingénieur de la marine, ancien amiral de la flotte égyptienne, officier de la Légion d'honneur, etc.; à Toulon (Var). * Lefebvbe (Alexandre), ancien correspondant du Muséum d'histoire naturelle de Paris, des Académies el Sociétés sa- vantes de Lille, Catane, Moscou, Barcelone, Madrid; membre honoraire de la Société entomologique de Londres, etc.; au presbytère de Bouchevilliers près Gisors (Eure), et rue du Faubourg-Poissonnière, 30. 1842. Lenoir; rue Notre-Damc-des-Champs, 20. * Lepeu.etier de Sai>t-FaiÉsÉLEOC (de), chirurgien de la marine royale; à Brest, de- tache aux mines de PouUaouen (Finistère). 1836. Loches (le comte de), membre des Académies royales des sciences et des beaux-arts de Savoie, président de la Socie'lé académique de Savoie; à Chambéry. 1843. Loss, libraire éditeur; rue Hautefeuille, 20. 1832. Lucas, membre de la commission scientifique de l'Algérie, employé au laboratoire d'entomologie du Muséum d'his- loire naturelle, etc.-, au Muséum 1837. LucciANi, pharmacien; à Castel-Nuovo (Toscane). 1832. Macquart, membre de plusieurs Sociétés savantes; à Lille (Nord). 1833. Mannebheim (le comte), |)résidcnt de la haute cour de jus- tice de Wibonrg. grand'croix de l'ordre de Saint-Stanislas, chevalier de l'ordre de Saint Wladirair, etc.; à Wibourg. 1832. Mauchand, propriétaire; à Chartres (Eure-et-Loir). 183o. IMarseul (de), chef d'institution; à Laval (Mayenne.) 1841. Maymac, capitaine au 2*^ de hussards, à Clermont (Puy-de- Dôme). 1832. MtLi.Y, négociant; à Liverpool. 1832- Merck, membre de la Société Linnéenne du département du Rhône, etc.; à Lyon (Rhône). 1834. Michel, capitaine en retraite; à Toulon (Var). 1838. MoNTANDON, employé supérieur des postes, membre de la Légion d'honneur, etc. 1835. MoRissE, membre de la Société géologique de France, etc.; au Havre (Seine-Inférieure). 1842. Neuwyler (de Dissenhofen) docteur es sciences et profes- seur d'histoire naturelle d de malliematiqucs spéciales au collège cantonnai de Glaris. DE LA SOCIETE ENTONJOLOGIQL E. rAix 1833. Newman- à Londres. 1833 NODIER (Charles), membre de l'Académie française, l.il)li(i- ibe'cairc de l'Arsenal, chevalier de la Lés^ion d'honnenr, etc. ; rue de Sully. 1843. NvsT, inspecteur des bureaux de garantie; à Bruxelles. 1835. OcsKAV (baion de Ocsko), chambellan de l'empereur d'Au- triche, membre de l'Acade'mic des naturalistes de Bonn, do la Société impériale des naturalistes de Moscou, de la So- ciété entomologique de Ijondres , etc.; à OEdembourg (Hongrie). 1837. Oi.JNiiAUsEN, professeur de chimie; à Augsbourg. 1834. Paris, avoue; à Epernay (Marne). 1833. PASSEBI^'I, agrégé du ()rofesseur de zoologie an Muséum d'histoiie naturelle de Florence. 1837. Pecchioli; à Pise. 1833. Peiroleri (le baron), maître-auditeur à la Cour des comptes de Turin. 1838. Perris, chef de division à la préfecture de Mont-de-Marsan, etc. (Landes). 1833. PicTET, professeur de zoologie et d'anatomie comparée à l'Université de Genève. 1833. PiERRET (Alexandre); rue CorLcille, 3. * PoEY, professeur de zoologie ei d anatomie com[)arée à l'Université royale de la Havane, etc.; à la Havane. * Rameur, docteur en médecine; à uScichcs (Maine-et-Loire). 1834. Ramon de la Sagra; à Madrid. 1841. Rasch, docteur en médecine, conservateur du Muséum de (jhristiana. 1835. Reich, docteur en médecine, professeur à l'Université et à l'Académie militaire de Berlin, chevalier des ordres de la Croix-de-fer, de Saint-Wladimir et de la Légion d'hon- neur, etc.; à Berlin. LXX ANNALES * Reiche, néf;ooi;int, membre de h Société impériale des na- turalistes de Moscou etc.; rue du Marché-Saint-Honoré, 4. 1835. Reichenbach, professeur et directeur du Muse'um d'histoire naturelle du roi de Saxe, docteur en philosophie et en mé- me'decine, etc.; à Dresde. 1833. RoBiNEAU-DEsvoiDY, doctcur en médecine, etc.; à Saint- Sauveur (Yonne). 1833. RoBYNs, banquier- à Bruxelles. * Romand (de), chevalier de la Légion d'honneur, etc.; à Vou- vray (Indre- et Loire). 1840. RoNDANi (Camillo), négociant; à Parme. 1841. Rouuet; à Dijon (Côie-d'Or). 1833. Sahlberg, docteur en médecine, professeur de l'Académie impériale d'Alexandre, chevalier de l'ordre de Saint-Wla- dimir, etc.; à Helsingfors (Suède). 1843, Saint-Martin (Paul de), employé au laboratoire d'entomo- '' logie du Muséum d'histoire naturelle; rue Neuve- Saint- Denis, 13. 1834- Sans (Mariano de), secrétaire delà section d'histoire natu- relle de l'Académie royale des sciences et arts de Barcelone, etc.; à Barcelone. 1842. Saunders de Vandsavorth (Williams Wilson), membre des Sociétés linnéenne et entomologique de Londres, etc.; à Londres. 1835. Saunders (Sydnry-Smitli); à Londres. 1832. S AVIGN Y, membre de l'Institut et de la Légion d'honneur, etc.; à la ferme de Galy, près Versailles (Seine-et-Oise). 1843. ScHAUM, docteur en médecine, etc.; à Halle (Saxe). 1841. ScHMiD (le chevalier Louis de); à Florence. 1837. ScHMiDT, docteur en médecine; à Brème. 1835. ScHOEFFER, docteur en médecineeten chirurgie; à Ratisbonnc. 1832. SCIIOENHERR, conseiller du commerce, chevalier de l'é- toile polaire, etc.; à Sparrosœtcr près Scara (Suède). DE LA SOCIETE ENTOMOLOOIQUE. lxxi 1834. Selys-Longchamps (de), inemhrc de la Société des sciences naturelles de Liège, etc.; à Liège. * Serville (.^udinet), membre de la Société impériale des naturalistes de Moscou, etc.; avenue Trudaitie, 4. 1843. SiGNOP.ET (Victor),* rue de Seine, 49. 1832. SiLBEHMANN, avocat, directeur du Muséum d'histoire natu- relle de Strasbourg (Bas-Rhin). 1834. Sommer, membre de plusieurs sociétés savantes; à Alloua. 1833. Si'ENCE (Williams), ancien secrétaire pour l'étranger de la Société cntomologique de Londres, etc.; à Florence. 1834. Spence (Henry), membre de la Société cntomologique de Londres, etc.; à Florence. 1835. Si'iNOLA (le marquis Maximilien de); à Gènes. 1842. Teissèire; à Nice. * Theis (le baron de), consul de France à Varsovie, uiembie de la Société des sciences et Arts de Saint-Quentin, etc.; à Varsovie. 1842. ÏOPART (Edouard), docteur en médecine, membiedc la So- ciété linncenne du nord de la France, etc.; au Mesnilen- .Arronaise, près Péronne (Somme). 1838. Trobert, docteur en médecine, chirurgien de première classe, entretenu de la marine, membre correspondant de la Société anatomique et du cercle médical de Montpellier, etc.; à Brest (Finistère). 1832. \u.LiERs (de), chef de bataillon au 4"" de ligne, etc-, à Belle- lie en mer (Morbihan). 18<40. VuiLLEFROY (Lcon de), employé au ministère de l'intérieur, etc.; rue de la Michaudicrc, 6. 183G. Waga (de), professeur d'histoire naturelle, elc; à Varsovie. * WALCKENAER (le baron), secrétaire perpétuel de l'Aca- démie des inscriptions et belles-lellres, membre de la Lé- }jiun d'hoimeur, etc.; rue Laffitte, 45. 1838. Weidemîacu (de), docteur en médecine, etc.. à Augsbourg ixxii ANNALES 1838. Wellenberg, docteur en médecine; à Leydc. 1834. Westermann, négociant; à Copenhague, 1840. Westring, employé des douanes* à Gothembourg. 1833. Westwood, membre des Sociétés linnéennes cl eolomolo- gique de Londres, etc.j à Londres. 1841 . Whitk (Adam), aide naturaliste au Musée britannique, mem- bre de la Société entoraologique de Lond res, etc.; à Londres. 1834. WiLsoN*, à Edimbourg. 1834. ZiNELLA; à Milan. 1833. Zetterstêdt, professeur de zoologie; à Lund (Suède). MEMBRE DÉCÉDÉ Pendant Vannée 1843. M. 1840. PiTOis; à Paris. MEMBRES DÉMISSIONNAIRES Pendant l'année 1843 MM. 1841- Broussais (Anatole)* à Passy. 1832. Emy; à Rouvray (Côte-d'Or.). 1836. Kunze; à Leipsig. 1836. Lamotte-Barace (de) 5 au Coudray (Indre-et-Loire). 1841. Le Guillou; à Paris. 1835. Marc; au Havre (Seine-Infe'rieure). 1833. MoNïET Laroche; à Crucheray-la- Vendôme (Loir-et-Cher). 1 837 Perrochel (le comte de); à Paris. 1834. Villa (Antonio); à Milan. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOU!:. lxxiii VWWWXWWWVV'VV*^/* VWV\VVWAVXvVVvV\VWVV\VVVvWvW WWW\ WWVVVWVW VWVWVWVVt wwvv TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE VOLUME. Abrœus rkombophorus , CoL, appartenant à la fanne parisienne; par M. Aube. 75 Achorutes (liste des espèces du G.); par H. Lu<'as. 294 Adesmia Langii; par M. Guérin-Méneville. xlvii Agathis bœtica; par M. Spinola. 127 yigrilus biguttatus (note pour servira l'iiist. de l'); par M. Gon- rcan. 23 Ailes des insectes (raéin. sur l'irisation des) ; par M. Goureau. 201 Altération des couleurs chez les insectes; par M. de la Ferte- Sénectère. xviu Altica erncœ, hippophaes, lylhri et oleracea \ par M. Aube. 5 yimmchates muticiis , par M. Spinola. 141 Anchomenus{Ctenognathus) Novce-Zelandiœ,T^av ^\. L.Fair- maire. 12 Andrena lanuginosa-^ par M. Spinola. 137 Anthrenus musœornm (note suri'); par M. Reiche. xxvin Apale humeralis, nigriventris, rufiventris;^av M. Lucas, xxv Apion apricans,\iole sur les mclam. et sur les parasites de ce coléop.; par M. Guérin-Méneville. 65 Araigné (note sur la morsure d'une); par M. Rcciuz. xlvii Artia cartaginensis ; par M. Rambur. 332 Articles réglementaires; xiiet lu. Balanciers des Diptères, me'm.: par M. Goureau. 299 Bassus hispanicus ; par M. Spinola 118 Blcdius tristis ; par M. Aube. •)2 Blepharicera, G. nouv.de Diplcres,ayanl pour type le Bl. lim- Ifipennis; par M. Macquart. 59 Brachélytres (deux nouv. esp. de); par M. Aube. 89 LXXiv ANiNALES Brac/ijcaulu.<,G. noiiv. fie Col. ayant pour type le Br ferrugi- neus-^\)ai M. L. Fairmaire. 13 Bracon bœlicus et bicolorator-^ par M. Spinola. 125 Bulletin eiilomologique. Premier trimestre, p. m. Deuxième trim,, p. XV 11. Troisième !rim,, p. xxxin, et Quatrième trim., p. xlv Buprestides (rem. sur les nuétaraorphosesdes) \ par M. E. Blaii- cliard. 221 Callidema. G. nouv. de Cicindélèlesj par M. Gue'riQ-Méne- ville. IV Callidiuni sanguineum (métamorphoses du ); par M. E. Des- marest. xxi Callidiuni sanguineum (noie pour servir à l'histoire du); par M. Goureau. 99 Callimome lissus el theon; paf M Walkcr. l49 Calj^ptohium (note sur le G.) Esp. C. caularutn, Kunzei. nigrum et Fillœ ; par M. Aube. 24 1 Calypioceriis. G. nouv.j [)ar M. Guérin-Me'neville. 177 Camptopœum interriiptum; par M. Spinola. 139 Carpocapsa ampla?ia , (obs. sur la); par M. Guénée. xlui Ceplius Parrejssii; par M. Spinola. iKi Chalcidites trouvées au Bluff de Saint Jean, dans la Floride orien- tale par MM. E. Doubleday et Forsler, décrits par M. F. Wal- ker. 145 Chalcoplwra mariana (métamorp. du); par M. Pecchioli. ix Charaxes delphis el eudamippus, nouv . Ic'pid. des Indes orien- tales, delà collection de M. H. Doubleday; décrits par M. Ed. Doubleday. 217 Chelonia Lalreillii (notice sur les métamorphoses de la ); par M. Graëlls. 33 9 Chenilles attaquées par des Ichneumons; par M. Bruaud. xxxvin Chlœnius ophonoïdes. E*p. nouv.; par M. L. Fairmaire. 11 Choragiis Sheppardi (liist. des raétamor()hoses du) ; par W. Léon Dufour. 313 DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQIJK. LXXV Chrysis crassimargo \ par M. Spinola. 127 Cicindëlctes (obs. criticjues sur les^i; par M. Guérin-Ménc- ville. IX et XIV Cladiscus strangulalus ; par M Chevrolat. 33 Clerus {Tlianasinus) cinctii>entris, marginicollis et oblique- fasciatus-^ par M. Chevrolat. 31 Coléoptères d'Algérie •, par M. H. Lucas. xxiv Coljmbetcs coriaceus (monstruosité observée dans une antenne droite d'un) ; par M H. Lucas S5 Communications iv, v, vu, x, xiii, xviii, xx, xxui, xxviii, XXXIV, XXXVIII, xr^, xlvii, l, li, liv et lv. Composition segmcntaire de quelques larves de Coléoptères (note sur la) ; par M. Léon Dufour. 253 Composition segmcntaire de quelques larves de coléoptères ( ré- ponse à la note intitulée) ; par M. Goureau 257 Comptes des trésoriers. Rapports pour 1843, p. xxvi. — Pour 1844, p. Lvii. Cordulegasttr annidatus et bidentalus ; parM.deSelys Long- champs. 108 Correspondance, iv, xvi, xxiii, xxxiv, xxxvii, xl, XLVietu. Coryneles mariiinellus ; par M. Chevrolat. 42 Crambus pedriolellus ^obs. sur le) ; par M, Guéne'e. xli Cryptus ondalusiacus ; par M. Spinola. 120 Ctenoscelis (notice monog. sur ce genre de la tribu desPrioniens). Esp. Cl. acanthopus, ater, djrrachus et nausiOious ; par M. Lucien Buqnet, 231 Cj'lidrus agilis ; par M. H. Lucas. xxv Cyphoderus {\h\Q des fsp. du G.); par M. H. Lucas. 293 Vasj'poda bœtica; j)ar M- Spinola. l29 Dasysterna barbara,canariensis,Reichii][ia^\'^'i. Rambur. 33i i?egeeria (li,ste des esp. du G.) ; par M. 11. Lucas. 29.3 Délibérations, xxxii, xxxviet i.ii. Desoria (liste des esp. du G.)-, par M. H. Lucas, 292 Dicyrtoma {Wsle des esp. du G.); par M. H. Lucas. 29R. Diphlcra ccenobita (hermaphr. d'une) ; par M. Pierret. vu E.xxvi ANNALES Diptères (niëm. sur les balanciers des) ; par M. Goureau. 299 Dorcus? Luxerii, nouv. espèce décrite par M. li. Biiquet. li Dryudella Ghilianii\ par M. Spinola. 135 Elaphocera (rnonog. du G.). Esp. El. barhara, Bedeaiii, bj- sanlica, Cartejisis, chnrianensis, dilatata, gracilis, granaten- sis, hiemalis, hispanensis, longitarsis, malnceensis, mauritanica, numidica, obscura, etsardoa; par M. Rambur. 329 Emathion (obs. sur le G.); par M. Guérin-Méneville. 178 Enoplium fimbriolatum^ niveiim, piinctalissimum, semini- grum ; par M. Chevrolat. 34 Enoplium {E pi phlœus) h alteatum et pantherinitm ; par M. Cbe- vrolat. 35 Enoplium {Ichnea) calceata e.\. divisum ; par M. Cbevrolat. 37 Epipona tatua ( note sur le nid de 1'); par M. Milne Ed- wards, xxxiv Eucasoloma versicolor; par M. Gucrln-Méneville. 185 Eucne'raides (revue critique de la tribu des); par M. Guérin- Méneville. 163 Eucnemis foveolalus , /«/i^/cornri, etc., esp. décrites p.ir M. Guérin-Méneville. 186 Eurjtoma abatos., cretheis, hecale, pytheis et teredon ; par M. Walcker. 130 Fornax Chevrolalii, grandis, madagascariensis , obruius, opifex, Petitii et sanguineo-signatus , etc., esp. décrites i)ar M. Guérin-Méneville. l8l Galba bombjcina, flavicornis , etc., esp. décrites;par M. Gué- rin-Méneville. 190 GaZ6of?ema (obs. sur le G.); par M. Guérin-Méneville. i89 Gastraulacui atratns et Leprienrii, esp. décrite: par M. Gué- rin-Méneville. 188 Gnophos variegata (desc. de la cbenille); par M. Bruand. 249 Hebotomi {specics italicœ generis), sp. Heb.minutus, moles- tus, et papatasii; auctorc Camillo Rondani. 263 //edichruni aulicum; i\u M. Spinola. 129 DE LA SOCIETE ENTOMO LOGIQUE. lxxvii Hocktria onatas et xanticles; par M. Walkcr . 146 Ilylochares et lljpocœliis (obs. sur les G.) ; par M. Gucrin- Méneville. l75 Hyménoptères nouveaux ou peu connus, recueillis en Espagne, en 1842, par IM. V. Gbiliani; décrits par M. Spinola, 111 Hyperantha stigmaticollis et vittaticollis, nouv. esp. décrites pnrM. E. Desinarest. 17 Iclineumon melanoplerus et nigricornis ; par M. Spinola. 120 Iclineumon trouve dans la larve du Caliidium sanguimum; par M. Goureau. l04 Irisation des ailes des insectes (inéin. suri'); par M. Goureau. 201 Irisation des ailes des insectes; par MM. Arayot et Milne Ed- wards. XXI Jalodis Clouei (monstruosité observée dans l'antenne droite d'un); par M. L. Biifpiet. 97 et x Lampretatus cjrniis , habis , salemus et trjpheriis ; par M.Walcker. 155 Latrodectus malmignatus (obs. sur le); par MM. H. Lucas et Pierret. viii Lectures iv, v, ix, xi, xxi, xxvii, xxxi, xxxv, xxxviii, xliv, xLvin, L, LU et lv. Lepidocyrtus (liste des esp. du G.); par M. H. Lucas. 287 Libellules d'Europe (note sur quelques) ; par M. de Selys Long- champs. 107 Ligia opacaria (note sur la chenille de la) , par M. Pierret xi Lindenia tetraphylla-^ par M. de Selys Longcharaps. 107 Z?/;j/ra (liste des esp. du G); par IM. H. Lucas. 296 Macromia splendens ; par M. de Selys Longcharaps 108 Mecosarthron luherculatus -^ par M. L. Buqnct. 239 Megachile Ghilianii; par M. Spinola. 142 Melanophora heUcii>ora^ nouv. esp. de Diptères dont la larve vil dans V //dix conspurcata ; par M. Goureau. 7 Melasis flabellicornis (\av\c du); par M. Guérin-Wc'neville. 172 i.xxviii ANNALES Membres démissionnaires, iv, xxiii, xxxiv, xl.xi.vi, lv,i.xxii. Membres il II l)urean, 1843, p. i. — ■1844, p lvi. Membres en 1843 (liste des)Lxi. Membres reçus, v,vi, x, xv, xvi, xix, xxii, xxxii, xlix, li, et LVI. Mefopon deiphon; par M, Walker. l(jl Micromelus cyrene ; par M. Walcker. 1 54 Monotoma punclaticollis , Col. appartenant à la faune pari- sienne ; par M. Aube 73 Monotoma quadrifuveolata (obs. sur le); par M. Aube. xx Monstruosité observée dans l'antenne droite d'un Buprestide {Jalodis Clouei); par M. L. Buquet. 97 et x Monstruosité observée dans une antenne droite d'un Coljmbe- tes coriaceus ; par M. H. Lucas. 55 Mutila anptslicollis ^fasciaticollis , Ghilianii et octomaculala ; par M. Spinol.i. 129 Mjrmechixenus vaporariorum, nouv. cole'op. ; par M. Gué- rin-Méneville, 09 Myzina hispanica; par M. Spinola. 134 Nécrologie. Mort de M. E. Langeland; par M. E.Desmaresl, iv. — Mort de M. le Président Luxer; par M. L. Buquet, liv. — Mort de M. Pitois; par M. E. Desmaresl, xxiii. — Mort de M. Sudan; par M. Pierret xxxvui. Nematodes (obs. sur le G.) ; par M. Guérin-Méneville. 174 Nominations, xix, xxxvi, lui el lvi. Norhanus djsaules et pisius; par M. Walcker. 159 Note sur le monument élevé à la mémoire de Careno ; par M. Amyot. XIII Nyssia zonaria (obs. sur la) ; par M. Pierret. xviii Ocjpus alpicola; par M. Clievrolat. xl OEdichirus unicolor ; par M. Aube. 91 Opilus dorsalis ; par M. H. Lucas. xxiv Opilus germanus ; par M. Clievrolat. 37 Orchesella (liste des esp. du G.) ; par M. H. Lucas. 288 Ormynis liihotus ; par M. Walcker. 148 DE LA SOCIETK ENTOMOLOC.IRUE. i.xxix Osniia bœtica ; par M. Spinola. 1 V2 Ouvr.i£;es offerts, m, v, vi, x, xiii, xv, xvu, xïx, xxii, XXVIM, XXxni, XXXVI, XXXIX, XLV, XLIX, Lr, HIICtLV. Oxjbeliis andalusiacus ; par M. Spinola. 12() Pachjnevron albalius ; par M. Walcker. 158 Philo/hermus^ G. nouv. de Col., Tctrarnèrc, csp. typ. Ph. Montandonii ; par M AuIj^'- 93 Piinpla Ghiliand ; par M. Spiuoia. 1 19 Planches (expl. des) : i, p. 15, 20. 22, 58, 73 et 75. — ii, p. 30, f»8, 71 et 80. — lu, p. 53 cl 63. — iv, p. 87, 95, 98 et 103.— v, j). 197. — VI, p. 198.— vu et VIII, p. 220. — ix, p. 240. — x,p. 247, 251, 262 et 267.— XI, p. 326 et xii, p. 358 et 366. i'latydesmiis,G. nouv. delà cl. des Myriapodes, fara. des lu- lites, esp, lyp. P. polydesmoïdes; par M. H. Lucas. 43 Poditra (liste des esp. du G.) ; par M. H. Lucas. 290 Podiirelles (obs. sur les travaux quij depuis Latreille, ont elc publiés sm les) j par M. H. Lucas. 269 Pcecilonotastiginalicollist^tvitlalicollis; parM. E.Desmarest. 17 Pterotarsus fiistrio, riigosiis^ testaceus, tuberculalus, JVal- (kenaeri-^ esp. décrites p^r M. Guérin-Méneville. 194 Psc'laphiens (révision de la famille des) ; par M. Aube'. lv Psjche aUndn (me'm. sur la) ; par M. Merck. 81 Kapports, iv, xii, xxvi, xxxii, xxxv, xxxix, xuv et uv. Sandalus (monogr. du G.) ; par M. Gue'rin-Mcncville. ix Séanccsde 1843. 1" (4 janvier) m. — 2'' fl8 janvier)v. — 3* (1 fé- vrier) VI. — 4* 1^15 fe'vrier) x. — 5' (1 mars) xiii. — 6" (15 mars) xv. — 7^= (5 avril) xvii. — S*" (19 avril) xix. — 9* (3 mai) xxii. — lO* (7 juin) XXVIII. — W (15 juillet) xxxni. — 12' (2 août) xxxvi. — 13" (6 septembre) xxxix. — 14" (6 octobre) xlv. — 15e (25 octobre) xLix. — 16" (lo novembre) li. — 17*= (6 décembre) lui. — et 18" (20 décembre) lv. Serrojmipus Faudoueri ; par M. Clievrolat. xl Smicra side; par M. VValker. l/iS Smy nlhurus (liste des esp. du G.); par M H. Lucas. 296 LXXX ANNALES DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. Sphecodes collaris ; par M. Spinola. 137 Sphinx atropos (note sur la stridnlatioD d-i) • par M. Abicot, i, Staphylinus {Ocypus) rtZ/?tcoZrt; par M. GhevroUt. xl Tentredo bœtica, erfthrogaster, limbalis, rufimana et xan- thopus ; par M. Spinola. 1 1 2 Terediles (desc. de 24 nouv. esp.de); par M. Cbevrolat. 173 Tharops (obs. sur le G.); par M. Guérin-Méncville. 174 Theano crucialus\ par M. Cbevrolat. 33 Tbjsaiiures (observ. sur les travaux qui, depuis Latreille, ont été publics sur l'ordre des) ; par M. H^ Lucas. 269 Tillus {Cjmatodera) Bosciï; par M. Chevrobit. - 31 Timia margarita (obs. sur la) ; par M. Pierret. l Tomocerus (liste des esp. du G.); par M. H. Lucas. 286 Trichodes affinis, Carcellei, Lafertei, Olivieri et viridifas- ciatiis; par M. Cbevrolat, 38 Trichodes {Pachjscelis) angiistus et lamin itiis; par M. Cbe- vrolat. 40 Trichodest [Zeniticola?)fulgens ; par M. Cbevrolat. 41 Tarpa hispanica ; par M. Spinola. 117 Xyletinus hederœ (bist. des métamorpboses du) ; par M. Léon Dufour. 313 et 321 Xylocopa simalifrons ; par M. Spinola. 143 Zj'gœna achilleœ (obs. sur la) ; par M. Pierret. xxxi Zygœna balearicci (obs. sur la) ; pa^ MM. Guénée et Cbevro- lat. XLI et XLIII .Initiili:r t/c l/i Sncic/c EntitiiinUifiiiiif i/r Fiiinii série — Tome I.II.l ■ .1,,,, ,>„„„„;/ I. /. /h//>rrii/i//iti i>i//ii/ico//i,f K lh.rm,i,wi 2 ■ lli/f> . .lini/mitiro/Zie /■:./), ■.■■m . II, / ,C/i/œniu.r o^Jiononic.r /..K/rma.n- . 2 )j/i,i//iii,rj Nartr '/.r/ani/ùr ■ I.. Fntrn, ■ 7 II ''> ■ firiic/lljatll/ll,r /frrHI/l/iett,r . /.. Kiiriii , m. /. ('i>/l//n/'€'/r,r lV//llirf/,r 1/,,/fm ■ '^■.H.ltnn, ,/iyfme Irr.^ ,,jn,.rjir . I.V . J. Mo/iolotiiii finrir/itliiol/i.r (l,..t„i,é. •! ..Ilinrii.f r/iû//i/>oii/ii>ni.f c/,. t,,/.,' ■ ^■in/iii/f.r i/r /a J'inic/e Kiitonio/iiijiaur flr Fnuicf 2 ' if crie . — Tome J- l'I . TI. I . J a si . Miyr/lief/llu-e/iu.r i>il/>t>rirrit//-lt//l . o'/iâ-m Xêneviï/e . Vl. .ipiOll llfirtCtlJIS .MitnJi . J./.Mvi- . i'.'/r/r ,/r /» lart'i- . S ■ Ni/niB/t i/r /r^/r iiriyrr^ ntir la tante . \\\- Pipleie ilitnl lu Itirue vit i/ti/i^' /'/irlf.V l'OlUrVIirctllit . IV. .It/ri//l,r ltrijlllt(lln,r , 1 . l.arve . 2 ■ /.arue canirache . S ■ J)rr/i. 4 el />■ 0/iu/ie.e ■t. 7r/e .,r„.r.r. ÏÏmol.offufue' de ïrance- I. série.— Tome J.M.â. I. ] . l'Inh/t/l.fnUI.I' no/^IJl/f.r/HOIl/e.f M l.li.;t.r. i . Tr'/r _,/r,hf.ri'r . s . Trir vue ti< pra/t/ ■ 4 .Iniriin.- . .'. A////- • /'' . •l'rtjmrnl vu m i/,:r.ni.i- . 7 . J'n/ni,-/i/ nu cii ,/rMiuis. S- Si-i/mnil .in.i/ vu ,11 Jr.r.„'ua-. II . /. DlefiJiarurrit /uii/'if>i/i/n,i- M.u;j„mi . 1 . '/'<■/.■ vu,- ./ /-/ /.",/.,■ :! ■ .l„Uv,u i , .IIjiIuiiuii , j- l'rlf iiuf nu iiiiirn^ivope • , I /i/iii/m iii/r f'.iilo/iiiilut/iijiif (If Inuii \ \ >',■,„■ - /;////<• / /y. 4 . 1 • Chriiil/r ///■ la I',ryr/te n//>ti{a . H. I'liilrillirr/iiii,r Vn/i/ii/ii/orif ./«/.■. 111 . ,/l'/,>,/l.' Cloilil Ii,„,url ■ !\' . i t'i ,' J.Miv r/ Si/riif'/,r ilii ('tl//luil,:r de l,i Sociclé EiilûmoliHiiifiie i/e Fnuu-< L. ./•w n,^.i-ii ."«Ir' KiuiieiiiitJed' Jnnalcr de la Socie/e F.nlonioUujùjiic de l'raiiee S ' , feric . — Tome I . J'I . ,') J. l 'Icno.ecf/i.r ,/i//Tirr/iff,r . I n,,,/,,,/ . '2 ■ (7i7iti.rri//.i- iiiiii.ii//io//.i- I. lUi.^iu/ .4i^« PiimrriJ ,;ulf' AniialM df la Soctke hnloinologtqiie de }'rance if série - Tome I PL 10. ]. J- ('idtji'loltiuni TilltT tri.^ ^^r.j^,, S .Ccautnnim ■ S ■ C nttjnim ■ 4 . C.Jii/fix.et ô H 10 fi,-Uu/,r ,/it ('■ caiiliiruiii ■ Il . /. C'/ir/u//r ,/<■ /<• linOfi/ul.r Uarifljitlo •> ,i -i .limmua- f,nvji^ . il l'/iry,rttUilr \\\ /• Luvf dr rjqriln.f llU/llUtl/uj- :> . l\-'lr ,/.• /a /.ir«r . JV. là 4 ; //f/io/vimiti' niinii/iuiii ■ ,> rf (!. Ilriiolonnt.f iiiliuitiij' . /tnnitJe.r i/e la Socrefé J'jnlonuifajiiiue de J'r'oiiee T. 2 ^ Série - Tome J .PI ..U . J-Jt^/iii^ .M . \ ■ l'/i(iriiifi(,t ,\'/irf>f>iiri// Fir/-i/ II . (h/lilltl /it-Je/'ir Crni.ir -'/ ■ Jtnm*Mi7 ^4W& .Iiiii,x/i\r t/r la JW/t/c fi/i/o/iKi/iiniiiac iff J '-' '■ ilerif — lii/iu' l . l'I ■ .12. I I. ii-i- . Hla^ilitxr/ur linlititi/ Knc/uo/i m.i/, . i J'. Kl Ihdtiiui jhn.//, . Jl. /. r/„„i//,-,fr /„ nif/o/iiii /.ii//rillif {:,„/.„ I . '2 .(•/,i,,..;f/„/. .;t . r-wn . ^, ou ^ "4 ^ ry> :> / • ^ , 3 ^ ^ J SI V 5 .